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Le Territoire du Yukon tire son nom de Yu-kun-ah, un mot de la langue des GWICH'IN désignant la « grande rivière » qui draine presque tout son territoire. Situé dans l'extrême Nord-Ouest de la partie continentale du Canada et isolé par des montagnes escarpées, le Yukon partage une frontière et de nombreuses caractéristiques avec son voisin américain, l'Alaska. Son passé est indissolublement lié à la grande RUÉE VERS L'OR DU KLONDIKE.


Territoire et ressources naturelles
Sur le plan géographique, la majeure partie du Yukon se compose d'un plateau subarctique parsemé de montagnes. La principale exception est la plaine côtière de l'Arctique, le prolongement plus étroit vers l'est d'une région de l'Alaska, qui débute aux monts Britanniques pour descendre progressivement jusqu'à la MER DE BEAUFORT.

Géologie
Le Yukon se trouve dans l'extrême Nord de la région de la Cordillère. Sa géologie, très complexe, comporte néanmoins trois zones parallèles orientées selon un axe nord-ouest-sud-est. À l'est, des plissements sédimentaires du paléozoïque et du mésozoïque se découpent nettement de la vallée du Mackenzie par de grandes failles. La zone centrale se compose de roches sédimentaires, métamorphiques et volcaniques qui remontent à des époques allant du précambrien au mésozoïque. Quant à la zone Ouest, elle est essentiellement constituée de formations massives de roches plutoniques du mésozoïque et de granites du tertiaire.


Territoire du Yukon, carte du
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fiche de renseignements

Yukon, topographie du
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fiche topographique


Topographie
À la structure géologique du Yukon correspond une subdivision géomorphologique semblable en plateaux et en régions montagneuses qui se poursuivent tous vers l'ouest jusqu'en Alaska. Ces grandes régions géomorphologiques comprennent toutefois des variations considérables. Ainsi, le haut plateau du Yukon, au centre, dont l'altitude moyenne est de 1200 m, est fréquemment entrecoupé localement de régions montagneuses et de profondes vallées, ces dernières étant d'ailleurs souvent alignées de façon remarquable du nord-ouest au sud-est, conformément à la structure générale. Dans le Nord, les monts Ogilvie, hauts de 2400 m, se dressent entre le haut plateau du centre et le plateau de Porcupine, bordé au nord par le mont Britannique et à l'est par le mont Richardson.

À l'est, le plateau du Yukon est limité par les monts Selwyn et les monts Mackenzie. Au sud, une zone de basses terres près du 60e parallèle le sépare des régions montagneuses du Nord de la Colombie-Britannique. Dans le Sud-Ouest du Yukon, les spectaculaires monts St. Elias et la chaîne Côtière comprennent les plus hautes montagnes canadiennes, plusieurs dépassant les 4600 m, dont le mont LOGAN (5959 m), le point culminant du Canada. Plusieurs de ces monts, couverts d'une vaste couche de glace permanente, comportent les plus grands champs de glace non polaires en Amérique du Nord et coupent d'une manière frappante tout accès direct à l'océan Pacifique malgré sa relative proximité.


Territoire du Yukon, régions naturelles du


Hydrographie
Plus de 65 % du territoire est drainé par le réseau hydrographique du FLEUVE YUKON, y compris le bassin de la rivière Porcupine, au nord des monts Ogilvie. Les deux grandes exceptions sont la rivière Peel, qui draine un bas plateau dans le Nord-Est, et la RIVIÈRE LIARD, qui occupe les basses plaines du Sud-Est. Ces deux rivières se jettent dans le FLEUVE MACKENZIE, à l'est. Le cours supérieur des tributaires du Yukon incluent de magnifiques lacs glaciaires allongés bordant le versant est des monts St. Elias.

Une grande partie du Yukon, dans le Nord et le Nord-Ouest, n'a jamais été recouverte par les nappes glaciaires du pléistocène malgré sa haute latitude. Le PERGÉLISOL est continu au nord de la rivière Porcupine et discontinu mais répandu dans le reste du territoire. Comme dans les Territoires du Nord-Ouest, cette dernière caractéristique se traduit par un équilibre biotique fragile et pose des problèmes pour la construction et le transport terrestre.


Nahanni Sud, rivière
The Gate, à Pulpit Rock, rivière Nahanni Sud (avec la permission du ministère de l'Environnement Service canadien des parcs/Région des Prairies).


Végétation
Presque tout le Yukon, si l'on exclut la plaine côtière de l'Arctique et les plus hautes montagnes, se trouve en deçà de la LIMITE FORESTIÈRE, mais environ 40 % de son territoire est dépourvu d'arbres et seulement 15 % est recouvert de forêts productives. La région au sud de Dawson est assez bien boisée, surtout dans les vallées fluviales, et les plus grands peuplements forestiers se trouvent dans les secteurs humides de l'Est, en particulier dans la vallée de la Liard. Cette région fait partie la FORÊT BORÉALE, et on y trouve l'épinette, le pin, le peuplier faux-tremble, le peuplier et le bouleau.


Toundra
Montagnes de Pierre Tombale, Le Territoire du Yukon (photographie par Tim Fitzharris).


Climat
Le climat du Yukon est continental, car ses remparts de montagnes lui coupent en grande partie l'exposition directe aux effets modérateurs du Pacifique. Les hivers sont en général très froids : la région détient le record absolu de basse température au Canada (- 62,8 °C), enregistré à Snag, au nord-ouest du lac Kluane, en février 1947. Par moments, l'air du Pacifique s'infiltre dans les secteurs du Sud-Ouest, ce qui produit de courts intervalles de températures douces.

