L’Ontario est la province la plus peuplée et la seconde en superficie du Canada. Elle s’étend de l’Île Middle dans le lac Érié, à l’extrême sud du Canada, jusqu’à la frontière du Manitoba à la baie d’Hudson au nord et des rives du fleuve Saint-Laurent à l’est, jusqu’à la frontière du Manitoba, à l’ouest. Le nom Ontario, vient d’un mot huron, qui est parfois traduit par « beau lac » ou « belle eau », ce qui dépeint très bien la réalité, étant donné que les lacs couvrent 17 pour cent de la superficie totale de la province, soit un peu plus d’un million de km2.

Terres et ressources

De toutes les provinces canadiennes, l’Ontario possède le paysage naturel le plus diversifié. Les deux tiers de la province font partie du Bouclier canadien, lequel couvre en grande partie le nord, à l’exclusion des basses terres de la baie d’Hudson. Le point le plus au sud du bouclier forme un triangle, qui s’étend de la baie Georgienne à l’ouest, jusqu’à son sommet près de Brockville sur les abords du fleuve Saint-Laurent. À l’est, se trouve la plaine de l’Ontario orientale, entre la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent. À l’ouest, à partir de Kingston, une succession de collines et de plaines se termine par un paysage plat dans l’extrême sud-ouest ontarien. L’escarpement du Niagara traverse la région comprise entre le Niagara et Tobermory, en passant par l’Île Manitoulin, dans la baie Georgienne.

On divise souvent l’Ontario en trois régions bien distinctes : les basses terres de la baie d’Hudson, le Bouclier canadien et les basses terres des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. Le sud de la province est la région où se trouve concentrée la majeure partie de la population et de l’activité agricole. Par comparaison, le nord de l’Ontario, qui représente près de 90 % du territoire, ne rassemble que 6 % de la population. Bien que l’on répartit souvent la province en trois sections, la géologie, le climat, le sol et la végétation s’avèrent des facteurs qui contribuent à créer des régions distinctes au sein de ces vastes catégories.

Géologie

Le sol rocheux du bouclier est considéré comme étant l’un des plus vieux de la surface terrestre, remontant à l’éon Archéen et à l’éon Protérozoïque de l’ère du Précambrien. Par exemple, les sections les plus anciennes datent de deux milliards d’années et les plus récentes de 900 millions d’années. Ces formations rocheuses renferment d’importants gisements miniers qui s’avèrent si essentiels à l’économie du nord de la province.

Les roches calcaires sédimentaires, les schistes et les grès du sol du sud de la province sont plus récents que le sol rocheux du bouclier, datant de l’ère paléozoïque et remontant majoritairement aux périodes ordovicienne, silurienne et dévonienne. À l’exception de l’escarpement du Niagara, les affleurements rocheux se rencontrent rarement.

À une période ou à une autre, tout le territoire de l’Ontario a déjà été recouvert de glaces. La dernière couche de glace recouvrant la province est disparue il y a environ 10 000 ans, formant ainsi plusieurs lacs au nord et l’apparition des Grands Lacs le long des frontières sud et ouest de celle-ci. Ce début de formation des Grands Lacs était considérablement plus vaste que leur étendue actuelle. Au cours de leur évolution, ils ont laissé une base sablonneuse le long de laquelle ont été tracées un grand nombre des premières routes de la province. Les rivières qui les drainaient alors, dont la Grande-Rivière, coulent maintenant au fond de larges vallées.

La période glaciaire a laissé des traces qui sont encore visibles aujourd’hui. On trouve partout dans le sud de l’Ontario des formations rocheuses laissées par les glaciers. Dans toute la province, des traces des systèmes de moraines restent du passage de glaciers. La moraine d’Oak Ridge, qui a modelé le relief entre le lac Ontario et la baie Georgienne, est la plus proéminente. Les moraines de la région Horseshoe suivent la rive est du lac Huron, jusqu’à la base de la péninsule de Bruce et au sud-est, elles longent l’escarpement, vers le lac Érié au sud-ouest. D’autres dépôts, appelés drumlins, sont particulièrement présents dans la région de Peterborough.

Sols

La majeure partie du Bouclier canadien, mais non sa totalité, ne se prête pas à l’agriculture. Les sols podzoliques de cette région nordique sont extrêmement minces et peu fertiles, mais ils suffisent à maintenir la forêt boréale. Seules quelques régions, comme les ceintures argileuses du nord-est de l’Ontario ou la région de la Rainy River dans le nord-ouest, présentent suffisamment de terres cultivables pour donner l’impression d’un territoire agricole.

La forêt qui couvre le nord de l’Ontario n’est pas homogène. Dans la région à l’extrême nord, de minuscules saules et des épinettes noires croissent péniblement dans les tourbières. Plus au sud, des épinettes, des trembles et des pins gris dominent la partie nord du Bouclier. Encore plus au sud, à l’est et à l’ouest du lac Supérieur, la forêt mixte recouvre le bouclier. Elle est connue sous le nom de région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Au début du XIXe siècle, de magnifiques étendues de pins blancs, qui constituent la base même de l’industrie forestière de la région du centre du Canada, et des érables à bois dur, étaient répandues dans l’est de l’Ontario. Cependant, les pratiques d’abattage des arbres de cette période ont fait en sorte que l’abondance de pins blancs que l’on retrouvait alors dans la région du nord de l’Ontario a été largement décimée.

Les sols luvisoliques (brun-gris) du sud de l’Ontario, qui se sont développés sous la végétation forestière à partir des dépôts glaciaires, sont relativement fertiles. Les deltas, autres vestiges de la période glaciaire, ont formé des plaines sablonneuses, en particulier au nord du lac Érié.

Hydrographie

L’Ontario compte plus de 250 000 lacs, lesquels englobent environ un tiers de l’approvisionnement en eau douce au monde et plus de 80 pour cent des résidents de l’Ontario s’abreuvent de cette eau.

L’Ontario a également de nombreuses rivières; celles qui se trouvent dans la région du sud de l’Ontario se déversent dans les Grands Lacs et vers le fleuve Saint-Laurent, puis vers l’océan Atlantique, tandis que la plupart des rivières du nord de l’Ontario coulent vers la baie James et la baie d’Hudson. Le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs ont attiré les explorateurs, les commerçants, les soldats et les colons au cœur du continent. Plus récemment, les nombreux lacs et rivières de l’Ontario ont permis de développer l’exploitation de l’énergie hydroélectrique.

Les cours d’eau ontariens sont alimentés par d’abondantes pluies et, dans la plupart des régions de la province, par les chutes de neige. Les précipitations sont plus régulières dans les régions du sud et du centre de l’Ontario, où les variations saisonnières ne sont pas particulièrement marquées. Les régions du nord et du nord-ouest de l’Ontario reçoivent moins de précipitations durant l’hiver et le printemps comparativement au reste de la province.

Climat

Le climat ontarien est très diversifié. Les températures peuvent atteindre plus de 30 °C durant la saison estivale et plonger à -40 °C en hiver, avec des variations régionales à travers la province. Au nord, un climat subarctique glacial domine, avec des températures quotidiennes moyennes de 16 °C en juillet et de -22 °C en janvier. Les températures hivernales les plus élevées se retrouvent le long des Grands Lacs dans le sud-ouest de l’Ontario et au sud de l’escarpement du Niagara, avec des températures quotidiennes moyennes qui varient en janvier de -3 °C près de Windsor, à -3,7 °C dans la région de Toronto. En juillet, la région située entre Chatham et Windsor est la plus chaude (22 °C). Les hivers sont rigoureux et la majeure partie de la province subit de nombreuses tempêtes de neige. Les régions exposées aux vents d’ouest des Grands Lacs sont souvent désignées comme faisant partie de la « ceinture de neige ». Les régions au sud d’Owen Sound, autour de Parry Sound et à l’ouest de Sault-Ste-Marie reçoivent des chutes de neige annuelles dépassant 250 cm. Par comparaison, les régions environnantes de Toronto et de Hamilton se trouvent en partie protégées par l’escarpement du Niagara et reçoivent moins de 150 cm de neige chaque année.

Bien que les variations topographiques ne soient pas significatives, elles exercent une influence notable sur le climat. Les hautes terres du comté de Grey, la région du parc provincial Algonquin et les Hautes-terres du lac Supérieur sont nettement plus fraîches que d’autres régions de la province. La baie d’Hudson est recouverte de glace en hiver, ce qui abaisse davantage les températures septentrionales. Les Grands Lacs, au contraire, adoucissent les températures hivernales dans le sud de l’Ontario.

