Jeunesse et formation

Julie Payette a grandi dans le quartier d’Ahuntsic, dans la banlieue nord-est de Montréal, au Québec. Sa mère, Jacqueline, était comptable pour un théâtre, tandis que son père, André, était ingénieur. Ses parents l’ont encouragée à poursuivre ses ambitions et sa curiosité tout en valorisant sa détermination. Fascinée par l’espace dès son plus jeune âge, Julie Payette poursuit sa scolarité au Collège Regina Assumpta de Montréal.

Elle décroche une des six bourses canadiennes octroyées pour des études au United World College of the Atlantic, dans le Sud du pays de Galles, au Royaume-Uni. Après avoir reçu son baccalauréat international en 1982, elle obtient une bourse prestigieuse lui permettant de poursuivre ses études à l’Université McGill (Montréal) où elle obtient un baccalauréat en génie électrique en 1986. Elle obtient plus tard une maîtrise en sciences appliquées, spécialité génie électrique et informatique, de l’Université de Toronto (1990).

Début de carrière

Grâce à ses travaux de deuxième cycle et à son expérience professionnelle précoce chez IBM et Recherches Bell-Northern, Julie Payette acquiert une expérience de chercheuse en informatique, en particulier dans le domaine du traitement du langage naturel, de la reconnaissance vocale automatique et de l’application des technologies interactives au contexte spatial. De 1986 à 1988, elle travaille en tant qu’ingénieure pour IBM Canada. De 1988 à 1990, alors qu’elle étudie à l’Université de Toronto, elle est assistante de recherche sur un projet portant sur des architectures informatiques de hautes performances. En 1991, elle est chercheuse invitée au sein du laboratoire de recherche en communication et en informatique d’IBM à Zurich, en Suisse. De retour au Canada en janvier 1992, Julie Payette se joint au groupe de recherche sur la parole de Recherches Bell-Northern, à Montréal.

Astronaute

En juin 1992, l’Agence spatiale canadienne sélectionne Julie Payette avec trois autres personnes parmi 5 330 candidats pour suivre une formation d’astronaute. Elle suit un entraînement de base rigoureux au Canada, puis travaille comme conseillère technique pour la mise au point du système d’entretien mobile sur le module robotique qui constitue la contribution canadienne à la station spatiale internationale (SSI). Elle fonde le groupe de recherche sur l’interaction personne-ordinateur et est l’une des spécialistes techniques du groupe international d’études RSG-10 sur le traitement de la parole, au service de l’OTAN (de 1993 à 1996). De 1995 à 1998, elle siège également au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG).

Dans le cadre de sa préparation au voyage dans l’espace, Julie Payette étudie le russe et effectue plus de 120 heures de vol dans des conditions de pesanteur réduite à bord d’avions en vol parabolique (KC-135, T-33, Falcon-20, DC-9). En février 1996, elle obtient son grade de capitaine d’avion à réaction militaire à la base des Forces armées canadiennes de Moose Jaw, en Saskatchewan, sur le Tutor CT-114 des Snowbirds. Julie Payette a accumulé au total plus de 1 300 heures de vol. En avril 1996, à Vancouver, elle termine avec succès un programme d’entraînement de plongée en eaux profondes dans un scaphandre pressurisé et obtient son brevet d’opératrice.

En août 1996, elle entame sa formation initiale d’astronaute au Centre spatial Johnson de la NASA, à Houston, au Texas. Elle devient spécialiste de mission pour la NASA en avril 1998 et est alors affectée à un projet technique au sein de la division Robotique du Bureau des astronautes.

Mission spatiale STS-96

Du 27 mai au 6 juin 1999, Julie Payette prend part à la mission STS-96, d’une durée de 10 jours, à bord de la Navette spatiale Discovery à destination de la SSI. Elle devient ainsi la première Canadienne à participer à une mission importante d’assemblage sur la station. L’équipage composé de sept astronautes de diverses nationalités a acheminé quatre tonnes d’équipements jusqu’à la SSI, notamment des ordinateurs, des articles sanitaires, des fournitures médicales ainsi que des équipements externes tels que des appareils de levage et des outils de construction. Dans le cadre de cette mission, Julie Payette est notamment responsable du pilotage du bras robotique Canadarm, des essais du système de vision spatiale permettant de le guider et de la supervision de deux sorties dans l’espace.

