Le mariage demeure l'une des institutions sociales les plus importantes au Canada, mais le taux de nuptialité est en baisse au pays et le portrait « traditionnel » de la famille se transforme. Selon Statistique Canada, en 2011, 67 % des familles canadiennes sont dirigées par des couples mariés, par rapport à 70 % en 2001. En 2011, pour la première fois dans l’histoire du Canada, il y a plus de ménages d’une seule personne que de ménages formés de couples avec enfants. Le nombre de ménages formés par des couples en union de fait et des couples homosexuels est aussi à la hausse. Toutefois, le pourcentage de couples hétérosexuels mariés diminue.

Siècle de changement

Au cours du dernier siècle, le taux de mariage varie et correspond souvent à des événements historiques. Pendant la Crise des années 30, le taux baisse, ce qui peut être attribué au haut taux de chômage et aux mauvaises conditions économiques. Pendant la Deuxième Guerre mondiale et après, il y a peu d’hommes célibataires, ce qui réduit le nombre de mariages potentiels. Cependant, après la guerre, les couples sont réunis et le taux de mariage remonte.

Depuis les années 1960, le mariage et le divorce au Canada font l’objet de grands changements. Au cours de la période du baby-boom (de 1946 à 1965), les couples se marient assez jeunes et, par rapport à aujourd’hui, fondent de grandes familles. De nos jours, le vieillissement de la population continue, le nombre de couples sans enfants augmente et les couples sont désormais moins susceptibles de se marier jeunes et d'avoir des enfants.

Les cérémonies de mariage sont soit religieuses, célébrées par un membre du clergé, soit civiles. À l'aube du 21e siècle, 76 % des mariages sont célébrés lors de cérémonies religieuses. Il existe toutefois une autre forme d'union de plus en plus populaire au Canada : l'union de fait, qui n'exige aucune cérémonie officielle. Cette forme de cohabitation finit toutefois par conférer aux participants des droits et obligations comparables à ceux du mariage, du fait de vivre à deux et, le cas échéant, d'avoir un enfant.

Le recensement de 2000 indique une légère hausse du taux de nuptialité alors que 5 Canadiens sur 1 000 vivant en couple ont décidé de se marier à l'aube du nouveau millénaire. Ce taux tombe ensuite à 4,7 mariages par 1 000 personnes (comparé à 10,9 dans les années 1940), confirmant ainsi la tendance à la baisse du taux de nuptialité. Les couples mariés demeurent la structure familiale prédominante, mais entre 2006 et 2011, le nombre de couples en union de fait augmente à 13,9 %, soit quatre fois plus que pour les couples mariés.

Âge lors du premier mariage

Le nombre de jeunes gens qui se marient est en baisse alors que l'âge moyen des hommes et des femmes lors du premier mariage s'élève progressivement. Dans les années 1950, l'âge moyen lors d'un premier mariage était de 28,5 ans chez les hommes et de 25,9 ans chez les femmes. Cette moyenne redescend dans les années 1960-1970, où les gens se marient plus jeunes : par exemple, en 1972, l’âge moyen est de 23,0 ans chez les femmes et 25,4 ans chez les hommes. En 2008, l’âge moyen du premier mariage grimpe à 29,6 ans chez les femmes et 31,6 ans chez les hommes.

Un facteur est demeuré constant : les maris ont en moyenne deux ans de plus que leur femme. Cette situation a des conséquences sur le mariage, particulièrement dans ses dernières années. Or, les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes : par exemple, en 2004, l'espérance de vie d'une femme est de 82,6 ans et celle d'un homme est de 77,8 ans. C'est pourquoi la femme risque de mourir veuve, tandis que l'homme a plus de chance de mourir avant son épouse.

L’âge des nouveaux mariés est aussi un facteur clé dans la dissolution d'un premier mariage. Les adolescents qui se marient sont presque deux fois plus susceptibles de voir leur mariage se dissoudre, par rapport aux personnes qui se marient entre 25 et 29 ans. Le risque de dissolution du mariage de personnes qui attendent la mi-trentaine ou plus tard pour se marier est 43 % plus faible que pour les autres groupes d'âge.