Le climat ontarien influence grandement la production agricole. La plupart des cultures spécialisées, comme celles du maïs, du soja et de la betterave à sucre, sont concentrées dans le sud-ouest. Les fruits sont surtout cultivés dans la région de la péninsule du Niagara (sans s’y limiter) et le tabac est cultivé dans le comté de Norfolk. La région de la Ceinture d’argile qui se trouve au nord, une grande région plane de sol d’argile fertile, mais qui se draine mal, dans la région de Timmins, se prête à un nombre plus restreint de cultures, comme le maïs à ensilage, le foin, l’orge et la pomme de terre. Après la première semaine de mai, le gel est peu fréquent dans le sud, mais au nord, il peut persister jusqu’en juin.

Conservation

La majorité des forêts appartiennent à l’État, mais elles sont exploitées en association avec le ministère des Richesses naturelles, soit par des entreprises forestières dotées de permis les engageant à la conservation de la ressource, soit par des propriétaires privés. En 1994, le gouvernement de l’Ontario a adopté la Loi sur la durabilité des forêts de la Couronne. L’objectif de la Loi est de gérer de façon durable les forêts de l’Ontario, afin de répondre aux besoins sociaux, économiques et environnementaux des générations actuelles et futures. Le gouvernement a mis en place deux sources de financement afin d’aider à atteindre cet objectif, le Fonds de reboisement et le Fonds de réserve forestier. En vertu du programme du Fonds de reboisement, par exemple, les entreprises peuvent acquitter des frais de renouvellement au Fonds pour chaque cube métrique de bois qu’elles coupent. Lorsque vient le moment de reboiser ces régions, les responsables du travail de reboisement sont remboursés par l’entremise du Fonds. De plus, la Loi protège la faune, la flore, les écosystèmes et la biodiversité.

La prise de conscience de la valeur de la nature a suscité l’établissement d’un réseau de parcs provinciaux, à commencer par le parc provincial Algonquin (7723 km2) en 1893. On compte actuellement 334 parcs provinciaux, ce qui représente 7,6 pour cent du territoire terrestre de l’Ontario. Ceux-ci englobent le parc provincial Rondeau aux abords du lac Érié au sud, jusqu’au parc provincial Polar Bear, au nord. Situé du côté de la rive ouest de la baie d’Hudson et s’étalant sur environ 2,4 millions d’hectares, le parc Polar Bear est le plus grand parc de l’Ontario et il est accessible uniquement par air.

Le gouvernement a encouragé la mise en place de centres locaux chargés de la conservation et a proposé divers modes de canalisation et de régulation du débit des eaux. De toutes les provinces, l’Ontario détient la structure gouvernementale la plus importante et aussi la plus complexe quant à l’utilisation des terres, étant donné que la perte des terres agricoles s’avère une préoccupation majeure et que cette question fait l’objet d’une controverse politique et est le sujet de nombreuses études et de planification de la part du gouvernement.

L’Ontario compte également quatre réserves de la biosphère des Nations Unies, qui sont reconnues comme des régions pouvant assurer le développement durable par le biais d’initiatives proposées par les communautés et la recherche scientifique. Les Nations Unies ont établi la première réserve mondiale de biosphère de l’Ontario, Long Point, en 1986, suivie de l’escarpement du Niagara, de l’arche de Frontenac Mille-Îles et, plus récemment, le littoral de la baie Georgienne, en 2004.

Les gouvernements se sont efforcés d’améliorer la qualité de l’eau le long des rives des lacs. En 1972, les gouvernements canadien et américain ont signé l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs, afin de maintenir et de rétablir la qualité des eaux des Grands Lacs. Cette politique a mené à la création de Plans d’aménagement panlacustres, qui impliquent la coopération de représentants fédéraux, provinciaux et d’états pour protéger et rétablir les écosystèmes des Grands Lacs. Ce programme a connu du succès quant à l’amélioration de la qualité de l’environnement de plusieurs régions des Grands Lacs, notamment le port Wheatley du lac Érié, qui a été retiré en 2010 de la liste des régions dont l’environnement est à risque. Cette réussie, en plus de mesures rigoureuses concernant la pêche commerciale et sportive, a largement contribué à accroître le nombre de poissons dans les Grands Lacs. Le ministère des Ressources naturelles de l’Ontario place maintenant les réserves des Grands Lacs à plus de quatre millions de poissons par année, et chacun des Grands Lacs est géré par ses propres mesures de réglementation quant aux limites imposées pour la pêche et les saisons.

Population

Il y a 10 000 ans, l’Ontario était peuplée de quelques communautés autochtones qui chassaient le caribou. Il y a 6000 ans, le climat de l’Ontario s’était réchauffé et le cerf avait remplacé le caribou. Les gens commencèrent à pêcher à l’aide de filets et d’écluses à poissons et à utiliser des mortiers pour broyer des noix, des baies et des racines. Cet approvisionnement en nourriture durable et variée a contribué à l’accroissement de la population et à une augmentation des réseaux commerciaux partout à travers la région. Il y a environ 1500 ans, l’exploitation agricole a fait ses débuts; ce qui a eu comme conséquence que les populations sont devenues plus sédentaires.

Lors de l’arrivée des Européens au XVIIe siècle, la population autochtone s’est divisée en deux groupes : les tribus de chasseurs nomades algonquins au nord et au nord-ouest, et les tribus iroquoises plus sédentaires au sud, dont les Neutres, les Hurons et les Ériés. Dans les années 1640, les guerres iroquoises ont dispersé une confédération de tribus parlant la langue iroquoise (les Hurons). En 1649, les guerres ont également forcé l’abandon de la mission jésuite Sainte-Marie-Des-Hurons, le premier établissement européen de l’Ontario actuel.

La colonisation par les Européens sur une vaste échelle ne commence que vers les années 1780. Des colonies françaises étaient parsemées ici et là, en particulier autour de Détroit; toutefois, ce sont les Loyalistes, réfugiés de la Révolution américaine, qui constituent le premier flot d’immigrants non autochtones.

Les Loyalistes ont conféré à la province son cachet anglo-saxon, plus tard renforcé par les vagues d’immigrants en provenance des États-Unis, puis, pendant le XIXe siècle et au début du XXe siècle, des îles Britanniques. Vers la fin du XIXe siècle, une immigration localisée du Québec vers l’est et le nord-est de l’Ontario a lieu, ce qui crée une enclave francophone le long de la frontière ontarienne. Même si le nord de l’Ontario accueille des immigrants d’outre-mer au début du XXe siècle, ce n’est qu’après 1945 que l’immigration en provenance d’Europe continentale, des Antilles et de l’Asie orientale se fait remarquer dans les régions les plus populeuses de la province.

La province est d’abord peuplée par des fermiers. Cependant, au milieu du XIXe siècle, la population commence à s’établir dans les villes. La province de l’Ontario devient majoritairement urbaine à l’époque de la Première Guerre mondiale. En 2011, 86 pour cent de la population vivait dans des régions urbaines. Par comparaison, 160 ans plus tôt, soit en 1851, les chiffres étaient inversés : 86 pour cent de la population de l’Ontario était rurale. La population totale de l’Ontario est d’environ 13,5 millions de personnes (2012); ce qui fait d’elle la province la plus populeuse du pays.

Centres urbains

En plus d’être la province la plus populeuse du pays, l’Ontario est aussi la province la plus urbaine. La caractéristique la plus remarquable de ce tissu urbain s’avère le réseau continu de communautés rassemblées autour du secteur ouest du lac Ontario (appelé Golden Horseshoe), où se trouvent les villes de St. Catharines-Niagara, Hamilton et Toronto. Plus de la moitié de la population ontarienne habite dans ces quatre villes ou à proximité de celles-ci. Toronto est la plus grande ville du Canada et joue un rôle dominant dans l’économie de l’Ontario.

Les centres urbains du sud-ouest de l’Ontario entourent l’axe Kitchener-Cambridge-Waterloo et London. Les deux régions sont des centres régionaux centrés sur l’industrie manufacturière, les transports et les services. Windsor, depuis longtemps le siège de l’industrie automobile, fait géographiquement partie de l’agglomération urbaine de Détroit. À l’exception de Kingston, la plus grande ville du côté est du lac Ontario, et d’Ottawa, l’est de l’Ontario ne compte pas de grandes concentrations urbaines.

Les villes du nord de la province dispersées le long de la ligne de chemin de fer, à laquelle la plupart doivent leur origine. North Bay demeure toujours un centre de transport; Sudbury se trouve au cœur de la plus grande région minière du Canada; Sault Ste Marie est la seconde ville productrice d’acier au Canada; et Thunder Bay est un important port de transbordement. À l’exception de Thunder Bay, près du lac Supérieur, et de Windsor, le long de la rivière Détroit, les rives des autres Grands Lacs ne comptent pas de grands centres urbains au Canada.