Astronaute en chef, Agence spatiale canadienne

De 2000 à 2007, Julie Payette est astronaute en chef au sein de l’Agence spatiale canadienne. Durant cette période, elle travaille comme Capcom au centre de contrôle de mission à Houston, au Texas, d’où elle supervise les communications entre les contrôleurs au sol et les astronautes en vol. Elle assume les fonctions de Capcom en chef lors de la mission STS-121 de la navette spatiale (2006).

Mission spatiale STS-127

Du 15 au 31 juillet 2009, Julie Payette participe à une mission spatiale de 16 jours à bord de la navette spatiale Endeavour. Lors de cette 29e mission vers la SSI, elle occupe le poste de mécanicienne de bord et de spécialiste de mission no 2. Les sept membres d’équipage termineront la construction du module expérimental japonais Kibo et livreront des pièces détachées et des batteries de remplacement. Ils installeront également plusieurs expériences scientifiques, notamment pour étudier les effets de la pression artérielle sur les syncopes dans l’espace et sur Terre, ainsi que la diffusion des liquides. L’équipage a également livré à la SSI la dernière paire d’ailes solaires génératrice d’électricité et le segment de poutrelle S6, rendant ainsi la station prête à accueillir les équipages pour les expériences scientifiques à venir. Lors de cette mission, Julie Payette a piloté trois bras robotiques – le Canadarm, le Canadarm2 et un bras japonais sur Kibo – afin d’aider ses collègues astronautes lors de cinq sorties difficiles dans l’espace.

Elle a également rencontré à cette occasion l’astronaute canadien Robert Thirsk, arrivé précédemment sur la SSI en mai 2009 à bord d’une capsule russe Soyuz pour une mission de longue durée. Ce fut l’occasion de la première rencontre entre deux astronautes canadiens dans l’espace. Au total, 13 astronautes de différents pays se sont retrouvés à bord de la SSI, un record. Avec deux missions à son actif, Julie Payette a cumulé plus de 611 heures et plus de 16 millions de kilomètres dans l’espace.

Carrière depuis 2010

Célébrée pour son talent, son enthousiasme et sa détermination, Julie Payette a été choisie pour porter le drapeau olympique lors des cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Elle est depuis devenue membre du conseil d’administration d’À nous le podium, le programme canadien de haute performance olympique.

En 2011, elle accepte une bourse de recherche en politique publique au Woodrow Wilson Center for International Scholars (Washington, D.C.). Représentant le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec, elle devient ainsi une autorité scientifique du Québec à Washington. En 2013, elle quitte l’Agence spatiale canadienne. De 2013 à 2016, elle est chef des opérations au Centre des sciences de Montréal et vice-présidente de la Société immobilière du Canada. En 2014, elle devient membre du conseil d’administration de la Banque Nationale du Canada. En 2016, elle est nommée membre du conseil d’administration du Comité olympique canadien.

Julie Payette est membre de plusieurs organismes prestigieux, notamment de l’Ordre des ingénieurs du Québec et de l’Académie internationale d’astronautique. Elle a reçu des grades honoris causa de 18 universités canadiennes.

Vie personnelle

Athlète et musicienne de talent, Julie Payette est douée pour les sports de raquette, le ski, la course à pied et la plongée sous-marine. Elle parle six langues et est une flûtiste, une pianiste et une chanteuse accomplie qui a chanté avec l’Orchestre symphonique de Montréal et l’ensemble musical Tafelmusik à Toronto. Julie Payette a été mariée au pilote d’essai Billie Flynn et a deux fils, Brett et Laurier.

Distinctions honorifiques et prix

NASA Space Flight Medal (1999)

Chevalière de l’Ordre de la Pléiade de la francophonie (2001)

Chevalière de l’Ordre National du Québec (2002)

Prix d’excellence pour le leadership au Canada de l’Université d’Ottawa (2009)

NASA Space Flight Medal (2009)

Médaille d’or d’Ingénieurs Canada (2010)

Intronisée au Temple de la renommée de l’aviation canadienne (2010)

NASA Exceptional Service Medal (2010)

Officier de l’Ordre du Canada (2010)