Les partis politiques sont des organisations qui visent à diriger le gouvernement et qui participent aux affaires publiques en présentant des candidats aux élections. Puisqu’il existe en général multiples groupes qui poursuivent ces objectifs, les partis politiques sont perçus comme faisant partie d’un système de partis, qui dicte leur comportement en plus de structurer la concurrence politique au pays.

Partis politiques

Partis politiques fédéraux

Les partis politiques nationaux existent depuis bien avant la Confédération, mais on ne les reconnaît de façon formelle sur les bulletins de vote qu’en 1970. À partir de 1974, les partis politiques peuvent s’enregistrer auprès d’Élections Canada, ce qui leur donne plusieurs privilèges, les plus importants étant le droit d’indiquer le nom du parti sur les bulletins de vote, en dessous du nom de ses candidats, et le droit d’émettre des reçus aux fins d’impôt à ceux qui font des dons au parti (voir Financement des partis politiques). Afin d’être admissibles à l’enregistrement, les partis doivent respecter certains critères d’ordre légal et compter au moins 250 membres. Pour s’enregistrer, les partis doivent présenter un candidat lors d’une élection générale ou partielle. Au moment de l’élection fédérale de 2015, on compte 23 partis politiques enregistrés au Canada, mais seuls certains d’entre eux ont de véritables chances de remporter des sièges aux élections.

Partis politiques provinciaux

La plupart des provinces canadiennes sont dotées d’un système de partis qui reflète les partis de la politique nationale : les principaux partis sont souvent le Parti libéral, le Parti conservateur et la Co-operative Commonwealth Federation (CCF)/le Nouveau Parti démocratique (NPD). La politique provinciale présente parfois des partis différents, comme en témoignent les gouvernements formés par les Fermiers unis de l’Alberta, les Fermiers unis de l’Ontario, le Parti libéral-progressiste, le Crédit social, l’Union nationale, le Parti Québécois et le Parti saskatchewanais.

Même si certains partis provinciaux ont des noms et des objectifs semblables à ceux des partis fédéraux, les partis des différents paliers ne sont pas très bien intégrés dans l’ensemble au Canada. Le Parti conservateur au fédéral n’entretient aucun rapport formel avec ses homologues provinciaux, tandis que le Parti libéral du Canada maintient davantage de liens formels avec les partis provinciaux du même nom, à l’exclusion du Parti libéral du Québec, qui est indépendant. Les partis néo-démocrates provinciaux sont entièrement autonomes, sauf au Québec ; des liens formels unissent le Nouveau Parti démocratique du Québec et son homologue fédéral. Selon la constitution du NPD, tous les partis qui portent ce nom doivent « agir de façon compatible avec les principes sociaux-démocrates du Nouveau Parti démocratique du Canada. »

Malgré l’absence de liens formels, il existe un chevauchement considérable entre les partisans d’un parti fédéral et d’un parti provincial qui portent le même nom.

Histoire

Pendant les cinquante années qui suivent la Confédération, le Canada fonctionnait avec un système bipartisan, inspiré de celui de la Grande-Bretagne. La montée du Parti progressiste à titre d’opposition officielle en 1921 bouleverse le système à deux partis. Jusqu’à la fin des années 1950, les deux partis principaux, les libéraux et les conservateurs, doivent partager la scène politique avec d’autres groupes, dont la Co-operative Commonwealth Federation, le Parti progressiste, les Fermiers unis de l’Alberta, le Crédit social, le Bloc populaire canadien et le Parti ouvrier progressiste. À partir des années 1960, le système de partis au Canada se recentre sur le Parti libéral et le Parti conservateur et sur le Nouveau Parti démocratique (NPD), d’envergure moindre à l’époque. En 1993, toutefois, le système de partis canadien est fragmenté de nouveau en raison de la popularité du Parti réformiste du Canada et du Bloc Québécois. Depuis, ces derniers ont perdu beaucoup de terrain, et le système de partis du Canada tourne aujourd’hui autour de trois principaux partis qui rivalisent pour le pouvoir, et d’un certain nombre de petits partis qui s’organisent de façon plus limitée.