Main-d’œuvre

L’Ontario avait autrefois une vocation surtout agricole. Toutefois, à l’heure actuelle, les travailleurs agricoles ne comptent plus que pour environ un pour cent de la main-d’œuvre, laquelle compte plus de 7,4 millions de personnes. Bien que l’Ontario soit souvent considérée comme une province industrielle, l’industrie qui connaît la principale croissance s’avère le secteur des services qui, en 2013, employait près de 80 pour cent des travailleurs ontariens.

La main-d’œuvre du secteur industriel a été sérieusement affectée au cours des récessions du début des années 1980 et du début des années 1990, comme le démontre le déclin spectaculaire en nombre du jadis très puissant syndicat des métallurgistes. En partie en raison d’un taux de change élevé et de la globalisation (c’est-à-dire, les industries se déplaçant vers des endroits offrant des coûts moins importants), l’emploi dans le secteur manufacturier a rapidement diminué depuis 2002 et compte maintenant pour environ 12 pour cent du nombre total d’emplois.

Langues et ethnies

Environ 200 langues différentes ont été indiquées comme langue maternelle en Ontario en 2011. Les anglophones forment la majorité de la population, suivis des gens parlant le chinois, le français et l’italien. Le bengali, l’hindi, le persan, le tagalog, l’arabe et le punjabi sont parmi les groupes de langues qui se répandent le plus rapidement à travers la province. Toronto compte le plus grand nombre de personnes qui ont une langue maternelle autre que l’anglais ou le français. Plus de quatre personnes sur dix ont indiqué dans le recensement de la région métropolitaine de Toronto avoir une langue maternelle autre que l’anglais ou le français, comparativement à Peterborough, par exemple, où les personnes dont la langue maternelle est l’anglais comptent pour 93 pour cent de la population. Le recensement des grandes régions métropolitaines de Sudbury et d’Ottawa-Gatineau indique qu’elles ont la plus grande proportion de Francophones, soit 28 pour cent et 17 pour cent, respectivement.

Diverses ethnies forment la population de l’Ontario. Bien que l’identification en tant que Canadien ait été mentionnée le plus souvent dans le recensement mené en 2011, on dénombre plus de 200 origines ethniques différentes. Après canadienne, l’origine ethnique la plus souvent indiquée est anglaise, suivie d’écossaise, d’irlandaise, de française, d’allemande, d’italienne, de chinoise et d’indienne. En 2011, environ 26 pour cent de la population de la province s’identifiait comme minorité visible, un nombre qui représente plus de la moitié du nombre total des minorités visibles du Canada. La plupart des membres des minorités visibles vivent dans des centres urbains, y compris à Toronto, à Markham, à Brampton et à Mississauga. La population autochtone est généralement plus jeune que la population non autochtone et, entre 2006 et 2011, elle a connu une croissance plus rapide que la population non autochtone. Une personne autochtone sur six, ou environ 16 pour cent de la population autochtone, vit dans une réserve.

Religion

La majorité de la population de l’Ontario continue d’être chrétienne, avec 65 pour cent de la population s’identifiant en tant que chrétien en 2011. Après le christianisme, les religions comptant le plus grand nombre d’adeptes sont la religion islamique (5 pour cent), l’hindouisme (3 pour cent) et le judaïsme (2 pour cent). Le nombre de personnes déclarant n’avoir aucune affiliation religieuse compte pour 23 pour cent.

Histoire

Établissements autochtones

Les premiers résidents de l’Ontario sont arrivés pendant la dernière période glaciaire, il y a environ 10 000 ans. Lorsque la glace s’est retirée, les habitants paléoindiens de l’Ontario se sont dirigés vers la région du nord de la province. Pendant de nombreuses années, les peuples autochtones de l’Ontario ont probablement vécu de pêche et de chasse : cerfs, wapitis, ours et castors dans le sud, caribous dans le nord. Vers 1000 av. J.-C., on fabrique de la poterie, et les sites archéologiques révèlent l’existence d’un vaste réseau de commerce dont les importations venaient d’aussi loin que le golfe du Mexique. Vers l’année 100 de notre ère, la population de la province est selon toute vraisemblance constituée par les tribus algonquines (Ojibwés, Cris et Algonquins), et les tribus iroquoiennes du sud (Iroquois, Hurons, Petuns, Neutres, Ériés et Susquehannock).

Exploration

Les premiers Européens parvenus aux limites actuelles de l’Ontario sont, à notre connaissance, Henry Hudson, qui a fait naufrage au large de la côte nord, Étienne Brûlé et Samuel de Champlain, qui, naviguant le long de la rivière des Outaouais en 1613, atteignirent le centre de la province en 1615. Étienne Brûlé fut probablement le premier Européen à arriver aux lacs Érié et Ontario. Samuel de Champlain fait des Hurons les alliés des Français. Après la dispersion des Hurons à la fin des années 1640, les Outaouais endossent le rôle d’intermédiaires dans le commerce des fourrures.

La Confédération iroquoise installée de l’autre côté des lacs Ontario et Érié, soit l’emplacement actuel de l’état de New York, dominait la région sans vraiment la coloniser. Malgré l’hostilité des Iroquois, les Français pénètrent toujours plus loin dans la région des Grands Lacs, en utilisant à la fois l’itinéraire de la rivière des Outaouais-rivière des Français-lac Huron vers l’ouest et le couloir du Saint-Laurent-des Grands Lacs.

L’explorateur français René-Robert Cavelier de La Salle construit le Griffon à bord duquel il sillonne les Grands Lacs et la région de l’Ontario devient un lien vital entre les établissements français du Québec et leurs postes de traite de fourrures du Mississippi. Au XVIIIe siècle, les principaux postes français de la région des Grands Lacs étaient Fort Frontenac [Kingston], Fort Niagara, Fort Detroit et Fort Michilimackinac.

Les Britanniques, rivaux de la France, ne réussirent pas à pénétrer dans la région avant 1758-1759, lorsqu’ils incendièrent fort Frontenac et prirent contrôle de fort Niagara. L’occupation britannique fut menacée jusqu’à la défaite des alliés autochtones des Français à la suite d’un soulèvement en 1763-1764. La région des Grands Lacs a aussi servi de base militaire pour les opérations de l’armée britannique pendant la Révolution américaine. Une série de campagnes et d’incursions sanglantes ne parvint pas à secouer l’emprise britannique sur leurs forts des Grands Lacs, mais y amena des réfugiés loyalistes et iroquois chassés de la zone frontalière américaine. Le Traité de Paris (1783) divisa les Grands Lacs en plein milieu et créa la frontière méridionale de l’Ontario actuel.

Établissements des Européens

La colonisation moderne de l’Ontario commença avec l’arrivée d’environ 6000 à 10 000 Loyalistes, pendant et après la Révolution américaine. Puis s’installèrent d’autres Américains attirés par le faible prix des terres de la Couronne, que l’on pouvait alors acquérir pour six pence l’acre, en plus des frais d’arpentage et d’un serment d’allégeance. L’Acte constitutionnel de 1791 divisa l’ancienne Province de Québec et créa le Haut-Canada.

Un gouvernement colonial régulier fut alors établi, doté d’un lieutenant-gouverneur, d’une assemblée législative élue et de conseils législatif et exécutif dont les membres sont nommés. Le premier lieutenant-gouverneur, John Graves Simcoe, un ancien combattant anglais de la guerre d’indépendance des États-Unis, tenta de faire du Haut-Canada un bastion de la Couronne britannique au cœur du continent.

Le Haut-Canada demeura la limite nord de la frontière américaine mais, en 1812, environ 80 pour cent des quelque 100 000 colons du sud de l’Ontario étaient d’origine américaine. Lorsque la Guerre de 1812 contre les États-Unis éclata, certains groupes de la population ontarienne adoptèrent une attitude nettement ambivalente et quelques habitants du Haut-Canada combattirent et se rangèrent du côté des envahisseurs.

Avec l’aide des peuples autochtones et de la milice locale, l’armée britannique parvint à défendre la majeure partie de la province et repoussa les incursions américaines le long de la frontière du Niagara en 1812 (Queenston Heights) et en 1813 (Beaver Dams et Stoney Creek). Toutefois, la même année, les Américains réussirent à pénétrer dans le sud-ouest de l’Ontario et prirent d’assaut York (Toronto), la capitale provinciale, où ils incendièrent les édifices gouvernementaux. Après plusieurs autres batailles sanglantes, la guerre prit fin en 1814. Le traité de paix qui mit un terme à la guerre stipula que les Américains et les Britanniques devaient remettre ce qu’ils avaient conquis et la frontière resta la même.

