La Saskatchewan, qui fait partie de la région des Prairies, est la seule province dont les tracés des frontières sont entièrement artificiels. Elle est bordée par les États-Unis au sud, les Territoires du Nord-Ouest au nord, et les provinces du Manitoba et de l’Alberta, respectivement à l’est et à l’ouest. C’est à partir de terres appartenant aux Territoires du Nord-Ouest que sont créées en 1905 la Saskatchewan et l’Alberta. Toutes deux ont la particularité de ne pas avoir de littoral donnant sur une étendue d’eau salée. Le nom « Saskatchewan », utilisé pour la première fois à titre officiel en 1882 pour désigner un district des Territoires du Nord-Ouest, dérive d’une version anglicisée d’un mot de la langue des Cris, soit kisiskâciwanisîpiy, signifiant « rivière au cours rapide ».

Sol et ressources

Le bouclier précambrien, qui traverse la province en diagonale vers le sud-est, couvre approximativement le tiers nord de la Saskatchewan. Le bouclier est caractérisé par un relief rocheux accidenté et de nombreux lacs, et comprend une zone sablonneuse au sud du lac Athabasca. Au sud du bouclier, également en diagonale de l’ouest à l’est, s’étend la région communément appelée « ceinture céréalière », plane ou aux plaines légèrement onduleuses et au sol fertile, qui a fait de la Saskatchewan l’un des plus grands producteurs de blé au monde.

À la frontière ouest et dans la région sud-ouest se trouve une autre région de plaines, à l’altitude généralement plus élevée et au profil vallonné plus marqué que celui de la ceinture céréalière. À l’extrême sud-ouest, la Saskatchewan partage avec l’Alberta les collines de Cyprès, point le plus élevé du Canada entre les Rocheuses et le Labrador. Presque tout le paysage de la province présente un relief vallonné, contrairement à l’image stéréotypée de plat pays que l’on se fait habituellement des Prairies.

Géologie

De grandes parties de la Saskatchewan constituaient autrefois le fond d’une mer qui a disparu il y a de cela des millions d’années. Sur le plan géologique, une grande partie du paysage actuel est relativement jeune, s’étant formé durant l’ère quaternaire, c’est-à-dire plus ou moins au cours du dernier million d’années. Les plus anciennes formations, les précambriennes, ont précédé la mer; certains signes attestent par ailleurs que d’impressionnantes chaînes de montagnes se sont érodées au fil du temps pour devenir les plaines que l’on connaît aujourd’hui. L’érosion, le magma ascendant, le flux et le reflux de la mer et de ses affluents ont contribué, au cours des différentes ères géologiques, au développement des formations faisant maintenant partie de la ceinture céréalière, des champs de pétrole et de gaz naturel, ainsi que des gisements de sel, d’argile, de charbon, de potasse et d’autres minéraux précieux.

Au cours du Quaternaire, la principale influence géologique en Saskatchewan est la glaciation, qui polit et marque les roches de surface de vastes régions et laisse de riches sédiments à d’autres endroits. Les glaciers, se déplaçant en direction sud-ouest sur le continent, laissent derrière eux des lacs (qui ont couvert pendant un certain temps la plus grande partie de la province) et ornent le paysage de drumlins, d’eskers et de moraines, toujours présents aujourd’hui. (Les édifices du campus de l’Université de la Saskatchewan sont faits en grande partie de pierres multicolores déposées par les glaciers.) Les glaciers ont couvert toutes les régions de la Saskatchewan à un moment ou à un autre, sauf deux petites enclaves de terrain élevé, à l’extrême sud, où la faune et la flore diffèrent sensiblement de celles du reste de la province. Les derniers glaciers ont fondu il y a approximativement 16 000 à 18 000 ans au sud et plus récemment au nord, il y a environ 8 000 ans.

Végétation

Généralement inhospitalier à l’agriculture en raison du climat et du sol mince, le tiers nord de la province est couvert de marais et de tourbières, d’affleurements rocheux recouverts de lichen et de forêts caractéristiques du bouclier. L’altitude de la plaine céréalière décline de façon marquée de l’ouest à l’est. De même, du sud au nord, des altitudes de 600 et 900 m au-dessus du niveau de la mer (altitudes communes dans le sud-ouest), ne sont que de 150 à 300 m au nord-est. Voilà pourquoi le vaste réseau fluvial de la province se déverse vers la baie d’Hudson. Les terres de la moitié sud de la Saskatchewan sont propres à l’exploitation agricole, alors que dans la moitié nord, le climat empêche l’utilisation des rares terres cultivables. L’agriculture pratiquée dans le sud est tributaire de divers sols, surtout bruns ou noirs, dont la texture varie des sables limoneux à l’argile.

La végétation naturelle est divisée du nord au sud en six zones relativement distinctes, qui traversent toutes la province en diagonale vers le sud-est. Le long de la frontière nord, une bande de toundra forestière subarctique s’étend; au sud de celle-ci se trouve une vaste région de forêt septentrionale de conifères; puis une troisième bande, cette fois-ci une forêt mixte. Le nord de la ceinture agricole est une forêt-parc à trembles, le centre, une prairie mixte, et le sud, une prairie à herbes courtes. Chacune de ces six zones correspond plus ou moins à des sols particuliers. L’érosion du sol est un problème constant dans la province; le vaste réseau fluvial en est une cause, mais les vents si fréquents qu’ils sont souvent mentionnés dans la littérature des Prairies, en est une autre.

Eau

Un rapide coup d’œil sur les cartes de la Saskatchewan révèle que la province a de l’eau en abondance, autant en surface que dans des réservoirs aquifères (c’est-à-dire des strates souterraines constituées de roches perméables) situés à diverses profondeurs. Quatre importants bassins hydrographiques contribuent à drainer la province, soit ceux du Mackenzie et de la rivière Churchill au nord, et ceux de la rivière Saskatchewan et des rivières Qu’Appelle et Assiniboine au sud. On estime que les plus grands réservoirs aquifères pourraient fournir environ 10 pour cent du débit annuel de la rivière Saskatchewan Sud. Cependant, pour parvenir à ces aquifères, l’utilisation d’une technologie coûteuse est nécessaire, puisque les puits individuels ne produisent généralement pas beaucoup d’eau. La majeure partie de l’eau de surface la plus accessible se trouve au nord, où l’implantation agricole est minime.

Les besoins en eau sont grands, autant pour l’agriculture que pour le développement industriel (particulièrement pour la production de la potasse), et la Saskatchewan dépend grandement du débit des rivières et des précipitations, deux phénomènes incontrôlables. Les systèmes des rivières de la zone agricole sont principalement alimentés par la fonte des neiges des Rocheuses, région où les chutes de neige sont sujettes à de grandes variations. Les précipitations dans la province sont également aléatoires, et leur taux d’évaporation est souvent très élevé. Un trait caractéristique du paysage agricole en Saskatchewan est la fosse-réservoir, grande excavation destinée à recueillir le surplus d’eau des champs au printemps.

Les précipitations annuelles varient énormément, tant pour l’ensemble de la province elle-même que d’une zone à l’autre. Les années 1930 ont connu une grande sécheresse généralisée qui s’est fait sentir davantage au sud que dans la prairie-parc du nord. La moyenne annuelle de précipitations va de quelques centimètres à environ 50, augmentant généralement du sud-ouest au nord-est. Depuis la fin du XIXe siècle, des efforts continus ont été déployés afin d’étendre l’irrigation dans la province.

Climat

Le climat de la Saskatchewan peut varier d’un extrême à l’autre au cours d’une année. La province compte trois principales zones climatiques, correspondant à peu près aux grandes zones de végétation. Des régions enneigées et froides du nord aux régions plus tempérées de la ceinture céréalière, sans oublier les steppes semi-arides du sud-ouest. Des températures en dessous de -50 °C en janvier et au-dessus de 40 °C en juillet ont été enregistrées, tout comme on a vu la température monter bien au-dessus du point de congélation en janvier et descendre bien au-dessous de zéro en juillet. Le nombre de jours sans gel peut varier de 60 à plus de 100 par année.