Parti conservateur

À l’époque de la Confédération, les politiques canadiennes sont inspirées du système de démocratie parlementaire de la Grande-Bretagne, ce qui signifie que seuls deux partis politiques généraux se battent pour le pouvoir. Au Parti conservateur, sir John A. Macdonald et sir George-Étienne Cartier réunissent une très grande coalition qui défend une variété d’intérêts idéologiques, régionaux, religieux et économiques. Sur le plan politique, ils concilient les conservateurs du Canada-Ouest, les bleus francophones (voir Parti bleu) du Canada-Est et les intérêts commerciaux des Maritimes. À l’exception de l’élection de 1874, lorsque le gouvernement de Macdonald est destitué en raison du scandale du Pacifique, le Parti conservateur domine la politique canadienne jusqu’en 1896.

Les alliances avec les chapitres ontarien et québécois du Parti conservateur sont affaiblies de façon considérable lorsque Macdonald fait pendre le chef métis Louis Riel en 1885, malgré l’opposition farouche de l’Église catholique. Les conservateurs s’aliènent encore plus les électeurs francophones catholiques lorsqu’ils imposent la conscription pendant la Première Guerre mondiale (voir aussi Élection de 1917; Gouvernement d’union).

Les conservateurs sont incapables d’obtenir des appuis au Québec, ce qui rend leur victoire aux élections fédérales difficile après la Première Guerre mondiale. Ainsi, les libéraux dominent la politique nationale de 1921 à 1957, à l’exception d’une élection remportée par le Parti conservateur, en partie en raison de l’insatisfaction des électeurs pendant la « Grande Dépression ». En 1942, lorsque le membre du Parti progressiste John Bracken devient le chef du Parti conservateur, celui-ci est renommé Parti progressiste-conservateur (PC). Plusieurs membres du Parti progressiste se joignent donc au nouveau Parti conservateur, tandis que d’autres rejoignent les rangs de la CCF et du Parti libéral.

En 1957, John Diefenbaker mène son parti à la tête d’un gouvernement minoritaire, puis à une victoire écrasante en 1958. Il obtient des appuis considérables au Québec, mais est incapable de gérer la coalition du Parti; les libéraux reviennent donc au pouvoir en 1963. Les provinces de l’ouest du Canada qui, d’un point de vue historique, soutiennent des partis de plus petite envergure comme les progressistes et le Crédit social , continuent d’appuyer le PC, et ce, même après sa défaite.

À l’instar de la période pré-Diefenbaker, le PC a du mal à rivaliser contre les libéraux, qui sont habiles à concilier le Québec et les autres provinces. Cela change du tout au tout en 1984, lorsque Brian Mulroney, le chef du PC, parvient à charmer le Québec et à conjuguer les intérêts de la belle province avec ceux des appuis traditionnels dans l’Ouest, menant son parti vers une victoire retentissante. Or, la réforme constitutionnelle que propose Mulroney révèle de profonds désaccords entre l’Ouest canadien et le Québec quant à l’identité canadienne (voir Accord du lac Meech; Accord de Charlottetown). La plupart des membres du PC dans l’Ouest quittent celui-ci pour former le Parti réformiste en 1987, tandis que le volet québécois emboîte le pas et forme le Bloc Québécois en 1990. À l’élection fédérale de 1993, le Parti progressiste-conservateur est ravagé : il ne remporte que deux sièges à la Chambre des communes.

Le Parti progressiste-conservateur stagne au cours des années 1990, renforçant peu à peu son appui à une poignée de sièges, éparpillés un peu partout au pays. Pendant ce temps, le Parti réformiste (devenu l’Alliance canadienne en 2000) n’arrive pas à obtenir des appuis au-delà de son bassin d’électeurs dans l’Ouest. En 2003, l’Alliance canadienne et les progressistes-conservateurs s’unissent pour créer le Parti conservateur du Canada. En 2004, le chef de l’Alliance canadienne Stephen Harper est nommé à la tête du parti. Celui-ci hisse le Parti conservateur à la tête de deux gouvernements minoritaires, en 2006 et en 2008, puis à la tête d’un gouvernement majoritaire en 2011. Les politiques publiques néoconservatrices de Stephen Harper lui permettent de gagner peu à peu en popularité, mais son parti continue d’avoir du mal à obtenir des appuis au Québec (voir aussi Parti conservateur).