De 1825 à 1842, la population du Haut-Canada tripla pour atteindre 450 000 habitants et en 1851, elle avait encore doublé. La plupart des immigrants venaient des îles Britanniques, en proportion d’environ 20 pour cent d’Anglais, 20 pour cent d’Écossais et 60 pour cent d’Irlandais. La colonisation se fit en général du sud vers le nord, s’éloignant des lacs à mesure que leurs rives se peuplaient. L’accès aux terres intérieures dépendait des routes, en général en état déplorable, souvent construites par les colons eux-mêmes.

Une vive spéculation foncière contribua aussi de façon notoire à la répartition irrégulière des premiers établissements. Les terres fertiles du sud de l’Ontario furent largement occupées au milieu des années 1850, moment où le type de gouvernement avait changé de nouveau. À la suite des Rébellions de 1837, menées dans le Haut-Canada par le dynamique Torontois William Lyon Mackenzie, le gouvernement britannique réunit le Haut et le Bas-Canada pour former l’unification de la Province du Canada.

La décennie suivante, marquée par les hargnes politiques, aboutit en 1848-1849 à l’instauration d’un gouvernement responsable, en même temps qu’une forte immigration, combinée à un taux de natalité élevé, amena la population du Haut-Canada à dépasser par plus de 60 000 celle de son partenaire, le Bas-Canada. L’agitation pour une représentation proportionnelle fut dirigée par George Brown. Une représentation proportionnelle signifierait que le Haut-Canada aurait un nombre supplémentaire de représentants à l’Assemblée législative et ce mouvement paralysa de plus en plus le système politique de la province. La crise ne fut résolue qu’en 1864 avec la formation d’un régime de coalition de partis (voir Grande Coalition), afin d’unifier les colonies britanniques de l’Amérique du Nord. Cette Confédération fut accomplie en 1867 et l’Ontario devint alors une province du nouveau Dominion du Canada. (Voir aussi l'Ontario et Confédération.)

Développement

Dans les années 1850, l’économie ontarienne était avant tout agricole et axée sur la culture du blé. Avec le temps, la balance se pencha vers les produits laitiers et la culture des fruits et légumes. À la même époque, il y eut un éloignement des régions agricoles, alors que l’émigration vers les États-Unis, l’Ouest canadien ou les villes s’accroissait. Des années 1850 à la fin des années 1860, on assiste au rapide essor des villes et de l’industrie pour ce qui est des textiles, de la métallurgie, des machines et de l’équipement agricoles. Cette croissance touche particulièrement Toronto, en tant que centre ferroviaire et manufacturier, et capitale provinciale.

Les gouvernements successifs ultérieurs de l’Ontario entreprirent la mise en valeur des ressources naturelles de la province : le bois de charpente, les mines et, plus tard, l’hydroélectricité. Il y eut une longue série de querelles avec le gouvernement fédéral au sujet du patronage, de l’énergie hydraulique et des frontières septentrionales de la province. Cette dernière question se régla en 1889, aux dépens du Manitoba, par la décision de laisser la délimitation occidentale de l’Ontario au lac des Bois. La limite définitive fut tracée en 1912.

Économie

Au début, l’économie ontarienne reposait sur la chasse et le piégeage. Le développement économique s’accentua après l’arrivée des colons et demeura principalement rural et axé sur l’agriculture jusque vers la fin du XIXe siècle. Au début du XXe siècle, la construction du chemin de fer dans le territoire du nord de l’Ontario permit l’accès à de riches ressources minières à des endroits comme Cobalt et Timmins.

Le développement et la croissance de l’énergie hydroélectrique, en plus de l’expansion des exportations au tournant du XXe siècle, engendrèrent un essor de l’industrie et des villes, grandes et petites. L’Ontario est à prédominance urbaine depuis 1911 et l’agriculture s’est adaptée à la nouvelle réalité, passant d’une culture de céréales mélangées et de l’élevage du bétail, aux cultures régionales spécialisées et destinées aux vastes marchés urbains, comme les produits laitiers, le maïs d’engraissement du bétail, les légumes, les fruits et le tabac.

L’Ontario exporte une majeure partie de sa production, dont les automobiles. Pourtant, son marché principal reste depuis toujours les régions densément peuplées de l’Ontario et du Québec. Les ventes à l’ouest du pays et dans les Maritimes sont plutôt faibles dans l’ensemble.

Comme dans d’autres régions du pays, le développement le plus important de ces dernières années s’est fait dans le secteur des services, pendant que les industries plus vieilles et plus lourdes ont tendance à décliner. Après que l’ensemble de sa production domestique ait connu un taux de croissance inférieur à la moyenne canadienne pendant la majeure partie des années 1970, l’économie de l’Ontario s’est classée en bonne position au milieu des années 1980. En 1987, la province enregistrait le taux de chômage le plus bas, la dette la moins élevée par habitant et le taux de croissance le plus élevé. Cependant, l’Ontario a subi les effets de la récession de 1991 plus durement que la plupart des autres régions du Canada et la reprise au niveau de la province fut très lente.

Afin de tenter de remédier aux problèmes fiscaux de la province, le premier ministre provincial conservateur de l’époque, Mike Harris, commença à mettre en place sa « Révolution du gros bon sens » après son élection, en 1995. Le premier ministre Harris croyait que des réductions d’impôt, un gouvernement moins vaste, une réforme quant à l’aide sociale et un investissement au niveau des affaires veilleraient à rétablir l’équilibre fiscal de l’Ontario.

Cependant, après peu de temps, une nouvelle récession frappa la province. Comme en 1991, la récession mondiale de 2008, engendrée entre autres par un krach du marché immobilier américain, frappa l’Ontario encore plus durement que la plupart des autres provinces. Le Parti libéral dirigé par Dalton McGuinty, le gouvernement de l’époque, réagit à la récession en participant à la subvention en faveur des constructeurs automobiles General Motors et Chrysler, en plus de proposer un budget visant à stimuler l’économie. Cinq ans après la récession, le taux de chômage en Ontario demeurait passablement élevé, se situant environ à 7 pour cent. Bien que ce pourcentage s’apparente à la moyenne nationale, il est supérieur aux taux enregistrés dans les provinces de l’Ouest.

Agriculture

L’Ontario possède un peu plus de 50 pour cent des meilleures terres agricoles au Canada, également connues comme terres de classe 1. Quant aux revenus agricoles nets, l’Ontario se classe au troisième rang au pays, après la Saskatchewan et le Québec. L’agriculture est surtout concentrée dans le sud, bien qu’on trouve des regroupements de fermes à l’intérieur du territoire du Bouclier qui desservent les marchés locaux en produits laitiers. La culture des fourrages est la plus importante, mais on cultive aussi du maïs, des céréales mélangées, du blé d’hiver et de l’orge. Grâce à la culture de ces fourrages, l’Ontario est en mesure de maintenir des fermes porcines, laitières et bovines commerciales. En ce qui a trait au nombre de fermes laitières, la province se classe deuxième, derrière le Québec. On trouve ce type de fermes surtout dans la région de London-Woodstock, dans la péninsule de Bruce et dans l’est de la province.

Comme dans d’autres secteurs, les fermiers ontariens ont gardé l’habitude de vendre leurs produits par le truchement d’offices de commercialisation qui furent établis depuis les années 1930. Ces derniers ne font pas l’unanimité, même chez les fermiers; toutefois, ils permettent de maintenir une certaine régularité et d’infuser une stabilité quant à la prévision des marchés pour les produits agricoles. L’Ontario compte maintenant 20 offices de commercialisation, notamment le Dairy Farmers of Ontario, le Chicken Farmers of Ontario, le Grain Farmers of Ontario et le Grape Growers of Ontario.

Mines

L’Ontario est le plus important producteur de métaux au Canada. Le développement de l’industrie minière de l’Ontario est étroitement lié à l’essor de Toronto en tant que centre financier à la fois de l’Ontario et du Canada. Au début du siècle, l’exploitation des minéraux dans la région du nord de l’Ontario fait d’abord de Toronto un concurrent, puis le vainqueur d’une longue rivalité avec Montréal.

De la fin des années 1880, au milieu du XXe siècle, les découvertes en minéraux étaient répandues dans le nord de l’Ontario. L’un des plus importants gisements de nickel et de cuivre, ainsi que du plomb, du zinc, de l’argent et du platine, furent découverts dans le bassin de Sudbury, en 1883. Un important gisement d’argent à haute teneur fut découvert près de Cobalt, en 1903. D’importants gisements d’or furent découverts près des villes de Porcupine et de Kirkland Lake, entre 1906 et 1912, de Red Lake, en 1925 et, plus récemment, près d’Hemlo, en 1981. En 1953, l’un des plus importants gisements d’uranium au monde fut découvert à Elliot Lake. De vastes gisements de cuivre, de zinc et d’argent furent découverts près de Timmins, en 1964. Pour compléter, il y a le minerai de ferminé dans le district d’Algoma au nord du lac Supérieur.

