Renaud, Jeanne

Jeanne Renaud, danseuse, chorégraphe, directrice artistique et administratrice (Montréal, 27 août 1928). Elle joue un rôle prépondérant dans le domaine de la danse contemporaine au Québec et entretient des liens étroits avec les AUTOMATISTES. Ses soeurs, Louise et Thérèse, ainsi que ses pairs, Françoise SULLIVAN et Françoise Riopelle, sont signataires du REFUS GLOBAL. Sullivan, Riopelle et Renaud sont considérées comme les fondatrices de la danse moderne québécoise.

Renaud apprend la danse auprès d'Elizabeth Leese et de Gérald Crevier à Montréal, puis auprès de Merce Cunningham, de Hanya Holm et de Mary Anthony à New York. En 1948, elle donne un récital à Montréal avec Sullivan, oeuvre dont la reconstitution a été commandée par le Musée d'art contemporain de Montréal en 1988. En 1952, dans le climat d'ostracisme engendré par le Refus Global, Renaud décide de rejoindre quelques-uns des automatistes expatriés à Paris. Elle présente des numéros de danse au American Club et recrute, comme collaborateurs, le peintre Jean Paul RIOPELLE et les compositeurs Pierre MERCURE et Gabriel CHARPENTIER.

Renaud reprend sa collaboration avec Françoise Riopelle en 1959 à l'École de Danse Moderne de Montréal, où elle danse, compose des chorégraphies et enseigne. En 1965, elle décide de voler de ses propres ailes en présentant Expression 65, un spectacle de danse composé de plusieurs petits numéros présentés dans un théâtre de poche de la Place Ville Marie. Le spectacle remporte un vif succès, ce qui l'incite à fonder avec Peter Boneham, en 1966, LE GROUPE DE LA PLACE ROYALE, la première troupe de danse moderne au Québec. Renaud dirige les activités de la troupe jusqu'en 1972 et tient les rôles de danseuse, chorégraphe, directrice artistique et administratrice. Elle enseigne aussi à l'école qui y est rattachée, donnant des cours aux membres de la troupe et aux élèves qui y sont inscrits. C'est dans ce contexte que Jean-Pierre PERREAULT a pu développer ses talents d'interprète et de chorégraphe.

Après avoir quitté la troupe, Renaud occupe divers postes de gestion au CONSEIL DES ARTS DU CANADA et au ministère des Affaires culturelles du Québec. Elle devient ensuite directrice du Conservatoire d'art dramatique du Québec, à Québec et à Montréal, puis assume la codirection artistique des GRANDS BALLETS CANADIENS (1985-1987) avec Linda Stearns. Elle enseigne pendant deux ans au département de danse de l'U. du Québec à Montréal avant de prendre sa retraite en 1989.

Renaud, qui a su se consacrer à toutes les formes d'expérimentation artistique, signe la chorégraphie de plus de 40 numéros, dont la plupart sont présentés par Le Groupe de la Place Royale. Ses chorégraphies rejettent les structures narratives. Renaud préfère l'expression multidisciplinaire abstraite, mariant à la fois les arts visuels et les arts d'interprétation.

En 1989, Renaud reçoit le prestigieux prix du Québec Denise Pelletier. En 1995, elle mérite le prix du Gouverneur général dans le domaine des arts d'interprétation.