Les étés sont souvent très chauds (on a déjà enregistré 35° C à Dawson), mais l'air frais de l'Arctique peut s'avancer jusque dans le Sud. Les précipitations sont généralement faibles, car les hautes montagnes du Sud-Ouest bloquent les fronts d'air humide.


information sur le climat


Ressources naturelles
Depuis des milliers d'années, et encore de nos jours, les autochtones du Yukon tirent leur subsistance du gros gibier, des animaux à fourrure, des oiseaux et des poissons, surtout dans les localités isolées telles que OLD CROW. Les ressources fauniques, administrées par le gouvernement territorial, sont aussi précieuses pour les autres résidants et les touristes, spécialement pour les chasseurs de gros gibier. Le Yukon compte une des plus grandes populations de GRIZZLIS et de mouflons de Dall de l'Amérique du Nord. L'orignal, l'ours noir et le loup y vivent aussi en abondance.

Le Yukon constitue un habitat vital pour les oiseaux migrateurs comme les cygnes trompettes et pour les OISEAUX DE PROIE. La harde de caribous de la Porcupine, évaluée à environ 200 000 têtes, migre entre l'Alaska, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. Le saumon du Pacifique remonte le fleuve Yukon et ses affluents depuis Norton Sound, en Alaska.

Les minéraux tels que l'or, le zinc, le plomb et l'argent demeurent les principales ressources non renouvelables du Territoire. Par le passé, l'isolement et le relief accidenté du Yukon ont rendu difficile la mise en valeur de ses ressources minières, mais aujourd'hui le Territoire dispose d'un réseau routier étendu qui donne accès à la mer à longueur d'année. De plus, de nouveaux programmes d'aide gouvernementale stimulent l'exploration et l'exploitation minières.

On estime que le Yukon possède un potentiel hydroélectrique d'environ 350 MW, surtout dans le réseau du Yukon et de ses affluents, mais son exploitation signifierait l'inondation de nombreuses vallées habitées par les humains et la faune.


Ogilvie, monts
Les monts Ogilvie bordent le territoire ancestral des Tutchtones au Yukon (photo de Brian Milne/First Light).


Préservation
Les attraits historiques et les paysages spectaculaires du Yukon sont des ressources touristiques majeures. Le PARC NATIONAL KLUANE, dans le Sud-Ouest, comprend la plus haute montagne du Canada, le mont Logan, et une partie de ce qui est désigné comme le plus grand champ de glace non polaire du monde à l'extérieur de l'Arctique et de l'Antarctique. Le parc abrite aussi des grizzlis et des mouflons de Dall. Le premier parc territorial du Yukon est créé en 1987 dans l'île Herschel et renferme des sites archéologiques des premiers autochtones et des artefacts datant de l'époque de la chasse à la baleine. Les sources thermales « Coal River Springs », aménagées trois ans plus tard, surplombent une magnifique série de terrasses de calcaire.

Le PARC NATIONAL IVVAVIK, créé en juillet 1984 dans le cadre des revendications territoriales des Inuvialuits, vise à protéger l'habitat vital de la harde de caribous de la Porcupine et de certaines espèces d'oiseaux migrateurs. Les caribous et d'autres populations d'animaux sauvages de la région sont des sources de subsistance essentielles pour les autochtones du Nord. Le PARC NATIONAL VUNTUT, situé au nord d'Ivvavik, est créé en 1993 dans le but de protéger le reste de l'habitat des caribous de la Porcupine et celui des caribous de la toundra.

En 1985, les gouvernements fédéral et territorial concluent une entente sur la gestion de la harde de caribous de la Porcupine. Deux ans plus tard, le Canada et les États-Unis signent un traité international sur la protection de la harde. Cependant, aux États-Unis, les pressions se font de plus en plus pressantes pour que le gouvernement attribue des concessions pour l'exploitation pétrolière et de gaz naturel à l'intérieur des aires de mise bas des caribous, dans la réserve faunique nationale de l'Arctique, en Alaska. En 2002, le sénat américain vote contre la proposition du président Bush d'explorer la réserve.


Nahanni, rivière
La rivière appelée « Nahadeh » par les autochtones traverse les canyons les plus spectaculaires du Canada (Canadian Tourism Commission & Ocean Images).


Démographie

Le recensement de 2001 dénombre 28 674 habitants au Yukon, ce qui représente une baisse de 6,8 p. 100 par rapport au niveau de 1996, qui est toutefois atteint de nouveau en 2004. Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest se signalent par le caractère transitoire d'une bonne partie de la population blanche. De nombreux travailleurs y sont attirés par les salaires élevés, planifiant d'y rester pour un temps limité avant de s'en aller. La main-d'œuvre comporte un nombre disproportionné de jeunes hommes célibataires et de nouveaux arrivants. Pour contrer la situation, plusieurs compagnies encouragent les travailleurs mariés en offrant de l'aide au logement familial.


Centres urbains
Près des trois quarts des habitants du Territoire sont concentrés dans trois localités, et deux sur trois vivent à WHITEHORSE (pop. 19 058 en 2001), capitale et principal centre de transport, de commerce et de services du Territoire. DAWSON, capitale jusqu'en 1951, voit sa population diminuer à quelque 1200 habitants. Elle vit de l'exploitation aurifère dans la région et du tourisme. Watson Lake, située sur la ROUTE DE L'ALASKA, est le centre de services du sud-est du Yukon. FARO, née de l'exploitation du zinc et du plomb dans la mine ouverte en 1969, était aussi l'une des plus grandes collectivités du territoire, mais sa population a chuté depuis la fermeture de la mine en 1997.


Whitehorse, vue de
La capitale et la ville la plus importante du Yukon (photo de John de Visser).

