Guilbeault, Luce

Luce Guilbeault, comédienne, réalisatrice (Outremont, Qc, 5 mars 1935-Montréal, 12 juillet 1991). Sa carrière commence au théâtre où elle excelle notamment dans le répertoire québécois (Réjean DUCHARME, Michel TREMBLAY, etc.). On la retrouve aussi à la télévision où elle débute dans une émission jeunesse, Opération-mystère (1957-59). Elle touche au téléroman (Des dames de cœur, 1986-89, Un signe de feu, 1989-91) et au téléthéâtre (Des souris et des hommes, Paul Blouin, 1971). C'est Denys ARCAND qui lui offre son premier rôle important au cinéma, celui d'une épouse paumée dans La Maudite Galette (1971); il récidive avec Réjeanne Padovani (1973). Sa carrière comprend alors plus d'un film par année. On la remarque dans O.K... Laliberté (Marcel Carrière, 1973), Tendresse ordinaire (Jacques Leduc, 1973) et dans les films d'Anne Claire POIRIER (Le Temps de l'avant, 1975, Mourir à tue-tête, 1979, et La Quarantaine, 1982). Comme elle refuse de jouer la carte du cinéma commercial, on la voit très peu sur le grand écran durant les années 80 et, essentiellement, dans des films à caractère féminin. Elle mène également une brève carrière de réalisatrice documentariste s'intéressant uniquement à des questions féminines ou à des portraits de femmes. Après Denyse Benoit, comédienne (1975), elle donne la parole à des féministes américaines (Some American Feminists, 1977) puis adopte une démarche plus personnelle dans D'abord ménagères (1978) où le spectateur sent bien ses affinités avec les protagonistes. Qu'elle interprète des rôles de femme ingrate ou de prostituée, Luce Guilbeault laisse toujours poindre un jeu énigmatique, des regards perdus et une musicalité vocale particulière qui confèrent à ses personnages un mélange original de force et de fragilité.