McLaughlin, Audrey

Audrey McLaughlin, née Brown, travailleuse sociale, femme politique (Dutton, Ont., 7 nov. 1936). McLaughlin obtient un baccalauréat de l'U. de Western Ontario après des études par correspondance pendant qu'elle et son mari exploitent un élevage de visons au nord de London. Elle enseigne dans un collège privé au Ghana, en Afrique de l'Ouest, de 1964 à 1967. En 1967, elle s'inscrit à l'école de service social de l'U. de Toronto, où elle obtient une maîtrise, après quoi elle joint les rangs de la Metropolitan Toronto Children's Aid Society à titre de travailleuse sociale. Dès 1975, elle est aussi directrice générale de l'Association canadienne pour la santé mentale. Elle s'installe à Whitehorse en 1979, où elle travaille comme conseillère en affaires et surveillante des services sociaux.

McLaughlin entre à la Chambre des communes à la suite d'une élection partielle en 1987, qui en fait la première députée fédérale (femme ou homme) du Nouveau Parti démocratique (NPD) élue au Yukon. Contrairement à ses collègues du caucus, elle vote contre la ratification de l'Accord du lac Meech (voir Accord du lac Meech : Document), qui, à son avis, lèse les intérêts des femmes et des peuples autochtones du Nord. Après les élections de 1988, elle est nommée présidente du caucus et, le 2 décembre 1989, elle est choisie chef du NPD au congrès national de Winnipeg, succédant ainsi à Edward Broadbent. McLaughlin oriente son parti vers le centre économique, tout en maintenant de nombreuses politiques traditionnelles du NPD, telles que l'imposition plus élevée des riches, l'élargissement des programmes de garde d'enfants et la stimulation de l'économie au moyen de dépenses gouvernementales. Elle est la première femme à diriger un parti politique national au Canada.

Aux élections fédérales de 1993, McLaughlin assiste à l'effritement du soutien envers son parti, qui récolte moins de 6,9 p. 100 du vote populaire. Le parti perd tous ses sièges en Ontario et, n'ayant que neuf députés, il perd aussi son statut de parti officiel au Parlement. McLaughlin conserve toutefois son siège au Yukon. Bien que l'échec soit en grande partie attribué au leadership de McLaughlin, certains l'associent volontiers à une propension des électeurs et des médias à être plus durs envers les chefs féminins. Certes, le NPD souffre de ses liens avec des gouvernements néo-démocrates provinciaux impopulaires, surtout en Ontario. L'essor de nouveaux partis de protestation, tels que le Parti réformiste, un parti populiste de l'Ouest, et le Bloc Québécois, parti souverainiste du Québec, jouent un rôle important dans le déclin du NPD dans ces régions du pays. Suite à cet échec électoral, le parti lance une série de conférences de renouveau pour discuter de l'avenir de la social-démocratie et du NPD. En 1994, McLaughlin annonce qu'elle quittera son poste de chef du parti dès la tenue d'un congrès à la direction.