Gouvernement d'union

Au début de 1917, pendant la PREMIÈRE GUERRE MONDIALE, le recrutement du CORPS EXPÉDITIONAIRE CANADIEN est au plus bas. Le premier ministre sir Robert BORDEN, opposé à toute réduction de la participation canadienne à l'effort de guerre, annonce le 18 mai 1917 que le gouvernement imposera la CONSCRIPTION au Canada. Le 25 mai, il propose au chef libéral sir Wilfrid LAURIER de former un GOUVERNEMENT DE COALITION où libéraux et conservateurs s'uniraient pour appliquer la mesure. Laurier ayant rejeté la proposition le 6 juin, Borden tente de renforcer son gouvernement en y admettant certains libéraux et d'importants politiciens indépendants. Ses premiers efforts obtiennent peu de succès. À la fin de l'été, toutefois, la LOI DES ÉLECTIONS EN TEMPS DE GUERRE et la Loi des électeurs militaires semblent améliorer les chances de former un gouvernement conscriptionniste. Ces lois, ajoutées à la forte tendance conscriptionniste de la presse anglophone et à des sentiments personnels qui l'emportent sur les allégeances politiques, décident plusieurs libéraux et plusieurs indépendants à accepter l'invitation de Borden. Le 12 octobre, Borden annonce la formation d'un gouvernement d'union comprenant 12 conservateurs, 9 libéraux ou indépendants et 1 travailliste. Les élections générales de décembre 1917 donnent aux unionistes une forte majorité.

Après sa victoire électorale, le gouvernement d'union commence à s'affaiblir. Beaucoup d'adhérents estiment que l'union perd sa raison d'être après la fin de la guerre, en novembre 1918. Bon nombre d'unionistes retournent au Parti libéral ou adhèrent au nouveau PARTI PROGRESSISTE. Bien que le gouvernement d'union soit une coalition d'intérêts politiques variés, beaucoup de Canadiens de souche non britanniques continuent de reprocher la conscription à Borden et au Parti conservateur. À cause de ses politiques unionistes, le Parti conservateur tombe en défaveur pour longtemps chez les Canadiens français et plusieurs groupes ethniques non britanniques. Au Canada français, le Parti libéral, sous la direction de Mackenzie KING, le successeur de Laurier, gagne par contre en popularité. Le gouvernement d'union prend fin avec la retraite de Borden en juillet 1920.