Blanche van Ginkel

Blanche Van Ginkel, née Lemco (Londres, Angl., 14 déc. 1923), architecte et planificatrice au cabinet van Ginkel Associates de Toronto, en association avec son mari, H.P. Daniel van Ginkel. Fondé en 1957, le cabinet est connu pour ses projets de design moderniste, dont le parc Bowring à St. John's, pour ses importantes études sur le Vieux-Montréal et Manhattan, et pour la planification préliminaire d'Expo 67. Le souci des van Ginkel d'allier l'architecture à l'aménagement et leur préférence pour les formes audacieuses et dépouillées viennent peut-être du stage que Blanche van Ginkel a fait à l'Atelier Le Corbusier à Paris en 1948, où elle a travaillé sur la fameuse Unité d'Habitation à Marseille, considérée un chef-d'oeuvre du modernisme européen.

Blanche van Ginkel est aussi reconnue comme professeure d'architecture. Après avoir obtenu ses diplômes d'architecture (McGill, 1945) et d'aménagement urbain (Harvard 1950), elle enseigne à l'U. de Pennsylvanie (de 1951 à 1957), à Harvard, à l'U. de Montréal et à l'U. McGill. En 1977, elle devient membre du corps professoral de l'U. de Toronto, où elle est la doyenne de la faculté d'architecture et d'architecture du paysage de 1980 à 1982. Elle agit aussi à titre d'examinatrice et de consultante dans d'autres écoles d'architecture au Canada, aux États-Unis et en Islande.

En tant que pionnière dans une profession dominée par des hommes, van Ginkel a été très influente. En 1952, année où elle obtient son agrément en tant qu'architecte au Québec, l'Association des architectes de la province de Québec (aujourd'hui, l'Ordre des architectes du Québec) ne compte que trois femmes parmi ses membres. Elle devient par la suite la première femme à être élue membre du conseil d'administration et membre du bureau exécutif de l'AAPQ, la première femme à être élue membre du bureau exécutif de l'Institut royal d'architecture du Canada, et la première femme (et la première Canadienne) à exercer la fonction de présidente de l'Association of Collegiate Schools of Architecture. En tant que doyenne à l'U. de Toronto, van Ginkel est aussi la première femme au Canada à occuper un tel poste dans une école d'architecture. Elle est l'auteure de nombreux articles sur des femmes architectes, sur l'enseignement de l'architecture et sur l'aménagement urbain au 20e siècle.