Sir Étienne-Paschal Taché, médecin, politicien (né le 5 septembre 1795 à Saint-Thomas (Montmagny), dans le Bas-Canada, et est décédé le 30 juillet 1865 à Montmagny, au Canada-Est). Doyen des Pères de la Confédération, Étienne-Paschal Taché exerce la médecine pendant des décennies avant de commencer sa longue carrière en politique. Il fait partie de chaque gouvernement de la Province unie du Canada entre 1848 et 1857, dont deux coalitions avec John A. Macdonald. Il préside la Conférence de Québec et y défend les 72 résolutions, qui serviront de bases à la Confédération.

Jeunesse

Étienne-Paschal Taché naît dans une famille canadienne-française respectable qui avait prospéré en Nouvelle-France avant de perdre une bonne partie de sa fortune pendant la guerre de Sept Ans. Son grand-père, Jean Taché, est un marchand parisien qui s’installe en Nouvelle-France en 1730. Par la suite, il épouse la petite-fille de l’explorateur Louis Jolliet et devient le plus important armateur de la ville de Québec. Ayant perdu sa fortune à cause de la guerre, Jean Taché devient notaire. Les parents d’Étienne-Paschal Taché, Charles et Geneviève (née Michon), élèvent dix enfants grâce au maigre revenu que leur rapporte la location d’un poste de commerce à Chicoutimi dans la seigneurie de Mingan, dont Charles et l’un de ses frères sont copropriétaires.

Quand éclate la guerre de 1812, Étienne-Paschal Taché interrompt ses études au Séminaire de Québec et s’enrôle dans l’armée britannique. Il devient officier et prend part à plusieurs batailles, notamment Plattsburgh et Châteauguay. Pendant son service, il commence à étudier la médecine. Après avoir achevé ses études à Philadelphie, il pratique à Montmagny pendant 22 ans, de 1819 à 1841. En 1820, Étienne-Paschal Taché épouse Sophie Baucher, avec qui il aura 15 enfants.

Carrière politique

Tout en étant un ardent patriote, Étienne-Paschal Taché ne participe pas aux Rébellions de 1837-1838. Après l’union des deux Canada, Étienne-Paschal Taché est davantage disposé à faire des compromis, à l’instar de ses compatriotes Augustin-Norbert Morin, Louis-Hippolyte La Fontaine et George-Étienne Cartier. Il est élu pour la première fois à la nouvelle assemblée en 1841, avant de démissionner en 1846 pour devenir député adjurant général de la milice du Canada-Est, qu’il est responsable de réorganiser. En 1848, il devient membre des conseils exécutif et législatif, ainsi que commissaire aux travaux publics dans le ministère Baldwin-Lafontaine. Il fait ainsi partie de chaque gouvernement jusqu’en 1857. Le 27 janvier 1855, il remplace Augustin-Norbert Morin en tant que chef du Canada-Est et forme un ministère avec Allan Napier MacNab. Après la démission de ce dernier, en mai 1856, Étienne-Paschal Taché forme avec John A. Macdonald un ministère qui scelle l’alliance entre les conservateurs du Canada-Ouest et les libéraux du Canada-Est, formant un parti uni. Le gouvernement Étienne-Paschal TachéJohn A. Macdonald triomphe de plusieurs difficultés, mais des problèmes de santé poussent Étienne-Paschal Taché à démissionner en 1857, quoiqu’il continue d’occuper la position de conseiller législatif. Ayant pris sa retraite, Étienne-Paschal Taché est nommé chevalier et colonel de l’armée britannique à titre honorifique, ainsi qu’aide de camp de la reine Victoria.

Pendant sa carrière politique, Étienne-Paschal Taché est connu pour sa bonne humeur et son amabilité, et plusieurs le considèrent comme un lien essentiel entre les élites politiques des deux Canada. En 1846, il donne son discours le plus célèbre lors d’un débat portant sur la nouvelle loi de la milice (les relations entre les États-Unis et la Grande-Bretagne étaient alors tendues à cause de la dispute concernant les frontières de l’Oregon). Au cours du débat, certains mettent en question la loyauté des Canadiens français envers la Couronne, ce à quoi Étienne-Paschal Taché répond : « Notre loyauté à nous n’est pas une loyauté de spéculation, de louis, chelins et deniers : nous ne l’avons pas constamment sur les lèvres, nous n’en faisons pas un trafic. Nous sommes dans nos habitudes, par nos lois, par notre religion [...] monarchistes et conservateurs. » Il rappelle aussi la contribution des Canadiens français à la guerre de 1812 et conclut : « Le dernier coup de canon tiré pour le maintien de la puissance anglaise en Amérique le sera par un bras canadien. »

Confédération

En 1864, une nouvelle crise politique pousse Étienne-Paschal Taché à revenir à la politique active. À la requête du gouverneur Charles Monck, il forme un gouvernement de coalition avec John A. Macdonald. Cette administration purement conservatrice qui ne dure qu’un mois et devient le troisième gouvernement à tomber en l’espace de deux ans. Par la suite, le 22 juin 1864, Étienne-Paschal Taché forme le ministère de coalition qui allait donner naissance à la Confédération, pour laquelle il avait tant travaillé.

Dans son rôle de premier ministre du Canada, Étienne-Paschal Taché préside la Conférence de Québec en 1864. Dans son discours d’ouverture, il assure que la Confédération ne diminuerait pas l’autonomie des provinces, expliquant que la Confédération « équivaudra à une séparation des provinces, et le Bas-Canada conservera son autonomie avec toutes les institutions qui lui sont si chères ». Sa définition de la Confédération est acceptée à la Conférence de Québec et pose les bases de la Confédération. Étienne-Paschal Taché défend aussi les 72 résolutions devant le conseil législatif de la Province du Canada.

Décès et héritage

À cause de sa mort, en 1865, deux ans avant la Confédération du Canada, en 1867, le rôle remarquable que Étienne-Paschal Taché a joué dans les événements qui ont précédé l’union des provinces est souvent oublié. Cependant, sa conception de l’autonomie provinciale continue à influencer la politique canadienne. L’un de ses fils, Eugène-Étienne Taché, devient sous-ministre des Terres et Forêts du Québec et écrit la devise de la province, « Je me souviens ».