L'histoire du peuplement du Canada débute au XVIe siècle avec l'arrivée des Européens et le dépeuplement des Autochtones, causé en grande partie par des maladies épidémiques. Les taux élevés de fécondité et d'immigration ont fait croître rapidement la population totale du pays jusqu'au milieu du XIXe siècle, où la croissance a légèrement diminué. La croissance démographique demeure assez lente pendant la Première Guerre mondiale, la Crise des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale, après quoi le taux de croissance augmente de nouveau. Aujourd'hui, la croissance démographique du Canada dépend de la migration internationale. Lors du recensement de 2011, le Canada comptait près de 33,5 millions d'habitants (33 476 688).

Concepts-clés

Taux de mortalité — Nombre de décès pour 1 000 habitants.

Taux de natalité — Nombre de naissances vivantes pour 1 000 habitants.

Fécondité — Nombre moyen d'enfants qu’aurait une femme si le taux actuel de fécondité lié à l’âge s’appliquait tout au long de sa période de reproduction.

Taux de croissance — Taux de croissance de la population entre deux moments précis ou pendant une période déterminée.

Mortalité — Processus selon lequel les décès surviennent dans la population.

Accroissement naturel de la population — Différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès pendant une période donnée.

Accroissement net de la migration — Différence entre le nombre d'immigrants arrivant au pays et le nombre d'émigrants quittant le pays pendant une période déterminée.

Histoire de la population

Période pré-contact

Il n'existe aucune information définitive au sujet de la population de l'Amérique du Nord, et en particulier celle du Canada, avant l'arrivée des Européens. Des méthodes et des hypothèses nous permettent toutefois de produire certaines estimations. Ces estimations de la population autochtone de l'Amérique du Nord, excluant le Mexique, vont de 1,5 million à 7 millions, et même jusqu'à 18 millions.

Malgré l'incertitude de ces estimations, les chercheurs s'accordent pour dire qu'une diminution importante des populations autochtones s'est produite après l'arrivée des Européens. Ce dépeuplement débute probablement au cours du XVIe siècle. L'introduction de maladies fortement contagieuses comme le typhus, la variole et la rougeole s'avère catastrophique pour les Autochtones, qui n'ont pas d'immunité acquise contre ces maladies mortelles. Au cours des trois siècles suivant l'arrivée des Européens, ces épidémies, notamment celle de variole, déciment les populations autochtones vivant dans ce qui est aujourd'hui les États-Unis et le Canada (voir Épidémie).

Les effets dévastateurs du colonialisme et des conflits entre tribus contribuent aussi au déclin des populations, au point où, à la fin des années 1800, la population autochtone de l'Amérique du Nord (englobant les États-Unis, le Canada et le Groenland) connaît un creux de seulement 375 000 personnes en 1900. Au cours des deux premières décennies du XXe siècle, leur population rebondit et est à nouveau sur la voie d’une croissance à long terme. Cette croissance est due notamment aux taux élevés de fécondité et à la baisse des taux de mortalité, en raison d'améliorations socioéconomiques progressives.

De la Nouvelle-France à la Confédération : 1608–1867

À partir du XVIIe siècle, la colonisation du Canada par les Européens est le produit des révolutions agricoles et industrielles en Europe de l'Ouest ainsi que de l'accroissement de la population européenne qui s'ensuit. Les Français comptent parmi les premiers explorateurs du Canada. La fondation de la Nouvelle-France résulte principalement de leurs visées politiques et militaires, de leur recherche de richesses naturelles ainsi que du désir de l'Église catholique de convertir les peuples autochtones.