Dans les régions de terre arable, les dernières gelées printanières arrivent habituellement au début juin, et le premier gel arrive au début septembre. Cette saison de croissance relativement courte a une incidence importante sur la production agricole de la Saskatchewan, car les céréales sont très sensibles à la gelée depuis la germination jusqu’à la moisson. Cependant, il est important de mentionner que le nombre de journées sans gel est un indicateur inexact de la durée de la saison de croissance, puisque la latitude nordique permet des journées d’été très longues, le soleil se levant très tôt pour se coucher très tard. Dans la ceinture céréalière, le 21 juin, le soleil se lève avant 5 h et se couche après 21 h 30. Par contre, pour la même raison, les journées d’hiver sont courtes : le 21 décembre, il se lève après 9 h et se couche à 17 h. Les blizzards sont aussi communs en hiver que les orages le sont en été, et la moitié méridionale de la Saskatchewan essuie occasionnellement des tornades.

Ressources

Le sol et l’eau constituent les ressources fondamentales de toute région fortement agricole, mais la Saskatchewan possède aussi des gisements d’une richesse inestimable de minéraux, entres autres de potasse et d’uranium ainsi que de combustibles fossiles.

Les ressources forestières sont limitées par la nature du sol et le climat. Pourtant, près des trois quarts du territoire sont boisés et près de la moitié des peuplements forestiers sont exploités. Pendant les années de sécheresse, les incendies occasionnent de graves pertes, non seulement en bois de pâte et en bois d’œuvre, mais aussi en habitats fauniques, qui soutiennent de diverses façons la pêche sportive et la pêche commerciale, le piégeage et la chasse, et qui constituent une part importante du mode de vie des peuples autochtones.

La plupart des mammifères de la Saskatchewan sont les mêmes qu’ailleurs au Canada, mais deux des plus gros qui habitent l’Ouest sont rarement aperçus : le couguar l’est parfois, mais la vue d’un grizzly est si rarement signalée que l’on craint sa disparition. Située sur la voie migratoire des oiseaux chanteurs et de la sauvagine, la province compte des insectes à profusion qui sont tantôt nuisibles, tantôt utiles à l’agriculture. La faune est le facteur principal qui attire chasseurs et pêcheurs, et la province occupe un des premiers rangs pour ce qui est de la valeur de ses pelleteries. La pêche commerciale en eau douce, malgré son apport précieux à certains endroits, compte parmi les plus réduites au Canada.

Conservation

La Saskatchewan est la principale bénéficiaire d’une importante loi fédérale de 1935, soit la Loi sur le rétablissement agricole des Prairies qui, ayant depuis subi des modifications, a facilité l’aménagement des terres agricoles grâce à la construction de barrages et de fosses-réservoirs. Peu sont en désaccord concernant la nécessité de la conservation de l’eau dans les Prairies, et les politiques provinciales en ce sens renforcent la politique fédérale.

La Saskatchewan abrite également 39 parcs provinciaux et 2 parcs nationaux, lesquels contribuent à préserver la flore et la faune ainsi que les écosystèmes. Le parc national du Canada des Prairies, par exemple, est le seul endroit au Canada où le chien de prairie à queue noire vit dans son habitat naturel, alors que le parc national du Canada de Prince Albert protège une section de la forêt boréale ainsi qu’une colonie nicheuse de pélicans blancs.

Population

On trouve dans la province des vestiges de peuples autochtones qui l’ont habitée au moins 10 000 ans av. J.-C. En effet, les chasseurs qui suivaient les troupeaux migrateurs de bisons ont laissé des pointes de flèches et des cendres. Les premiers explorateurs européens, à la recherche des routes des fourrures, arrivent en Saskatchewan vers la fin du XVIIe siècle. Puis, des voyageurs se joignent à eux dans un but plus scientifique et accumulent des connaissances sur la région, et ce, jusqu’au XIXe siècle. La colonisation est précédée presque partout par l’établissement, en 1873, de la Police à cheval du Nord-Ouest. Par la suite, les « homesteaders » arrivent en grand nombre, attirés par la quasi-gratuité des terres.

Le recensement de 1881 dénombre 19 114 habitants; celui de 1911, 492 432; et celui de 1931, 921 785. Après cette date, la population de la Saskatchewan connaît une stagnation et même un déclin considérable, en partie parce que de nombreux hommes s’enrôlent et que d’autres partent travailler dans des installations industrielles situées dans d’autres provinces dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale. Après 1961, la population oscille entre 920 000 et 955 000 âmes. En 2016, elle est de 1 098 352 habitants.

Les premiers immigrants s’établissent dans des régions propices à l’agriculture dans la moitié méridionale de la province où, encore aujourd’hui, elle est concentrée. Villes et villages servaient de centres d’approvisionnement pour le matériel agricole et les industries de services connexes, mais le développement de la production non agricole a causé une diminution progressive de la population rurale au profit des zones urbaines.

Centres urbains

Bien que la Saskatchewan n’ait aucune ville comparable en taille aux plus grandes métropoles du pays, notamment Toronto, Montréal et Vancouver, sa population urbaine est passée de 16 pour cent en 1901 à 67 en 2011. Avec une population de 222 189 habitants en 2011, Saskatoon est la ville la plus peuplée de la province, tandis que la capitale, Regina, occupe le rang de seconde ville en taille avec 193 100 habitants cette même année. Puis vient Prince Albert (35 129 habitants), suivie de Moose Jaw, de Yorkton, de Swift Current et de North Battleford.

Prince Albert, la ville la plus septentrionale, exerce un rôle crucial en tant que « porte du Nord », donnant accès aux régions forestières et à des zones idéales pour les expéditions de loisir. Malgré sa population essentiellement urbaine, la Saskatchewan, avec ses grands espaces et ses élévateurs à grains qui donnent un caractère particulier à ses villes et villages, continue d’offrir l’image d’une province à prédominance agricole.

Main d’œuvre

La main d’œuvre de la Saskatchewan a évolué en fonction de l’économie provinciale, au fur et à mesure que les travailleurs des villes remplaçaient les agriculteurs et leurs employés. Les premières organisations syndicales voient le jour vers le tournant du siècle à Moose Jaw et à Regina, principalement parmi les ouvriers qualifiés des imprimeries et des chemins de fer, mais le développement de l’économie n’encourage pas le même type d’activités syndicales d’influence que dans les communautés très industrialisées.

Les plus puissants syndicats ne sont pas composés de métallurgistes ni d’ouvriers de l’automobile, mais d’enseignants et de fonctionnaires. On trouve cependant des syndicats dans les secteurs de la vente au détail et en gros, de même que dans les industries de production du pétrole et de la potasse. Les gouvernements provinciaux, sous le régime de la Fédération du Commonwealth coopératif (CCF) et du NDP, étaient perçus comme étant particulièrement favorables aux syndicats.

Bien que la province est l’une de celles qui ont souffert le plus lors de la Crise des années 1930 et de la sécheresse de ces années, les technologies développées au cours des dernières décennies ont permis de créer de meilleures possibilités d’emplois. Malgré le fait que la migration de ses travailleurs vers d’autres provinces fait partie de son histoire, l’économie riche en ressources naturelles de la Saskatchewan a contribué à inverser ce fait après la récession de 2008. Depuis lors, la Saskatchewan a observé un accroissement net de sa population grâce à la migration interprovinciale, et est l’une des seules provinces – mis à part l’Alberta – à avoir bénéficié de cette tendance.

L’attrait de la province réside en grande partie dans son faible taux de chômage. Traditionnellement l’un des plus faibles au pays, le taux est demeuré bas après la récession de 2008, alors même que d’autres provinces s’efforçaient vaillamment de le faire remonter. En 2012, le taux de chômage de la Saskatchewan est de 4,7 pour cent, le plus bas après celui de l’Alberta. Aux fins de comparaison, la moyenne nationale était de 7,2 pour cent pour cette même année.

Comme dans d’autres provinces qui ont une économie principalement fondée sur le prix du pétrole et du gaz naturel (notamment l’Alberta), le taux de chômage de la Saskatchewan augmente en 2015 en raison de la chute du prix du pétrole. Celui‑ci atteint 5 % cette année‑là.

