La Saskatchewan se joint à la Confédération en même temps que l’Alberta, en 1905, lorsque ces deux nouvelles provinces sont formées à partir des anciens Territoires du Nord-Ouest (TNO).

Traite des fourrures

La région aujourd’hui appelée Saskatchewan a été occupée par différentes tribus des Premières Nations pendant au moins 7 000 ans; on trouve parmi celles-ci les Chipewyans, les Amisk, les Esclaves, les Cris, les Siksikas (Pieds-Noirs), les Assiniboines et les Gros Ventres. On trouve de nos jours 70 Premières Nations dans la province.

C’est en 1690 que leurs territoires se transforment et commencent lentement à faire partie du Canada, alors qu’elles établissent des contacts avec les Européens travaillant pour la Compagnie de la baie d’Hudson (CBH); ces derniers explorent la rivière Saskatchewan et les plaines à la recherche de fourrures, particulièrement de peaux de castor, avec lesquelles on fabrique les chapeaux à la mode (voir Traite des fourrures).

Les colons et les commerçants européens pénètrent de plus en plus loin à l’intérieur des terres au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Lorsque le Dominion du Canada est créé en 1867, ses dirigeants désirent étendre le pays à l’ouest des Grands Lacs, en partie pour éviter que les États-Unis n’annexent des territoires de l’Ouest. Les États-Unis avaient alors créé quatre États le long de la frontière et acheté l’Alaska en 1867. Le Canada réplique donc en faisant l’acquisition des Territoires du Nord-Ouest (TNO) et en achetant la Terre de Rupert à la CBH, alors en situation de précarité financière.

Lutte des Autochtones pour la survie

Après avoir conquis la Terre de Rupert en 1871, le Canada entame les négociations de traités avec plusieurs Premières Nations. Les traités autochtones, en vertu desquels les Autochtones cèdent leurs terres en échange d’une installation dans des réserves, furent signés par les chefs des Premières Nations dans l’espoir de survivre malgré les pressions causées à la fois par l’arrivée continue de colons blancs et le déclin des populations de bisons.

Plusieurs chefs autochtones sont en effet convaincus que troquer leur mode de vie nomade pour l’exploitation fermière dans de nouvelles réserves représente leur meilleure chance de survie. Toutefois, des décennies de mauvaise gestion de la part du gouvernement canadien, dont l’incapacité des dirigeants à Ottawa de subvenir aux besoins des populations de l’Ouest, ne font qu’empirer la situation des Autochtones. Le chef cri Big Bear et le chef pied-noir Crowfoot forment une confédération afin de se battre pour la survie des leurs.

Entre-temps, les Métis, qui émigrent des Territoires du Nord-Ouest après l’échec de la rébellion de 1869 au sein de la colonie de la rivière Rouge, célèbrent le retour du chef rebelle Louis Riel dans le Nord-Ouest après son exil aux États-Unis en 1884.

Quand plusieurs Premières Nations et Métis font face à de graves difficultés économiques, parfois même la famine, la rébellion du Nord-Ouest éclate en 1885 et dure quatre mois. Le Canada envoie sans tarder 5 000 troupes dans l’Ouest, sur les chemins de fers récemment construits, pour combattre les rebelles. La rébellion est étouffée; Louis Riel paraît en justice à Regina, et est exécuté en septembre de l’année 1885.

Immigration européenne

Une fois la paix restaurée dans le territoire, le Canada y accueille plusieurs vagues d’immigrants européens. En 1885, les TNO comptent une population de 32 097, dont environ la moitié est autochtone, l’autre européenne. En 1911, la population s’élève à 492 432, dont un maigre 2,4 % sont des Autochtones.

Le territoire se voit allouer un gouvernement responsable en 1897, mais le véritable contrôle politique de la vaste région se trouve toujours entre les mains des autorités fédérales à Ottawa. Des dirigeants locaux désirent obtenir le statut de province en 1900 afin d’assurer un contrôle plus efficace des affaires de la région. Quelques dirigeants de l’Ouest sont d’avis que les TNO ne devraient former qu’une grande province, mais les fonctionnaires fédéraux rétorquent qu’elle serait trop vaste pour être gérée convenablement.

Afin de remédier à la situation, une partie des TNO devient les provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan. Le 1er septembre 1905, le gouvernement fédéral ratifie l’Acte de la Saskatchewan et l’Acte de l’Alberta, créant ainsi les 7e et 8e provinces du Canada. Regina devient la capitale de la Saskatchewan.