Route de l'Alaska, Kluane
Malgré son objectif premier qui était militaire, la route de l'Alaska a favorisé les industries forestière, pétrolière, minière et touristique.


Groupes ethniques
La population autochtone, qui représentait au moins 22 p. 100 de la population du Yukon en 2001, compte 5075 personnes regroupées en 16 bandes. L'Assemblée législative du Yukon a adopté à l'unanimité une loi sur l'autonomie administrative et sur le règlement des revendications territoriales. Le 29 mai 1993, elle a conclu avec quatre bandes (la Première nation des Nacho Nyak Dun, les PREMIÈRES NATIONS de Champagne et d'Aishihik, le conseil des Tlingits de Teslin et la Première nation des Gwitchin Vuntut) une entente-cadre finale, des conventions finales et des accords sur l'AUTONOMIE ADMINISTRATIVE. Deux textes de loi obtiennent la sanction royale l'année suivante, puis la sanction du gouvernement du Canada en 1995. Depuis, des ententes ont été conclues avec cinq autres bandes : les Trondëk Hwëch'in, la Première nation de Selkirk, la Première nation de Little Salmon/Carmacks, la Première nation de Kluane et le Conseil des Ta'an Kwach'an. Les négociations se poursuivent avec les autres Premières nations (voir REVENDICATIONS TERRITORIALES).


Économie

L'exploitation des ressources primaires constitue depuis toujours le fondement de l'économie yukonnaise. Les fourrures, le premier produit de base commercialisé, sont toujours exploitées et exportées. Bien qu'elle ait perdu de son importance pour l'économie globale, la chasse aux animaux à fourrure demeure une source de revenu essentielle. Durant une période brève mais mouvementée, au début du siècle, l'ÎLE HERSCHEL, seul port abrité des côtes arctiques du Yukon, est le siège d'une activité intense de CHASSE À LA BALEINE.

L'économie du Yukon est très sensible aux fluctuations du secteur minier, qui constitue plus de 30 % de sa base économique. La fermeture de des principales mines dans les années 1980, occasionnée par le déclin des marchés mondiaux et l'épuisement des ressources, se traduit par une crise économique majeure et une baisse démographique. Cependant, dès 1986, la situation commence à s'améliorer avec la réouverture de la principale mine de plomb et de zinc du Yukon et l'établissement d'un record de 30 ans dans la production d'or placérien. En 1987, on bat un record de 70 ans dans l'exploitation des placers, et d'autres mines aurifères en roche dure entrent en production à la fin des années 1980.

Le début des années 1990 est tout aussi mouvementé. Encore une fois, la mine Faro, tout comme celle de Watson Lake, met fin à ses opérations en raison d'un événement survenu à l'autre bout du pays : l'explosion à la mine de charbon Westray près de Plymouth, en Nouvelle-Écosse. La Curragh Incorporated, propriétaire des trois mines, fait faillite à la suite de la catastrophe. La mine Faro est vendue, puis reprend ses activités en 1995 avant d'y mettre fin en 1998. Le Territoire recommence à miser sur l'exploitation de l'or, alors qu'une nouvelle mine aurifère et plusieurs autres mines placers (gisements alluvionnaires par lavage) entrent en exploitationà partir de 1996.


Agriculture
Les activités agricoles sont considérables à l'époque de la ruée vers l'or, mais elles sont maintenant négligeables à cause des coûts élevés par rapport aux profits, de la pauvreté des sols, de la rigueur du climat, du relief du terrain et de l'amélioration des transports qui permet de réduire les coûts des produits agricoles importés. Toutefois, l'agriculture connaît une croissance lente mais soutenue pendant les années 1980 et 1990, grâce aux nouvelles technologies et à une politique gouvernementale favorable. Elle génère maintenant des revenus de l'ordre de 2 millions de dollars par année.


Foresterie
L'exploitation forestière est limitée mais, depuis quelque temps, le gouvernement du Yukon fait la promotion de cette industrie afin de diversifier l'économie. Ce secteur est présentement géré en coopération par Affaires indiennes et du Nord Canada et le gouvernement du Yukon. La Stratgie d'aménagement forestier du Yukon est lancée en octobre 1998 et amorce le processus de transfert de la gestion des forêts du territoire au gouvernement territorial.


Pêches
Le poisson occupe une place prépondérante dans l'alimentation des autochtones du Yukon. On y pratique la pêche sportive, la transformation du poisson et du caviar et l'aquaculture.


Industrie
Le secteur manufacturier contribue sans cesse davantage à l'économie territoriale. Parmi les produits de fabrication locale, on trouve le mobilier, les fenêtres en vinyle, les armatures de poutres, les articles imprimés, le chocolat, les vêtements, les produits artisanaux et les bijoux en pépites d'or.

Au cours des dernières années, la production commerciale dans les secteurs des ressources renouvelables augmente considérablement en sylviculture, en agriculture, ainsi que dans les secteurs de la pêche, du trappage et de la chasse sportive. La pêche et la chasse de subsistance, pratiquées surtout par les autochtones, constituent des activités économiques cruciales, surtout dans les plus petites communautés rurales.


Mines
L'exploitation des placers constitue le pilier de l'économie du Yukon depuis l'époque de la ruée vers l'or du Klondike jusqu'à l'époque de l'exploitation des mines d'argent et de plomb dans la région de Keno Hill au début des années 1920. Après la Deuxième Guerre mondiale, la production d'or placérien diminue, laissant l'argent et le plomb comme ressources principales. Dans les années 1960 et 1970, plusieurs nouvelles mines sont mises en exploitation, et le zinc, le plomb, le cuivre, l'argent et l'amiante deviennent les productions dominantes.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, après la fermeture des mines d'amiante et de métaux communs et les hausses du prix de l'or, l'exploitation des placers connaît un regain d'intérêt, et deux petites mines d'or en roche dure sont actives pendant quelque temps. Depuis le début du siècle, on produit aussi, de façon intermittente, de faibles quantités de charbon.