En 2015, la majorité de la main‑d’œuvre de la province est employée par le secteur tertiaire, les métiers spécialisés, la santé et les services sociaux, et les services professionnels (p. ex., en droit, en ingénierie, en communication) étant les trois principaux employeurs.

Langue et groupes ethniques

L’anglais est la langue maternelle dominante en Saskatchewan. Le recensement de 2011 a toutefois révélé un nombre croissant de langues parlées à la maison; l’allemand, le cri, le français, l’ukrainien et le tagalog figurant parmi les plus populaires. La prédominance actuelle de l’anglais était inscrite dans les conditions propres à l’adhésion de la Saskatchewan à la Confédération en 1905. En raison de la protestation de Clifford Sifton, ministre de l’Intérieur, le premier ministre Wilfrid Laurier a retiré les dispositions stipulées dans les projets de loi de l’autonomie (1905) protégeant les droits des franco-catholiques. Ce moment est d’une importance historique, car l’acquiescement de M. Laurier à la position anti-francophone de M. Sifton a effectivement fermé la porte au bilinguisme dans l’Ouest canadien.

Lorsque la colonisation européenne prend de l’ampleur en Saskatchewan, les résidents d’origine française surpassent légèrement en nombre ceux d’origine britannique, mais représentent ensemble moins de 11 pour cent de la population, presque tout le reste étant composé de peuples autochtones. L’arrivée de colons amène très peu de Français (la migration du Québec vers l’Ouest était considérée comme une forme d’exil par le clergé particulièrement influent), mais beaucoup de Britanniques et d’autres Européens dont les descendants, en une ou deux générations, adoptent l’anglais.

Ceux d’origine européenne constituent encore aujourd’hui la majorité de la population de la Saskatchewan. Selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, par exemple, 76 % de la population est identifiée comme étant d’origine européenne, les Allemands, les Britanniques et les Écossais et étant les origines ethniques les plus citées. Néanmoins, la population de minorités visibles de la province est en hausse : en 2006, ces communautés composent jusqu’à 3,6 % de la population et, en 2011, le nombre a presque doublé pour atteindre 6,3 %. De ce nombre, les Philippins, les Sud‑Asiatiques et les Chinois représentent les plus grands groupes.

Comparativement aux autres provinces, la Saskatchewan possède une importante communauté autochtone. En 2011, 16 % de la population s’est identifiée comme autochtone.

Religion

La majorité de la population de la Saskatchewan est chrétienne, avec 72 pour cent en 2011. Le second groupe religieux en importance est composé de gens ayant une spiritualité autochtone (environ un pour cent), suivi des musulmans, des bouddhistes et des hindouistes (chacun, moins d’un pour cent). Ceux se disant athées représentent 24 pour cent.

Tout au long de l’histoire de la province, les groupes religieux ont été actifs pour ce qui est d’exprimer leurs points de vue sur diverses questions sociales comme la prohibition, l’immigration, l’éducation et la langue utilisée dans les écoles. Les facteurs religieux sont sous-jacents à la division des écoles publiques provinciales en systèmes d’éducation catholique-romain et protestant. À la fin des années 1920, une confrontation assez éprouvante a lieu lorsque des membres du Ku Klux Klan ont enflammé le corps électoral quant aux symboles religieux (symboles catholiques) dans les écoles. Comme le Parti conservateur était perçu à l’époque comme ayant l’appui du Klan, certains électeurs catholiques ont été perçus comme des partisans du clan adverse. Cependant, en 1982, le parti, dirigé par un catholique romain, a remporté une victoire écrasante.

Histoire

Peuplement autochtone

Les premiers habitants humains dans la région devenue la Saskatchewan étaient des peuples autochtones nomades groupés sensiblement du nord au sud comme suit : trois tribus du groupe linguistique Athapascan (les Chipewyan, les Amisk et les Slaves); deux groupes parlant l’algonquin (les Cris et les Pieds-Noirs); et deux tribus du groupe sioux (les Assiniboine et les Gros Ventres). Les membres de chacun des trois principaux groupes de langues occupaient approximativement le tiers de la région. Ceux au nord dépendent énormément du caribou et de l’orignal comme aliment de base; ceux du tiers le plus au sud (c’est-à-dire cette région qui constitue dorénavant la ceinture agricole), du bison. Ces peuples vivaient en petites tribus, sans limites territoriales fixes.

Certaines de ces communautés autochtones – surtout celles vivant près des voies d’eau – étaient en contact avec les Européens dès 1690, lorsque Henry Kelsey, un employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson, a suivi le cours de la rivière Saskatchewan en direction ouest vers la région qui est aujourd’hui Prince Albert, pour ensuite se diriger vers le sud et donc vers les plaines.

Exploration

L’exploration des prairies canadiennes commence en raison de la croissance de la traite des fourrures, qui s’est élargie en vue de répondre aux besoins européens en peaux de castor, qui étaient utilisées pour fabriquer des chapeaux.

Les Européens, lorsqu’ils découvrent les avantages qu’ils peuvent tirer des plaines en la matière, ne mettent pas longtemps pour y emménager. M. Kelsey explore la Saskatchewan pour la première fois en 1690, 20 ans après la fondation de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Pierre Gaultier La Vérendrye explore ensuite une partie du sud-est de la Saskatchewan à la fin des années 1730; puis viennent plusieurs autres explorateurs anglais, dont le plus connu est sans doute Peter Pond. Aucun ne va au nord de la rivière Churchill avant 1796, année où David Thompson explore la région avant de se rendre au lac Athabasca. À cette époque, le tiers sud de la province est peu connu. C’est seulement en 1800 que Peter Fidler parcourt la région au moyen de la rivière Saskatchewan Sud.

Les peuples autochtones participent à la traite des fourrures en posant des pièges et en ravitaillant les commerçants de fourrures européens. D’autres servent d’intermédiaire entre les postes de traite et les groupes autochtones situés plus à l’ouest. Certains groupes, comme les Cris, les Ojibwés et les Assiniboine, se déplacent vers l’ouest alors que la traite des fourrures prend de l’expansion pour conserver leur rôle dans ce commerce.

Les contacts avec les Européens apportent de nombreuses importantes modifications à la culture et à la société autochtones. L’arrivée du cheval et de la carabine modifie la méthode utilisée par les peuples autochtones pour la chasse au bison et autres gros gibiers sur lesquels ils dépendent pour vivre. De plus, les chevaux, qui peuvent transporter davantage qu’un être humain ou un chien, permettent l’accumulation de davantage de richesses et des institutions culturelles plus élaborées. Dès 1781, des épidémies de maladies européennes comme la variole déciment la population autochtone, comme l’a fait l’introduction de l’alcool. Les Métis, des descendants d’hommes d’origine européenne et de femmes autochtones, sont un autre fruit de ce contact. Sur les plaines, les Métis forment leur propre culture, distincte de celle de leurs progéniteurs européens et autochtones.

Les explorateurs n’étaient pas tous poussés par l’appât du gain. Un siècle après les commerçants, des hommes qui s’intéressent au sol et à l’environnement arrivent dans la région. Les plus connus sont sir John Franklin et le Dr John Richardson, entre 1819 et 1827, et John Palliser, en 1857–1858. M. Palliser a également dirigé l’expédition Palliser et, à la même époque, Henry Hind a évalué les possibilités agricoles de la région. Précédemment, le nord-ouest était considéré comme une terre inculte, non adaptée à la colonisation. Les rapports produits par les expéditions Palliser et Hind réfutent la croyance profondément ancrée et contribuent à favoriser la colonisation européenne et le développement de l’agriculture dans la région.