Unions de fait

En 1961, 92 % des familles canadiennes sont des couples mariés. En 2011, ce pourcentage est passé à 67 %, un changement attribuable en grande partie à la plus grande fréquence d'unions de fait. Entre 1981 et 2011, le nombre de couples mariés augmente de 20 %, tandis que les couples en union de fait sont quatre fois plus nombreux (+345 %). Aujourd’hui, les premières unions prennent plus souvent la forme de cohabitations que de mariages.

Bien que les unions de fait conduisent souvent au mariage, elles durent généralement moins longtemps et se dissolvent davantage que les mariages. Dans chaque province ou territoire, les lois varient par leur façon de reconnaître et de gérer les unions de fait, mais en général, les couples en union de fait obtiennent les mêmes droits que les couples mariés au bout d'un an de cohabitation. Le Code civil du Québec ne reconnaît pas les unions de fait de la même manière que les mariages : on les traite comme étant des unions de facto et les conjoints de fait ont les mêmes droits et responsabilités que les couples mariés ou en union civile sans égard au nombre d'années de vie commune.

Les tendances nuptiales au Québec diffèrent de celles du reste du Canada et certaines de ces différences découlent de la Révolution tranquille des années 1960, lorsque moins de gens ont choisi le mariage religieux, au profit de l'union de fait. En 2006, 29 % des familles au Québec sont des couples en union de fait et la province compte 44 % des conjoints de fait au Canada. Ce pourcentage est semblable à celui de la Suède, qui compte le plus fort taux d'unions hors mariage, alors que le taux au Québec est presque trois fois plus élevé que celui des unions de fait aux États-Unis.

Répartition du travail au sein du mariage

Dans la plupart des ménages d'autrefois, les tâches sont réparties de façon assez stricte entre l'homme et la femme. En général, l'époux s'occupe du bien-être économique de la famille tandis que l'épouse élève les enfants, vaque aux travaux domestiques, assure la santé affective et physique de la famille et assume l'ensemble des autres responsabilités familiales. En outre, les femmes de la campagne participent aux travaux agricoles et de nombreuses épouses de la classe ouvrière prennent des pensionnaires ou vendent leurs services d'entretien ménager à l'extérieur, contribuant ainsi directement au revenu familial. Cependant, depuis le début des années 1980, la majorité des épouses canadiennes gagnent un revenu indépendant et contribuent au revenu de la famille. Elles se trouvent donc moins dépendantes de leur époux, ce qui provoque un changement dans l'équilibre des forces au sein du mariage. Cela signifie aussi que la plupart des enfants d'âge préscolaire sont confiés à la garde d'une personne autre que ses parents durant une partie de la journée. En 2003, plus de la moitié (54 %) des enfants canadiens se trouvaient en garderie.

Bien que l'écart entre les hommes et les femmes existe encore bel et bien, notamment pour les travaux domestiques, il se rétrécit lentement. En 1986, 48 % des hommes et 78 % des femmes disent faire des travaux domestiques. En 2010, 65 % des hommes et 76 % des femmes du même groupe d’âge disent faire des travaux domestiques.

Droit de la famille et obligations familiales

Le droit de la famille concerne la séparation, le divorce, les droits de garde et de visite, les ententes en matière de pension alimentaire pour les enfants ou le conjoint, l’ordonnance de protection et la tutelle. Il y a aussi des programmes et des services comme la médiation et la conciliation pour résoudre certains différends en droit de la famille sans devoir passer devant les tribunaux. Depuis 1978, toutes les provinces ont apporté des modifications importantes au droit de la famille, attribuant généralement une responsabilité égale à chacun des époux en ce qui a trait à l'ensemble des obligations familiales, notamment les travaux ménagers, les soins aux enfants et les dispositions relatives au bien-être économique de la famille. En conséquence, en cas de règlement de divorce, on reconnaît maintenant les travaux ménagers et les soins aux enfants comme des moyens pour un conjoint de contribuer au bien-être économique de la famille, ce qui lui permet de réclamer une partie des biens matrimoniaux. Étant donné que dans la majorité des cas, les enfants habitent avec la mère après le divorce, le revenu par membre du ménage de la femme divorcée a tendance à être de beaucoup inférieur à celui du ménage de l'homme divorcé.

En 2010, environ un tiers des affaires civiles au Canada relèvent du droit de la famille, pour la plupart des cas de divorce et autres types de dissolution de la famille. Le règlement de la majorité de ces cas prend plus d’un an.

