Marcelle Ferron, OQ, artiste (née le 29 janvier 1924 à Louiseville, QC; décédée le 18 novembre 2001 à Montréal). Sœur des écrivains Jacques Ferron et Madeleine Ferron, Marcelle Ferron est très engagée dans le groupe dirigé par Paul-Émile Borduas, Les Automatistes,et poursuit une carrière artistique avant-gardiste, qui comprend de remarquables vitraux. Elle est faite chevalier de l’Ordre national du Québec en 1985, et en 2000, elle est promue au rang de Grand Officier.

Éducation et premières œuvres

Après des études à l’École du Meuble de Montréal et l’École des beaux-arts de Québec, Ferron devient membre des Automatistes, et signe le manifeste contestataire : Refus Global en 1948. Elle est la seule femme artiste à signer le célèbre document. Ses peintures abstraites sont présentées dans toutes les grandes expositions des automatistes. Elle vit à Paris de 1953 à 1966 et continue à participer à des expositions d’avant-garde, notamment à la Biennale de Sao Paulo au Brésil en 1961, où elle remporte la médaille d’argent.

Les peintures de cette artiste dynamique deviennent de plus en plus percutantes. Des couleurs éclatantes, des formes plus fluides et plus grandes s’imposent sur la toile. Comme ses compagnons automatistes Borduas et Jean-Paul Riopelle, Ferron applique la peinture sur la toile en couche épaisse, directement au tube et avec une grande intensité, en utilisant souvent un couteau à peindre plutôt qu’un pinceau. Dans « Lascive » (1959), par exemple, d’éclatantes barres de peinture blanche remontent verticalement sur la toile en premier plan, panachant les pavés horizontaux pourpres et bleus et se fondant avec eux. D’un autre côté, « Les barrens » (1961) sont constellés de conflagrations de rouge, de bleu, de violet et de noir, enchevêtrées et irrégulières, sur un fond blanc vaste et dégagé.

Vitraux

Après 1964, son intérêt pour la lumière est magnifiquement servi par son nouveau véhicule de création – le vitrail – dont on peut voir différents exemples dans les stations de métro Champ-de-Mars et Vendôme à Montréal. Commandité par la ville de Montréal en 1966, alors que Jean Drapeau en est le maire, et mis en place en 1968 avec le concours du maitre verrier Aurèle Johnson, le vitrail de la station Champ-de-Mars est considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre de Ferron. Occupant les trois baies vitrées de la grande mezzanine de la station (il mesure 60 mètres de long sur 8 à 9 mètres de hauteur au maximum), ce vitrail consiste essentiellement en larges bandes rouges, bleues et vertes qui plongent doucement vers le bas, mouchetant la station de grappes de lumière colorée. En 1999, le vitrail est restauré par Johnson.

Ferron est maître de conférence à l’Université Laval de Québec, et ses œuvres sont représentées dans de nombreuses collections canadiennes et étrangères, notamment le Musée des Beaux-Arts de Montréal, le Musée d’art moderne de Sao Paulo, le musée Stedelijk d’Amsterdam et le musée Hirshhorn à Washington, DC. Le Musée d'art contemporain de Montréal présente une rétrospective de ses œuvres en 1970, qu’on retrouve ensuite en 1972 au Centre culturel canadien à Paris.

Récompenses

Médaille d’argent, Biennale de Sao Paulo (1961)

Prix Louis-Philippe-Hébert, Société Saint-Jean-Baptiste (1976)

Prix Paul-Émile-Borduas, gouvernement du Québec (1983)

Chevalier, Ordre national du Québec (1985).

Grand Officier, Ordre national du Québec (2000).