En 1608, au moment de la fondation de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain et ses compagnons ne sont que 28. Seuls huit d'entre eux survivent à leur premier hiver dans la nouvelle colonie. Ce petit groupe de colons, renforcé par l'arrivée périodique de Français, contribue à la croissance phénoménale de la population de la Nouvelle-France qui atteint, en 1666, 3 216 habitants. Un an après la conquête anglaise de 1759, la population de la Nouvelle-France, dont le territoire comprend Québec, Montréal et Trois-Rivières, atteint 70 000 habitants. À la fin du XIXe siècle, la population s’élève à 200 000 habitants. Cette croissance est en bonne partie due à une fécondité exceptionnellement élevée et à des taux de mortalité relativement bas.

L'immigration est aussi un facteur de croissance pour la colonie. Par exemple, de sa fondation en 1608 jusqu’en 1650, 25 000 immigrants viennent en Nouvelle-France, mais seulement 15 000 d'entre eux s'y installent définitivement. 10 000 de ces colons laissent des descendants dans la colonie. La grande majorité de ces premiers migrants, venant surtout de Normandie, de la région de Paris et du centre-ouest de la France, sont des hommes : soldats, travailleurs, membres du clergé, et même quelques prisonniers. Toutefois, au cours des années 1660, la Couronne française subventionne l'immigration de centaines de jeunes femmes en âge de se marier. Connues sous le nom de « filles du roi », elles aident à équilibrer l'écart entre les sexes. Après la Révolution américaine, la population non française augmente, au fur et à mesure que des loyalistes britanniques migrent des États-Unis vers le Canada.

En 1761, le Canada compte un peu moins de 76 000 habitants alors que sa population atteint 102 000 habitants en 1771. En 1831, soit soixante ans plus tard, la population du Canada dépasse le cap du million. De 1761 à 1811, la population augmente rapidement en raison de la fécondité et de l'immigration élevées. Ainsi le taux de croissance annuel moyen atteint-il 3,9 %. La croissance se poursuit à un rythme rapide de 1811 à 1861, soit en moyenne une augmentation de 3,7 % par année, mais elle ralentit considérablement au cours des quatre dernières décennies du XIXe siècle en raison du niveau élevé d'émigration vers les États-Unis et de la baisse du taux de natalité.

De la Confédération à la Première Guerre mondiale

Au moment de la Confédération en 1867, la population du Canada s'élève à 3,4 millions d'habitants. À cette époque, le pays comprend le Bas-Canada (Québec), le Haut-Canada (Ontario), la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. À l'aube du XXe siècle, les taux de natalité et de mortalité sont en déclin, mais, dans l’absolu, la population continue de croître. De 1901 à 1911, la population augmente au rythme effréné de près de 3 % par année en raison de l'immigration massive, surtout dans les provinces de l'Ouest. À la fin de cette période, le Canada compte 7,2 millions d'habitants.

De la Deuxième Guerre mondiale à aujourd'hui

Une période trouble suit la Première Guerre mondiale et atteint son point culminant lors de la Crise des années 1930. Il s'agit d'une période à la fois de faible fécondité et de faible immigration. L'accroissement de la population ralentit considérablement. Toutefois, cette longue baisse de fécondité est interrompue par l'approche de la Deuxième Guerre mondiale. Pendant la période d'après-guerre, le niveau de développement économique du pays est élevé, ce qui stimule grandement l'immigration, surtout en provenance de l'Europe, et la fécondité augmente. De 1941 à 1951, le taux d'accroissement annuel moyen au Canada est d'un peu moins de 2 % par an. Or, pendant le baby-boom, soit entre 1946 et 1966, le taux de fécondité atteint des niveaux jusque-là inégalés depuis le début du XXe siècle. Par conséquent, la population croît en moyenne de 2,7 % par année pendant la décennie de 1951 à 1961. En 1961, le pays compte 18 millions d'habitants.

L'année 1966 marque la fin du baby-boom d'après-guerre. Depuis le début des années 1970, la population continue de s'accroître, mais à un rythme beaucoup plus faible qu'au cours des périodes précédentes. Lors du recensement de 2011, le pays compte près de 33,5 millions d'habitants.