Le sud de l’Ontario possède de moins grandes quantités de minerais, mais on trouve du fer près de Marmora et de l’uranium près de Bancroft. On compte également des gisements de pétrole et de gaz de moindre importance dans le sud-ouest de l’Ontario. Dans de nombreuses régions du sud de l’Ontario, les sols contiennent du calcaire, du sable et du gravier, qui sont des résidus de dépôts glaciaires.

L’exploitation minière s’avère extrêmement importante pour l’économie provinciale, bien que les années 1980 et le début des années 1990 furent moins prospères pour l’industrie, alors que des périodes de déclins accablèrent le marché international pour tous les métaux. Malgré tout, de nos jours, l’Ontario produit plus d’or, de nickel, de cuivre, de métaux de platine, de cuivre et de sel que toute autre province au pays.

Énergie

L’Ontario a toujours importé de l’énergie. Au temps des premiers pionniers, la forêt vierge suffisait aux besoins de combustible; toutefois, avec la croissance urbaine et industrielle, l’Ontario a dû se servir de charbon provenant des mines avoisinantes de l’Ohio, de la Pennsylvanie et de Virginie-Occidentale, pour répondre à ses besoins en énergie. Ce charbon était d’une meilleure qualité et moins coûteux à l’expédition que celui de la Nouvelle-Écosse. Près de la baie James, l’Ontario possède ses propres gisements de charbon, dont l’exploitation a été jugée peu économique. Dans le domaine du pétrole et du gaz, l’Ontario bénéficie au départ d’un léger avantage. Les champs pétrolifères, découverts près de Petrolia, furent exploités pour la première fois à la fin des années 1850. Pour sa part, le gaz naturel fut découvert un peu après et pendant longtemps, l’Ontario était reconnue comme premier producteur de ces produits au Canada. Toutefois, ceci ne représente maintenant qu’une très faible part de la production globale d’énergie de la province.

Pour ces raisons, le pétrole et le gaz doivent également être importés. Pendant de nombreuses années, cela signifiait qu’il était nécessaire d’importer le pétrole et le gaz des États-Unis ou par les ports de la côte orientale. Cette importation s’est parfois révélée précaire lorsque les pénuries de pétrole, de gaz et de charbon aux États-Unis ont parfois gravement menacé le chauffage en Ontario. Au cours des années 1950, les gouvernements fédéral et provincial ont priorisé l’importance de relier l’Ontario aux gisements de pétrole et de gaz de l’Ouest canadien. Le pétrole arriva en premier, puis le gaz, acheminé par le pipeline transcanadien, achevé en 1958.

Les progrès au niveau technologique au cours des années 1880 et 1890 apportèrent à l’Ontario sa première importante source d’énergie significative issue de la province même : l’hydroélectricité. L’Ontario est abondamment pourvue de cours d’eau, de rapides et de chutes, entre autres, les chutes Niagara. Ces dernières servirent d’abord pour les scieries, puis pour la production d’électricité. En se servant de leur puissance naturelle pour générer de l’énergie, les chutes Niagara donnèrent au sud de la province un net avantage sur les régions industrielles concurrentes. En 1906, on nationalisa la majeure partie de l’électricité en Ontario, sous l’autorité de l’Hydro-Electric Power Commission of Ontario, maintenant connue sous le nom de Hydro One, et de son fondateur déterminé et dynamique, Sir Adam BECK. En 1999, Hydro One fut restructurée en trois entités, se joignant à la Great Lakes Power dans le marché de l’électricité privatisé.

Pendant les années 1950 et 1960, l’Ontario commença à construire des centrales d’énergie thermique (ou fonctionnant à la vapeur), qui augmentent la proportion d’électricité d’origine thermique, quasi inexistante en 1960, à plus du tiers de la production globale en 1970.

À cette même période, de concert avec la société Énergie atomique du Canada limitée, bras droit du gouvernement fédéral dans ce domaine, Hydro One commença à entreprendre la construction de centrales nucléaires. La première centrale de grande envergure fut établie à Douglas Point, en 1966, suivie de celles de Pickering et de Bruce. L’énergie nucléaire génère la majeure partie de l’électricité produite en Ontario. La province a également commencé à incorporer des quantités croissantes d’énergie provenant de sources renouvelables, comme des éoliennes, qui étaient responsables de trois pour cent de la production totale d’énergie en Ontario, en 2012.

Forêts

Les forêts couvrent 71 millions d’hectares du territoire de l’Ontario, desquels 80 pour cent appartiennent à la Couronne. L’abattage des arbres à des fins commerciales s’étend sur près de la moitié (soit 47 pour cent) de ces forêts appartenant à la Couronne.

En 2011, les recettes découlant du secteur forestier de l’Ontario (les revenus totaux pour le commerce de produits du bois primaires et secondaires) s’élevaient à 11,9 milliards de dollars. De plus, l’industrie emploie directement environ 53 000 personnes dans la province et soutient environ 200 000 postes directs et indirects.

Pêche

Au cours des années 1920, près de 10 000 personnes étaient à l’emploi de la Ontario’s inland fishery. Cependant, les populations de poissons commencèrent à connaître un déclin à cause de la pollution, des prises excessives et de l’invasion de lamproies de mer, dans les années 1920, et les premiers efforts du gouvernement visant à rétablir les stocks de poissons dans les Grands Lacs, en y installant des incubateurs, ont échoué. La Great Lakes Fisheries Commission fut fondée en 1956 afin d’élaborer des politiques de pêche durable et de mettre en place des programmes de contrôle des lamproies de mer. On compte maintenant plus de 500 pêcheries commerciales en Ontario et la pêcherie commerciale des Grands Lacs prend environ 26 millions de livres de poissons par année, ce qui représentait 33 millions de dollars, en 2011. De nombreux groupes parmi les 60 communautés autochtones de la région du bassin des Grands Lacs pêchent pour s’alimenter et plusieurs d’entre eux prennent également part à la pêche commerciale. La pêche récréative s’avère une activité populaire en Ontario, à laquelle plus d’un million de personnes participent chaque année.

Industries

L’Ontario est depuis toujours la province manufacturière la plus importante du Canada. C’était déjà le cas à l’époque de la Confédération, alors que l’idée était de favoriser l’essor industriel d’une province avantagée par son réseau de transport bien développé, d’abondantes richesses naturelles et une accessibilité aux marchés d’exportation aux États-Unis. De nos jours, grâce à plus de 31 600 établissements manufacturiers sur son territoire, la province produit plus 45 pour cent du PIB des industries manufacturières au Canada, soit environ 75 milliards de dollars, en 2011.

D’un point de vue historique, la proximité de l’industrie automobile américaine favorisa l’implantation de manufactures en Ontario. L’établissement en Ontario de Ford, de General Motors et de Chrysler a donné naissance à un grand nombre d’industries connexes disséminées dans le sud de la province.

À la fin des années 1970, Ottawa, souvent perçue comme l’austère capitale entièrement dépendante des largesses du gouvernement fédéral, a confondu ses détracteurs en devenant l’équivalent canadien de la Silicon Valley californienne, centre industriel pour les industries de haute technologie, produisant des ordinateurs, de la technologie de communications et des logiciels. Plus récemment, la région de Waterloo s’est également démarquée en tant que centre avancé de production industrielle et d’innovation, notamment reconnue comme siège social de BlackBerry Ltd, qui fabrique les téléphones intelligents BlackBerry.

Finances

Le quartier de la rue Bay à Toronto constitue le cœur du monde canadien de la finance. Les sièges sociaux de toutes les grandes banques à charte canadiennes et de maintes grandes sociétés et entreprises canadiennes de courtage se trouvent à Toronto. La Bourse de Toronto est la plus importante au pays. La First Canadian Place, où se trouvent de nombreux bureaux d’avocats, de comptables et d’administrateurs, est l’immeuble à bureaux le plus haut du pays (290 m). La Tour du CN, faisant 533 m de haut, est un autre monument au commerce, a été la tour la plus haute au monde pendant plus de trois décennies et demeure la structure la plus élevée de l’hémisphère ouest.

Étant donné qu’au Canada, le secteur bancaire est une affaire nationale, aucune étude ne démontre si l’Ontario dans son ensemble tire un bénéfice quantifiable de l’implantation des banques dans sa capitale provinciale, allant au-delà des contributions économiques des employés envers la communauté. Cependant, on remarque une influence perceptible sur l’architecture alors que les banques se font la compétition pour ériger des gratte-ciel toujours plus hauts.

