Le 5 septembre 1760, trois jours avant la capitulation de Montréal, le chef des Hurons de Lorette, qui a accompagné dans la région de Montréal l'armée française en retraite de Québec, aborde le général James Murray à Longueuil. Un traité de paix est conclu, en vertu duquel les Hurons passent sous la protection britannique. Le traité leur assure un sauf-conduit qui leur permet de regagner leur village de Lorette, près de Québec, sans qu'on leur fasse subir de mauvais traitements.

C'est cependant beaucoup plus qu'un sauf-conduit que le traité leur accorde. Ils sont reçus aux mêmes conditions que les milices canadiennes : aucune punition ne leur sera imposée pour avoir pris les armes contre les Britanniques. Le traité leur accorde aussi le libre exercice de leur religion et de leurs coutumes ainsi que la liberté de commerce avec les Anglais. À l'époque, le libre exercice de leurs coutumes signifie la non-interférence des Européens dans leur mode de vie, leur gouvernement local et leur système de justice. Aucune loi, aucun impôt, ni aucun service militaire ne leur sera imposé, contrairement à ce qui se passait sous le régime français. La liberté de commerce a toujours signifié une exemption des devoirs ou des restrictions juridiques imposés aux pionniers; elle ne s'est jamais limitée à la traite des fourrures et s'applique à toutes les activités commerciales. Les stipulations du traité sont respectées durant les premières années de la domination britannique. Avec le temps, les gouvernements provinciaux et fédéral enfreignent de nouveau les droits des Hurons, et ce jusqu'en mai 1990, lorsque la Cour suprême du Canada confirme la validité du traité.