Composantes de la croissance démographique

La croissance démographique comprend deux éléments : l'accroissement naturel, c'est-à-dire la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès pendant une période donnée, et l'accroissement net de la migration, c'est-à-dire la différence entre le nombre d'immigrants arrivant au pays et le nombre d'émigrants quittant le pays.

Le taux annuel d'accroissement naturel du Canada, qui se situe autour de 1 % depuis 1971, est caractéristique des pays industrialisés et urbanisés : ceux-ci ont vécu une transition démographique qui s'est traduite par un passage des taux de natalité et de mortalité élevés à des taux de natalité et de mortalité faibles. Historiquement, l'accroissement naturel comptait pour environ deux tiers de la croissance démographique. Or, depuis 2001, cette composante ne représente qu'un tiers de cette croissance, alors que l'accroissement net de la migration est de plus en plus important.

Deux facteurs expliquent ce changement dans l'importance relative des deux composantes de croissance. Premièrement, la diminution rapide de la fécondité à la fin des années 1960 et dans les années 1970, ainsi que son niveau relativement constant depuis cette époque, résultent de la chute du nombre annuel de naissances, qui passe d'un sommet historique de 479 275 naissances en 1959 à un nombre moyen de 400 000 naissances par année. Deuxièmement, le nombre de décès par année augmente au cours de la même période en raison de la population vieillissante. Ensemble, ces changements démographiques signifient que le nombre de naissances et de décès évoluent en direction d’un point de convergence depuis la fin du baby-boom. Ainsi, la migration internationale nette joue un rôle de plus en plus important dans la croissance démographique du Canada.

Mortalité et longévité

Les taux de mortalité sont en déclin depuis la dernière moitié du XIXe siècle. L'importante augmentation de l'espérance de vie est attribuable aux progrès réalisés en santé publique, notamment la vaccination des enfants, ainsi qu’à l'amélioration de la nutrition, de l'hygiène personnelle, des conditions de logement et du niveau de vie. Les progrès de la médecine, notamment la découverte des antibiotiques dans les années 1930, ont grandement contribué à augmenter l'espérance de vie.

La diminution de la mortalité infantile a réduit considérablement le taux gobal mortalité, ce qui a largement contribué à augmenter l'espérance de vie.En 1931, l'espérance de vie à la naissance était de 60 ans pour les hommes et de 62,1 ans pour les femmes. En 2011, l'espérance de vie s'élève désormais à 79,3 ans pour les hommes et à 83,6 ans pour les femmes, ce qui représente une moyenne de 81,7 ans. De 1921 à 2011, l'espérance de vie globale des Canadiens a progressé de 24,6 ans. Près de la moitié de ces progrès ont été réalisés entre 1921 et 1951, surtout en raison de la diminution de la mortalité infantile. En comparaison, depuis 1951, l'espérance de vie a surtout progressé en raison de la baisse des pourcentages de décès par maladies du système circulatoire.

Au début des années 1970, la mortalité infantile avait considérablement diminué. Aujourd'hui, les taux de mortalité des enfants canadiens en bas âge comptent parmi les plus bas au monde, soit 4,8 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2011. Ensuite, les taux de survie de la population âgée de 60 ans et plus ont augmenté. Ceci, ainsi que le taux de fécondité qui se situe sous le seuil du remplacement depuis plus d’une quarantaine d’années, explique pourquoi la population canadienne vieillit plus rapidement.

L'espérance de vie au Canada est depuis longtemps supérieure à celle aux États-Unis, mais elle ressemble à celle de plusieurs pays européens (tels que la France, la Suède, la Norvège et l'Islande). Aujourd'hui, les femmes japonaises ont l'espérance de vie la plus élevée au monde.

Outre la contribution de la baisse de la mortalité infantile à la hausse de l'espérance de vie, les femmes constituent le deuxième sous-groupe en importance à avoir fait des gains majeurs en matière de probabilité de survie depuis la moitié du XXe siècle, en particulier celles en âge de procréer. Les avancées dans les domaines de la chirurgie obstétrique et des antibiotiques ont grandement réduit le risque de mortalité des mères à la suite de complications pendant la grossesse ou l'accouchement. Il s'agissait historiquement des principales causes de décès prématurés chez les femmes.