Parti libéral

À sa création, le Parti libéral du Canada repose sur une fondation plus mince. Les Clear Grits du Canada-Ouest se joignent aux rouges anticléricaux (voir Parti rouge) de ce qu’on connaît aujourd’hui comme le Québec et au volet réformiste des Maritimes, dirigé par Joseph Howe. Peu de choses unissent ces différentes factions, hormis leur aversion commune à l’égard de John A. Macdonald.

L’ascension de Wilfried Laurier à la tête du parti en 1887 transforme le Parti libéral. Cet homme au bilinguisme élégant et à l’esprit politique aiguisé met un frein à l’hostilité de l’Église catholique romaine au Québec à l’égard du libéralisme politique. La victoire électorale de Wilfrid Laurier en 1896 prépare le terrain pour la domination libérale au Québec qui s’ensuit et pour la prédominance du parti au long du siècle subséquent (voir Élection de 1896). Les libéraux perdent toutefois le pouvoir en 1911, lorsque Wilfrid Laurier propose de nouveau le libre-échange avec les États-Unis (voir Réciprocité). Robert Borden, qui prend alors les rênes du pays et dirige celui-ci pendant la Première Guerre mondiale, solidifie l’attitude anticonservatrice déjà bien ancrée au Québec lorsqu’il impose la conscription en 1917 pour une guerre que la plupart des Québécois considèrent comme une guerre anglaise, et non canadienne (voir Élection de 1917).

Au décès de Wilfrid Laurier en 1919, William Lyon Mackenzie King lui succède. La philosophie de celui-ci prépare peu à peu le Canada à l’État-providence, et son esprit politique prudent mène le pays au travers de la crise des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale. Dès le moment où Mackenzie King devient le chef du Parti libéral, il serait juste de dire que le Canada est un État dominé par un seul parti. En effet, depuis 1921, les conservateurs ont dirigé cinq gouvernements majoritaires, contre douze pour les libéraux.

Louis Saint-Laurent (1948-1958), un avocat flegmatique, succède à Mackenzie King. Son successeur à lui, Lester B. Pearson (1958-1968), propose un plan pour l’assurance-maladie, le régime de pensions du Canada et les politiques sur le bilinguisme et le biculturalisme. Lorsque Pierre Elliott Trudeau est élu premier ministre en 1968, son gouvernement semble radical, mais adopte un style de gestion prudent. À sa réélection en 1980, il présente la Charte canadienne des droits et libertés.

En 1984, les libéraux perdent la plupart de leurs appuis au Québec aux mains des conservateurs, et le Parti libéral est chassé du pouvoir. En partie grâce à une opposition divisée, ils reviennent au pouvoir en 1993 avec Jean Chrétien comme premier ministre. Le Parti libéral domine alors le système de partis, remportant trois mandats avec un gouvernement majoritaire grâce à ses appuis stables et assez nombreux au sein du vote populaire. Une fois le scandale des commandites révélé au grand jour, les libéraux doivent se contenter d’un gouvernement minoritaire en 2004, avec Paul Martin comme premier ministre. En 2006, ils perdent le pouvoir, changent plusieurs fois de chef et accusent un déclin des appuis des électeurs. En 2011, le Parti libéral arrive en troisième position à la Chambre des communes. (Voir aussi Parti libéral.)

Nouveau Parti démocratique

Des partis sont formés au cours du XXe siècle afin de bouleverser la dominance des libéraux et des conservateurs. La Co-operative Commonwealth Federation (CCF) naît du Parti progressiste, un parti d’agriculteurs dirigé par Thomas Crerar au Manitoba et Henry Wise Wood en Alberta, des populistes radiaux qui luttent contre l’influence des intérêts financiers des grandes institutions, comme les banques et les entreprises de chemins de fer. À titre de parti fédéral, le Parti progressiste survit pendant quinze ans, avant d’être remplacé en 1932 par la CCF, fondée par des progressistes et des députés des Fermiers unis de l’Alberta.