Aujourd'hui, les principales productions sont le zinc, le plomb et l'argent, mais l'or placérien demeure important puisqu'il existe encore près de 200 petites exploitations dans le Territoire. Le Yukon renferme plusieurs grands gisements minéraux, et de nouvelles mines sont en phase de préparation, ce qui devrait entraîner une augmentation notable de la production de cuivre, d'or en roche dure et d'argent au cours des prochaines années. En 1998, on produit pour 80 millions de dollars d'or, pour 87 millions d'argent, pour 7,3 millions de plomb et pour 22 millions de zinc.


Tourisme
Le tourisme revêt une importance grandissante. Le tourisme, ainsi que l'aide gouvernementale, soutient en grande partie l'économie du Yukon durant les récents ralentissements du secteur minier. L'histoire colorée de la RUÉE VERS L'OR du Yukon, son patrimoine autochtone, ses paysages pittoresques et les attraits de sa nature sauvage attirent les visiteurs. On trouve à Dawson de nombreux édifices reconstruits et des artefacts de l'époque effervescente du début du siècle.


Richardson, monts
Les monts Richardson, dans le Territoire du Yukon, en automne, le long de la route de Dempster au nord du cercle polaire arctique (photo de Pat Morrow).
Récemment, les services des parcs nationaux canadien et américain ont uni leurs efforts pour créer le parc historique international de la Rue-vers-lor-du-Klondike, qui comprend la piste Chilkoot traversant les montagnes du Sud-Ouest à partir de Skagway, en Alaska. Whitehorse organise chaque année une fête hivernale, le « Sourdough Rendez-vous », et Dawson célèbre le Jour de la Découverte. Le Territoire accueille également les JEUX D'HIVER DE L'ARCTIQUE tous les six ans.

Les célébrations entourant le centenaire du Klondike accroissent grandement le nombre de visiteurs au Yukon. En 1999, ils sont près de 372 000 (dont une grande partie de passage, en provenance ou à destination de l'Alaska). Ils peuvent profiter des pourvoiries autorisées des vingt-deux zones de chasse guidée au gros gibier. D'autres services touristiques et des installations de camping sont disponibles le long des routes yukonnaises. Les bureaux du parc national de Kluane sont situés à Haines Junction et ceux du parc national Vuntut, à Dawson. Le parc national Ivvavik a ses bureaux à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest. L'art et l'artisanat autochtones occupent de plus en plus de place dans l'économie locale.


Transports
Le transport au Yukon repose sur le réseau hydrographique du fleuve Yukon jusqu'au moment de la construction de la route de l'Alaska, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les BATEAUX À VAPEUR et à une roue, de faible tirant d'eau, offrent un service saisonnier depuis l'époque de la ruée vers l'or. La principale route se situe entre Dawson et Whitehorse, où les rapides font de cette dernière le point le plus en amont de la rivière.

Hors saison, les déplacements se limitent au traîneau et à la voiture-coach. Le WHITE PASS AND YUKON RAILWAY, un chemin de fer à voie étroite, est construit sur 175 km depuis son accès à la mer à Skagway, en Alaska, traversant le relief accidenté de la chaîne Côtière pour aboutir à Whitehorse. Il est quasi indispensable à l'exportation de minéraux du Territoire jusqu'à sa mise au rancart en octobre 1982.

Le réseau des transports et la répartition géographique de la population se transforment radicalement pendant la Deuxième Guerre mondiale. La route de l'Alaska, qui relie Dawson Creek, en Colombie-Britannique, et Fairbanks, en Alaska, est construite en 1942 et parcourt 1014 km, passant par Watson Lake et Whitehorse. Le Territoire comprend maintenant près de 4700 km de routes.

En 1978, l'inauguration du chemin Haines, venant de Carcross et de Whitehorse, procure au Territoire son premier accès routier au Pacifique, à Skagway, en Alaska. Depuis 1979, la ROUTE DE DEMPSTER relie Dawson et Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest. D'abord conçue dans le cadre du programme gouvernemental de « chemins d'accès aux ressources », la route de Dempster contribue à réduire les coûts dans la région du delta du Mackenzie et encourage le tourisme.

De nouvelles installations aéroportuaires sont construites dans le Sud du Territoire pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans le cadre de la ROUTE À RELAIS DU NORD-OUEST, qui relient les États-Unis et l'Alaska. La plupart des localités, y compris Old Crow, dans le Nord, disposent maintenant d'aéroports et de pistes d'atterrissage. L'aéroport de Whitehorse est de loin le plus important et assure des liaisons quotidiennes et par vols nolisés avec l'Alaska, le Sud du Canada (en passant par Vancouver et Edmonton) et les 48 États « du Sud des États-Unis ».

D'éventuels pipelines qui transporteraient par voie terrestre le gaz du Nord de l'Alaska aux États-Unis traverseraient inévitablement le Yukon. Le projet de construction du gazoduc de la route de l'Alaska, proposé à la fin des années 1970, est mis sur les tablettes en raison des pressions politiques exercées aux États-Unis, des revendications territoriales des autochtones, de l'impact du projet sur l'environnement et de ses coûts élevés (voir PIPELINE DE LA VALLÉE DU MACKENZIE).


Dempster, route de
La route de Dempster traverse quelques unes des terres les plus belles et les plus intéressantes d'Amérique du Nord (Corel Professional Photos).