En raison de la croissance démographique et du vieillissement de la population, le nombre de décès augmente chaque année. 242 074 décès ont été enregistrés en 2011. Il s'agit d'une augmentation significative si l’on compare à 1979, où 168 183 décès avaient été enregistrés. Aujourd'hui, les principales causes de décès sont les maladies dégénératives. En 2007, le cancer compte pour environ 30 % de tous les décès, alors que les complications cardiovasculaires, dont les maladies du cœur et l'AVC, comptent pour 28 % de tous les décès.

Fécondité

Avant le XIXe siècle, les niveaux de fécondité en Amérique du Nord sont aussi élevés, sinon plus, que ceux que connaissent aujourd'hui les pays les moins industrialisés du monde. À mesure que le Canada se développe et que les conditions de vie s'améliorent, le taux de natalité baisse régulièrement depuis sa valeur initiale d'environ 50 naissances pour 1000 habitants. En 1920, le taux de natalité passe sous la barre de 30 naissances pour atteindre un plancher de 20 naissances pour 1000 habitants (1937). La Deuxième Guerre mondiale relance l'économie et renverse la tendance à la baisse du taux de natalité, qui enregistre des taux records lors du baby-boom, soit 28,9 % en 1947 et à nouveau en 1954, avant de reprendre sa baisse à long terme à partir des années 1960. Cette baisse se produit dans le contexte de changements sociaux considérables, notamment en ce qui a trait au rôle et au statut de la femme dans la société. À partir des années 1960, les femmes réalisent des progrès importants en matière d'éducation et de participation à la population active. De plus, des méthodes de contraception efficaces sont plus accessibles. Tous ces facteurs contribuent au déclin des taux de fertilité.

Depuis le milieu des années 1970, on compte moins de 400 000 naissances par année et l'indice synthétique de fécondité se situe entre 1,5 et 1,7 enfant par femme. Ces chiffres sont nettement inférieurs à 2,1 enfants par femme, seuil de remplacement à long terme d'une population au faible taux de mortalité comme le Canada. La persistance de la faible fécondité depuis près d'un demi-siècle donne peu de raisons de croire qu'elle reviendra au seuil de remplacement. En 2011, l'indice synthétique de fécondité est de 1,61 enfant par femme, bien en deçà de l'indice de 3,85 enfants par femme enregistré en 1959 au sommet du baby-boom.

Immigration

Au cours des 160 dernières années, le Canada a connu des vagues importantes d'immigration, enregistrant à différents moments des gains ou pertes nets. De lourdes pertes ont été essuyées au cours des quatre dernières décennies du XIXe siècle, soit de 1861 à 1901, ainsi qu'entre 1931 et 1941 (une période qui comprend la Crise des années 1930). Pendant ces périodes, la croissance démographique est le fruit de l'accroissement naturel de la population, qui a plus que compensé les pertes nettes de la migration.

En dépit de ces tendances négatives, il convient de rappeler les immigrants arrivés au Canada, surtout en provenance d'Europe, entre 1861 et 1901. De plus, à partir de 1880, le pays reçoit de nombreux immigrants d'Europe et d'Asie, principalement pour combler les besoins en main-d’œuvre pendant la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique. Plusieurs personnes quittent le Canada entre 1873 et 1896, en partie attirées par les usines aux États-Unis et en partie poussées par l'absence de perspectives économiques de l'époque.

Le nombre d'immigrants admis au Canada diminue à nouveau de façon importante dans les années 1930. Alors que dans les années 1920, le pays accueille en moyenne 123 000 nouveaux arrivants par année, il n'en accueille qu'environ 16 000 par année au cours des années 1930.

