John Mercer Johnson, avocat et homme politique (né en octobre 1818 à Liverpool, en Angleterre; décédé le 8 novembre 1868 à Chatham, au Nouveau-Brunswick). John Mercer Johnson, à titre de délégué du Nouveau-Brunswick aux Conférences de Charlottetown, de Québec et de Londres, préconise un gouvernement canadien central fort, ainsi qu’un contrôle fédéral de tous les tribunaux du pays. Dans sa province de résidence, on le perçoit comme un brillant orateur qui prend part avec une grande agilité aux débats houleux de son époque.

Jeunesse

Né à Liverpool, en Angleterre, John Mercer Johnson immigre en 1821 à Chatham, au Nouveau-Brunswick, trois ans après son père. Il est admis au Barreau comme attorney en 1838, puis, deux ans plus tard, comme barrister. John Mercer Johnson s’implique au sein de différents organismes locaux, notamment un club de débat et un mouvement pour la tempérance du nom de Loge de l’Ordre des Bons-Templiers. Il occupe tour à tour différents postes communautaires allant de pompier à gardien de porcs.

Carrière politique

Élu pour la première fois à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick en juillet 1850, John Mercer Johnson est considéré comme un libéral qui appuie l’idée d’un gouvernement responsable. Il acquiert au fil du temps la réputation d’un brillant orateur au discours imagé; celui-ci ne tarde d’ailleurs pas à attirer des attaques tout aussi imagées de la part d’adversaires tels que l’éditeur de journaux Timothy Anglin, qui le qualifie de « bagarreur de taverne » et d’« effronté ». Samuel Leonard Tilley, allié fédéraliste de John Mercer Johnson, dit quant à lui que « le fait de mieux connaître cet homme ne diminue en rien le respect qu’inspirent ses talents et son comportement des plus civilisés ».

Entre 1854 et 1856, John Mercer Johnson occupe le poste de solliciteur général dans le gouvernement de Charles Fisher. Il devient ministre des postes en juin 1857, poste duquel il se voit toutefois forcé de démissionner en novembre de l’année suivante en raison d’un style de gestion scandaleux. En effet, puisque ses commis s’acquittent de la plus grande partie du travail au sein du ministère, l’opposition accuse John Mercer Johnson de toucher un « salaire pour lequel il n’a jamais travaillé ». On lui reprochera encore, dans des postes subséquents, son indifférence pour les détails administratifs.

Cet incident ne fait toutefois aucunement obstacle aux visées politiques de John Mercer Johnson, qui est élu président de l’Assemblée en février 1859. Arthur Hamilton Gordon, lieutenant-gouverneur, décrit à cette époque John Mercer Johnson comme « l’un des hommes les plus compétents de l’Assemblée, un excellent orateur et un redoutable débatteur », ajoutant quand même qu’« il ne possède pas le tempérament calme et digne qui devrait caractériser celui qui prend place dans le siège du président ». Grâce à son sens de l’humour et à sa vivacité d’esprit, John Mercer Johnson parvient pourtant à exceller dans l’exercice de ses fonctions. En 1862, Samuel Leonard Tilley le nomme procureur général, poste qu’il occupera les trois années suivantes.

Confédération

John Mercer Johnson est choisi comme membre de la délégation du Nouveau-Brunswick à la Conférence de Charlottetown en septembre 1864. À cette époque, il appuie une union législative, plutôt que fédérale. Il a également une vision claire des provinces à dissoudre lors de la réalisation de la Confédération. Lors d’une séance sur l’union des Maritimes, John Mercer Johnson irrite les autres délégués en suggérant qu’il serait bénéfique à l’Île-du-Prince-Édouard de « s’allier au territoire du Nouveau-Brunswick ».

Dans le mois suivant la Conférence de Québec, devant l’évidence d’une union législative impossible, John Mercer Johnson prend position en faveur d’un gouvernement central fort. Il est également convaincu que l’appareil judiciaire doit être entièrement pris en charge par le gouvernement fédéral.

Défait par les forces antifédéralistes aux élections de 1865 du Nouveau-Brunswick, John Mercer Johnson arrive cependant en tête l’année suivante et réintègre l’Assemblée législative. En décembre 1866, il est au nombre des cinq représentants de la colonie envoyés à la Conférence de Londres.

Voir également Le Nouveau-Brunswick et la Confédération.

Après la Confédération

En dépit de problèmes de santé, John Mercer Johnson est élu député fédéral de Northumberland en 1867. On attribue son décès, un an plus tard, à ses « excès sociaux », excès faisant selon toute vraisemblance allusion à sa consommation d’alcool excessive et à sa dépendance au jeu.

Héritage

John Mercer Johnson est un fervent défenseur de la Confédération tout au long de son développement. Son point de vue évolue au fil du temps, et il appuie finalement un pouvoir législatif conféré en grande partie à un gouvernement central fort.