Transport

Dans la région du nord, les routes se font rares et les moyens de transport les plus fiables dans cette partie de la province demeurent le transport aérien ou maritime. VIA Rail offre des services de transport en train de passagers vers de nombreuses localités et a d’importantes gares à Toronto, à Ottawa, à London, à Kingston, à Niagara Falls, à Windsor, à Sarnia et à Sudbury. La Ontario Northland Transportation Commission, une agence provinciale, fournit des services de trains et d’autocars aux communautés du nord.

De nombreuses villes en Ontario ont des services de transport en commun, dont la plupart englobe des services offrant des parcours et des horaires fixes pour la population générale et aussi des services de transport spécialisés porte-à-porte pour les personnes handicapées. La Toronto Transit Commission, ou TTC, constitue le plus important système de transport en commun en Ontario et est le troisième plus grand en Amérique du Nord. Metrolinx, une agence du gouvernement de l’Ontario, fut créée en 2006 afin d’améliorer la coordination des transports dans la grande région métropolitaine de Toronto et dans la région de Hamilton. En 2009, Metrolinx s’est associée à Go Transit, un service public de transport régional et, en 2011, PRESTO, une carte de tarifs électronique, a fait son apparition afin de permettre aux passagers d’effectuer facilement des transferts entre les divers systèmes de transport.

L’Ontario profite d’une grande voie navigable le long de sa frontière méridionale, la voie maritime du Saint-Laurent. Le canal Welland, un important maillon de la voie maritime, relie les lacs Ontario et Érié. L’aménagement de la voie maritime et l’utilisation subséquente de « conteneurs » pour le fret déchargé dans les ports de la côte Est, ont beaucoup nui à la structure du transport maritime de l’Ontario. Le port de Toronto, qui a été le plus touché, a vu ses nombres de tonnes d’expéditions et d’emplois diminuer de façon marquée au profit de Montréal, de Saint-Jean et d’Halifax. Deux autres ports de l’Ontario, ceux de Hamilton et de Thunder Bay, se classent parmi les dix premiers au Canada pour la quantité de marchandises transportées. Les activités portuaires de Thunder Bay se rapportent surtout au charbon, au blé et au canola, tandis que celles d’Hamilton, comme on pouvait s’y attendre, se concentrent sur le minerai de fer, le fer, l’acier, les alliages et le charbon.

L’Aéroport international Lester B. Pearson de Toronto est le plus grand et le plus achalandé au Canada. D’autres aéroports qui sont dignes de mention comprennent l’Aéroport Billy Bishop de Toronto (City Centre), l’Aéroport international Macdonald-Cartier d’Ottawa et l’Aéroport international John C. Munro de Hamilton.

Gouvernement et politique

Gouvernement provincial

L’Ontario possède une structure gouvernementale similaire à celle des autres provinces canadiennes. Un lieutenant-gouverneur, nommé par le gouvernement fédéral, dirige symboliquement l’administration, avec l’aide d’un conseil exécutif ou d’un cabinet dirigé par un premier ministre provincial. Le cabinet gouverne tant qu’il conserve la confiance de l’Assemblée législative ou du Parlement provincial, formant une seule chambre de 107 députés. Des élections provinciales ont lieu le premier jeudi d’octobre, tous les chaque quatre ans. Tout citoyen canadien résidant en Ontario et âgé de 18 ans ou plus a droit de vote lors des élections.

Il existe en Ontario trois principaux partis politiques qui sont représentés à l’Assemblée législative provinciale. Deux d’entre eux, le Parti (progressiste) conservateur (« Tories ») et le Parti libéral (« Grits »), existaient déjà avant la Confédération. Le troisième parti, le Nouveau parti démocratique (NPD), est issu de la Co-Operative Commonwealth Federation.

Le premier premier ministre provincial de l’Ontario fut John Sandfield Macdonald (1867–71), et le second, Edward Blake (1871–72). Le gouvernement libéral de Sir Oliver Mowat (1872-1896) succéda à celui d’Edward Blake, et montra le chemin aux autres provinces en soutenant les droits des provinces contre les pouvoirs excessifs du gouvernement fédéral dirigé par Sir John A. Macdonald. Il a également élargi les services gouvernementaux de cette province devenue florissante grâce à l’agriculture intensive, à l’élargissement des activités liées aux ressources et à son avance industrielle. Toutefois, le règne libéral décline vers la fin des années 1890 sous la gouverne de Arthur Hardy et de George Ross. Lors de l’élection de 1902, le Parti libéral s’engage dans du patronage et remporte l’élection par une faible majorité. Peu de temps après l’élection, les Libéraux sont accusés de corruption et, bien qu’ils sont reconnus innocents, le parti est renversé lors de l’élection en 1905.

Le gouvernement conservateur qui suit, dirigé par Sir James Whitney (1905–14), laisse sa marque en procédant à la création de la Hydro-Electric Power Commission of Ontario. Le successeur de Whitney, Sir William Hearst, fut renversé par une révolution politique soulevée par des agriculteurs de la province qui, avec le soutien des travailleurs, prirent le pouvoir en 1919 sous le nom de Fermiers unis de l’Ontario (FUO). Le gouvernement FUO réussit à mettre en place certaines lois élaborées par le gouvernement précédent, comme un salaire minimum pour les femmes, un financement accru pour l’éducation et de meilleurs services de santé. Cependant, le parti se trouve en mauvaise posture politique et succombe rapidement à la force renouvelée d’un Parti conservateur dirigé par Howard Ferguson (1923–30). Howard Ferguson était un homme politique déterminé, compétent et astucieux. Il mit à profit le désir des Ontariens d’augmenter les revenus provinciaux en créant la Régie des alcools de l’Ontario, dirigée par la province, qui fut établie afin de promouvoir la tempérance et de générer des revenus. Il désamorça également une vieille controverse avec la population francophone de la province en ramenant officiellement des cours de français dans les écoles. De plus, comme ses prédécesseurs l’avaient fait, il poursuit une politique de mise en valeur des ressources provinciales, y compris la colonisation du nord de l’Ontario.

Le successeur d’Howard Ferguson, George Henry, dû affronter les conséquences néfastes de la Grande Crise, en plus des attaques d’un Parti libéral provincial revigoré, sous la gouverne de Mitchell Hepburn. Ce dernier fait tomber le gouvernement Henry en 1934 par des promesses de réformes et de mesures économiques. Cependant, son gouvernement n’atteint jamais vraiment ni l’un ni l’autre de ces objectifs, même s’il réussit à instaurer la pasteurisation du lait en Ontario en dépit des vigoureuses protestations des producteurs laitiers.

Mitchell Hepburn combattit l’apparition du syndicalisme industriel inspiré par les États-Unis et il parvint, en 1937, à remporter la victoire aux élections provinciales grâce à cette question. On se souvient surtout de ses violentes attaques contre son collègue libéral, le premier ministre Mackenzie King, et l’obstruction qu’il opposa aux tentatives de solution aux difficultés constitutionnelles du Canada. Mitchell Hepburn démissionne en 1942, et son parti est défait aux élections de 1943, permettant aux Conservateurs dirigés par George Drew, de former le gouvernement et à la FCC socialiste de devenir l’opposition officielle.

Le gouvernement de Drew encourage vivement l’immigration, principalement de ressortissants des îles britanniques, ainsi qu’une série de réformes. Comme Hepburn, Drew s’oppose à Ottawa et à ses projets « centralisateurs », comme un programme d’aide sociale fédérale, ou de « primes pour bébés », qu’il perçoit comme une violation de la juridiction provinciale. C’est seulement après son départ en 1948 que le premier ministre provincial Leslie Frost adopte une attitude plus souple et qu’il coopère avec le gouvernement central, ce qui constitue un changement important dans la politique ontarienne. En matière de développement, Frost partageait les objectifs des ministres libéraux d’Ottawa, comme C.D. HOWE, et les deux gouvernements collaborent à de grands projets, comme la voie maritime du Saint-Laurent, le gazoduc transcanadien et le développement de l’énergie nucléaire.