Colonisation européenne

En 1871, en vue de faciliter l’expansion vers l’Ouest, et dans l’espoir d’éviter le type de conflits se produisant aux États-Unis, le gouvernement canadien commence à négocier des traités avec les peuples autochtones du nord-ouest afin que ces derniers cèdent leur titre de propriété des terres, et d’établir des réserves pour les peuples autochtones. Ces traités, du traité nº 1 en 1871 jusqu’au traité nº 11 en 1923, sont connus sous le nom collectif des « traités numérotés ». Des parties des traités nº2, 4, 5, 6, 7, 8 et 10 ont contribué à façonner la Saskatchewan d’aujourd’hui. Des chefs autochtones signent les traités afin de conserver le plus possible leur mode de vie traditionnel tout en s’adaptant aux défis auxquels ils sont confrontés en raison de la colonisation européenne et du déclin dévastateur de la population de bisons. Les chefs autochtones insistent sur le fait que des subventions pour du matériel agricole et des animaux d’élevage fassent partie des traités. Bien que traditionnellement nomades, ils souhaitent s’investir dans l’agriculture puisqu’ils ne peuvent plus compter sur le bison comme principale source alimentaire. Leurs efforts ont néanmoins été minés par la mauvaise administration du gouvernement canadien.

En 1885, les Métis du nord-ouest se rebellent contre le gouvernement canadien pour ce qui est de la revendication territoriale. Au même moment, de petits groupes d’Autochtones, en colère contre la violation de leurs traités par le gouvernement, et affamés à la suite de plusieurs mauvaises récoltes et des restrictions gouvernementales en matière de rations, se révoltent. Se servant de la voie ferrée presque achevée du Chemin de fer Canadien Pacifique, le gouvernement réussit à envoyer des troupes au nord-ouest et à mettre fin rapidement aux deux soulèvements. Par la suite, Louis Riel, le chef des Métis, est mis à mort. Les dirigeants autochtones Big Bear, Poundmaker et One Arrow sont condamnés à la prison, et le gouvernement met en œuvre des mesures plus sévères afin d’assujettir les populations autochtones.

Aussi à la même époque, soit en 1872, le parlement passe le premier Acte des terres fédérales, une disposition adoptée en faveur des « homesteaders », et une loi pour stimuler l’immigration. En 1882-1883, la première ligne de chemin de fer traverse le sud de la région jusqu’à Regina et à Moose Jaw. Toutes les conditions nécessaires à l’immigration et à la colonisation européenne étaient donc en place bien avant 1900.

Les statistiques montrent de façon frappante l’influence de tous ces facteurs. En 1885, la population de la région est de 32 097 habitants, dont la moitié est composée de Britanniques et 44 %, d’Autochtones. À peine 25 ans plus tard, c’est-à-dire en 1911, la population est de 492 432 habitants, dont encore la moitié sont Britanniques, mais où les Autochtones ne représentent plus que 2,4 %. Bon nombre des immigrants arrivés durant cette période sont des Européens de l’Est, et proviennent surtout d’Ukraine; le ministre de l’Intérieur Clifford Sifton les considérait comme les candidats idéaux pour s’établir dans l’Ouest. Les immigrants d’origine britannique avaient déjà consolidé leur mainmise sur les institutions politiques bien connues; les principes du gouvernement responsable, en vertu desquels le Cabinet est responsable devant la majorité de l’Assemblée législative, sont établis en 1897.

Le statut de province, projet caressé depuis 1900, devient réalité en 1905 en même temps que les structures pertinentes d’un gouvernement parlementaire. (Voir aussi La Saskatchewan et la Confédération.) Une question primordiale est celle de la taille et la forme de la province : beaucoup d’hommes politiques influents des Prairies souhaitent une seule grande province de l’Ouest, mais les autorités fédérales insistent sur le fait que les Prairies sont trop vastes pour constituer une seule entité constitutionnelle. Une telle province, si sa frontière est fixée assez loin au nord, pourrait être la plus vaste du Canada et constituer une menace économique pour le centre du pays. De toute façon, le gouvernement fédéral se réserve en 1905 les pouvoirs relatifs aux terres de la Couronne de la Saskatchewan.

La colonisation se poursuit graduellement vers le nord-ouest, et la plupart des terres arables sont occupées au début des années 1930. La façon dont le peuplement se déroule contribue grandement à définir la société de la Saskatchewan. Ainsi, les Britanniques qui voulaient fonder une colonie en faveur de la tempérance et les Doukhobors qui ont fui la persécution avec l’aide de Léon Tolstoï et de la Société des amis (voir Quakers), forment certaines des entités bien identifiables qui ont établi des communautés qui, dans les années 1980, reflètent toujours leurs origines. Le temps, la mobilité sociale et les mariages mixtes ont atténué les distinctions entre les groupes d’origine, mais à cette époque de nombreux secteurs de la province sont encore visiblement français ou allemands, ukrainiens ou scandinaves, huttérites ou mennonites.

Développement

Jusqu’à la Première Guerre mondiale, un certain nombre de facteurs indiquent que la province est en bonne voie de parvenir à la stabilité. En 1909, l’édifice de l’Assemblée législative de la Saskatchewan est inauguré à Regina. La construction de l’Université de la Saskatchewan commence à Saskatoon la même année que Prince Albert accueille le pénitencier fédéral. Au cours de la même période sont construits des routes, des hôpitaux, des écoles et des tribunaux. L’agriculture, qui domine l’économie au-delà des années de l’entre-deux-guerres, façonne la vie de ceux et celles qui s’installent dans la province. Le blé est la culture céréalière la plus importante en Saskatchewan. Pour faire face à la baisse de prix, les agriculteurs organisent et forment la Saskatchewan Co-operative Wheat Producers Ltd le 25 août 1923 (Saskatchewan Wheat Pool) dans le but de maintenir des prix équitables. Tout au long des années 1970, la province a déployé des efforts en vue de diversifier l’agriculture pour inclure les industries bovine et porcine. Vers la fin du XXe siècle, les petites fermes familiales sont remplacées par des exploitations agricoles d’envergure.

L’immigration massive en Saskatchewan s’est arrêtée, du moins temporairement, dans les années 1930, mais la mobilité de la population se poursuit. L’histoire de la Saskatchewan moderne est marquée par le départ de gens nés dans la province, et ce, surtout de gens des régions rurales. Parfois, par exemple durant les deux guerres mondiales, des milliers d’entre eux partent en peu de temps pour s’enrôler ou travailler dans les usines de guerre, et beaucoup ne reviennent pas. Sur le plan économique, l’événement le plus marquant de l’histoire de la Saskatchewan moderne est le transfert à la province, en 1930, de la compétence sur les terres de la Couronne. Si ce transfert n’avait pas eu lieu, la province serait tout de même devenue une grande productrice agricole et aurait contribué de façon tout aussi remarquable à l’effort de guerre de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ce transfert a donné à la province non seulement l’accès à des sources d’imposition considérables, mais aussi à une nouvelle source de pouvoir qui lui a donné une influence certaine sur les affaires nationales à compter des années 1970.

La Crise des années 1930 a créé un environnement très favorable à l’idée d’un État omniprésent qui interviendrait pour gérer l’économie et atténuer les problèmes sociaux. La CCF favorisait le socialisme démocratique ainsi que la coopération, la détention publique des entreprises et un système universel de soins de santé dans la province. Elle a aussi mené des initiatives en vue d’intégrer et de moderniser certaines régions du nord de la province. Malheureusement, les efforts fournis pour améliorer les installations de soins de santé, par exemple, n’ont fait qu’accroître les taux de chômage et de pauvreté. Les peuples autochtones ont été durement touchés par ces mesures.

Économie

De par le passé, l’économie de la Saskatchewan était axée sur la traite des fourrures. Une fois les colons européens établis, l’agriculture supplante la chasse et la pêche. Le blé, une fois les plaines colonisées, constitue l’un des facteurs majeurs des négociations internationales du pays. Depuis que la Saskatchewan a obtenu le statut de province, son économie est étroitement liée à celle de l’Alberta, puisque leurs industries et ressources se chevauchent. Cette relation est particulièrement vraie pour ce qui est de la culture du blé, l’élevage du bétail et l’extraction des combustibles fossiles. L’économie de la province, suivant la sécheresse et la Crise des années 1930, démontre une impressionnante capacité de diversification en production agricole et non agricole. Les forces économiques remarquables de la Saskatchewan d’aujourd’hui sont dans le développement et la production de la potasse ainsi que l’agriculture. Une demande réduite de l’Inde et de la Chine ont toutefois mené à de nombreuses mises à pied et à une diminution de la production chez Potash Corp, l’un des principaux employeurs de cette industrie au sein de la province, en 2013. Ces dernières années, la province a observé une recrudescence dans le secteur des transports ainsi que dans ceux du développement et de la construction.