Bateau à aubes
Un vieux bateau à aubes dont se servaient les chercheurs d'or du Yukon, au XIXe siècle (avec la permission de Colour Library Books Ltd.).

Yukon, traversier du fleuve
(photo de Brian Milne/First Light)

Cessna 206
L'avion taxi dessert de nombreuses communautés du Nord (photo de Robert Semeniuk/First Light).


Énergie
En 1987, le gouvernement du Yukon transfère ses avoirs dans la Commission d'énergie du Nord canadien à la Yukon Energy Corp, une société d'État. Sa puissance installée est de 134 MW, soit 77 MW en hydroélectricité et 57 MW en énergie thermique. Les principales installations hydroélectriques se trouvent aux rapides Whitehorse (puissance installée de 40 000 kW) et sur les rivières Aishihik (30 000 kW) et Mayo (5100 kW). En 1993, l'Accord Canada - Yukon sur le ptrole et le gaz fait passer du gouvernement fédéral au gouvernement territorial la responsabilité et la gestion des ressources infracôtières en pétrole et en gaz.

Yukon Energy conclut avec la Yukon Electrical Company Limited (YECL), une autre entreprise de service public, une entente de cinq ans pour administrer l'actif de la société, acheter l'électricité produite et la distribuer à ses clients (en grande partie des entreprises). La YECL dessert 18 localités, qui achètent de Yukon Energy la plus grande part de l'électricité dont elles ont besoin.


Administration et politique

Le Yukon se dirige vers l'autonomie politique avant les Territoires du Nord-Ouest. Le premier gouvernement territorial se compose d'un commissaire (James WALSH a été le premier) et d'un conseil nommés par le gouvernement fédéral en poste à Dawson.


Yukon, Assemblée législative du
Assemblée législative de Whitehorse, dans le Territoire du Yukon (avec la permission de l'Institut circumpolaire canadien, U. de l'Alberta).
Contrairement à ce qui se produit dans les Territoires du Nord-Ouest de 1905 à 1967, tous les représentants fédéraux affectés au Yukon sont résidants du Territoire. Dès 1899, on modifie la loi pour permettre l'ajout de deux membres élus au Conseil, et de trois autres en 1902. En 1908, on institue un conseil élu composé de 10 membres. À cause d'une diminution de la population, ce conseil est aboli en 1918 puis, devant les protestations locales, rétabli en 1919. Il ne comprend cependant plus que trois membres élus.

Le Bureau du Commissaire disparaît après 1916, quand ses tâches sont assumées par le commissaire de l'or du Territoire. La situation demeure inchangée jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque la population s'accroît. En 1948, des mesures légales sont prises pour nommer à nouveau un commissaire comme principal administrateur du Yukon et plusieurs autres responsables territoriaux. En 1951, le Conseil augmente à cinq membres élus, et des ajouts subséquents portent ce nombre à 17.

De 1970 à 1979, le commissaire, nommé par Ottawa, préside un comité exécutif composé d'abord de membres nommés et de représentants de l'Assemblée législative (l'ancien conseil) puis, aux derniers stades, du commissaire adjoint et de cinq membres élus provenant de l'Assemblée législative. En 1979, un conseil exécutif de cinq membres élus réunis en Cabinet se substitue à l'ancien comité exécutif. Ce conseil doit maintenant rendre compte au chef du gouvernement plutôt qu'au commissaire. (La politique partisane est introduite à l'Assemblée du Yukon en 1978.) Voir CHEFS DE GOUVERNEMENT DU TERRITOIRE DU YUKON DEPUIS 1978 : TABLEAU; COMMISSAIRE, COMMISSAIRE DE L'OR ET CONTRÔLEUR DES LE TERRITOIRE DU YUKON.

Le gouvernement du Territoire, comme celui des provinces, est responsable de l'éducation, des programmes sociaux, de la perception de l'impôt, de la plupart des routes et des services communautaires. Contrairement aux provinces, cependant, il n'a jusqu'à récemment aucun pouvoir sur les ressources naturelles, sauf en ce qui concerne la faune. Il verse à Ottawa des redevances sur le développement des ressources naturelles. Depuis, les programmes de gestion des ressources, y compris ceux ayant trait aux forêts, aux mines et aux terres, sont graduellement transférés du fédéral au gouvernement territorial.


Justice
La Cour territoriale du Yukon, située à Whitehorse, se compose d'un juge en chef et de deux juges territoriaux. On compte aussi 23 juges associés en plusieurs endroits du Territoire. Les deux juges de la Cour suprême du Yukon sont juges d'office dans les Territoires du Nord-Ouest, et vice versa. Ils sont aussi membres de la Cour d'appel dans les deux territoires. Les autres juges de la Cour suprême sont choisis parmi diverses cours provinciales, et les autres membres de la Cour d'appel proviennent de la Cour d'appel de la Colombie-Britannique.


Administration locale
Au palier administratif local, il y a officiellement au Yukon 1 cité (Whitehorse), 3 villes (Dawson, Faro, Watson Lake), 4 villages (Mayo, Haines Junction, Teslin et Carmacks), 3 hameaux (Elsa, Ibex Valley et Mount Lorne) et 20 localités non constituées (y compris des établissements autochtones).


Santé
Le gouvernement territorial partage avec le gouvernement fédéral la responsabilité du service de santé. On trouve des hôpitaux modernes à Whitehorse, Mayo et Watson Lake. Le reste du Territoire est desservi par de plus petits centres de santé et des postes de soins infirmiers dont le personnel se compose surtout d'infirmières de la santé publique. On trouve aussi des cliniques, des services dentaires et une vaste gamme de services sociaux et médicaux spécialisés.


