Louise Penny, écrivaine (née le 1er juillet 1958 à Toronto en Ontario). Après un B.A.A. en audiovisuel à la Ryerson Polytechnic Universityen 1979, Louise Penny entame une longue carrière comme animatrice et journaliste à la radio sur CBC (voir l’article Journalisme). Grâce à son travail sur les ondes, elle perfectionne ses compétences en expression orale et ses capacités relationnelles, des habiletés auxquelles elle aura recours plus tard dans son travail d’auteure. En 2004, elle rencontre le docteur Michael Whitehead, son futur mari, qui est alors chef du service hématologie à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Il l’encourage à abandonner sa carrière à la radio et à mettre en chantier le roman qu’elle s’était toujours promis d’écrire. C’est grâce à sa mère qu’elle avait, dans sa jeunesse, découvert des auteurs classiques de romans policiers comme Agatha Christie, Dorothy Sayers et George Simenon (voir l’article Littérature populaire de langue anglaise). Après un faux départ qui la voit tenter d’écrire le roman dont elle pense que c’est celui que les autres attendent d’elle, elle recentre ses efforts et écrit l’œuvre personnelle, un roman policier, qu’elle porte en elle. Elle envoie son roman à la British‑based Crime Writers Association dans le cadre du Debut Dagger Award décerné par cette dernière. Parmi 800 livres présentés pour l’obtention de ce prix, le sien se classe deuxième. Ce premier opus, sélectionné par un agent littéraire britannique et publié en 2006 sous le titre Still Life, met en scène l’inspecteur en chef Armand Gamache de la Sûreté du Québec et devient immédiatement un immense succès auprès des lecteurs dans le monde entier.

Parmi les nombreuses distinctions littéraires obtenues par Louise Penny, citons un New Blood Dagger du premier roman, deux prix Arthur‑Ellis, trois prix Anthony, des prix Barry, Macavity, Nero, et Dilys ainsi qu’un total sans précédent de quatre prix Agatha du meilleur roman successifs auxquels s’ajoute une sélection pour un cinquième. Ses livres ont très régulièrement fait partie de la liste des meilleures ventes du New York Times et la série de romans dont l’inspecteur‑chef Gamache est le héros a été publiée dans 23 langues.

Louise Penny apporte un soutien inébranlable à ses consœurs et à ses confrères et surtout à tous ceux et toutes celles qui aspirent à le devenir. Outre des conférences et des conseils qu’elle donne sur son site Web, elle consacre une partie importante de son temps à lire des manuscrits d’écrivains en herbe et, conjointement avec son mari, crée le prix Unhanged Arthur attribué par la Crime Writers of Canada et récompensant le meilleur roman non publié.

L’immense succès obtenu un peu partout dans le monde par Louise Penny avec la série des Gamache peut être attribué à de nombreux aspects de ces romans, le moindre n’étant certainement pas le cadre dans lequel ils se déroulent. En effet, profondément enracinés dans les pittoresques Cantons de l’Est du Québec empreints d’un riche passé historique, ces récits font, de la façon la plus spectaculaire qui soit, un sort à la rengaine fallacieuse des éditeurs selon laquelle une histoire se passant à la campagne au Canada ne saurait séduire les lecteurs. Par ailleurs, les histoires que raconte l’auteure s’articulent essentiellement sur les personnages qu’elle met en scène. Elle nage à contre‑courant de la tendance littéraire du moment en matière de romans policiers, évitant de choisir un héros tragique, imparfait, avec de lourds antécédents en matière de relations humaines. Au lieu de cela, Armand Gamache apparaît comme le « mononcle », ou peut‑être même le grand‑père, idéal de tout un chacun; sincèrement épris de sa femme Reine‑Marie, il se préoccupe aussi véritablement des membres de son équipe. En troisième lieu, l’atmosphère joue un rôle essentiel dans cette série. Les descriptions de copieux et savoureux repas dont se délectent toute une brochette de personnages aussi attachants qu’excentriques mettent l’eau à la bouche du lecteur en le faisant pénétrer dans un monde de rêve où il aura un immense plaisir à passer quelques heures. Enfin, ces histoires sont exemptes de toute forme de violence gratuite et de description explicite en la matière. Traduisant la propre fascination de Louise Penny pour le travail d’Agatha Christie, les Gamache mettent l’accent sur la résolution d’une énigme dont la solution ne sera révélée que dans les dernières pages du livre. Bien que la nature même de son sujet impose à l’auteure d’articuler ses œuvres autour d’un meurtre, la violence elle‑même demeure, pour l’essentiel, dans les coulisses et ses récits s’inscrivent clairement dans la lignée d’une littérature appartenant à une époque plus paisible et plus civilisée.

Cela dit, Louise Penny montre de plus en plus d’assurance au fur et à mesure qu’elle mûrit comme écrivaine. Ses opus les plus récents, qu’elle enracine dans des événements historiques réels, sont empreints de plus de gravité et de substance que les précédents. Les lecteurs de ses dernières œuvres se voient également proposer des descriptions psychologiques plus nuancées avec des personnages plus étoffés, ainsi que des scénarios plus subtils et plus stratifiés qui augmentent encore le suspense. Ces changements sont certainement de nature à renforcer encore la cote de l’auteure auprès des amateurs de romans policiers traditionnels.