Les équipes soviétiques dominent entièrement la scène internationale du hockey depuis 10 ans, mais c'est la première fois qu'ils affrontent les meilleurs joueurs professionnels canadiens. Le tournoi débute dans une grande effervescence au Canada et en Union soviétique. La victoire des Soviétiques dès la première partie, le 2 septembre, à Montréal, par un score de 7 à 3, prend les joueurs canadiens par surprise et bouleverse la population. Les Soviétiques, rapides et talentueux, ignorent avec arrogance l'assurance des Canadiens. Ces derniers se reprennent deux jours plus tard à Toronto pour l'emporter 4 à 1. Cependant, la troisième rencontre qui se tient à Winnipeg le 6 septembre est un match nul et Équipe Canada perd 5 à 3 à Vancouver, le 7 septembre, sous la huée des partisans locaux. Puis, à Moscou, le 22 septembre, les Soviétiques raflent une autre victoire, par un score de 5 à 4, mais les Canadiens se reprennent et finissent par égaliser la série grâce à leur victoire du 24 septembre (3 à 2) et à celle du 26 septembre (4 à 3).

Le dernier match, le 28 septembre, est suivi intensément par un nombre record de téléspectateurs. Le match commence par deux buts rapides des Soviétiques, l'expulsion d'un joueur canadien et un long arrêt du jeu tandis que les Canadiens s'enragent contre la décision des arbitres. Les Soviétiques mènent 5 à 3 à la fin de la deuxième période, mais Phil Esposito et Yvan Cournoyer égalisent le pointage. Puis, avec seulement 34 secondes à faire dans la partie, Paul Henderson compte le but le plus mémorable de l'histoire du hockey et assure la victoire du Canada. L'équipe joue un autre match, contre la Tchécoslovaquie, qui se termine par un compte nul (3 à 3), avant de revenir au pays, où ils sont accueillis par des effusions de fierté et de soulagement.

De prime abord, ce tournoi s'est avéré un événement sportif passionnant, mais en perspective on se rend compte que la victoire a été essentiellement acquise par des athlètes déterminés et ce, contre vents et marées. Toutefois, la série marque profondément les Canadiens. Le mythe de la supériorité du Canada au hockey, qui leur est si cher, a été anéanti.