Thomas Heath Haviland, Père de la Confédération, sénateur, lieutenant-gouverneur de l’Île‑du‑Prince‑Édouard, avocat, officier de milice (né le 13 novembre 1822 à Charlottetown, à l’Île‑du‑Prince‑Édouard; décédé le 11 septembre 1895 à Charlottetown).

Thomas Heath Haviland était membre de l’une des familles les plus importantes de l’Île‑du‑Prince‑Édouard, sous le « Pacte de famille » qui a précédé le gouvernement responsable. Il était en faveur d’une confédération visant à protéger l’Amérique du Nord britannique contre l’empiétement politique et militaire des États‑Unis. Il a assisté à la Conférence de Québec en 1864 et a participé aux négociations sur l’entrée de l’Île‑du‑Prince‑Édouard dans la Confédération en 1873.

Famille, jeunesse et début de carrière

Thomas Heath Haviland naît sous le régime du Pacte de famille, l’élite conservatrice qui, au XIXe siècle, domine la scène politique et le marché foncier de l’Île‑du-Prince‑Édouard. Son père, Thomas Heath Haviland, immigre à l’Île‑du‑Prince‑Édouard de Gloucestershire, en Angleterre, en 1816, après avoir reçu le poste de grand prévôt du prince régent (futur George IV). Thomas Heath Haviland père devient l’un des propriétaires fonciers les plus fortunés de la province et occupe de nombreux postes durant ses 50 ans de carrière, comme ceux de juge suppléant de la Cour suprême de la colonie (malgré son absence de formation en droit), de trésorier colonial, de secrétaire colonial, de registraire, de commis au conseil exécutif et au conseil législatif, et de maire de Charlottetown. La position privilégiée de la famille Haviland au premier rang de la société insulaire contribue à forger les opinions politiques du jeune Thomas Heath Haviland, notamment son opposition inébranlable à un gouvernement responsable et à la réforme foncière (voir Question des terres de l’Île‑du‑Prince‑Édouard).

Seul fils de Thomas Heath Haviland père, le jeune Thomas Heath Haviland jouit d’une éducation privilégiée et achève son école primaire à Charlottetown avant de fréquenter un pensionnat à Bruxelles, en Belgique. Il revient à Charlottetown aux débuts des années 1840 et étudie le droit sous la gouvernance de James Horsfield Peters. En 1846, il est admis au barreau et commence sa pratique de droit. L’année suivante, il marie Anne Elizabeth Grubbe, fille d’une famille aristocrate anglaise arrivée à l’Île‑du‑Prince‑Édouard en 1841. Sa femme, amatrice de botanique, assemble l’une des premières collections de spécimens de plantes indigènes de l’Île‑du‑Prince‑Édouard.

Carrière politique

Thomas Heath Haviland suit son père en politique en 1846. De 1846 à 1876, il siège à l’Assemblée législative à titre de représentant du Parti conservateur pour Georgetown. Étant l’un des plus importants propriétaires fonciers de la province, il s’oppose au gouvernement responsable et à la redistribution des biens fonciers. Au cours de ses 30 ans de carrière à l’Assemblée, il occupe nombre de postes, tels que secrétaire colonial (1859‑1862, 1866‑1867, 1870‑1872), président de la Chambre (1863, 1864) et solliciteur général (1865). De plus, il s’implique dans l’Église anglicane de l’Île‑du‑Prince‑Édouard, à titre d’administrateur, et dans la milice de la province, à titre de colonel. Son expérience dans la milice le mène à considérer la menace des États-Unis et, ainsi, la nécessite de la Confédération.

Confédération

Bien que Thomas Heath Haviland s’oppose à une union des Provinces maritimes, il est faveur de la Confédération parce qu’il craint que l’Amérique du Nord britannique ne soit sous la menace des États‑Unis. Alors que les Pères de la Confédération à l’Île‑du‑Prince‑Édouard se concentrent sur les répercussions économiques d’une union fédérale, Thomas Heath Haviland s’inquiète des grandes divergences qui existent entre les philosophies politiques des Américains et des Nord-Américains britanniques.

Thomas Heath Haviland n’assiste pas à la Conférence de Charlottetown en 1864, mais il fait partie des délégués prince-édouardiens envoyés à la Conférence de Québec. Il ne croyait pas que la Confédération priverait la province de son autonomie, affirmant dans un débat en 1866 que « le pouvoir […] donné à la législature fédérale […] ne requiert ni ne nécessite une annulation […] de la constitution provinciale ». Il est l’un des trois commissaires qui participent aux négociations sur l’entrée de l’Île‑du‑Prince‑Édouard dans la Confédération en 1873.

Voir aussi L’Île‑du‑Prince‑Édouard et la Confédération.

Fin de carrière

Sir John A. Macdonald récompense Thomas Heath Haviland d’avoir appuyé la Confédération avec un siège au Sénat. Thomas Heath Haviland demeure en poste de 1873 à 1879, puis quitte alors qu’il est nommé lieutenant-gouverneur de l’Île‑du‑Prince‑Édouard, poste qu’il occupe jusqu’en 1884. Comme son père l’a été avant lui, il devient maire de Charlottetown en 1886 jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite en 1893 en raison d’une mauvaise santé. En tant que maire, il commande un nouvel hôtel de ville et un réseau d’aqueduc pour la capitale provinciale.

Héritage

L’appui indéfectible de Thomas Heath Haviland pour l’entrée de l’Île‑du‑Prince‑Édouard dans la Confédération contribue à l’ajout de la province au Canada en 1873. Il est parmi les premières personnalités politiques à parler des droits de la personne dans un contexte canadien. En 1866, il prononce un discours à la Chambre d’assemblée de l’Île‑du‑Prince‑Édouard à propos des différences législatives entre les diverses colonies de l’Amérique du Nord britannique, affirmant qu’il y a « une multiplicité de lois, chacune ayant une application locale particulière sur presque tous les aspects des droits de la personne ».