Études et début de carrière

Thomas Mulcair naît à Ottawa d’une mère canadienne‑française et d’un père irlando‑canadien. Deuxième d’une famille de dix enfants, il grandit à Laval, au nord de Montréal. Thomas Mulcair étudie le droit à l’Université McGill. Il obtient son baccalauréat en droit civil (B.C.L.) en 1976 et son baccalauréat en common law (LL.B.) en 1977. Il assume également la présidence de l’Association des étudiant-e-s en droit de McGill et siège au conseil de l’Association étudiante de l’Université McGill.

Après son admission au Barreau du Québec en 1979, Thomas Mulcair travaille pour la Direction générale des affaires juridiques et législatives du ministère de la Justice du Québec, et pour la Direction des affaires juridiques du Conseil de la langue française. En 1983, il devient directeur des affaires juridiques d’Alliance Québec, puis fait son entrée dans un cabinet de droit privé en 1985. De 1987 à 1993, Thomas Mulcair assume le mandat de président de l’Office des professions du Québec. Il enseigne aussi le droit à l’Université du Québec à Trois-Rivières et à l’Université Concordia.

Politique provinciale

Bien que Thomas Mulcair soit membre de longue date du Nouveau Parti démocratique (NPD), au palier fédéral, il s’est auparavant porté candidat libéral pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale du Québec. En 1994, il remporte la circonscription de Chomedey, à Laval, et est réélu en 1998 et en 2003. Comme membre de l’opposition, il joue le rôle de critique en matière de justice et d’industrie. Après que le Parti libéral du Québec accède au pouvoir en 2003, le premier ministre Jean Charest nomme Thomas Mulcair ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. En tant que ministre, Thomas Mulcair lance un Plan de développement durable en 2004. Ce plan comprend une proposition d’ajout d’un nouveau droit à la Charte des droits et libertés de la personne du Québec : le « droit de vivre dans un environnement sain où la biodiversité est préservée » (Loi sur le développement durable, 2006). À la suite d’un processus de consultation élargie, l’Assemblée nationale du Québec adopte cette loi en avril 2006.

En février 2006, le premier ministre Charest remanie son Cabinet. Il offre à Thomas Mulcair le poste de ministre des Services gouvernementaux, rétrogradation évidente. Thomas Mulcair démissionne en guise de protestation. Il prétend que ce changement est causé par ses nombreux désaccords avec Charest, dont celui portant sur le projet de transfert de terrains du parc provincial du Mont-Orford à des promoteurs de copropriétés du secteur privé.

Politique fédérale

En 2007, Thomas Mulcair fait le saut en politique fédérale; il remporte une élection nationale partielle tenue dans la circonscription d’Outremont en septembre et devient membre du Parlement pour le NPD. Réélu en 2008 lors des élections générales fédérales, il est élu de nouveau en 2011. Thomas Mulcair est le deuxième député fédéral du NPD à se faire élire au Québec (après Phil Edmonston, en 1990), ainsi que le premier membre du NPD à rafler une circonscription québécoise lors d’une élection générale plutôt qu’une élection régulière. Thomas Mulcair devient leader adjoint du parti fédéral, un titre qu’il partage avec Libby Davies, puis lieutenant du chef Jack Layton au Québec.

Thomas Mulcair joue un rôle clé dans la hausse de popularité du NPD au Québec, et il contribue à l’obtenir d’une majorité de sièges pendant les élections de 2011 – un record histoire pour le parti. Lorsque le NPD forme l’Opposition officielle à la suite des élections générales de 2011, Thomas Mulcair devient chef de l’Opposition à la Chambre des communes.

Direction du NPD

En août 2011, deux mois environ après le décès de Jack Layton des suites du cancer, Thomas Mulcair annonce sa candidature au leadership du NPD. Il est élu dirigeant du parti en mars 2012.

Thomas Mulcair dirige son parti avec aplomb et est un débatteur de talent en tant que chef de l’Opposition officielle à la Chambre des communes. Ses politiques, toutefois, suscitent une certaine controverse, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du NPD. Bien que la plupart des fidèles du parti prônent comme Thomas Mulcair le maintien du Registre canadien des armes à feu accablé de problèmes, certains sympathisants s’étonnent de sa nouvelle attitude relativement ouverte et positive à l’égard du libre‑échange, qui diffère de celle de beaucoup de ses prédécesseurs.

En 2013, le NPD dépose un « projet de loi sur l’unité » pour remplacer la Loi sur la clarté, une suggestion qui provoque un plus grand litige encore. En effet, la Loi sur la clarté a été proposée par les Libéraux après le référendum du Québec (1995) et adoptée en 2000. Elle stipule qu’une nette majorité de Québécois doit voter oui à une question référendaire formulée clairement, avant que le gouvernement fédéral n’accepte de négocier les modalités d’une séparation de la province. En 2012, le Bloc Québécois soumet un projet de loi pour faire abroger la Loi sur la clarté, incitant le NPD à proposer son option de rechange : une proportion de 50 % plus un du vote de n’importe quel référendum constituerait une nette majorité, et elle suffirait à déclencher des débats sur la séparation. Cependant, selon les premiers sondages menés à ce sujet, la plupart des Canadiens croient que ce pourcentage devrait être plus élevé. Bon nombre de dirigeants provinciaux du NPD refusent de commenter la question.

Thomas Mulcair essuie également des critiques parce qu’il ne soutient pas les projets de pipelines Keystone XL et Enbridge Northern Gateway. Il affirme que la sécurité énergétique du Canada et la protection des emplois canadiens constituent la priorité de son parti, et prône plutôt la création d’un pipeline ouest‑est, qui transporterait le pétrole de l’Ouest canadien vers la côte est du Canada, où on le raffinerait.

Élections de 2015 et départ

Aux élections fédérales de 2015, on entretient l’espoir que Thomas Mulcair s’emparera du pouvoir détenu par les Conservateurs et formera le tout premier gouvernement national du NPD. Les attentes sont particulièrement hautes depuis la victoire sans précédent, en début d’année, du gouvernement néo-démocrate en Alberta, un bastion historiquement conservateur. Est-ce là un signe de ce qui attend le NPD au plan national ?

Thomas Mulcair et son parti effectuent une campagne qu’ils considèrent comme prudente; ils se détournent de la vocation habituellement militante du NPD et tentent plutôt de courtiser les électeurs centristes modérés en leur promettant — à l’instar des Conversateurs — de ne proposer que des budgets équilibrés. Cette initiative se solde par un échec. L’électorat canadien désire en effet du changement après 9 ans sous le règne conservateur, mais il accorde son soutien aux Libéraux menés par Justin Trudeau. Le NPD finit donc en troisième position aux élections. Au Québec, le soutien des élections de 2011 s’est évanoui, et beaucoup des députés néo-démocrates qui s’y trouvaient sont défaits. Encore une fois, le rêve du gouvernement du NPD à Ottawa ne se réalise pas.

La déception du NPD entourant la performance de Thomas Mulcair devient évidente lors de la convention du parti à Edmonton en 2016, 52% des délégués votent pour remplacer leur chef. Malgré cet évincement soudain, Thomas Mulcair choisit de rester en fonction jusqu’à ce qu’un nouveau chef soit choisi. En 2017, c’est Jagmeet Singh, politicien provincial de l’Ontario et nouveau venu dans la politique fédérale, qui est nommé chef du NPD.