L'origine du nom Mi'kmaq, ou Micmac, qui désigne à la fois un peuple et sa langue, demeure incertaine. Des sources historiques font état d'autres noms désignant les Mi'kmaqs, tels que Gaspésiens, Souriquois, Acadiens et Tarrantins. Au milieu du XIXe siècle, Silas Rand rapporte que les Mi'kmaq s'attribuent le nom de wejebowkwejik. À l'arrivée des Européens, les peuples de langue micmaque occupent la côte de la Gaspésie et les Maritimes à l'est du bassin du FLEUVE SAINT-JEAN. Ils vivent encore aujourd'hui dans cette région, de même que dans des communautés à Terre-Neuve et en Nouvelle-Angleterre, particulièrement à Boston. Les Mi'kmaqs recensés sont au nombre de 19 891 en 1996, en plus de quelque 4 500 personnes non inscrites d'origine mi'kmaq (voir INDIENS). Les évaluations de la population autochtone varient de 3 000 à 35 000, mais on peut raisonnablement croire qu'ils sont environ 20 000.

Langue

Le mi'kmaq fait partie du groupe wabanaki des langues algonquiennes de l'Est, qui comprennent les différents dialectes ABÉNAQUIS et les langues penobscot et malécite-passamaquoddy (voir MALÉCITES). La PRÉHISTOIRE des Maritimes couvre 11 000 ans, mais on ignore à quelle époque les peuples de langue algonquienne ont fait leur apparition dans la région.

Traits sociaux, politiques et culturels

Les villages des Mi'kmaqs se distinguaient autrefois par l'éparpillement, le long d'une baie ou d'une rivière, d'habitations abritant une ou plusieurs familles. Des alliances et des liens de parenté unissaient les villages. Les chefs, désignés pour leur prestige plutôt que pour leur pouvoir, avaient surtout la tâche de gérer efficacement l'économie basée sur la chasse et la pêche. On encourageait la peinture, la musique et l'art oratoire. Les Mi'kmaqs sont l'un des premiers peuples à être touché par les activités des Européens au Nouveau Monde et subissent très tôt des bouleversements socioculturels et une dépopulation. Ils tentent de profiter de la TRAITE DES FOURRURES en servant d'intermédiaires entre les Européens et les bandes plus à l'ouest, mais, une fois disparus les avantages de la traite, ils cherchent à tirer profit d'une alliance militaire avec les Français (voir GUERRES IROQUOISES).

Après l'établissement de la suzeraineté britannique, les Mi'kmaqs subissent une transformation intentionnelle de leur mode vie par le gouvernement. La plupart des démarches visant à en faire des agriculteurs échouent, parce qu'elles sont mal conçues et empiètent sur des terres réservées. Ils sont alors employés comme ouvriers non qualifiés, ce qui entraîne des changements irréversibles : l'artisanat, la tonnellerie, la pêche au dauphin, la construction de routes et de chemins de fer et les travaux forestiers les intègrent en effet à l'économie des XIXe et XXe siècles, mais les laissent isolés socialement.

Réinstallation forcée

Dans les années 50, un programme de réinstallation forcée menace d'annihiler leur identité distincte. Ils réussissent néanmoins à sauvegarder une partie de leur culture traditionnelle en matière de politique, de religion et de langue. Le taux de chômage dans les réserves est très élevé, mais les Mi'kmaqs comptent un certain nombre de musiciens, d'artistes, d'écrivains, d'hommes d'affaires et de professionnels qui réussissent fort bien.

Voir aussi AUTOCHTONES : LES FORÊTS DE L'EST et les articles généraux sous la rubrique AUTOCHTONES.