La province a généralement peu de pouvoir sur le transport et le financement de ses propres produits. Cette situation n’a pas changé depuis que le gaz naturel, le pétrole et la potasse se sont ajoutés au blé. Par contre, un pourcentage élevé des biens de consommation de la province, des aliments en conserve aux automobiles et au matériel agricole, est importé. Parmi la population, le refrain qui réapparaît le plus est que l’économie est victime de pressions extérieures parfois considérables.

Ce sentiment explique en partie le succès remarquable du mouvement coopératif en Saskatchewan, qui permet aux gens de se regrouper pour répondre à de nombreux besoins économiques. Des coopératives peuvent être trouvées dans pratiquement tous les secteurs de la vente au détail ou de la distribution, de même que dans de nombreuses industries de service. La province compte en 2012, 1 251 coopératives et 344 000 membres actifs. Les associations coopératives en Saskatchewan représentent 14 pour cent du total national.

Agriculture

Bien que la moitié de la production de la Saskatchewan vienne d’autres secteurs que l’agriculture, celle-ci demeure la principale industrie. Les premiers colons créent une économie presque exclusivement agricole; près de 460 000 hectares de blé sont semés l’année de la fondation de la province, et on récolte 26 millions de boisseaux. Malgré les revers occasionnés par la grande dépression (lorsque la sécheresse a diminué toutes les activités paysannes) et la Seconde Guerre mondiale (lorsque certains marchés d’outre-mer importateurs de blé ont quasi disparu), la superficie consacrée au blé augmente régulièrement au cours de l’histoire de la province. Aujourd’hui, plus de 5,7 millions d’hectares sont en culture chaque année.

La Saskatchewan est de loin le principal producteur de blé du Canada et l’un des plus grands du monde : en 2015, la récolte provinciale se chiffre à 13 millions de tonnes de blé, soit environ 47 % de la production nationale. La province est aussi un chef de file de la culture du canola, du seigle, de l’avoine, de l’orge, du lin, de plantes fourragères et de plantes à pâturage.

L’industrie des productions animales de la province est un élément important de l’économie agricole, mais ne se compare pas, en matière de revenus, à la production céréalière. En 2014, les rentrées de fonds provenant des céréales totalisent 9,8 milliards de dollars en comparaison à 2,7 milliards pour les productions animales. Les recettes des agriculteurs s’élèvent au‑dessus de 13 milliards, les plus hautes au Canada. (Statistique Canada utilise les recettes monétaires agricoles pour mesurer la contribution du secteur agricole de chacune des provinces au produit intérieur brut .)

Exploitation minière

Le développement minier en Saskatchewan, à compter des années 1950, est presque aussi spectaculaire, quoique moins apparent, que l’essor de l’implantation agricole une cinquantaine d’années plus tôt. En 1950, la production minière atteint à peine 34 millions de dollars, dont près de 80 % proviennent des métaux (le cuivre et le zinc principalement) et 15 % des combustibles (surtout du charbon), le sulfate de sodium constituant la majeure partie du reste. Dans les années 1980, l’exploitation minière n’est devancée que par l’agriculture parmi les secteurs de production de la province.

Un des importants facteurs de cette croissance est l’accroissement de la production de combustibles, surtout de pétrole brut. En 1943, le premier puits de pétrole commercial est découvert à Lloydminster. Aujourd’hui, la Saskatchewan est la deuxième province à produire le plus de pétrole au pays, après l’Alberta. En 2014, la province extrait 29,8 millions de mètres cubes de pétrole, ce qui représente environ 37 % de la production nationale. Elle produit aussi une quantité significative de gaz naturel, c’est‑à‑dire 5,8 millions de mètres cubes en 2014, soit environ 3 % de la production nationale. (L’Alberta et la Colombie‑Britannique sont responsables de la grande majorité de la production du gaz naturel au Canada.)

Elle est également la première productrice à l’échelle mondiale de potasse, les ventes provinciales totalisant 5,7 milliards de dollars en 2014. Par ailleurs, la plus grande partie de la potasse produite en Saskatchewan l’est aux fins d’exportation, principalement vers les États‑Unis, de même que le Brésil, l’Indonésie, la Chine, l’Inde et la Malaisie.

L’exploitation minière de l’uranium a commencé après 1950. Une trentaine d’années plus tard, une mine d’importance est déjà épuisée économiquement, mais il reste ailleurs des gisements d’une productivité remarquable. En 2009, la valeur des ventes d’uranium s’élève à 1,26 milliard de dollars. La province était autrefois la plus importante région productrice d’uranium au monde. Depuis 2009, le Kazakhstan a supplanté le Canada en qualité de premier producteur d’uranium à l’échelle mondiale.

Énergie

Fondée en 1929, la SaskPower (autref. Saskatchewan Power Corporation) est le principal fournisseur en électricité de la province. La compagnie génère de l’électricité de diverses sources provenant de différentes stations : sept stations hydroélectriques, cinq de gaz naturel, trois qui sont alimentées au charbon de bois et deux stations éoliennes. Le charbon représente plus de 50 % des sources d’énergie. En raison de ce haut taux et des enjeux que pose les changements climatiques (la combustion du charbon émet du CO2 qui contribue au réchauffement de la planète), la Saskatchewan devient la première province à pratiquer le captage et le stockage du CO2 (CSC). En 2014, la province utilise cette technique au barrage Boundary, une centrale au charbon existante. Le CSC au barrage vise à capturer 90 % du CO2 qui y est généré, et à le stocker sous terre ou à l’utiliser dans la production de pétrole.

Foresterie

Sans être une des principales industries de la province, la foresterie est d’un apport précieux là où elle existe, soit dans le tiers médian de la province. La colonisation rapide des Prairies a créé une demande pour des matériaux de construction, non seulement pour les bâtiments agricoles, mais également en traverses de chemin de fer et en poteaux télégraphiques; plus la colonisation progressait vers la forêt septentrionale, plus le bois local pouvait être utilisé. Le bois à pâte, pour lequel on utilise de plus petits arbres que pour le bois d’œuvre, est coupé pour l’exportation dès les années 1920, mais la première usine de pâte de la province n’a été construite que dans les années 1960, non sans une aide gouvernementale considérable.

Le bois de la Saskatchewan est transformé en bois d’œuvre de construction, en pâte, en contreplaqué et en produits de bois composite. Les forêts de la Saskatchewan produisent généralement environ 1 milliard de dollars en ventes de produits forestiers, dont 800 millions de dollars en exportations. Malgré la taille relativement petite de cette industrie, ses activités sont toutefois suffisantes pour que les dirigeants autochtones expriment fréquemment leurs préoccupations quant aux dommages causés à l’habitat de la faune.

Pêche

La pêche est un secteur bien moins important de l’économie de la province que la foresterie, et se classe au même rang que le piégeage et l’élevage des animaux à fourrure. On pêche principalement le doré jaune, le grand corégone, la truite de lac et le brochet. En 2012, la valeur des apports de pêche de la province est de 3,4 millions de dollars. La majorité des activités de pêche commerciale sont pratiquées dans le nord de la province. Dans le sud, il n’est pas rare de voir des étangs-réservoirs à truite arc-en-ciel, soit des bassins artificiels pour lesquels les fermiers détiennent un permis et où ils s’adonnent à l’élevage du poisson pour leur propre usage ou profit.

Industrie

La Saskatchewan n’est généralement pas considérée comme un centre manufacturier. Par exemple, en 2012, la vente de produits manufacturiers s’élève à 14 milliards de dollars, par rapport à 272 milliards en Ontario, la province traditionnellement perçue comme une puissance du secteur manufacturier. La plupart des produits manufacturés sont exportés vers d’autres provinces canadiennes.