Deux périodes d'accroissement net de la migration ont marqué l'histoire de l'immigration canadienne. De 1901 à 1911, à l'aube de la Première Guerre mondiale, le Canada connait sa plus importante vague d'immigration jamais enregistrée. Pendant cette période, plus de 2 millions d'immigrants arrivent au pays, surtout en provenance d'Europe. Ils s'installent pour la plupart dans les provinces de l'Ouest où on leur offre des terres gratuites. En 1913, le Canada accueille plus de 400 000 immigrants, ce qui représente le plus grand afflux annuel de l'histoire du pays.

La deuxième plus grande vague d'immigration arrive au pays entre 1941 et 1961. Cette période comprend la Deuxième Guerre mondiale, la fin de celle-ci, et le baby-boom d'après-guerre. L'immigration s'intensifie à cette époque. Au total, 2,14 millions d'immigrants s'établissent au pays au cours de cette période. Les plus grands afflux d'immigration ont lieu en 1951 et en 1957, alors que le pays accueille respectivement 194 391 et 282 164 nouveaux arrivants.

Au début des années 1960, on apporte des modifications à la politique d’immigration qui facilite l’entrée au pays. Les restrictions de longue date fondées sur la race et l'origine ethnique sont levées et remplacées par des critères de sélection fondés sur l'éducation, les compétences professionnelles et les besoins en main-d’œuvre.

En 1978, le Canada impose des plafonds globaux annuels quant au nombre admissible d'immigrants, afin de mieux en contrôler le flux continu. Aujourd'hui, ces plafonds sont établis après avoir consulté les gouvernements provinciaux.

Pendant la deuxième partie de la décennie 1971-1981, le Canada compte parmi les trois principales terres d'accueil d'immigrants au monde. De 1976 à 1981, environ 122 000 immigrants arrivent chaque année au pays. Malgré des taux de chômage toujours élevés en 1982, le Canada s'engage publiquement à maintenir des plafonds d'immigration entre 135 000 et 145 000 jusqu'en 1984, puis à les relever dans les années qui suivent afin de compenser en partie les effets de la baisse de la croissance démographique. Toutefois, entre 1980 et 1985, l'immigration diminue, passant de 143 117 à 84 302 arrivants, alors que les pressions pour recevoir davantage d'immigrants et de réfugiés demeurent. Au cours de la deuxième moitié des années 1980, le nombre d'immigrants qui arrivent au Canada augmente, atteignant près de 255 000 immigrants en 1992. À la fin des années 1990, le gouvernement fixe le nombre d'immigrants et de réfugiés à entre 200 00 et 225 000, mais dans les faits, le pays accueille environ 250 000 arrivants chaque année, parfois davantage. Par exemple, en 2010, plus de 280 700 personnes ont immigré au Canada, dont 9 % sont des réfugiés. Il s'agit du nombre le plus élevé d'immigrants depuis les années 1950.

Structure démographique

Proportion hommes-femmes

Au début de l’histoire du peuplement du Canada, de jeunes hommes adultes immigrent en nombre relativement plus élevé que les femmes. Dans la foulée de l'immigration massive de la première décennie du XXe siècle, le recensement de 1911 rapporte 113 personnes de sexe masculin pour 100 personnes de sexe féminin vivant au Canada. Depuis 1921, la proportion d'hommes par rapport aux femmes baisse graduellement dans l'ensemble du pays. À l'heure actuelle, les femmes sont un peu plus nombreuses que les hommes au Canada et la proportion hommes-femmes est d'un peu moins de 100 hommes pour 100 femmes. Ce léger déséquilibre en faveur des femmes est surtout dû aux taux de mortalité plus élevés chez les hommes à presque tous les âges. Dans la plupart des populations, le ratio homme-femmes à la naissance est en moyenne de 105 hommes pour 100 femmes, mais le nombre relatif d'hommes diminue graduellement avec l'âge, toujours en raison de la mortalité masculine plus élevée. En 2011, environ 56 % de femmes forment la population canadienne âgée de 65 ans et plus. Ce nombre atteint 68 % dans la tranche de population âgée de 85 ans et plus, et près de 80 % chez les centenaires.