Les successeurs de Frost, John Robarts et William Davis, ont la même attitude discrète et pragmatique et s’efforcent de réduire au minimum les conflits entre l’Ontario conservateur et le gouvernement fédéral, le plus souvent libéral. Par le biais de sa Conférence sur la Confédération de demain, en 1967, John Robarts tente d’accommoder le Québec et de garder la province dans la Confédération. En 1981-1982, William Davis donne un fort appui à Pierre Trudeau dans le débat sur le rapatriement et la réforme de la constitution canadienne. Cependant, David Peterson, dont le Parti libéral avait signé un accord avec le Nouveau parti démocratique afin de former un gouvernement minoritaire à la suite de l’élection de 1985, avait une relation tumultueuse avec le premier ministre Brian Mulroney. Partisan à contrecœur de l’Accord du lac Meech préconisé par Mulroney en 1987, David Peterson s’oppose avec ferveur à l’initiative de libre-échange avec les États-Unis, mise de l’avant par le fédéral la même année. David Peterson perd l’élection suivante et cède la place à Bob Rae, qui forme alors le premier gouvernement provincial NPD de l’histoire de l’Ontario. À la fin de son mandat, Bob Rae perd au profit de Mike Harris, qui mène ses Conservateurs d’une victoire à l’autre, en 1995 et en 1999.

La « Révolution du gros bon sens » menée par Harris, qui prévoyait de réduire l’impôt, les services sociaux et un gouvernement moins vaste, a un peu perdu la faveur du public, mais son gouvernement garde néanmoins le pouvoir lors de l’élection de 1999. Les Conservateurs remportent 59 des 103 sièges de l’Assemblée législative nouvellement réduite, mais seulement 45 % du vote populaire. Mike Harris démissionne subitement comme premier ministre de la province et est remplacé par l’ancien vice-premier ministre et ministre des Finances, Ernie Eves, en mars 2002. Bien qu’il se montre plus modéré que Mike Harris, Ernie Eves et les Conservateurs sont critiqués pour un effort raté visant à privatiser le réseau d’énergie de la province, de même que la présentation du budget de 2003 dans une usine de fabrication de pièces automobiles, plutôt qu’à l’Assemblée législative. L’élection de 2003 s’avère une victoire écrasante pour le Parti libéral, sous la gouverne de Dalton McGuinty, qui remporte 72 des 103 sièges de l’Assemblée législative et 47 pour cent du vote populaire. Dalton McGuinty remporte une autre majorité en 2007 après que son principal adversaire, le chef conservateur John Tory, gâche sa propre campagne en faisant une promesse controversée visant à accroître le financement public aux écoles à vocation religieuse. Pendant son deuxième mandat, Dalton McGuinty met en place l’impopulaire taxe de vente harmonisée (TVH), qui remplace la taxe de vente provinciale et la taxe fédérale sur les produits et services. Le soutien au Parti libéral commence à faiblir et, en 2011, les électeurs octroient au parti seulement 53 sièges, soit un siège de moins que le nombre nécessaire pour un gouvernement majoritaire. Dalton McGuinty démissionne de son poste de premier ministre en octobre 2012, alors que son parti fait face à des critiques pour sa façon de gérer les relations de travail avec les enseignants de la province et des questions soulevées au sujet de la fermeture de deux centrales thermiques alimentées au gaz. Kathleen Wynne est élue chef du Parti libéral en janvier 2013 et devient à la fois la première femme première ministre de l’Ontario et la première première ministre provinciale au Canada à s’afficher ouvertement comme homosexuelle.

Au printemps 2014, le PC et le NDP ont refusé d’accepter le budget que le gouvernement minoritaire de Wynne avait déposé, déclenchant des élections anticipées. Le NDP et le PC espéraient, par ce biais, gagner du terrain suite aux scandales qui ont entachés les Libéraux. Cependant, la campagne de Wynne a, en fin de compte, été une réussite puisqu’elle et son parti ont constitué un gouvernement majoritaire en remportant 59 sièges, le PC en a remporté 27 et le NDP 21.

Consulter Premiers ministres de l’Ontario : Table; Lieutenants-Gouverneurs de l’Ontario : Table

Pouvoir judiciaire

Les représentants du pouvoir judiciaire, tout comme dans les autres provinces canadiennes, sont nommés par les provinces seulement aux échelons inférieurs; les « juges provinciaux », autrefois connus sous le nom de magistrats. Le gouvernement fédéral nomme les juges de tous les autres paliers. Ottawa verse le salaire de ces juges, tandis que la province assume les autres coûts liés aux tribunaux.

Représentation au palier fédéral

L’Ontario est représentée par 106 députés à la Chambre des communes et compte 24 sénateurs. La région métropolitaine de Toronto et ses environs ont plus de députés au Parlement que la plupart des provinces, à l’exception de l’Ontario et du Québec. Pour évaluer son influence politique, il s’avère utile de visualiser l’Ontario comme un ensemble de sous-régions votant rarement à l’unisson lors d’élections fédérales ou provinciales.

Il est difficile pour un unique politicien fédéral d’affirmer qu’il ou elle « représente » l’Ontario au gouvernement fédéral, comme Mackenzie King l’avait jadis fait. Ayant grandi à Toronto, Mackenzie King, fut en mesure de constituer la plupart de ses cabinets de 1921–30 et de 1935–48 avec une faible ou aucune représentation de la région de Toronto. Toutefois, depuis, les premiers ministres fédéraux ont formé leur cabinet avec un nombre convenable de représentants de Toronto et des régions de l’Ontario.

Finances publiques

Au cours de son histoire, l’Ontario a surtout cherché à soutirer au gouvernement fédéral, à Ottawa, des ressources fiscales que la province considère suffisantes. Cette rivalité traditionnelle a considérablement diminué après 1948 lorsque le premier ministre provincial George Drew a quitté la politique provinciale pour la scène fédérale, à Ottawa.

L’Ontario tire des revenus importants des taxes sur les boissons alcoolisées et les cigarettes (beaucoup plus élevées qu’auparavant), ainsi que de l’impôt sur les types de revenus auxquels on pense le plus souvent, comme l’impôt sur le revenu des particuliers et des entreprises. Le gouvernement fédéral perçoit l’impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés de l’Ontario dans le cadre de son système national d’imposition et en remet le produit à la province.

Gouvernement municipal

Pendant de nombreuses années, la structure de base du gouvernement au niveau local en Ontario reposait sur la Loi de 1849 sur la régularisation du statut des municipalités, promulguée par Robert Baldwin. Cette loi divisait la partie sud de la province en comtés, cités, villes et villages. Toutefois, la croissance de la population urbaine au XXe siècle commença à exercer une pression sur les juridictions traditionnelles. Plutôt que de laisser les villes de la province s’étendre à l’infini dans les banlieues et les campagnes environnantes, le gouvernement provincial envisagea la création d’agglomérations qui pourraient être administrées à l’échelle régionale et englobant plusieurs juridictions.

La municipalité du Toronto métropolitain, par exemple, fut créée le 1er janvier 1953. Cela créait une fédération de la ville de Toronto et de ses banlieues, découpées dans la partie méridionale du comté de York. Les années 1960 et 1970 voient la création de diverses « municipalités régionales », basées sur le modèle de Toronto, parfois au grand déplaisir des citoyens et des personnages politiques locaux.

Le 1er janvier 1998, les sept administrations locales de la municipalité du Toronto métropolitain, c’est-à-dire, la région métropolitaine de Toronto, East York, Toronto, Etobicoke, North York, Scarborough et York, se sont rassemblées pour former une ville unifiée, celle de la ville de Toronto.

La plupart des municipalités de la province, y compris toutes les cités, villes, villages et cantons, conservent le pouvoir de fixer les impôts fonciers locaux, selon la propriété. Seuls les districts en voie d’organisation et les villages partiellement autonomes sont dénués de pouvoirs d’imposition. Toutes les municipalités ontariennes relèvent de la Commission des affaires municipales de l’Ontario, qui doit approuver tous les règlements municipaux susceptibles d’entraîner une dette et jouer le rôle de dernière instance lors d’appels portés contre les actions de municipalités.

Santé

Les services de santé de l’Ontario, ainsi que le financement qui les soutient, ressemblent à ceux des autres provinces. Les lois fédérales de 1958 et de 1966 instaurèrent la première assurance-hospitalisation payée par la population sous forme de primes obligatoires, puis un programme complet de soins de santé ou d’assurance-maladie fut mis en place. Ces lois sont issues de discussions fédérales-provinciales, tout comme la collaboration nécessaire pour les mettre en œuvre. Les deux paliers de gouvernements discutent souvent du montant que chacun devrait investir dans le système, ainsi que des façons dont cet argent devrait être utilisé.

Le système public d’assurance-santé de l’Ontario est maintenant consolidé à l’Assurance-santé de l’Ontario, défrayé par les cotisations des citoyens et englobe la plupart des services de santé, à l’exception de ceux qui ne sont pas médicalement nécessaires.

