Lawren Stewart Harris, peintre (né le 23 octobre 1885 à Brantford, en Ontario; mort le 29 janvier 1970 à Vancouver, en Colombie-Britannique). Lawren Harris joue un rôle fondamental dans la création du Groupe des Sept, et est le premier président du Canadian Group of Painters. Il est aussi celui qui a incité James Macdonald et d'autres peintres torontois à faire de la peinture abstraite. Harris exerce une profonde influence sur trois générations d'artistes canadiens.

Enfance, formation et carrière

Son père, Thomas Morgan Harris, est secrétaire de la A. Harris, Son and Co. Ltd., une compagnie manufacturière de machines agricoles qui fusionne avec Massey pour former la Massey-Harris Co. Ltd. en 1891 : Lawren Harris naît donc avec le statut de personne aisée. Après avoir étudié au St. Andrews College de Toronto,il entre à l'Université de Toronto, où son professeur de mathématiques l'incite à aller étudier l'art à Berlin. Après quatre ans d'études (1904-1908), il revient au Canada. En 1908, Lawren Harris va peindre en extérieur dans les Laurentides. En 1909, il peint à Haliburton avec J.W. Beatty et à l'automne de la même année, il va au lac Memphrémagog, au Québec. À la même époque, il dessine et peint des maisons du centre-ville de Toronto. Durant l'hiver 1911-1912, il fait des esquisses avec J.E.H. MacDonald et se lie d'amitié avec Tom Thomson.

Groupe des Sept

En 1913, Harris et MacDonald visitent une exposition d'art contemporain scandinave à l'Albright Art Gallery (aujourd'hui Albright-Knox), à Buffalo, dans l’État de New York, et en ressortent très inspirés.

Au début des années 20, quand se forme le Groupe des Sept, Harris devient un merveilleux peintre paysagiste, capable de transformer les formes puissantes de la nature en œuvres intenses et élégantes telles que Maligne Lake (1924) et Above Lake Superior (1924). Dans ces deux tableaux, et dans d'autres œuvres, il réduit à l'essentiel la forme des montagnes, du littoral, des arbres, des lacs et des nuages, toujours parallèle au plan pictural, afin de produire un effet d'austérité et de solennité. Il passe cinq automnes consécutifs à peindre à Algoma et sur les rives du lac Supérieur (de 1917 à 1922), puis se rend dans les Rocheuses à partir de 1924 et dans l'Arctique en 1930.

Derniers travaux mystiques

Alors qu'il est artiste résident au Dartmouth College, dans le New Hampshire, les dessins de Lawren Harris s'orientent progressivement vers l'« art non-figuratif », un terme aujourd’hui désuet désignant l’art abstrait. À Santa Fe, au Nouveau-Mexique, Harris travaille avec Emil Bisttram, chef du Transcendental Group of Painters, qu'il aide à fonder en 1939. Dans les œuvres qu'il produit à Vancouver (1940-1970), il s'inspire des rythmes de la nature pour continuer à explorer l'art abstrait. Les croyances théosophiques d'Harris sont intimement liées à son évolution en tant qu'artiste non-figuratif. Dans ses tableaux abstraits, dont un grand nombre empruntent leurs formes aux paysages, par exemple Abstract Painting No 20 (1942), il cherche à illustrer une conception de l'univers harmonieuse et apaisante et essaie de rendre visible le sublime. Son œuvre a été critiquée pour sa froideur, mais, en fait, elle reflète la profondeur de son engagement spirituel. Sa vision du monde le rend unique parmi les peintres canadiens, même si sa philosophie l'éloigne de la spontanéité dans la création artistique, essentielle pour les peintres abstraits qui viendront après lui. Néanmoins, ses paysages comme Lake and Mountains (1927-1928) et quelques-uns de ses tableaux abstraits sont devenus des symboles de l'art canadien.

Honneurs

De son vivant, Harris fait l'objet de deux rétrospectives, en 1948 et en 1963. En 1978, le Musée des beaux-arts de l'Ontario présente l'exposition Urban Scenes and Wilderness Landscapes, 1906-1930. En 1982-1983, une exposition itinérante de ses dessins circule partout au Canada. Une exposition itinérante des œuvres de Lawren Harris, organisée par Steve Martin, acteur, comédien et écrivain américain, a été inaugurée au Hammer Museum de Los Angeles, en Californie, à l’automne 2015. La seule autre exposition exclusivement consacrée à son œuvre aux États-Unis fut celle mise en place à l’Americas Society Art Galery à New York, en 2000. La majorité de ses œuvres se trouvent au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée des beaux-arts de l'Ontario et dans la Collection McMichael d'art canadien, à Kleinburg, en Ontario.