Divorce

Le mariage peut être dissous par annulation ou par divorce, ces deux recours nécessitant un jugement du tribunal. Le remariage n'est possible qu'après la rupture légale d'un mariage précédent.

La loi sur le divorce est de compétence fédérale. En 1968, la première loi unifiée sur le divorce est promulguée au Canada. L'obtention du divorce est alors facilitée, quoiqu'il y ait encore de nombreuses difficultés d'ordre juridique ou autre. Il est alors possible de demander un divorce en invoquant une violation de la loi conjugale, auparavant le seul motif acceptable, ou une rupture du mariage. Dans ce dernier cas, avant 1986, le couple devait être séparé depuis 3 ans avant de pouvoir obtenir le divorce. En 1986, la Loi sur le divorce (1985) est modifiée. Outre l'ajout d'une disposition sur le divorce sans égard à la faute, la seule raison qu'il est dorénavant nécessaire d'invoquer pour demander le divorce est la rupture du mariage. Pour satisfaire à ce critère, il faut soit avoir vécu séparément pendant au moins un an, soit avoir commis l'adultère ou avoir maltraité son conjoint physiquement ou psychologiquement. Selon de récentes statistiques, près de 95 % des divorces sont prononcés après séparation des conjoints pour une période d’au moins un an. Le taux de divorce augmente constamment. À la suite des premières modifications apportées à la Loi sur le divorce en 1968, on constate une brusque hausse : le nombre de divorces passe de 54,8 pour 100 000 habitants en 1968, à 124,2 pour 100 000 en 1969. Cette tendance se poursuit à un rythme accéléré, pour atteindre un autre sommet à la fin des années 1980, après la dernière modification de la Loi sur le divorce.

Au début du 21e siècle, une étude démontre que le plus faible risque de divorce se situe durant la première année de mariage et qu'il augmente ensuite et atteint un sommet autour de la quatrième année, après quoi il diminue lentement. Une proportion importante de couples finissent par divorcer et la majorité des couples qui divorcent auront été mariés moins de 15 ans.

Rupture du mariage

Le taux de divorce seul n'est pas un indicateur précis du nombre de ruptures de mariage, car il ne comprend pas les séparations de corps, les divorces accordés dans d'autres pays et l'abandon du domicile conjugal. Toutefois, comme il est plus facile que par le passé d'obtenir le divorce, il est probable que ces facteurs ne contribuent plus autant à faire sous-estimer la dissolution des unions. Par contre, le taux de divorce ne tient pas compte de la rupture des unions de fait, qui sont de plus en plus nombreuses.

Les causes de l'augmentation du taux de divorce, phénomène touchant pratiquement tous les pays industrialisés, ne sont pas toutes très claires. On peut penser à l'espérance de vie accrue, qui augmente la possibilité que les époux s'épanouissent dans des voies divergentes. Ou encore la forte participation des femmes à la population active et l'amélioration de la sécurité sociale, qui ont pour effet de réduire la dépendance économique des femmes envers leur conjoint. Il y a aussi l'amoindrissement des sanctions religieuses et sociales contre le divorce. Enfin, la société a connu un mouvement vers une morale axée sur l'individualisme, qui met l'accent sur l'accomplissement personnel plutôt que sur le maintien de la cellule familiale. Tous ces facteurs laissent supposer que la hausse du taux de divorce pourrait être un indice d'attentes plus élevées envers la qualité du mariage et de la préférence pour le divorce, plutôt qu'un mariage malheureux. Les cas de divorce concernant les coûts de la pension alimentaire et les droits de garde et de visite nécessitent plus de temps en cour. En 2010, 84 % des affaires devant les tribunaux depuis plus de quatre ans incluent les ententes en matière de pension alimentaire.

Une étude récente rapporte trois facteurs importants liés au risque de rupture du mariage : l'âge des époux, la durée du mariage et la vigueur de l'engagement individuel envers le mariage. L'engagement envers le mariage en tant que source de bonheur constitue un élément clé de l'échec conjugal. Les personnes qui croient que le mariage n'est pas important pour leur bonheur sont trois fois plus susceptibles de dissoudre leur mariage. Les Canadiens qui se sont remariés sont beaucoup moins portés à affirmer que le mariage est pour eux une importante source de bonheur.