Composition par âge

Au fil du temps, l’âge moyen de la population du Canada augmente peu à peu. En 1951, l'âge moyen (médian) était de 27,8 ans avant que les taux de natalité sans précédent des années 1950 (baby-boom) ne l'abaissent à 25,6 ans en 1966. Entre 1976 et 2011, l'âge médian de la population augmente de 27,8 à 39,9 ans. Le recensement de 2006 indique que la population compte 13,7 % de personnes âgées. Leur proportion atteint 14,8 % lors de celui de 2011. Alors que la génération des baby-boomers vieillit et que les niveaux de fécondité restent bas, le nombre relatif de personnes âgées continue d'augmenter de façon significative.

Le niveau de vieillissement de la population contraste fortement avec celui des pays les moins développés sur le plan économique; ceux-ci, en raison de taux de natalité historiquement élevés, sont caractérisés par une proportion relativement élevée de personnes âgées de moins de 15 ans et un faible pourcentage de personnes âgées de plus de 65 ans. Néanmoins, alors que les taux de natalité chutent un peu partout dans le monde, toutes les populations vieillissent à divers degrés.

Diversité ethnique

Depuis 1901, moment où les premières données ethniques ont été recueillies, il est de plus en plus complexe d’évaluer la composition ethnique du pays. De nombreux facteurs contribuent à cette complexité, notamment la compréhension, l'opinion et la conscience qu'ont les répondants de leur propre ethnicité, le nombre croissant de mariages mixtes entre les groupes ethniques (ce qui mène à la déclaration d'origines ethniques multiples) et les changements au format du questionnaire (y compris la liste d'exemples fournie). L'information sur la population née à l'étranger est plus simple et plus facile à comparer d'un recensement à l'autre. Toutefois, en se limitant aux immigrants récents, le portrait de la composition ethnique du Canada serait incomplet. Pour ces raisons, il sera question tant des données sur l'origine ethnique de la population née à l'étranger que des données autodéclarées.

Population née à l'étranger

Selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, le Canada compte environ 6,8 millions de personnes nées à l'étranger arrivées comme immigrants, ce qui représente près de 21 % de la population canadienne. En 2011, il s'agit du nombre le plus élevé de résidents nés à l'étranger parmi les pays membres du G8.

Le nombre de Canadiens nés en Asie a fortement augmenté au fil du temps. Selon l'ENM, les Philippines arrivent en tête des pays d'origine des personnes ayant immigré au Canada entre 2006 et 2011, suivies de la Chine et de l'Inde. Les États-Unis, le Pakistan, le Royaume-Uni, l'Iran, la Corée du Sud, la Colombie et le Mexique complètent la liste des dix principaux pays d'origine.

Le retournement en faveur des pays non européens comme source principale d'immigration au Canada découle en partie de l'élimination des aspects discriminatoires des politiques d'immigration pendant les années 1960 et 1970.

Origine ethnique

Le recensement canadien de 1901 rapporte 25 différentes origines ethniques. En 2006, on dénombre plus de 200 groupes dans le recensement. Historiquement, le principal lieu de naissance des Canadiens nés à l'extérieur du Canada demeure l'Europe, mais la proportion de ceux ayant des origines européennes diminue avec le temps. Par exemple, ils étaient 61,6 % en 1971, contre seulement 15 % en 2009.

Aujourd'hui, la population canadienne est hautement multiculturelle en termes d'origines ethniques. Selon l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, 13 origines ethniques dépassent le million de personnes, qui rapportent ces origines seules ou en combinaison avec d'autres origines ethniques. La principale origine ethnique rapportée est canadienne : un peu plus de 10 563 800 personnes se sont déclarées d’ethnie canadienne, seule ou avec d'autres origines. Suivent Anglais (6 509 500), Français (5 065 700), Écossais (4 715 000), Irlandais (4 544 900) et Allemand (3 203 300). Les autres origines qui dépassent le million sont Italien, Chinois, Premières Nations (Indien de l'Amérique du Nord), Ukrainien, ressortissant des Indes orientales, Néerlandais, et Polonais. Le nombre de personnes rapportant plusieurs ethnicités augmente selon le statut générationnel.