L’économie industrielle de la Saskatchewan a toujours été désavantagée par la taille relativement petite du marché provincial. La production de la Saskatchewan est énorme dans les secteurs où la province s’est spécialisée. Le marché interne de la province, à bien des égards, est servi de façon plus économique par les importations. Bien qu’un certain nombre de tentatives aient été effectuées pour établir de grandes industries (une usine de montage d’automobiles s’est installée à Regina en 1928), la situation géographique et les ressources de la province ne se prêtaient guère à l’exploitation de l’important essor industriel lié à la Seconde Guerre mondiale. Depuis les années 1980, la production dans les domaines autres que l’agriculture est plus vaste et plus diversifiée que jamais, mais la Saskatchewan est encore loin de rivaliser avec le centre du Canada sur le plan industriel.

Finance

Aucune grande banque ou société de fiducie canadienne n’a son siège social en Saskatchewan. En 2013, la dette nette de la province est de 3,8 milliards de dollars, l’une des plus basses au pays.

L’opinion traditionnelle des gens de la province veut que les banques exploitent leur clientèle autant qu’elles la servent. Cette mentalité, combinée à la confiance que témoignent les gens envers les entreprises coopératives, a mené à la création d’un vaste réseau de coopératives de crédit qui sont, en pratique, des banques appartenant à leur clientèle locale. En 2012, ces coopératives de crédit sont au nombre de 53, et comptent 502 000 membres.

Le gouvernement provincial a innové en se dotant de ses propres institutions financières lorsqu’il a adopté en 1944, la Saskatchewan Government Insurance Act. Le Saskatchewan Government Insurance Office (SGI), créé en 1945, offre la plupart des assurances dommages et en particulier l’assurance automobile, domaine dans lequel la Saskatchewan a également été pionnière en mettant en œuvre en 1944, l’Automobile Insurance Act, la première loi du genre en Amérique du Nord.

Transport

Le transport représente tout un défi en Saskatchewan, et ce, en raison des conditions météorologiques extrêmes et des grandes distances entre les villes et les villages. L’une des principales préoccupations, outre l’amélioration des déplacements quotidiens de ses résidents, est l’expédition des biens des fabricants aux consommateurs. Comme il n’y a pas de voies navigables et que les quantités de blé et de potasse à déplacer sont très grandes, par exemple, un système efficace et bien entretenu d’autoroutes et de voies ferrées est d’une importance cruciale. La potasse peut être acheminée directement des mines aux voies ferrées, mais les céréales doivent être transportées par camion de chaque ferme au silo élévateur d’où elles sont expédiées par train.

La province a entrepris la construction de sa partie de la Transcanadienne entre 1950 et 1957, et terminé les autoroutes à quatre voies entre Regina et Lumsden, par exemple, en 1961. Les routes du nord de la province, sous la responsabilité du ministère des Ressources naturelles, ont été construites à titre de « routes d’accès aux ressources » dans les années 1940 et 1950. Le service de transport par autobus provincial, exploité par la Saskatchewan Transport Company, a été créé en 1946.

Lorsque toutes les routes de la Saskatchewan sont prises en compte, la province a le plus important réseau de chemins ruraux du pays : il est long de plus de 190 000 km. Les chemins de fer sont de compétence fédérale, mais les routes et les autoroutes sont provinciales. Les transports accaparent une grande partie de tout budget provincial, immédiatement après la santé et l’éducation. Les voies ferrées principales en Saskatchewan représentent 11 pour cent du réseau ferroviaire canadien (plus de 3 700 km).

Historiquement, les peuples autochtones se déplaçaient sur le réseau des voies navigables de la province à l’aide de canots. À l’heure actuelle, les Premières nations de Fond du Lac, dans le cadre d’un contrat avec le Department of Highways, offrent des services saisonniers de transport sur barge pour se rendre à Wolleston Lake.

Gouvernement et politique

Gouvernement provincial

Par sa construction même, le gouvernement de la Saskatchewan est similaire à celui des autres provinces. Le pouvoir exécutif est constitué du lieutenant-gouverneuret d’un conseil exécutif appelé le Cabinet, qui, au nom de la Couronne, exerce les réels pouvoirs du gouvernement, avec l’aide de services publics, dont des ministères et des sociétés d’État. Le pouvoir législatif est unicaméral et ses membres élus représentent 58 circonscriptions uninominales. En 2011, le ministre de la Justice, Don Morgan, a annoncé que trois nouvelles circonscriptions seraient distribuées à Regina et à Saskatoon dans le cadre des élections provinciales de 2015. Le soutien de la majorité des membres du pouvoir législatif est requis pour assurer la continuité d’un cabinet donné. Le chef de la majorité est premier ministre, et ses collègues du Cabinet sont ses ministres, chacun ayant ses propres responsabilités. Voir Lieutenants-gouverneurs de la Saskatchewan : Tableau; et Premiers ministres de la Saskatchewan : Tableau.

Une forte tradition parlementaire prévaut en Saskatchewan. Parmi les provinces de l’Ouest, elle est la seule à n’avoir jamais appuyé une coalition gouvernementale pendant une longue période et à ne jamais avoir eu d’assemblée dont l’opposition est pratiquement absente. Lors de l’unique gouvernement de coalition que la province a connu, soit le gouvernement coopératif de 1929 à 1934, le parti le plus nombreux a formé l’opposition.

Une autre grande tradition du gouvernement en Saskatchewan est un certain chevauchement des secteurs public et privé : le gouvernement, peu importe le parti au pouvoir, non seulement encourage le développement des coopératives qui font concurrence au secteur privé, mais n’hésite pas à devenir lui-même entrepreneur, en créant notamment un réseau téléphonique, une société d’énergie électrique et une société d’énergie.

Les traditions partisanes animées de la Saskatchewan sont reflétées dans les résultats des élections : au cours de sept élections générales jusqu’à 1986, le parti vainqueur a remporté plus de 50 pour cent des votes à deux reprises seulement. Les libéraux, choisis pour former la première administration en 1905, ont remporté les six élections suivantes haut la main, bien qu’ayant toujours pour adversaire des groupes d’opposition avec un appui considérable.

Les premiers succès des libéraux ont eu pour résultat des services publics aux trop nombreuses nominations partisanes, fait qui a ensuite été utilisé contre le parti lors des élections de 1929. La question fondamentale des élections de 1929 a toutefois été l’utilisation des écoles à des fins religieuses; cela perturbait un grand nombre de personnes. Ces deux questions ont aidé une coalition non structurée de conservateurs, de progressistes et d’indépendants à défaire le gouvernement. Le gouvernement coopératif qu’ils ont formé est tombé à la suite de la sécheresse et de la grande dépression, aucun de ses candidats n’étant élu en 1934.

Une décennie de pouvoir libéral lui succède, puis, le premier gouvernement socialiste de l’Amérique du Nord, la Fédération du Commonwealth coopératif, est élu par une forte majorité en 1944. La CCF (connue plus tard en Saskatchewan sous le nom de CCF-NDP, et enfin de Nouveau Parti démocratique) demeure au pouvoir pendant 20 ans. Sous la direction de Tommy Douglas, déclaré le « plus grand Canadien » par la CBC en 2004, la CCF encourage l’augmentation du nombre d’associations coopératives de crédit, de sociétés d’État d’assurance automobile et incendie ainsi que la création de nombreux services sociaux. À la fin du mandat de M. Douglas en tant que chef de la CCF en 1961, la Saskatchewan est en voie de mettre en œuvre des soins de santé universels. Les libéraux reprennent ensuite le pouvoir de 1964 à 1971, puis font place au NPD de 1971 à 1982. En 1982, les progressistes-conservateurs, pratiquement absents de la scène politique entre 1934 et les années 1970, prennent le pouvoir, qu’ils ont obtenu sans aide pour la première fois, et sont réélus en 1986. Le NPD reprend le pouvoir en 1991 sous la direction du premier ministre Roy Romanow. Les succès qu’il obtient dans sa lutte contre le déficit lui valent d’être reporté au pouvoir en 1995. Lorne Calvert, élu chef du NDP en 2001, devient premier ministre peu après.