Familles monoparentales [sous-titre]Les familles monoparentales sont le résultat du divorce, de la séparation, de la mort du conjoint ou de la naissance d'un enfant hors mariage. De récentes études démontrent que les familles en union de fait ont cinq fois plus de chance de vivre une séparation parentale que les familles où les parents sont mariés. Lorsque le ménage compte des enfants à charge, le divorce aboutit normalement à la formation d'un ménage monoparental.

En 2002, au Canada, approximativement une famille sur quatre ayant des enfants (environ 1,4 million de familles) est dirigée par un parent seul, une augmentation de 58 % depuis 1986. Environ un tiers de tous les parents seuls sont divorcés, un quart, séparés et un cinquième, veufs.

On compile des statistiques sur la garde partagée depuis 1986, qui cette année-là est accordée dans 1,2 % des cas. En 2002, ce chiffre atteint les 41,8 %. La garde partagée ne signifie pas pour autant que les enfants passent la moitié de leur temps avec un parent, et l'autre moitié avec l'autre parent, mais plutôt que les deux parents ont un droit égal à la prise des décisions concernant la vie de leur enfant. En 2006, il y a environ quatre fois plus de familles monoparentales dirigées par une femme que par un homme. Cependant, de 2001 à 2006, le nombre de familles monoparentales dirigées par un homme augmente plus vite (15 %) par rapport à celles qui sont dirigées par une femme (6.3 %). Ces changements sont dus en partie à une plus grande acceptation des naissances hors mariage et aux changements apportés à la loi.

Remariage

Étant donné le grand nombre de mariages qui se terminent par un divorce, une proportion considérable de personnes d'âge moyen se retrouve disponible pour le mariage. La majorité des divorcés se remarient, les hommes davantage que les femmes. Dans les années 1990, dans environ un tiers de tous les mariages contractés au Canada, au moins un des partenaires avait déjà été marié, la plupart divorcés plutôt que veufs. Au début du millénaire, quelque 10 % des Canadiens se sont mariés à deux reprises et environ 1 % plus de deux fois.

Il y a de plus en plus de familles formées par suite d'un remariage et comprenant des enfants à charge dont les deux parents sont encore vivants, mais non unis. On n'a pas encore défini socialement les questions de chevauchement et de concurrence des responsabilités et des droits des parents par alliance par rapport à ceux des parents biologiques qui ne font pas partie du ménage.

On appelle familles par alliance les familles dans lesquelles au moins un des enfants au foyer vient d'une relation précédente d'un des parents. Les familles par alliance et les familles reconstituées ont changé la cellule familiale canadienne. En 2001, 12 % des familles canadiennes sont des familles par alliance qui comprennent des enfants issus de relations précédentes des parents. Le terme « famille reconstituée » est également utilisé pour décrire une famille qui comprend des enfants issus d'une relation précédente d'un des deux époux et un ou des enfants issus de la relation actuelle. Près de la moitié des familles canadiennes sont « reconstituées » et plus de 81 % de ces familles ont des enfants issus de l'union actuelle.

Unions homosexuelles

En 2001, Statistique Canada commence à recueillir des informations concernant les unions de même sexe : environ 0,5 % des couples affirment alors vivre au sein d'une union de même sexe. Les questions de l'enquête ne touchant pas l'orientation sexuelle, il est impossible d'utiliser ces données pour établir le nombre de gais et de lesbiennes au Canada. L'enquête sert donc uniquement à établir le nombre de relations impliquant deux personnes du même sexe.

Le Canada est le troisième pays à légaliser les unions homosexuelles, après les Pays-Bas (2000) et la Belgique (2003). Depuis 2003, année où l'Ontario et la Colombie-Britannique deviennent les deux premières provinces à légaliser les mariages de même sexe, la plupart des provinces et un territoire ont reconnu les mariages de même sexe. En 2005, la Loi sur le mariage civil est adoptée par le gouvernement fédéral, rendant valides les mariages de même sexe partout au Canada. On a donc dû substituer le terme « conjoint » à ceux de « mari » et « femme », en plus d'utiliser l'expression « enfant à charge » pour protéger les conjoints de même sexe et leurs enfants. La Loi de l'impôt sur le revenu a remplacé le terme « parent naturel » par « parent légal » pour s'assurer que, en cas de divorce, le paiement de la pension alimentaire puisse inclure les enfants de couples de sexe opposé et ceux des couples de même sexe. La Cour suprême stipule également que selon la Charte canadienne des droits et libertés, un membre du clergé ne peut être forcé à célébrer un mariage entre personnes de même sexe si cette pratique s'avère contraire à ses croyances religieuses; toutefois, le gouvernement a l'obligation d'offrir l'accès à un mariage civil aux couples de même sexe qui désirent se marier.