Depuis le recensement de 2011, il y a eu une forte croissance de la population de minorités visibles (personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche) au Canada. Lors du recensement de 2006, 16,2 % de la population appartient à une minorité visible. En comparaison, près de 6 264 800 personnes déclarent faire partie d'une minorité visible dans le questionnaire de l'ENM de 2011, soit près d'un Canadien sur cinq (19,1 %).

La croissance de la population de minorités visibles est surtout attribuable à l'augmentation de l'immigration en provenance de pays non européens. En 2011, les Asiatiques du Sud, les Chinois et les Noirs comptent pour 61,3 % des minorités visibles, suivis des Philippins, des Latino-Américains, des Arabes, des Asiatiques du Sud-Est, des Asiatiques de l'Ouest, des Coréens et des Japonais.

Population autochtone

Il est tout aussi difficile de compiler le nombre d'Autochtones au pays que d'évaluer la composition ethnique du Canada. Statistique Canada a recours à différentes définitions des peuples autochtones, y compris les personnes ayant une ascendance autochtone, celles qui s'identifient comme autochtones, celles inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens et celles qui se déclarent membres d'une bande ou d'une Première Nation. Lors d'une même année de recensement, le nombre de personnes dans les différentes catégories peut varier considérablement. Tout comme pour l'origine ethnique, les questions ayant trait à l'ascendance et à l'identité autochtone sont fondées sur la perception et la connaissance des répondants quant à leur ethnicité. L'analyse qui suit se concentre sur la population qui rapporte une ascendance autochtone. Pour un portrait plus détaillé de la démographie autochtone au Canada, voir Démographie des autochtones.

Lors du recensement de 1901, seules 127 941 personnes rapportent une ascendance autochtone. Toutefois, à partir du recensement de 1951, le nombre de personnes d'origine autochtone monte en flèche, augmentant de près de 200 % entre 1951 et 1981, soit de 165 607 à 491 465 personnes, puis d'environ 240 % entre 1981 et 2006, alors que le nombre de personnes rapportant une ascendance autochtone atteint près de 1,7 million.

Plusieurs raisons sont à l'origine de cette croissance rapide. Alors que les taux de mortalité élevés dans les communautés autochtones compensent les taux de natalité élevés pendant la première moitié du XXe siècle, un vent de changement souffle dans les années 1960. À cette époque, la baisse du taux de mortalité infantile et un taux de fécondité élevé favorisent la croissance démographique rapide.

Parmi les autres facteurs, on compte les changements politiques qui font renaître la volonté de reconnaître l'ascendance autochtone, tant de la part du gouvernement que des personnes mêmes. Entre autres, les modifications apportées à la Loi sur les Indiens en 1985 ont élargi la définition d'Indien inscrit.

Tendances futures

Aujourd'hui, la croissance démographique du Canada est la plus élevée parmi les pays du G8. La migration internationale est la principale source de croissance démographique au pays depuis 1993; elle compte pour les deux tiers de la croissance démographique. Quels que soient les futurs niveaux d'immigration au Canada, la situation mondiale continuera de favoriser l'immigration en provenance de pays non européens. On s'attend à ce que la diversité ethnique et culturelle de la population canadienne, notamment celle des régions les plus urbanisées du pays, continue d’augmenter. Selon les nouvelles projections démographiques de Statistique Canada, la population devrait croître au cours des 50 prochaines années, passant de 35,2 millions en 2013 à entre 40 millions (scénario de croissance faible) et 63,5 millions (scénario de croissance élevée) d'ici 2063. Selon le scénario de croissance modérée, le Canada pourrait compter 51 millions d'habitants en 2063.