Jessie Georgina (J. G.) Sime

Jessie Georgina (J. G.) Sime, écrivaine, essayiste, conférencière, militante sociale (Hamilton, Écosse, 12 févr. 1868 - Wootton, Angleterre, 13 sept. 1958). Née en Écosse, J. G. Sime passe son enfance à Londres, en Angleterre. Ses parents, James Sime et Jessie Wilson, sont tous deux des éducateurs appartenant à la scène littéraire londonienne. J. G. Sime fait d'abord sa scolarité à la maison, puis elle entre au Queens College de Londres. Jeune femme, elle travaille comme journaliste et rédactrice à Londres et à Édimbourg. Elle passe une année à Berlin pour étudier la voix, puis retourne en Angleterre où elle continue à écrire et s'engage dans le mouvement féministe, qui prend de plus en plus d'ampleur. En 1895, Sime emménage à Édimbourg, où elle entame une relation avec Walter William Chipman, un médecin canadien marié qui étudie à l'Université d'Édimbourg. Deux années plus tard, ce dernier revient dans son pays, et Sime reste en Écosse jusqu'en 1907, année où elle part vivre à MONTRÉAL. Arrivée au Canada, elle renoue avec Chipman, qui l'engage comme secrétaire. Bien qu'elle ait passé la plus grande partie de sa vie d'adulte au Canada, il est probable qu'elle soit retournée vivre en Angleterre après la DEUXIÈME GUERRE MONDIALE, même si l'adresse de son domicile fixe, sur son certificat de décès, est encore l'hôtel Mont-Royal, à Montréal.

Le travail de Sime est surtout remarqué pour sa façon de dresser le portrait de femmes dans la culture contemporaine. À cette époque, il est courant de faire des portraits sentimentaux et idéalistes, mais ses personnages féminins sont différents de par leur insatisfaction dans la vie domestique, un thème rarement traité dans la littérature d'alors. Si ses personnages sont issus de diverses classes sociales, ils sont unis par l'inégalité des sexes qu'ils subissent. Ces thèmes sont surtout présents dans les romans Sister Woman (1919) et Our Little Life (1921), dans lesquels l'accent est mis sur des travailleuses aux prises avec les dures réalités de l'exode rural. Cette insistance sur les travailleuses est la marque de J. G. Sime. The Mistress of All Work (1916) et Canada Chaps (1917) mettent aussi des travailleuses sur le devant de la scène, et ils montrent l'intérêt de l'auteure pour les changements qui touchent le rôle des femmes au début du 20e siècle, notamment hors de la sphère domestique, alors qu'elles luttent contre l'inégalité, pour le respect et pour le DROIT DE VOTE DES FEMMES.

J. G. Sime examine aussi le statut de l'écriture au Canada. Dans Orpheus in Quebec (1942), elle note qu'« on sent, dans les villes, des velléités d'émergence d'une autre forme d'art, incohérente et déconnectée, qui s'exprime dans des esquisses, des nouvelles, des pièces décousues en un seul acte et autres ». À l'instar de ses contemporains, elle voit dans ce mouvement une détermination à s'écarter des formes hautement structurées du siècle précédent, révélatrice des changements culturels qui s'opèrent tant au Canada que dans le monde entier. Bien que Sime ne soit pas canadienne, ses écrits sont de toute évidence marqués par son pays adoptif, et c'est au Canada qu'elle est le plus acclamée. Tous ses textes importants ont été publiés au Canada, et Sime y est encore vue comme une initiatrice des mouvements littéraires réaliste et moderniste canadiens.

J. G. Sime a été vice-présidente de la branche québécoise du CANADIAN WOMEN'S PRESS CLUB, présidente de la branche montréalaise de la CANADIAN AUTHORS ASSOCIATION et secrétaire du PEN Club de Montréal.