Walker, Harriet

Harriet Walker (née Anderson), Hattie, metteure en scène, comédienne, critique de théâtre, féministe et pédagogue (New York, 13 févr. 1865 -- Winnipeg, 24 sept. 1943). Comédienne à l'âge de 14 ans, Harriet Anderson devient ensuite une étoile de la comédie musicale à Broadway, où elle partage la scène avec des sommités comme Lillian Russell et Marie Dressler. Pendant un temps, elle écrit des chansons et des sketchs comiques pour les éditeurs new-yorkais Witmark and Sons. Elle épouse Corliss Powers WALKER, probablement au début des années 1890 alors qu'il est administrateur de l'Opera House de Fargo (Dakota du Nord).

En 1897, elle et son mari déménagent à Winnipeg, où Walker installe le bureau central de son circuit de théâtres de la vallée de la rivière Rouge. Harriet assume les tâches d'attachée de presse de tout le circuit. De 1898 à 1913, elle signe aussi (sous le nom de plume de The Matinee Girl) une chronique régulière de critique de théâtre et de commentaires mondains dans Town Topics, un hebdomadaire de divertissement de Winnipeg. Son style est cinglant et plein de verve, ses opinions sont raffinées et fondées, et ses commentaires, intelligents et mordants. Elle défend des dramaturges socialement progressistes comme Ibsen et Tolstoy à une époque où les critiques masculins de Winnipeg les rejettent en les qualifiant d'obscènes.

Walker est un membre fondateur du chapitre de Winnipeg du Canadian Women's Press Club, défendant énergiquement des enjeux sociaux et féministes aux côtés de journalistes pionnières comme Cora HIND, Francis BEYNON et Lillian Beynon, dont les écrits mettent en question la dominance masculine sur le journalisme d'affaires publiques. Walker et ses consoeurs s'engagent à fond dans la campagne en faveur du droit de vote des femmes, campagne qui se termine sur la scène du WALKER THEATRE, le 28 février 1914, par un parlement bouffe satirique et impitoyable, conçu par Harriet Walker, Nellie MCCLUNG, les Beynons et d'autres, et ridiculisant brutalement le gouvernement Roblin pour son refus catégorique d'accorder le droit de vote aux femmes.

En 1908, Walker dirige la Winnipeg Operatic Society dans une production réussie de The Chimes of Normandy, qui remporte le Earl Grey Musical Trophy lorsqu'elle est reprise dans le cadre d'un concours national en 1911. Elle est l'âme de la Dramatic Society de l'U. du Manitoba à compter de sa fondation en 1914 jusqu'au printemps 1921, lorsqu'elle se retire de la mise en scène. À l'université, elle entraîne et dirige les comédiens, supervise la confection des costumes et le maquillage, présente des ateliers de formation pour les comédiens et les travailleurs de soutien et fournit une éducation rigoureuse en matière de goût et d'aptitudes théâtrales fondamentales.

Bien que Walker et son mari conservent la citoyenneté américaine durant toute leur vie à Winnipeg, elle soutient sans réserve son pays d'adoption, sa culture et ses causes. En 1917, elle fonde l'American Woman's Club dans le but de contribuer à l'effort de guerre canadien. Après la guerre, le club réunit des fonds pour construire à l'hôpital d'anciens combattants Deer Lodge le bâtiment Woman's Tribute Memorial dont Walker pose la pierre angulaire en 1931.