Même si l’Île-du-Prince-Édouard avait organisé une conférence sur la Confédération, elle ne se joint au Dominion du Canada qu’en 1873, quand une dette accablante force cette dernière à devenir la septième province du pays.

Foyer des Mi’ kmaq

L’Île-du-Prince-Édouard fait partie de la région Mi’kma’ki, foyer des Mi’kmaq, pendant au moins de 10 000 ans. Dans les années 1720, quand la colonisation européenne commence, les Français donnent le nom de l’île Saint-Jean à cette région. Ensuite, la France cède le territoire à la Grande-Bretagne à la signature du traité de Paris en 1763. Cette année alors, l’Île fait partie de la Nouvelle-Écosse.

En 1769, l’Île est une colonie indépendante de nouveau et prend le nom de l’Île-du-Prince-Édouard en 1799.

Rejet de la Confédération

Comme pour la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, la voie de l’Î.-P.-É. vers la Confédération commence par la discussion de l’union de trois colonies maritimes. Leur union est le thème original de la Conférence de Charlottetown en 1864. Cependant, les discussions lancées par les représentants de la Province du Canada présents à la Conférence portent sur l’union de toutes les colonies d’Amérique du Nord britannique.

Les délégués de l’Île ne voient pas beaucoup d’avantages à se joindre à l’Amérique du Nord britannique unie. Leur colonie a une identité prononcée, une économie bien prospère et des liens commerciaux avec d’autres colonies de l’Atlantique et d’États américains.

Au cours de la Conférence de Charlottetown, Edward Palmer, le premier ministre de 1859 à 1863 et un activiste anti-confédérationnel, déclare qu’il voit des avantages pour l’Amérique du Nord britannique, mais n’en voit aucun pour l’Î.-P.-É. Dans ses propres mots : « Nous aurions délégué nos droits et notre prospérité, en partie, au gouvernement général et alors notre voix au sein du Parlement uni n’aurait aucune importance ».

En tout cas, l’Î.-P.-É. accepte de revoir la Confédération. Son délégué est envoyé à la Conférence de Québec en 1864, mais l’Î.-P.-É. n’est pas persuadée de se joindre au pays émergent. La plupart des journaux de l’Île montrent de l’appui face à cette décision, s’inquiétant que l’union augmente des taxes, mène à la conscription pour les guerres et qu’elle mette la fin à la l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard. En 1866, le premier ministre James Pope rejette les conditions de la Conférence de Québec pendant laquelle les détails constitutionnels de la Confédération sont discutés.

En 1867, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et la Province du Canada entrent dans la Confédération, mais l’Î.-P.-É. reste à l’écart.

Nouvelle offre rejetée

L’accord de réciprocité entre les États-Unis et le Canada se termine en 1866. En 1868, les fonctionnaires de l’Î.-P.-É. rencontrent leurs homologues américains pour discuter de nouvelles possibilités de commerce, mais les négociations sont entravées par l’absence de la permission britannique.

Le nouveau Dominion du Canada s’inquiète de la possibilité que l’Î.-P.-É. et les É.-U. établissent des liens forts, c’est pourquoi il propose un nouvel accord, intitulé « Meilleures Conditions », aux autorités de l’Île à Charlottetown en 1869. En plus d’offrir de prendre en charge toutes les dettes de l’Île, le Canada offre un service de bateau à vapeur pour assurer la connexion de l’Île avec le continent et propose d’acheter les terres restantes des propriétaires terriens non résidents pour un montant de 800 000 $. Le premier ministre Robert Haythorne rejette cette offre en janvier 1870.

Dette de chemin de fer

En 1871, l’Î.-P.-É. commence à construire un chemin de fer, croyant que cela va améliorer son économie et attirer le tourisme. Toutefois, le projet dépasse rapidement son budget et accumule une dette. Vers 1872, la province fait face à un effondrement financier imminent. Pour résoudre ce problème, le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard entreprend des démarches auprès des Canadiens pour se joindre à la Confédération.

En février 1873, Robert Haythorne se rend à Ottawa pour commencer à négocier les conditions d’un accord qui est soumis aux électeurs de l’Île à l’occasion d’une élection générale. Il perd les élections devant James Pope qui appuie la Confédération lui aussi, mais à des conditions encore plus avantageuses pour l’Île. L’accord est soumis à l’Assemblée qui le signe.

Le Canada prend en charge la dette du chemin de fer de l’Île-du-Prince-Édouard, achète les terres des propriétaires terriens non résidents et garantit une communication continue sur toute l’année avec le continent. L’Île-du-Prince-Édouard se joint à la Confédération le 1er juillet 1873. Ce jour-là, une cérémonie de célébration se déroule à Charlottetown. La ville est ornée par des banderoles et des serpentins en papier. James Pope se joint au Parlement national à titre de ministre des Pêches sous la direction du premier ministre John A. Macdonald.

Pères de la Confédération

« Les Pères de Confédération » sont les hommes qui participent à une seule ou à plusieurs conférences qui ont lieu à Charlottetown, à Québec et à Londres. Les représentants de l’Î.-P.-É. sont : George Coles, Andrew Archibald Macdonald, Edward Palmer, William Henry Pope, le colonel John Hamilton Gray, Thomas Heath Haviland et Edward Whelan