Kootenays

 Les Kootenays, divisés en deux groupes dits du « haut » et du « bas », occupent respectivement l'est et l'ouest du plateau où ils vivent. La rivière Kootenay, dans le Sud-Est de la Colombie-Britannique, le long de laquelle ils établissent leurs villages, est le coeur de leur territoire ancestral et de leur culture. Elle leur assure plusieurs moyens de subsistance et leur permet de se déplacer. Le terme Kootenay est une forme anglicisée d'un mot peigan ou d'un vieux mot kutenai. Le kutenai est une langue isolée (voir AUTOCHTONES, LANGUES DES).

Les diverses bandes du haut et du bas Kootenay étaient bien adaptées à leurs milieux naturels respectifs, lesquels différaient quelque peu. Le groupe du haut Kootenay chassait le gros gibier qui y était fort abondant (cerf, caribou, orignal, mouflon et chèvre de montagne), tandis que celui du bas Kootenay vivait du poisson et d'autres ressources aquatiques. Chaque année, la bande du haut Kootenay entreprenait une chasse au bison au-delà de la ligne continentale de partage des eaux, probablement après avoir acquis le cheval. Ces voyages ont renforcé leurs contacts avec les autochtones des Plaines, ce qui leur a fait adopter certains traits culturels des tribus des Plaines, une influence identifiable après 1800 (voir AUTOCHTONES : LES PLAINES).

Système social et économique

Les terres longeant la rivière Kootenay étaient fragmentées en territoires appartenant aux BANDES ou aux groupes. Le fait de changer de lieu de résidence leur permettait, selon les saisons, d'exploiter diverses ressources économiques. Les hommes pêchaient, chassaient et, au besoin, soignaient les chevaux. Quant aux femmes, en plus d'élever les enfants, elles étaient responsables de la cueillette de racines, de la préparation des aliments, du traitement des peaux et de la confection des vêtements. Le système parental des Kootenays était bilatéral, mais ne comportait pas de lignées ou de CLANS. Les échanges réciproques entre parents constituaient le principal moyen de redistribuer les biens économiques, de s'assurer une certaine protection et de parvenir à un statut social. Lorsque les bandes kootenays résidaient dans leurs villages d'hiver, chacune se mettait sous la direction officieuse d'un homme respecté pour sa richesse et sa générosité. Avec la domestication du cheval, certaines bandes en viennent à compter davantage sur le bison, ce qui favorise l'émergence de chefs plus puissants. Les « Chiens fous », une importante confrérie de guerriers, fait office de détachement policier au sein de la bande et pendant la chasse au bison, une coutume probablement empruntée aux tribus des Plaines. D'autres confréries comprennent notamment la société du « Fol Hibou » pour les femmes et des groupes chamanistes comme les sociétés de la Conjuration ou de la Couverture (voir CHAMAN).

Activités religieuses

Comme on le constate dans leur mythologie, les Kootenays voyaient la Terre comme une île recouverte par la voûte du ciel. La dimension surnaturelle de l'homme est son âme, mais les humains possèdent aussi de nombreux esprits personnels, souvent associés aux rivières et à leurs cascades. Les esprits accordent leurs pouvoirs aux Kootenays qui en font la demande par le biais des « quêtes de vision ». Aujourd'hui, les principales cérémonies sont celles de la Conjuration ou de la Couverture et celle de la SUERIE . D'autres rites comprennent la DANSE DU SOLEIL, la danse du geai bleu ainsi que les cérémonies du grizzli, de l'appel du gibier et des premiers fruits.

Bien que l'on ait signalé l'existence de maisons à demi enterrées, le groupe du bas Kootenay habitait généralement des maisons longues recouvertes de nattes, semblables à celles des SALISH, leurs voisins de l'intérieur des terres. En été, ils vivaient dans des abris temporaires de forme conique, recouverts de branches d'épinette ou d'écorce de bouleau. Après l'adoption du cheval, le groupe du haut Kootenay remplace les abris de branches par le TIPI recouvert de peaux.

Aujourd'hui, la majorité des Kootenays du Canada vivent dans les cinq RÉSERVES INDIENNES de Columbia Lake, de Lower Kootenay, de St. Mary's, de Shuswap et de Tobacco Plains. Quoique gravement décimée par les ÉPIDÉMIES des XVIIIe et XIXe siècles, la population des Kootenays commence à se stabiliser vers la fin du XIXe siècle. En 1996, les Kootenays comptent 1033 habitants inscrits. Ils subviennent à leurs besoins par le travail rémunéré et grâce à quelques entreprises tribales. Leurs conseils tribaux s'emploient à améliorer la santé et l'éducation et participent au mouvement qui tente d'obtenir un règlement favorable des REVENDICATIONS TERRITORIALES touchant leur immense territoire ancestral.

Voir aussi AUTOCHTONES : LE PLATEAU et articles généraux sous la rubrique AUTOCHTONES.