Le manifeste de la CCF, rédigé à Regina en 1933, définit le parti comme social-démocrate. Tommy Douglas dirige alors la CCF et remporte l’élection en Saskatchewan en 1944, faisant de son parti le tout premier gouvernement social-démocrate élu de façon démocratique en Amérique du Nord (voir CCF : l’évolution politique du Canada). La CCF demeure le principal parti de gauche jusqu’à ce qu’il soit presque anéanti en 1958. Le parti décide alors de s’unir avec le Congrès du travail du Canada (CTC) tout juste formé pour former un nouveau parti, le Nouveau Parti démocratique (NPD), en 1961. Le NPD crée ainsi un système à « deux partis et demi » jusqu’en 1990 au Canada; un système où les deux partis majeurs, le Parti libéral et le Parti conservateur sont rejoints par un parti de moins grande envergure. Puis, en raison de chefs peu convaincants, de scandales à l’échelle provinciale, de la concurrence provenant des autres partis protestataires et de l’insatisfaction des syndicats, le parti est affaibli de façon considérable, à un point tel que beaucoup, y compris certains de ses membres, remettent sa survie en question.

Le NPD connaît une véritable résurrection au lendemain de l’élection de Jack Layton à la tête du parti en 2003. La personnalité chaleureuse de Jack Layton, combinée à ses efforts pour professionnaliser la machine électorale du parti, permet de restaurer le rôle du NPD au sein du système de partis. En 2011, Jack Layton mène son parti à son meilleur résultat électoral dans l’histoire : le NPD termine deuxième et devient l’opposition officielle. Le NPD doit sa résurrection en grande partie au Québec, où il gagne beaucoup d’appuis.

Bloc Québécois

Le Bloc Québécois est d’abord un mouvement parlementaire composé de députés fédéraux du Québec qui quittent les Partis libéral et conservateur après l’échec de l’accord du lac Meech. Le bloc parlementaire est dirigé par Lucien Bouchard, un ministre du Cabinet conservateur qui renonce à son siège et fonde peu après le parti politique du Bloc Québécois.

Le Bloc présente des candidats exclusivement dans la province de Québec, son principal objectif étant de défendre les intérêts du Québec et la souveraineté de la province à la Chambre des communes. À l’élection de 1993, le Bloc remporte 54 sièges, ce qui le situe au deuxième rang et fait qu’il devient l’opposition officielle. Par la suite, le parti connaît un déclin progressif des appuis. À l’élection fédérale de 2011, le Bloc est presque effacé de la carte politique, ne remportant que quatre sièges (voir aussi Bloc Québécois).

Parti vert

Le Parti vert du Canada est fondé en 1983 pour promouvoir les enjeux environnementaux. Il présente quelques candidats et obtient des appuis minimes jusqu’en 2004, lorsque des modifications aux lois sur le financement des partis politiques stipulent qu’un parti qui obtient 2 % du vote national reçoit du financement public. Dirigés par Jim Harris, les Verts présentent une liste complète de candidats à l’élection de 2004, et se qualifient au financement. Les ressources accrues du parti et la sensibilisation grandissante des électeurs à l’égard des questions environnementales engendrent la croissance du parti, qui reçoit 7 % du vote en 2008. Elizabeth May, chef du Parti vert à partir de 2006, remporte le tout premier siège de son parti à la Chambre des communes en 2011 (voir aussi Parti vert du Canada).

Partis marginaux

Hormis les grands partis, le Canada connaît un certain nombre de petits partis qui répondent aux critères pour s’enregistrer, mais qui n’obtiennent qu’un petit nombre de votes et qui ne remportent pas de siège à la Chambre des communes (voir Système électoral). Certains de ces partis, comme le Parti communiste, le Parti de l’héritage chrétien et le Parti action canadienne, perdurent depuis longtemps, tandis que d’autres subsistent pendant une ou deux élections avant de disparaître. Même si les partis marginaux ont peu de succès électoral, ils permettent à leurs partisans de participer au débat quant à la direction du pays.

Structure du système de partis

L’une des caractéristiques principales des partis politiques est leur volonté, à titre d’organisations, d’influencer les politiques publiques en présentant des candidats aux élections. Le système électoral canadien repose sur des circonscriptions uninominales, que les partis politiques doivent remporter lors d’élections générales pour disposer d’une majorité de sièges et former le gouvernement. Les partis politiques recrutent des membres pour organiser et financer leurs activités en vue de présenter des candidats pour remporter des sièges.