Politique
Les deux grandes questions politiques prévalant au Yukon portent sur les revendications territoriales des autochtones et le statut de province. Les peuples autochtones du Yukon n'ont jamais signé de traités avec le gouvernement fédéral. Depuis les années 1970, le Conseil des Indiens du Yukon tente d'obtenir le règlement des revendications territoriales avec l'aide financière du gouvernement fédéral. En 1993, les gouvernements fédéral et territorial et le Conseil concluent une entente-cadre finale qui définit les conditions pour régler une fois pour toutes les revendications territoriales. Plusieurs groupes des premières nations yukonnaises parviennent à des ententes sur l'autonomie administrative qui leur confèrent plus de contrôle sur l'utilisation des terres et plus de pouvoirs en matière de langue, de soins de santé, de services sociaux et d'éducation. La question du statut de province, soulevée lors des négociations constitutionnelles du LAC MEECH et de CHARLOTTETOWN, demeure la plus importante aujourd'hui au Yukon.


Éducation

En 1999, le Yukon compte 28 écoles primaires et secondaires pour une population de 5898 élèves de la maternelle à la 12e année. Il n'existe aucun conseil scolaire, et l'administration est centralisée au sein du ministère de l'Éducation. Chaque école a un comité scolaire élu doté de pouvoirs considérables sur le plan de l'embauche et de l'évaluation du directeur, et de l'élaboration de règlements et de la planification à l'intérieur de l'école. Un comité scolaire donne aussi son avis sur l'horaire des autobus et le programme scolaire local. Selon la Loi sur l'éducation (1990), ces comités pourront éventuellement devenir des conseils scolaires à part entière.


Collège du Yukon
Les étudiants peuvent passer les deux premières années de leur formation universitaire à ce collège (avec la permission du Collège du Yukon).
Le programme d'études du Yukon s'inspire de celui de la Colombie-Britannique mais comporte des modifications pour répondre aux besoins du milieu. On compte une école de langue française à Whitehorse. On offre aussi dans la capitale des cours d'immersion en langue française, de la 1re année à la 12e année, de même qu'une éducation catholique romaine de la maternelle à la 9e année. Dans diverses localités, l'enseignement est offert dans sept langues autochtones différentes, et un conseil de l'éducation des premières nations coordonne les interventions des communautés autochtones dans les dossiers relatifs à l'éducation.

Le campus principal du Collège du Yukon, à Whitehorse, et son réseau de 13 campus communautaires situés dans 12 localités assurent l'enseignement postsecondaire. Les étudiants peuvent faire deux années d'études universitaires au Collège du Yukon ou s'inscrire à des programmes spécialisés ou de métiers. En 1999, le Collège compte plus de 884 étudiants à temps plein et 5214 à temps partiel.

Il existe aussi des programmes menant à un grade, proposés en collaboration avec d'autres institutions. Le baccalauréat en service social et le programme de formation des enseignants autochtones du Yukon, offerts avec l'U. de Regina, en sont deux exemples. De plus, les étudiants qui poursuivent leur formation postsecondaire dans des institutions approuvées à l'extérieur du Yukon sont admissibles à une aide financière.


Vie culturelle

La culture autochtone yukonnaise a été gravement perturbée par les activités de chasse à la baleine à l'île Herschel, la ruée vers l'or du Klondike, la construction de la route de l'Alaska et les communications modernes. On assiste de nos jours à la renaissance des traditions culturelles et de l'artisanat autochtones.


Patrimoine
Pendant l'été, la Yukon Historical and Museums Association organise des visites à pied guidées des édifices d'intérêt patrimonial de Whitehorse. Elle parraine aussi divers programmes de recherche, de publication et de conférences publiques. Cette association chapeaute les musées locaux et les sociétés historiques du Yukon. Le MacBride Museum, à Whitehorse, est ouvert toute l'année. D'autres musées, comme ceux de Dawson, de Keno City, de Burwash et de Teslin, ainsi que le musée Old Log Church et le Yukon Transportation Museum, sont ouverts en été.


Arts
Le Conseil des arts du Yukon procure un soutien administratif aux organisations culturelles et finance un programme assurant la venue d'artistes dans les écoles et la tenue d'expositions d'art et de concerts annuels. Les archives et la bibliothèque territoriales sont situées à Whitehorse, et la bibliothèque possède des filiales à Dawson, Elsa, Faro, Haines Junction, Mayo, Watson Lake, Teslin et Carcross. La galerie d'art territoriale du nouveau centre des arts du Yukon, au Collège du Yukon, conserve une collection d'oeuvres d'artistes du Yukon et d'ailleurs au Canada, en plus de présenter périodiquement des expositions locales et itinérantes. Whitehorse compte aussi quelques petites troupes de théâtre.


Communications
Cinq journaux sont publiés au Yukon (à Dawson, Faro, Watson Lake et Whitehorse) et, à Whitehorse, une publication paraît toutes les trois semaines et une autre toutes les deux semaines. La ville est aussi dotée de trois stations radiophoniques et d'une station de télévision. Les stations de radio CBC, CHON-FM et CKRW desservent la plupart des localités sur micro-ondes. La télévision en direct est généralement accessible par satellite. Le service téléphonique et le service télex sont disponibles dans tout le Yukon, et un noeud INTERNET existe depuis 1994 (voir COMMUNICATIONS DANS LE NORD).