Éducation

En Ontario, jusqu’en 1998, l’éducation était une responsabilité conjointement provinciale et locale. Le gouvernement provincial fixait les objectifs, appliquait les normes et élaborait les lignes directrices. En 1998, le gouvernement Harris présente la Loi 160, visant à restructurer le système d’éducation de l’Ontario. Avec l’entrée en vigueur de la Loi 160, la plus grande part des responsabilités liées à l’éducation sont transférées du niveau local au gouvernement provincial. Les administrateurs des conseils scolaires, auparavant à temps plein, salariés et élus localement, reçoivent désormais des honoraires, tandis que les programmes d’éducation et les lignes directrices sont conçus par le gouvernement provincial. Le système de base est ensuite divisé à nouveau, cette fois en deux types d’écoles publiques : publiques au sens propre du terme ou non confessionnelles, et « séparées » ou catholiques. À l’intérieur de chacun de ces systèmes, on retrouve les conseils scolaires francophones ou des sections francophones. Chaque système est administré par des conseils élus par des membres du public. Cette organisation résulte du compromis conclu à l’époque de la Confédération, lorsque l’on avait troqué les droits des catholiques ontariens, contre ceux des protestants du Québec.

Depuis 1899, l’Ontario fournit des fonds publics pour appuyer l’éducation dans les écoles catholiques séparées jusqu’à la fin de la 10e année. Malheureusement pour les catholiques, l’entente acceptée lors de la confédération n’incluait pas le soutien financier entier des écoles séparées. Cette question suscite à l’occasion des protestations et des mesures politiques, plus particulièrement lors de l’élection provinciale de 1934.

Dans les années 1960, le gouvernement décide d’étendre aux 9e et 10e années son soutien financier entier aux écoles séparées, mais, pendant des années, il refuse résolument d’aller plus loin. En 1984, le premier ministre Davis surprend, tant les catholiques que les non-catholiques, en annonçant subitement que son gouvernement couvrira tous les frais d’études des autres années dans les écoles séparées. Cette politique fut instaurée de 1985 à 1987.

L’Ontario possède un système d’éducation à deux paliers, soit le primaire et le secondaire. En général, les écoles primaires offrent des programmes aux enfants de la pré-maternelle à la 8e année. Depuis septembre 1994, on exige de tous les conseils scolaires qu’ils offrent des programmes de pré-maternelle et de maternelle. En 2010, le gouvernement a présenté un programme afin de fournir des journées complètes en maternelle, partout à travers la province. Le programme est mis en application par phases et on s’attend à ce qu’il soit en vigueur partout en septembre 2014. Les écoles secondaires accueillent les élèves de la 9e à la 12e année. En 2011–12, on comptait plus de 1,3 million d’élèves inscrits dans des écoles primaires en Ontario et près de 700 000 dans les écoles secondaires.

Les écoles privées ont un droit d’exploitation conformément à la Loi sur l’éducation, mais elles ne reçoivent aucune subvention. Les parents peuvent aussi obtenir la permission des conseils scolaires afin d’éduquer leurs enfants d’âge scolaire à la maison.

Bien que des écoles de langue française existaient bien avant 1968 dans l’est et le nord de la province, les conseils scolaires peuvent depuis ouvrir des écoles françaises « là où le nombre d’élèves le justifie » (Consulter écoles séparées). L’interprétation de cette phrase a suscité bien des controverses dans certaines parties de la province, notamment à Penetanguishene.

En 1984, la Cour d’appel de l’Ontario décida que tout étudiant francophone (et anglophone) de la province a le droit de faire ses études dans sa langue maternelle. La Cour a aussi souligné qu’on doit garantir aux minorités linguistiques des représentants aux conseils scolaires, de même qu’un pouvoir d’intervention dans l’éducation en langue minoritaire. Le gouvernement a immédiatement pris les mesures nécessaires à l’application de cette décision de la Cour, fondée sur la Charte des droits et libertés.

Le système postsecondaire connut une expansion considérable dans les années 1960, à un moment où les politiciens accordaient une grande importance à l’éducation et la considéraient comme un moteur de la croissance économique. De nos jours, on compte 20 universités et 24 collèges d’arts appliqués et de technologie dans la province.

Vie culturelle

Les groupes autochtones de l’Ontario actuelle possèdent des cultures complexes qui ont de longues histoires. En dépit des défis qui se présentaient à elles, les communautés autochtones en Ontario se font de plus en plus présentes tant sur la scène artistique que culturelle, et la province compte de nombreux organismes artistiques autochtones. Plus tard, les colons importent leur propre patrimoine culturel, inspiré des modèles européens. Les formes d’art du milieu du XIXe siècle, représentées dans des œuvres d’artisanat contemporaines, demeurent très populaires auprès des touristes et génèrent des ventes. Les efforts artistiques et culturels bénéficient de diverses subventions gouvernementales fédérales ou provinciales, offertes entre autres par le Conseil des arts de l’Ontario fondé en 1963, un organisme indépendant qui accorde des subventions aux particuliers et aux organismes.

L’Ontario compte des orchestres symphoniques à Toronto (l’Orchestre symphonique de Toronto), à Ottawa, à Hamilton et à Kitchener-Waterloo. Un grand festival annuel shakespearien, appelé Festival de Stratford, fut institué en 1953 et a lieu chaque année à Stratford. Le Festival annuel Shaw à Niagara-on-the-Lake produit des pièces de théâtre écrites par Bernard Shaw ou par des gens de son époque ou qui rédigent des récits sur cette époque. Le Musée des beaux-arts de l’Ontario, l’un des plus importants musées d’art en Amérique du Nord, et le Musée royal de l’Ontario, créé en 1912, sont tous deux situés à Toronto. Chaque automne, Toronto accueille le Festival international de films de Toronto, qui, en 2012, a proposé le visionnement de 372 films produits dans 72 pays et qui a attiré plus de 400 000 personnes.

Communications

Toronto publie trois des plus importants journaux du pays, The Toronto Star, The Globe and Mail et The National Post. Toronto publie également la majorité des principales revues du pays, notamment Maclean’s, Chatelaine et Canadian Business, qui sont toutes la propriété de Rogers Media, et Canadian Living Magazine. C’est à Toronto que se trouve aussi le siège social des grandes entreprises d’édition du pays, telles que McClelland & Stewart et the University of Toronto Press.

Les principales installations du réseau anglais de la Canadian Broadcasting Corporation (Société Radio-Canada) et les réseaux privés de CTV et de Global se trouvent également à Toronto. On compte trois postes de télévision qui diffusent des émissions en français en Ontario, en plus de nombreux postes présentant des émissions en répétition et aussi des stations de radio, sans oublier les stations qui diffusent dans diverses autres langues. La télévision de service publique, TVOntario, diffuse des émissions dans les deux langues et le poste de télévision TFO propose des programmes éducatifs en langue française.

Lieux historiques

L’Ontario bénéficie depuis longtemps d’un programme de conservation des lieux historiques. La législation provinciale autorise la désignation d’édifices du patrimoine et, bien que cela n’assure pas une protection absolue, cela a rendu possible la préservation de divers bâtiments historiques à travers la province.

Remontant au milieu du XVIIe siècle, les missions des Jésuites désignées pour les Hurons figurent parmi les premiers lieux historiques qui ont été ouverts au public. Après avoir soutenu des recherches dans ce domaine depuis 1890, le gouvernement ontarien entreprit, en 1964, la restauration de Sainte-Marie-des-Hurons, près de Midland, et ouvrit le site au public trois ans plus tard. Des forts pittoresques, vestiges de longues périodes de tensions vécues à la frontière entre les États-Unis et le Canada, depuis le début de la guerre d’Indépendance, parsèment la bordure méridionale de la province. À Kingston, le Fort Henry, dont les murs de pierre remontent aux années 1830, est probablement le plus connu, mais le Fort George et le Fort Erie à la frontière historique du Niagara, le Fort Wellington (Prescott), le Fort York (Toronto) et le Fort Malden (Amhertsburg), ont également été restaurés pour retrouver l’aspect qu’ils avaient à l’époque des crises et des conflits internationaux et qui ont marqué la première partie du XIXe siècle.

La vie des pionniers de la province est dépeinte dans des lieux de villages reconstitués, dont le Upper Canada Village, près de Morrisburg et le Black Creek Pioneer Village, au nord-ouest de Toronto. En 1973, le gouvernement de l’Ontario entreprit à Thunder Bay la restauration du Fort William, un poste de traite des fourrures établi par la North West Company en 1803. Les adeptes de la navigation de plaisance disposent de deux canaux du XIXe siècle : le canal Rideau, aménagé de 1826 à 1832 par les ingénieurs royaux pour le transport des troupes et des approvisionnements militaires, et le canal Trent, qui date de 1833.