Depuis 1999, le NDP doit faire face à une vive concurrence lors du scrutin de la part d’une coalition de droite appelée le Parti de la Saskatchewan, créé en 1997 par des députés provinciaux libéraux et conservateurs. Ce parti, qui forme son premier gouvernement provincial en 2007 en remportant 38 sièges, accroît son pouvoir dans la législature en 2011 en en obtenant 49. Le succès du Parti de la Saskatchewan est fondé sur l’attrait qu’il exerce sur tous les groupes démographiques et surtout dans les régions rurales de la province. Le premier ministre Brad Wall, originaire de Swift Current, s’est vu attribuer le mérite d’avoir présenté à la province six budgets équilibrés de manière consécutive et d’avoir réduit de beaucoup la dette provinciale. Surnommé le « politicien le plus sous-estimé » par la journaliste Chantal Hébert, il a aussi été nommé Politicien de l’année en 2011 par CTV.

Traditionnellement, les résidents de la province votent pour différents partis, principalement parce que les offres de ces derniers se ressemblent, et non parce que l’électorat est volage.

La CCF était nettement le parti le plus à gauche, tandis que les conservateurs et les libéraux étaient de droite; mais les libéraux ont poursuivi après 1964 les programmes de santé et de bien-être institués par la CCF, qui avait elle-même respecté les engagements pris par les libéraux.

Système judiciaire

Le système judiciaire de la province respecte la hiérarchie habituelle : Cour d’appel et Cour du Banc de la Reine au sommet, suivies des cours provinciales (anciennement les cours des magistrats). Les juges sont nommés par le gouvernement fédéral, sauf ceux des cours provinciales.

Représentation fédérale

La Saskatchewan a 14 membres à la Chambre des communes et 6 sénateurs sont originaires de cette province. Bien que la province n’ait jamais eu une nombreuse députation au Parlement, ses représentants ont inclus des personnes n’hésitant pas à énoncer leur position. Citons par exemple les premiers ministres William Lyon Mackenzie King et John Diefenbaker, des membres du Parlement qui ont représenté des circonscriptions de la Saskatchewan pendant de longues périodes. James Gardiner, ministre fédéral, a détenu un portefeuille (celui de l’agriculture) de façon ininterrompue pendant la plus longue période jamais vue au Canada.

Finances publiques

Le taux d’imposition sur le revenu de la Saskatchewan est comparable aux autres provinces, quoique plus élevé que l’Alberta. En 2015, par exemple, le taux d’imposition est de 11 % sur la première tranche de revenu imposable de 44 028 $, tandis que l’Alberta, 10 % sur une première tranche de 125 000 $.

Quant aux taxes à la consommation, la Saskatchewan présente la plus basse taxe de vente provinciale au Canada, à seulement 5 %.

Administration municipale

Contrairement à de nombreuses autres provinces, la Saskatchewan n’a pas de comtés. À la place, la gouvernance locale s’effectue par huit différents types de municipalités : villes nordiques, villages nordiques, hameaux nordiques, villages, villages de villégiature, villes, cités et municipalités rurales. Les régions du nord de la province qui ne sont pas administrées par des villes ou des hameaux nordiques bénéficient de services municipaux dans le cadre d’initiatives provinciales.

Les administrations municipales fournissent les installations et services d’ordre administratif habituels : entretien des rues, police, aqueduc, évacuation des eaux d’égout et hôpitaux dans les zones urbaines; routes et aide à la résolution de problèmes de drainage et de désherbage dans les régions rurales. Elles perçoivent également des impôts, souvent de mauvais gré, pour le compte d’autres entités locales ayant le pouvoir de dépenser, principalement les arrondissements scolaires. La Saskatchewan Urban Municipalities Association et la Saskatchewan Association of Rural Municipalities sont des forces politiques respectées.

Santé

Des programmes de santé publique existent en Saskatchewan avant sa constitution en province en 1905, mais les soins de santé sont considérablement élargis par la suite, de façon très innovatrice. Le régime de services hospitaliers, mis en place en 1947, établit l’assurance-hospitalisation universelle dans toute la province. Depuis lors, tous les citoyens admissibles bénéficient de soins hospitaliers en cas de besoin, et ce, aux frais de l’État. Le régime d’hospitalisation, appelé The Saskatchewan Medical Care Insurance Act, est en partie à la base d’un système de soins médicaux prépayés universels à l’échelle nationale ainsi que de l’établissement d’une faculté de médecine et d’un hôpital d’enseignement à l’Université de la Saskatchewan.

La Loi sur l’assurance-maladie, qui offre une assurance élargie de l’hôpital au cabinet médical, a également contribué à l’adoption d’un régime de soins de santé national au Canada. Appelé « régime d’assurance-maladie », il est mis en place en Saskatchewan en 1962, alors que le régime fédéral (Loi sur les soins médicaux) est adopté en 1966. La nomination de Tommy Douglas en tant que « plus grand Canadien » est grandement basée sur le rôle de fer de lance qu’il a joué en ce qui a trait au régime d’assurance-maladie.

Éducation

Lorsqu’elle est passée du statut de territoire à celui de province, la Saskatchewan a hérité des débuts d’un système d’écoles publiques et de l’idée d’établir une université. Au début de la colonisation, l’accroissement rapide de la population rend partout urgente l’organisation des écoles et leur dotation en personnel enseignant, et les grandes préoccupations de la Saskatchewan pendant les premières années sont le perfectionnement des enseignants dont la formation est insuffisante et le remplacement des installations de fortune. Les premiers enseignants viennent des provinces situées à l’Est. La nouvelle province fonde des écoles normales, auxquelles s’ajoute en 1927 une faculté d’éducation à l’Université de la Saskatchewan. Celle-ci, au fil des ans, absorbe les écoles normales.

Le ratio élevé de Britanniques contre Français a des conséquences importantes sur les politiques provinciales concernant la langue et l’éducation. L’utilisation du français était à une époque limitée aux cours primaires; puis, en 1931, son utilisation comme langue d’instruction est interdite. D’autres langues ont connu un sort moins enviable. Cependant, dans les années 1960, la province commence à adopter une attitude plus décontractée envers l’utilisation du français dans les écoles, et des écoles publiques enseignant le curriculum habituel en français font leur apparition. Là où leur nombre le justifie, les francophones de la Saskatchewan peuvent gérer et contrôler leurs propres écoles grâce aux conseils scolaires composés de membres francophones élus. La province compte par ailleurs des écoles financées par le gouvernement fédéral et gérées par les bandes sur les réserves autochtones.

Comme l’Ontario, la Saskatchewan dispose de deux systèmes d’éducation financés à même les fonds publics, soit un système séculaire et un système « distinct », essentiellement composé d’écoles catholiques. Les deux systèmes offrent des programmes allant de la maternelle à la 12e année. En 2012–2013, toutes les écoles réunies comptent 169 939 élèves et étudiants.

L’Université de la Saskatchewan, fondée en 1909, ne compte alors qu’une faculté des lettres, un personnel enseignant constitué de 5 personnes et 70 étudiants. Vers le milieu des années 1990, l’université comporte 13 collèges (facultés) et un personnel enseignant composé d’un millier de professeurs. Les étudiants sont au nombre de 23 835 en 2012–2013, et le corps enseignant compte 1 134 professeurs à temps plein. En 1974, le campus de l’Université de la Saskatchewan à Regina devient l’Université de Regina. En 2012, elle compte 13 115 étudiants.

Reconnaissant le fait qu’elle compte une nombreuse population autochtone et métisse, la Saskatchewan a élaboré des programmes scolaires adaptés à ces cultures et un système unique qui leur permet d’offrir leur propre enseignement. La First Nations University of Canada, anciennement la Saskatchewan Indian Federated College, est affiliée à l’Université de Regina et est la seule université autochtone pleinement reconnue au Canada. Elle offre toute une gamme de programmes, y compris des programmes d’études autochtones, de littérature et de linguistique, de travail social avec les Autochtones et de sciences de la santé et de l’environnement. En 2012, l’université compte 45 membres du corps enseignant, la plus importante concentration de professeurs autochtones au monde. Un an plus tard, l’université déclare avoir 750 étudiants inscrits à temps plein et que 4 000 étudiants de l’Université de Regina suivent ses cours. Le Gabriel Dumont Institute, division de la Métis Nations of Saskatchewan qui s’occupe de l’éducation, encourage le renouveau et l’essor de la culture métisse. Il dirige des programmes comme le Saskatchewan Urban Native Teacher Education Program, qui aide les étudiants autochtones et métis à devenir des enseignants et des modèles de rôle dans leurs communautés.