Organisation

Les partis politiques canadiens fonctionnent à l’échelle fédérale et locale. En règle générale, l’organisation fédérale du parti est dominée par les membres élus du parti et son chef. L’organisation fédérale du parti dicte ses politiques et sa stratégie électorale. Les partis s’organisent aussi à l’échelle circonscriptionnelle, par l’entremise d’associations locales. Ces associations sont en général le lieu des activités des membres : leurs principales fonctions sont de choisir les candidats qui se présenteront dans les circonscriptions et de diffuser le message du parti et de l’adapter au contexte local.

Membres des partis

Les partis politiques fédéraux permettent à la population canadienne d’en devenir membres. La plupart des partis exigent de leurs membres qu’ils soient de citoyenneté canadienne ou résidents permanents, et qu’ils ne soient membres d’aucun autre parti fédéral. Les membres doivent aussi verser une cotisation annuelle. Les partis canadiens donnent en général peu d’occasions à leurs membres de participer à leurs activités en dehors des périodes électorales. Pendant les élections, par contre, la liste des membres d’un parti représente une source considérable de bénévoles potentiels. Les membres peuvent participer au choix des dirigeants du parti, de ses délégués et de ses candidats à l’échelle locale. Bien que les partis ne rendent pas leurs nombres de membres inscrits publics, l’on sait qu’assez peu de Canadiens sont membres d’un parti et participent aux activités des partis politiques.

Représentation

Malgré leurs petits bassins de membres, les partis politiques sont d’importantes structures qui représentent la diversité de la société canadienne. Par le passé, cette diversité passait avant tout par la représentation de la dualité linguistique au Canada, dans les structures formelles comme dans les pratiques informelles. Par exemple, les libéraux alternent de façon traditionnelle entre des chefs francophones et anglophones. Au fur et à mesure que la société canadienne se diversifie, les électeurs demandent aux partis de devenir plus inclusifs. La plupart des partis s’efforcent donc de recruter des candidats provenant de groupes sous-représentés, comme les femmes et les minorités visibles. En 2015, 28 % des candidats à l’élection fédérale étaient des femmes ; chez les cinq principaux partis (le Bloc, les conservateurs, les Verts, les libéraux et le NPD), 33 % des candidats étaient des femmes.

Financement des partis

Les activités des partis politiques requièrent des ressources financières, surtout en ce qui concerne les campagnes électorales très médiatisées. Les partis politiques consacrent beaucoup d’énergie à recueillir des fonds, entre autres, en demandant aux membres et aux partisans de faire des dons pour soutenir leurs activités. La loi permet aux partis fédéraux de recevoir un seul type de don : des dons individuels; leurs activités financières sont très réglementées (voir aussi Financement des partis politiques).

Candidats

Chaque élection générale comprend des élections simultanées dans chacune des 338 circonscriptions du Canada. Dans toutes les circonscriptions, il peut y avoir des candidats de partis enregistrés et des représentants d’autres partis non reconnus de façon officielle qui sont présentés sur les bulletins de vote comme candidats « indépendants » (voir aussi Élections). En 2015, 1 792 candidats se sont présentés à l’élection fédérale, ce qui représente le troisième nombre de candidats en importance pour une élection générale canadienne. Seules 2 circonscriptions comptaient moins de 4 candidats, et 48 en comptaient 7 ou plus.

À l’échelle locale, la première tâche d’une association de circonscription est de choisir son candidat. Les procédures pour ce faire sont d’ordinaire établies de façon plus ou moins détaillée par le parti fédéral, mais les partis à l’échelle locale conservent une autonomie considérable et leurs pratiques en la matière varient. En règle générale, le candidat est choisi par vote secret parmi les membres qui habitent dans la circonscription. Il arrive souvent qu’un candidat soit désigné par acclamation, surtout dans les régions où le parti n’a pas beaucoup d’appuis et où peu de gens sont désireux de se présenter comme candidat.

Même si la tradition veut que l’association locale choisisse son candidat, le chef du parti doit néanmoins approuver chaque candidat qui se présente pour son parti. Cette procédure donne au parti fédéral une certaine mainmise sur le choix final des candidats, puisque le chef du parti peut approuver ou refuser un candidat choisi par une association locale. Le droit de veto du chef de parti est parfois utilisé pour assurer qu’un candidat favori est choisi, ou encore pour aider le parti à diversifier son bassin de candidats. De telles interventions sont controversées; les chefs de parti n’y font appel qu’en de rares occasions.

