Lorena Gale, actrice, dramaturge, militante (née le 9 mai 1958 à Montréal, au Québec; décédée le 21 juin 2009 à Vancouver, en Colombie-Britannique). Lorena Gale a laissé dernière elle une œuvre imposante et variée qui a marqué le théâtre canadien, mais elle était peut-être plus connue pour son interprétation de la grande prêtresse Elosha dans la série télévisée Battlestar Galactica, diffusée de2004 à 2008­.

Formation et début de carrière

Canadienne de troisième génération, Lorena Gale sort diplômée du Collège Marianopolis de Montréal en 1977. Elle étudie ensuite à l’Université Concordia et à l’École nationale de théâtre avant de suivre un cours de six mois à New York avec Paul Mann, un coach en art dramatique né à Toronto. En 2005, elle passe sa maîtrise ès arts en Arts libéraux à l’Université Simon Fraser de Vancouver.

Lorena Gale est pour la première fois à l’affiche dans des pièces montées par le Black Theatre Workshop de Montréal, notamment celles de deux dramaturges afro-américains avant-gardistes : A Raisin in the Sun de Lorraine Hansberry, et The River Niger de Joseph A. Walker. Elle remportera à cette occasion, en 1981, le Prix des critiques de théâtre de la Montreal Gazette pour son extraordinaire performance. En 1984, elle joue le personnage de Puck dans A Midsummer Night’s Dream, une production du théâtre Geordie de Montréal. Après une saison avec le Shaw Festival, elle devient en 1985 directrice artistique du Black Theatre Workshop de Montréal. Elle étudie ensuite la dramaturgie au Playwrights’ Workshop Montréal.

Mi-carrière, dramaturgie, cinéma et télévision

Lorena Gale déménage à Vancouver en 1988. Elle y remporte, en 1991, le prix Jessie Richardson du meilleur second rôle féminin pour son interprétation de Normal Jean dans The Colored Museum(1990), joué au Firehall Theatre. En 1991, elle épouse le metteur en scène John Cooper, avec qui elle a fréquemment collaboré.

Le militantisme faisait partie de la vie de Lorena Gale. Elle a fait entendre sa voix, défendu la cause des Noirs et fait part de ses préoccupations concernant la communauté noire à travers ses pièces de théâtre, notamment Angélique, qui relate l’histoire d’une esclave noire pendue à Montréal pour incendie criminel en 1734. La pièce remporte en 1995 la du Maurier National Playwriting Competition et est montée « off-Broadway » en 1999.Je me souviens, son spectacle solo qui expose ce que vivent les Noirs qui grandissent dans le riche quartier d’Outremont, à Montréal, est une attaque percutante – mais souvent pleine d’humour – de l’attitude des Blancs dans ce quartier francophone de la ville. La pièce arrivera en finale pour l’attribution, en 2002, du Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Théâtre.

La pièce What Colour is Black: Art, Politics and Racial Identity est jouée pour la première fois en 1995, dans le cadre d’une série de spectacles multidisciplinaires à la galerie Grunt de Vancouver. The Darwinist, une pièce sur l’évolution et les races, n’a jamais été portée sur les planches, mais a été lue sur scène lors du Playwrights’ Workshop Montréal, au Nightwood Theatre et au Playwrights Theatre Centre de Vancouver. Lorena Gale a par ailleurs choisi The Darwinist pour le sujet de sa thèse de maîtrise ès arts à l’Université Simon Fraser. Sa dernière pièce, The Voice, un monologue sur la foi et la puissance de l’autonomie, est jouée en 2008 par Mercedes Baines, du Solo Collective de Vancouver, sous la direction de John Cooper.

Au cinéma, Lorena Gale apparaît dans Les quatre fantastiques (2005), L’exorcisme d’Emily Rose, L’hôtel New Hampshire, Les chroniques de Riddick,L’effet papillon,Barnum et Le jour où la Terre s'arrêta. À la télévision, on la retrouve dans X Files : aux frontières du réel, Smallville et dans la série télévisée Battlestar Galactica, de la chaîne Sci Fi, dans laquelle elle joue le rôle de la grande prêtresse Elosha.

Mort et héritage

Lorena Gale décède d’un cancer à Vancouver en 2009. Cette année-là, l’Union of BC Performers crée le prix Lorena Gale Woman of Distinction, une façon de lui rendre hommage pour son « engagement inépuisable en faveur de l’émancipation, de la dignité, de l’intelligence et de la vérité ».