Le Saskatchewan Institute of Applied Science and Technology (SIAST) est le principal collège chargé de dispenser les programmes de formation professionnelle et technique, la formation de base des adultes et quelques cours universitaires sanctionnés dans la province. Le SIAST compte en 2012–2013 17 058 étudiants dans ses campus de Regina, de Saskatoon, de Prince Albert et de Moose Jaw.

Les gens des régions rurales et du nord de la province bénéficient d’un réseau de sept collèges régionaux, dont les bureaux se trouvent un peu partout dans la province, qui offre un large éventail de cours pour adultes et de cours postsecondaires, de services d’orientation professionnelle et d’autres services aux étudiants. En 2011, selon l’examen des collèges régionaux, le système collégial offre une éducation à plus de 23 000 apprenants.

L’instrument fondamental en matière de politique éducative est le ministère de l’Éducation. Ce dernier est chargé de l’élaboration de la législation et des politiques touchant tous les niveaux d’éducation et d’offrir un soutien financier à la plupart des programmes d’éducation publique en Saskatchewan.

Vie culturelle

Les peuples autochtones ont souvent exprimé leurs talents par la fabrication d’objets ayant trait à la chasse, et la confection de vêtements en cuir décorés et de mocassins se pratique toujours. À Roche Percée, dans le sud-est de la province, on a découvert des pétroglyphes sur des affleurements rocheux. Aux formes artistiques autochtones traditionnelles comme la broderie perlée et le travail d’ornementation du cuir s’ajoutent les œuvres d’artistes contemporains comme le peintre cri Allen Sappet l’artiste d’installations métis Edward Poitras. L’auteure-compositrice-interprète de réputation internationale Buffy Sainte-Marie est née sur la réserve de la Première nation de Piapot, dans la vallée Qu’Appelle.

Les Européens ont importé leur artisanat, et l’importance des travaux d’artisanat dans le développement de la province se manifeste par l’intérêt qu’on y porte encore aujourd’hui. Un des héritages durables de Tommy Douglas est la création du Saskatchewan Arts Board, en 1948. Ce dernier, qui s’inspire de l’organisation britannique, est un organisme à financement public qui encourage et parraine une vaste gamme d’activités artistiques. Plusieurs organisations artistiques sont fondées vers la fin des années 1970, y compris le Saskatchewan Council of Cultural Organizations, fondé pour distribuer les recettes provinciales des loteries, et le Regina Arts Commission, qui entreprend des activités semblables à celles du conseil des arts provinciaux, mais à l’échelon municipal.

Même avant la création du Saskatchewan Arts Board, plusieurs artistes ont laissé leur empreinte dans la vie culturelle de la province, dont Ernest Linder, Augustus Kenderdine et James Henderson; par ailleurs, les orchestres symphoniques de Regina et de Saskatoon sont déjà bien établis.

La Saskatchewan accueille un certain nombre de festivals dans le cadre de son calendrier social, entres autres le Festival of Words (Moosejaw), le Saskatoon Fringe Festival (renommé le PotashCorp Fringe Theatre Festival), le Regina Folk Festival et le Midsummer Arts Festival (Fort Qu’Appelle). La province est aussi connue comme étant le lieu de résidence d’une équipe de la Ligue canadienne de football, les Roughriders (surnommée l’« équipe victorieuse de l’Ouest ») et pour ses fervents amateurs de ce sport. Le soutien de cette équipe dans un marché relativement modeste est si puissant que les Roughriders se classent troisièmes pour ce qui est des ventes de marchandises, derrière les Maple Leafs de Toronto et les Canadiens de Montréal.

C’est en 2004 que la comédie télévisée Corner Gas, dépeignant la vie des résidents excentriques de la ville fictive de Dog River, une idée du natif de TisdaleBrent Butt, est diffusée pour la première fois sur les ondes de CTV. L’émission se concentre sur ce qui se passe à la station-service, la seule dans un rayon de 60 km, et au petit restaurant adjacent. Comptant 6 saisons et 107 épisodes, elle a remporté de nombreux prix de la télévision canadienne. En 2009, le premier ministre Brad Wall honore l’émission en proclamant que le 13 avril est la journée Corner Gas (« Corner Gas Day »). L’émission a fait la renommée de Rouleau, petite localité située à environ 65 km au sud-ouest de Regina, qui a servi de plateau pour les scènes extérieures.

Arts

Le Globe Theatre (1966) de Regina est le premier théâtre professionnel de la province. Vient ensuite le 25th Street Theatre (1972) de Saskatoon, axé sur les œuvres autochtones. Ce théâtre attire chaque été plus de 50 000 personnes dans le cadre du International fringe festival. Un autre théâtre professionnel de la Saskatchewan, le Persephone (1974), met en scène des œuvres canadiennes et internationales. « Shakespeare on the Saskatchewan », une attraction touristique estivale populaire, se déroule sur les rives de la rivière Saskatchewan Sud.

La MacKenzie Art Gallery de Regina, située dans l’édifice T. C. Douglas, faisait auparavant partie de l’Université de Regina. La Mendel Art Gallery, à Saskatoon, la Little Gallery, à Prince Albert et l’Estevan National Exhibition Centre sont quelques-unes des autres galeries d’art de premier plan de la Saskatchewan. Ces grandes galeries, ainsi que des dizaines de galeries commerciales dans toute la province, exposent des œuvres de céramistes qui utilisent les riches dépôts d’argile de la province.

De nombreux écrivains de la Saskatchewan ont reçu des prix nationaux et internationaux récompensant leurs œuvres. Maria Campbell, métisse et auteure d’un fascinant mémoire intitulé Half-breed (Métis) publié en 1973, est une éminente porte-parole de sa communauté. Guy Vanderhaeghe, Patrick Land et Robert Calder figurent parmi les lauréats du prix littéraire du Gouverneur général. La Saskatchewan Writer’s Guild est l’une des premières organisations du genre au Canada.

Communications

La Saskatchewan compte quatre journaux quotidiens, soit le Leader-Post (Regina), le Moose Jaw Times-Herald, le Prince Albert Daily Herald et le StarPhoenix (Saskatoon). Bien qu’aucune grande maison d’édition nationale n’ait son siège social en Saskatchewan, la province héberge quelques plus petits éditeurs, incluant Thistledown Press, Purich Publishing et le Gabriel Dumont Institute, qui publient des articles sur des sujets d’intérêt commun, et traitent des intérêts particuliers des Métis et des Autochtones. De même, plusieurs magazines mettant l’accent sur des sujets locaux sont publiés en Saskatchewan, par exemple : Saskbusiness, Saskatchewan History Magazine et Prairies North. La Société Radio-Canada, appartenant à l’État, a des stations à Saskatoon et à Regina, tandis que les réseaux privés CTV et Global ont toutes deux des stations dans les mêmes villes.

Sites du patrimoine

La province comporte des sites du patrimoine nationaux et provinciaux. Ceux au nord marquent l’emplacement des premières missions d’exploration, les autres celui de divers postes de traite des fourrures, du premier journal, des commissariats de la Police à cheval, des colonies de pionniers, des anciens sentiers, ou encore la fondation d’une organisation réunissant les producteurs de céréales ou le déchargement d’un navire à vapeur. Le parc du patrimoine Wanuskewin, par exemple, est un important site archéologique représentant des années d’histoire liée aux peuples autochtones nomades des plaines septentrionales, qui vivaient et chassaient dans la région de la crique Opimihaw. Plus récemment, le gouvernement de la Saskatchewan a accordé des désignations de propriété du patrimoine provincial à l’établissement métis de Fish Lake, une communauté métisse indépendante occupée entre 1945 et 1965, et à Moose Mountain Chalet and Cabins, qui a joué un rôle primordial dans la création de l’organisation des parcs provinciaux.