Lieux historiques
Les sites archéologiques près de Old Crow et dans le Nord du Yukon attestent de la présence humaine dans le Territoire depuis des milliers d'années. Des vestiges matériels de la présence autochtone datent d'avant l'époque des premiers contacts avec les Européens, tels les sites abandonnés de traite des fourrures et d'activités minières de FORT SELKIRK et FORTY MILE, sur le fleuve Yukon. L'industrie de la chasse à la baleine boréale et, plus tard, la traite des fourrures, donnent lieu à des établissements dans l'île Herschel, sur la côte Nord. Cette région est désignée comme le premier parc territorial en 1987. Dawson est située au coeur de la région de la rivière Klondike.

Jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, les lacs et les cours d'eau sont les principales voies de transport au Yukon. Cette situation se traduit par la présence de centaines d'emplacements situés le long des cours d'eau et de quelques épaves de bateaux à aubes échoués sur les plages et qui rappellent les beaux jours de la navigation fluviale. Les poteaux de signalisation de Watson Lake, conçus à partir de 1943 par un militaire américain souffrant du mal du pays, permettent de reconstituer l'histoire de la construction de la route de l'Alaska.


Historique

Tous les autochtones du Yukon appartiennent à la famille linguistique Na-Dene. Celle-ci comprenait les Nahannis de l'Est (qui comprennent les groupes des Kaskas, de la Chèvre et des Montagnards) et plusieurs autres groupes du Sud et de l'Ouest (Teslin, Tutchones, Tagish, etc.). Le régime alimentaire de ces derniers était plus varié que celui des premiers et comprenait entre autres du saumon. Ces peuples du Sud et de l'Ouest ont souvent été dominés par les féroces Tlingits de la côte et certains ont même adopté leur langue. Au centre et dans le Nord du Yukon, les GWICH'IN occupaient le bassin du fleuve Yukon en aval de l'embouchure de la rivière Pelly, y compris la région de la rivière Porcupine au nord et le bassin de la rivière Peel au nord-est.


Exploration
Ce sont les commerçants de fourrures de la Compagnie de la Baie d'Hudson qui établissent les premiers contacts durables dans les années 1840. Ils se servent de cartes et de renseignements transmis par les premiers explorateurs, dont sir John FRANKLIN, qui a atteint la côte arctique du Yukon en 1825. Pour sa part, Robert Campbell pénètre plus à l'ouest à partir du fleuve Mackenzie en empruntant le cours supérieur de la Liard pour déboucher sur la rivière Pelly. Quant à John BELL, il explore l'intérieur du Yukon en passant par la Porcupine. Les commerçants de l'intérieur et les chasseurs de baleine de la côte Nord sont suivis de missionnaires et de la Police « montée » du Nord-Ouest dans des endroits comme Fort Selkirk et l'île Herschel.

À la fin du XIXe siècle, des chercheurs d'or en nombre croissant envahissent progressivement le Nord à partir des montagnes Cassiar et de la chaîne Omineca, dans le Nord de la Colombie-Britannique. Ils traversent le bassin hydrographique du fleuve Yukon en suivant les diverses rivières. Certains pénètrent dans les terres à partir de la mer de Béring, en remontant le fleuve Yukon en bateau à aube depuis son embouchure.

Plusieurs centres d'exploitation aurifère voient le jour, souvent pour une brève période, comme Forty Mile, située presque à cheval sur la frontière de l'Alaska. C'est cependant lorsque George Carmack, Skookum Jim et Tagish Charley découvrent de l'or dans le ruisseau Bonanza, un affluent de la rivière Klondike, le 17 août 1896, qu'est déclenchée ce qu'on considère souvent comme la plus grande ruée vers l'or du monde. Des milliers de nouveaux venus affluent dans ce coin du Canada jusque-là isolé et transforment définitivement le territoire.

La plupart des chercheurs d'or viennent en passant par Skagway et par le haut du fleuve Yukon. Certains essaient la « route terrestre » qui part d'Edmonton et longe la rivière de la Paix et le fleuve Mackenzie, mais peu arrivent à destination. D'autres cherchent une route exclusivement américaine et passent par Valdez, en Alaska, espérant éviter la réglementation du gouvernement canadien.

Dawson naît du besoin de desservir cette vague d'arrivants, au confluent du fleuve Yukon et de la rivière Klondike, la prospection véritable s'effectuant un peu plus haut dans les petits ruisseaux. En un mois, en 1898, Dawson devient la plus grande ville canadienne à l'ouest de Winnipeg et se dote d'un éventail complet de services, y compris l'eau, les égouts, l'électricité et le téléphone. À son apogée, on estime que sa population atteint 16 000. On fait du Yukon un territoire distinct, Dawson en est désignée la capitale, et on développe un réseau de transports bien intégré dans une bonne partie du Territoire.

Whitehorse est fondée pour servir de point de transbordement des trains aux bateaux, mais Dawson continue de prédominer. De 1897 à 1904, on aurait extrait de l'or pour plus de 100 millions de dollars des graviers des ruisseaux. Cependant, la population de Dawson commence à décliner presque aussitôt. Les nouveaux venus qui cherchent à faire fortune rapidement se découragent bientôt et sont attirés par des nouvelles selon lesquelles on a découvert de l'or ailleurs (par exemple, à Nome, en Alaska, en 1899). En 1906, les placers les plus facilement exploités sont épuisés, n'étant plus convoités que par les grandes compagnies qui disposent de machines coûteuses pour le dragage.