Une fois le candidat du parti choisi, l’association locale s’efforce d’assurer qu’il est élu. Celle-ci engage un directeur de campagne, loue un bureau de campagne et s’occupe de promouvoir le parti et le candidat en posant des affiches et en diffusant des publicités dans les médias. À l’approche du jour du scrutin, l’association organise des campagnes de porte-à-porte et la distribution de brochures et autres documents promotionnels. Le jour de l’élection, le parti local s’efforce d’encourager ses partisans à aller voter.

Direction des partis

Les chefs de parti sont les figures centrales des partis politiques, car ils sont candidats au poste de premier ministre. Par conséquent, le choix d’un chef est l’une des tâches les plus importantes pour un parti. D’habitude, le choix d’un nouveau chef survient après la démission ou le décès du chef en fonction, quoique les partis peuvent aussi demander ou forcer une révision de leur direction. Pendant les cinquante années qui suivent la Confédération, les députés élus d’un parti choisissent l’un des leurs afin de diriger le parti. Ce système est ensuite remplacé par le congrès à la direction, lors duquel les délégués des associations locales du parti et d’autres acteurs du parti se rencontrent dans un lieu centralisé afin de choisir un chef. Seuls quelques milliers des membres du parti assistent à ces congrès.

Dans les années 1990, les partis politiques canadiens se tournent vers un système qui permet à tous les membres d’un parti de voter pour un candidat à la chefferie. Aujourd’hui, tous les principaux partis choisissent leur chef de cette façon. Les conservateurs et les libéraux fonctionnent sur une base proportionnelle afin d’assurer que les circonscriptions qui comprennent beaucoup de membres ne dominent pas le processus de sélection. La gestion des votes pour la chefferie d’un parti requiert des ressources considérables et les partis utilisent des bulletins de vote remplis en personne, au téléphone, par la poste et sur Internet. Cette façon de procéder met tous les membres sur un même pied d’égalité, mais peut aussi créer des situations où le chef élu par les membres n’a pas l’appui de la plupart de ses députés ou de son personnel.

Les partis élisent aussi un président et d’autres membres de la direction qui s’occupent d’administrer le parti. La plupart des partis organisent des congrès sur les politiques, en général tous les deux ans. Les députés et les participants aux congrès sur les politiques ne s’entendent pas toujours sur la portée qu’ont les résolutions prises lors de tels congrès sur les députés élus. Lors d’élections générales, il revient au parti fédéral de gérer la campagne nationale dans l’ensemble. Celui-ci doit planifier la tournée du chef, recueillir des fonds et les dépenser pour la publicité et la documentation et distribuer des fonds et d’autres ressources. Le reste du temps, le parti conserve des bureaux actifs et un personnel rémunéré limité, qui se doit de s’occuper des affaires du parti et de coordonner ses diverses organisations nationales, provinciales et locales (voir aussi Congrès à la direction).

Parlement

Les partis politiques sont centraux au fonctionnement de la démocratie parlementaire canadienne. Presque tous les députés élus à la Chambre des communes sont affiliés à un parti politique. De même, les nominations au Sénat reflètent elles aussi les lignes de parti. Cependant, le soutien envers les nominations partisanes a changé : le Parti libéral a retiré ses sénateurs de son caucus en 2014, et le NPD ne permet pas aux sénateurs de siéger sous sa bannière. Les lignes de parti définissent les conflits au Parlement, et les députés sont censés voter en conformité avec la ligne de leur parti dans presque tous les cas. Le caucus des partis se réunit chaque semaine, permettant aux membres élus du parti et aux sénateurs de se rencontrer, de formuler leurs inquiétudes et de maintenir une cohésion.

Importance

Les partis politiques jouent un rôle important pour la santé de la démocratie au Canada puisqu’ils aident à structurer la concurrence politique et le fonctionnement de notre système politique. En tant qu’organisations, toutefois, ils connaissent de nos jours un certain affaiblissement. Les bassins de membres des partis sont vieillissants et en déclin, et la population canadienne de moins en moins de Canadiens aux différents partis. Le taux de vote au Canada a connu un déclin au cours des vingt dernières années, ce qui remet en doute la capacité des partis de rejoindre les électeurs. Les partis politiques au Canada sont plus importants que jamais pour le fonctionnement de nos institutions politiques, mais leur relation avec la population est de plus en plus fragile.