Judith Fitzgerald

Judith Fitzgerald, poète, critique, journaliste, directrice de publication (née le 11 novembre 1952 à Toronto, en Ontario; décédée le 25 novembre 2015 à Port Loring, en Ontario). Judith Fitzgerald obtient un baccalauréat et une maîtrise de l'UNIVERSITÉ YORK, puis elle poursuit ses études en vue d'un doctorat à l'UNIVERSITÉ DE TORONTO.

Fitzgerald cultive l'une des voix les plus distinctives de la POÉSIE canadienne et du JOURNALISME. Dans ce dernier domaine, son large éventail d'intérêts se reflète dans l'étendue de ses commentaires, notamment sur les arts, les médias, la culture, la musique et même les sports. Au début des années 1980, elle devient critique pour le GLOBE AND MAIL et reçoit le prix Fiona Mee du journalisme littéraire. Ses critiques à elles seules ne pourraient être contenues qu'en un volume : ses blogues « In Other Words » pour le Globe and Mail; ses colonnes sur la musique et la poésie dans le TORONTO STAR; sa chronique dans Innings: Canada's BASEBALL magazine; ses contributions à des recueils et magazines littéraires tels que The Oxford Book of Poetry by Canadian Women et Canadian Poetry Now. Elle édite également des ouvrages tels que Un Dozen: Thirteen Canadian Poets (1982), SP/ELLES: Poetry by Canadian Women (1986; trad. Poésie de femmes canadiennes) et First Person Plural (1988).

Parmi ses œuvres en prose, les biographies Building a Mystery: The Story of Sarah MCLACHLAN and Lilith Fair (1997) et Marshall MCLUHAN: Wise Guy (2001; trad. Marshall McLuhan : un visionnaire). Parallèlement à ses activités littéraires, Judith Fitzgerald travaille à la radio, et conçoit Today's Country, une émission diffusée sous licence partout dans le monde servant de vitrine aux œuvres d'artistes de la MUSIQUE COUNTRY en pleine ascension. Today's Country obtient le Prix de la musique country canadienne.

Peu importe les sujets traités, le point de vue de Fitzgerald témoigne d'une prise de position fondée sur des principes avec les déterminants culturels de notre monde. C'est dans sa poésie que l'on trouve les germes de cette prise de position. Sa voix poétique embrasse des expériences de toute sorte, d'événements quotidiens à des thèmes des classiques du passé, et les infuse dans un style personnel aussi riche en langage sonore que précis pour ce qui est de circonscrire ou de cerner l'aspect intrinsèque de son sujet et son rapport à notre réalité quotidienne.

Dans son premier recueil de poésie, Octave (1970), comme dans ses ouvrages complémentaires Rapturous Chronicles (1991), mis en nomination pour un PRIX LITTÉRAIRE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL) et Habit of Blues: Rapturous Chronicles II (1993), ou encore dans River (1995, mis en nomination pour un prix Trillium), Given Names: New and Selected Poems (1985, mis en nomination pour un prix Pat Lowther memorial et lauréat d'un Writer's Choice Award) et les poèmes épiques The Adagios Quartet: Iphigenia's Song (2003), Orestes' Lament (2004), Electra's Benison (2006) et O, Clytaemnestra! (2007), on retrouve une voix qui met en évidence l'incorporation de son expérience personnelle de la vie aux implications plus larges de ses œuvres. Il en résulte l'expression d'une sensibilité aiguë qui, à titre d'exemple, porte sa marque dans le prologue d'Iphigenia's Song, donnant au lecteur une description vivante de l'ardeur du désir en des mots usuels, tandis qu'un redoutable courant sous-jacent suggère l'âpre destin d'Iphigenia ainsi que celui du narrateur : « c'est moi qui blesse / pour marquer les paramètres / de la douleur et qui fait glisser la lame sur ma peau. Je sculpte la chair / pour me rappeler à qui elle appartient ». La perspicacité psychologique et spirituelle de Judith Fitzgerald alliée à l'étendue et au haut niveau de ses compétences linguistiques ont pour conséquence un travail très élaboré et vivant, pierre de touche d'un effort de création humaine qui atteste de nos plus nobles aspirations.

En plus de l'intérêt marqué que suscitent ses œuvres poétiques, Fitzgerald reçoit en 2003 une bourse CHALMERS de recherche artistique en poésie. Elle a été écrivaine en résidence entre autres pour la bibliothèque publique d'Hamilton Public Library, l'ALGOMA UNIVERSITY COLLEGE, l'UNIVERSITÉ LAURENTIENNE et l'UNIVERSITÉ DE WINDSOR. Vers la fin de sa vie, Judith Fitzgerald habite la région d'Almaguin Highlands, dans le Nord de l'Ontario. Elle décède à Port Loring, en Ontario, âgée de 63 ans.