Croissance
À partir de 1913, l'économie du Yukon ne repose plus sur l'or, mais sur les autres minéraux, au moment où l'on commence à produire de l'argent et du plomb à la première mine en roche dure, à Keno Hill, dans le centre du Yukon. Plus tard, on établit une usine dans la localité voisine d'Elsa, desservie par la localité de Mayo. Au cours des années 1930, comme il n'existe aucune autre industrie, le prix élevé des fourrures fait du trappage une activité saisonnière importante pour les autochtones et les prospecteurs.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la construction de la route de l'Alaska, du pipeline Canol et de la route encourage de nouvelles activités d'exploration minière et attire une nouvelle population, des services, des industries et des touristes au Yukon. La construction de la route du Yukon entraîne l'établissement d'une population non autochtone qui, pour la première fois, dépasse la population autochtone. Le transfert du statut de capitale de Dawson à Whitehorse, annoncé en 1951, a lieu en 1953. En 1957, on construit à Whitehorse une importante centrale hydroélectrique.

L'ampleur du développement économique de l'après-guerre réside dans la fondation, en 1969, d'une immense mine de plomb et de zinc à ciel ouvert et de la petite ville de Faro. Les bas prix des métaux et la récession économique du milieu des années 1980 mènent à la fermeture de mines partout au Yukon, de sorte que le gouvernement doit accroître ses efforts en vue de renforcer d'autres secteurs économiques, tels le tourisme et les ressources renouvelables.

Auteur WILLIAM C. WONDERS


Bibliographie
P. Berton, Klondike (1958); K.S. Coates et W.R. Morrison, A History of the Yukon (1988); L.-E. Hamelin, Canadian Nordicity: It's Your North Too (1979); K.M. Lysyk et coll., Alaska Highway Pipeline Inquiry (1977); C. McClellan, Part of the Land, Part of the Water (1987); W.G. MacLeod, The Dempster Highway (1979); D.H. Pimlott et coll. (dir.), Arctic Alternatives (1973); K.J. Rea, The Political Economy of the Canadian North (1968); William C. Wonders (dir.), The North (1972); M. Zaslow, The Opening of the Canadian North, 1870-1914 (1971).


Liens supplémentaires
Les symboles du Canada
Les symboles du Canada peuvent non seulement nous aider à mieux comprendre notre pays, mais également nous inciter à nous réjouir du privilège d'être Canadiens et Canadiennes. Voir aussi les "Jours fériés et autres dates importantes." Par le Ministère du Patrimoine canadien.

Gouvernement du Yukon
Votre portail pour tous les prgrammes, les services et les renseignements sur le gouvernement du Yukon.

Bibliothèque et Archives Canada
Accès à la vaste base de données bibliographique en ligne de la Bibliothèque nationale du Canada et aux expositions numérisées sur l’histoire et la culture canadiennes.

La ruée vers l'or vue par les photographes du Yukon (1897-1900)
Ce site du Musée virtuel présente des photographes qui ont immortalisé le courage des pionniers et les conditions difficiles de la ruée vers l’or du Klondike.

Fort Selkirk - Musée virtuel
Ce site en images du Musée virtuel raconte la vie de plusieurs générations de Tutchones du Nord, qui habitent les environs du Fort Selkirk au Yukon, ainsi que la flore, la faune et l’histoire géologique de la région.

Parc National Ivvavik
Ce site Web de Parcs Canada présente de nombreuses photos et décrit l'écologie, la géographie et l'histoire du parc national Ivvavik.

La Police à Cheval du Nord-Ouest et la ruée vers l'or du Yukon
Ce site Web est consacré à la Police à Cheval du Nord-Ouest et la ruée vers l'or du Yukon.

Tourisme Yukon


Les lieux historiques nationaux du Canada du Klondike
Ce site de Parcs Canada consacré à la ruée vers l'or du Klondike de 1896 vous propose de rafraîchir vos connaissances sur les techniques d’extraction de l'or. L'accent y est mis sur les personnalités et compagnies que cette ruée vers l'or a concernées au premier plan.

Toponymie du Canada
Utilisez cette page afin de localiser une carte du SNRC en faisant une recherche dans la Base de données toponymiques du Canada (BDTC). Tapez le nom d'une ville, d'un village, d'un lac ou de toute autre entité géographique, spécifiez le type d'entité que vous cherchez ainsi que la province ou le territoire où se trouve l'entité. Par Ressources naturelles Canada.

Yukon
Une vue d'ensemble des principaux enjeux et événements ayant motivé l'adhésion du Yukon à la Confédération. Le site propose des biographies des personnalités de premier plan, d'anciennes photos et des documents d’archives connexes. Site de Bibliothèque et Archives Canada.

Yukon
Sur ce site de la "Confédération pour enfants", vous apprendrez comment le Yukon a rejoint le Canada. À l'affiche d'anciennes photos et des cartes. Site de Bibliothèque et Archives Canada.

Recensement
Le recensement constitue la seule source fiable de données détaillées sur de petits groupes, notamment les familles monoparentales, les groupes ethniques, l'industrie, les catégories professionnelles et les immigrants. Le recensement permet aussi d'avoir accès aux données sur des régions aussi petites que des quartiers ou sur le pays lui-même. Par le site Web Statistique Canada.

Yukon Quest
Le site Web de la Yukon Quest.

Les noms géographiques autochtones
Des exemples d'appellations géographiques autochtones. Par le site Web du Ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien.

Archives Canada
Archives Canada se veut un point d’accès vers les ressources archivistiques que l’on retrouve dans plus de 800 dépôts à travers le Canada. Visionner des photographies, des cartes ou d’autres documents numérisés ainsi que des expositions virtuelles, le tout centré sur l'histoire du Canada.

L'inventaire national des mémoriaux militaires canadiens
Rechercher un mémorial dans l'Inventaire national des monuments commémoratifs militaires canadiens. Un site Web de la Direction - Histoire et patrimoine.

Glossaire: Les polluants


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Abréviations et symboles pour les noms des provinces et territoires. Par Ressources naturelles Canada.

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