Formation et début de carrière

Infirmière autorisée et avocate en droit du travail, Madeleine Meilleur pratique quelques années dans ces deux champs d’expertise. Elle siège notamment au Conseil de santé pour le district régional Ottawa-Carleton, au Conseil de santé pour le district de Champlain, à la Société d’aide à l’enfance d’Ottawa-Carleton et à la Vanier Housing Corporation.

Élue au conseil municipal de Vanier en 1991, elle demeure conseillère dans la nouvelle ville fusionnée d’Ottawa à partir de 2000. Au cours de ce dernier mandat, elle représente le conseil municipal au sein du Comité consultatif sur les services en français. En 2001, elle devient vice-mairesse d’Ottawa. Durant ses années en politique municipale, Madeleine Meilleur s’implique dans plusieurs projets, comme la construction du réseau de train léger (O-Train) et la revitalisation du chemin Montréal et du Marché By. C’est aussi à titre de conseillère municipale à Ottawa qu’elle s’engage à la fin des années 1990 dans la mémorable lutte pour sauver l’hôpital Montfort, seul centre hospitalier à offrir une formation universitaire en français à l’ouest de Québec (voir SOS Montfort).

Députée et ministre

C’est sous la bannière libérale que Madeleine Meilleur est élue députée provinciale dans la circonscription ontarienne d’Ottawa-Vanier en 2003. Elle est successivement ministre de la Culture (2003-2006), ministre des Services sociaux et communautaires (2006-2011) et ministre de la Sécurité publique et des Services correctionnels (2011-2014) dans le gouvernement de Dalton McGuinty. Réélue à l’élection provinciale de 2014, elle est nommée procureure générale de l’Ontario (2014-2016) dans le gouvernement de Kathleen Wynne. Elle est la première francophone à occuper ce poste. Elle est aussi l’élue ontarienne qui a détenu le plus longtemps la fonction de ministre déléguée aux Affaires francophones. En effet, elle a occupé ce poste pendant 13 ans, de son entrée au cabinet libéral en 2003 jusqu’à sa démission comme députée et ministre à l’occasion du remaniement ministériel de juin 2016.

Réalisations

Figure de proue de l’affirmation des Franco-Ontariens, Madeleine Meilleur a solidement bonifié la Loi sur les services en français (communément appelée la « Loi 8 »). Elle est à l’origine du Commissariat aux services en français de l’Ontario, formé de commissaires indépendants. C’est d’ailleurs à son initiative que le commissaire aux services en français a obtenu le statut d’officier de l’Assemblée législative de l’Ontario, ce qui a rehaussé son impartialité, son statut et son autorité morale. Le mandat de Madeleine Meilleur aux Affaires francophones a également été marqué par les réalisations suivantes : l’établissement du Comité consultatif provincial sur les affaires francophones, l’accroissement du nombre de régions et d’établissements désignés pour l’offre de services en français, le projet pilote visant à encourager un accès fluide en français au Palais de justice d’Ottawa, le règlement sur la désignation d’organismes offrant des services publics en vertu de la Loi sur les services en français, l’auto-gouvernance de la chaîne de télévision franco-ontarienne TFO, la désignation du 25 septembre comme Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes (voir Drapeau franco-ontarien), et la commémoration en 2015 du 400e anniversaire de la présence française en Ontario.

Les Ontariens doivent aussi à Madeleine Meilleur l’adoption de lois qui favorisent l’inclusion sociale des personnes ayant une déficience intellectuelle (voir Incapacité). Elle a été l’une des championnes des efforts entourant la modification de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario, qui restreint notamment la démolition d’édifices désignés en vertu de celle-ci. Elle a aussi dirigé avec succès les démarches qui ont fait de l’Ontario la première province au Canada à rendre obligatoire l’installation de systèmes de gicleurs automatiques dans les établissements de soins de longue durée pour personnes âgées et autres personnes vulnérables. Enfin, elle est à l’origine d’un bon nombre d’initiatives ayant permis d’améliorer l’accès à la justice en Ontario.

Héritage politique et vision de la francophonie ontarienne

Madeleine Meilleur est la toute première personnalité ministérielle de l’Ontario à assister à un Sommet de la Francophonie (celui de Québec en 2008). Elle s’emploie d’ailleurs à promouvoir l’obtention par la province du statut de gouvernement participant au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie. L’Ontario y accède finalement à titre de membre observateur en novembre 2016.

Pour Madeleine Meilleur, l’immigration est un facteur clé de la valorisation et du maintien de la présence francophone en Ontario. Les immigrants francophones étant généralement très qualifiés, elle juge primordial de faire une juste évaluation des titres de compétence des nouveaux arrivants, tant dans une perspective interprovinciale qu’internationale. L’Ontario crée donc plusieurs programmes destinés aux professionnels formés à l’étranger. L’autre défi ontarien, selon elle, est de pallier au manque de services en français (particulièrement en milieu scolaire) dans les grands centres comme Toronto, Hamilton, Windsor ou Sarnia. Bien que plusieurs nouveaux organismes communautaires aient été créés dans les dernières années de son mandat afin d’offrir des soins de santé et du soutien en français aux enfants, aux jeunes et aux femmes victimes de violence, beaucoup de travail reste à faire. Elle laisse toutefois un ministère des Affaires francophones en santé et quitte la vie politique en se disant confiante, à la lumière des acquis récents, que l’avenir des Franco-Ontariens est plus prometteur que jamais.

Le 15 mai 2017, le premier ministre Justin Trudeau propose Madeleine Meilleur comme prochaine commissaire aux langues officielles. Dans les jours et les semaines qui suivent, ce choix est vivement critiqué par les partis d’opposition et divers groupes francophones qui y voient une nomination hautement partisane. Or, le commissaire aux langues officielles est un agent indépendant du Parlement et la personne choisie pour ce poste doit être impartiale afin d’être en mesure de défendre les droits linguistiques des citoyens. Devant la controverse suscitée par sa nomination, Madeleine Meilleure retire sa candidature avant son approbation par la Chambre des communes et le Sénat.

Prix et distinctions

  • Prix de bâtisseur communautaire, Centraide (2001)
  • Prix d’excellence, Réseau socioactif des femmes francophones (2002)
  • Chevalier de la Légion d’honneur, gouvernement de la République française (2012)
  • Prix de reconnaissance, Assemblée de la francophonie de l’Ontario (2013)