Il a d'abord été difficile de connaître le nombre de mariages de même sexe étant donné que certaines provinces ne précisent pas le sexe des mariés. Pendant la première année suivant la légalisation du mariage de couples de même sexe en Colombie-Britannique, 3,5 % des mariages sont des mariages de même sexe et 54,5 % de ces derniers concernent des couples de femmes. Plus d'un quart (27,6 %) des femmes qui se marient à une autre femme ont déjà été mariées alors que 14,2 % des hommes qui se marient à un autre homme l'ont déjà été. En 2003, le Canada était le seul pays au monde à permettre les mariages de même sexe entre deux personnes qui ne sont pas résidents du Canada. Durant cette même année, 5 % des mariages de même sexe étaient conclus entre non-résidents, tandis que la grande majorité (95 %) concernait des couples vivant au Canada.

Le nombre de couples homosexuels connaît une augmentation marquée au Canada. Le recensement de 2006 dénombre plus de 45 000 couples homosexuels, soit 1 % de tous les couples, une augmentation de 33 % par rapport à 2001. C'est la première fois que le recensement compte les couples homosexuels, ce qui témoigne de la légalisation des mariages homosexuels partout au Canada en juillet 2005. Dans l’ensemble, 17 % des couples homosexuels sont mariés.

Familles contemporaines

Selon l’Enquête sociale générale, la plupart des Canadiens se marient une fois et moins d’un pour cent se marie plus de deux fois. Les tendances démographiques notées à propos des familles canadiennes (p. ex. le taux croissant de divorce et un plus grand nombre de femmes sur le marché du travail) ne se limitent pas au Canada. Elles sont typiques de tous les pays fortement industrialisés, bien que d’importantes variations nationales demeurent. Une autre tendance au sein des pays industrialisés est la chute marquée du taux de fécondité. Au Canada, entre 1960 et 1980, ce taux chute de plus de 50 % dans toutes catégories d’âge et en 2003 le taux de naissance est de 10,6 pour 1 000 personnes. Le nombre moyen d’enfants par femme tombe de 3,9 en 1960 à 1,5 quarante ans plus tard.

Le mariage se définit aujourd'hui officiellement comme un partenariat entre personnes égales. Néanmoins, les conséquences économiques du divorce sont plutôt désavantageuses pour la femme et les enfants, et neutres ou positives pour l'homme. La hausse des divorces et l'augmentation conséquente des remariages, conjuguées à l'accroissement des naissances hors mariage, créent un écart entre le rôle de conjoint et celui de parent : une proportion croissante de personnes ayant des enfants ensemble ne sont pas nécessairement mariées l'une à l'autre. Cet écart a des conséquences différentes pour l'homme et pour la femme. La majorité des femmes continuent de vivre avec la plupart de leurs enfants biologiques à charge, tandis que beaucoup d'hommes ne vivent pas avec (tous) ces derniers. Pour les enfants, cette situation signifie qu'ils pourraient avoir deux parents vivant dans deux ménages distincts ou qu'ils vivent avec un père ou une mère par alliance. L'obtention facile du divorce et la hausse sensible du nombre d'unions de fait mettent en évidence le caractère volontaire plutôt qu'obligatoire du mariage.

En 2006, près de 4 % des couples canadiens sont composés d’un membre d’une minorité visible et d’une personne qui ne l’est pas. Le nombre de couples composés de personnes issues de deux groupes de minorité visible ou d’unions mixtes a augmenté cinq fois plus que tous les autres couples. En raison de la diversité grandissante au sein de la population canadienne, des unions et relations issues de différents contextes sociaux, éducatifs et professionnels, le recensement de 2011 a commencé à qualifier les couples qui ont des enfants comme étant des familles reconstituées ou intactes.

Voir également Histoire du mariage et du divorce