Le Bloc populaire canadien est un mouvement politique fédéral et provincial du Québec créé en septembre 1942 en réaction à la modification de 1942 à la Loi sur la mobilisation des ressources nationales, et ayant pour effet de supprimer l'interdiction de la conscription pour le service militaire outre-mer. La Loi, qui viole les promesses faites spécifiquement au Québec en 1939, suit un plébiscite par lequel une majorité dans chaque province, à l'exception du Québec, vote pour libérer le gouvernement de son engagement à restreindre « les méthodes de recrutement des hommes pour le service militaire ».

IInspiré par Henri Bourassa et dirigé par le député fédéral Maxime Raymond, le Bloc prône, dans son programme de base, l'indépendance et la neutralité du Canada, l'autonomie provinciale, l'égalité entre anglophones et francophones, une économie coopérative et des réformes sociales axées sur la famille, telles que l'assurance-maladie provinciale. En 1944, le Bloc compte cinq députés fédéraux.

Dirigé au provincial par André Laurendeau, le Bloc est un troisième parti distinct à la législature du Québec jusqu'aux élections provinciales de 1948, auxquelles il ne participe pas. À Ottawa, le Bloc soutient l'adhésion du Canada à l'ONU, considérant qu'il s'agit d'une véritable organisation mondiale; mais en mars 1949, ses deux derniers députés votent contre la participation à l'OTAN parce qu'« il s'agit d'une course aux armements ».

À la dissolution du Parlement, le 30 avril 1949, le Bloc populaire canadien cesse d'exister. Parmi ses chefs de file, il y a René Hamel, qui devient plus tard ministre libéral provincial et juge; Roger Duhamel, qui devient Imprimeur de la reine à Ottawa; Jean Martineau, par la suite président du Conseil des arts du Canada; André Laurendeau, plus tard coprésident de la commission sur le bilinguisme et le biculturalisme; et Jean Drapeau, qui sera maire de Montréal pendant de nombreuses années.