Gilles Duceppe, homme politique (né le 22 juillet 1947 à Montréal, au Québec). Gilles Duceppe, un souverainiste québécois, a été député fédéral de 1990 à 2011 et chef du Bloc québécois de 1997 à 2011 et en 2015. Il a également été chef de l’opposition en 1996 et 1997. Il a démissionné de son poste de chef du Bloc québécois après la perte par son parti de 43 sièges lors des élections fédérales de 2011. Il a toutefois repris, en juin 2015, la direction du parti afin d’essayer de relancer la popularité du Bloc au Québec. Bien que le Bloc remporte 10 sièges à l’élection fédérale d’octobre 2015, Duceppe est défait dans sa circonscription. Trois jours plus tard, il annonce sa démission en tant que chef du parti.

Formation et début de carrière

Fils du célèbre acteur Jean Duceppe, Gilles Duceppe fait ses études au Collège Mont‑Saint‑Louis, puis en sciences politiques à l’Université de Montréal. En 1968, il devient vice-président de l’Union générale des étudiants du Québec et en 1970, directeur du journal étudiant de l’Université de Montréal Le Quartier latin. En 1972, il entame sa carrière dans le milieu communautaire et syndical comme animateur du Comité des citoyens d’Hochelaga‑Maisonneuve, puis comme représentant des salariés de l’Hôpital Royal Victoria en 1977. En 1981, il accède au poste de conseiller syndical de la CSN (Confédération des syndicats nationaux) au sein de laquelle il devient négociateur en 1986.

Bloc québécois

En 1990, Gilles Duceppe devient, à l’occasion d’une partielle, le premier députésouverainiste élu à Ottawa sous la bannière du Bloc québécois. Cette même année, il est membre suppléant de la Commission Bélanger‑Campeau qui examine l’avenir constitutionnel du Québec au Canada après l’échec de l’Accord du lac Meech. En 1991 et 1992, il est membre de l’exécutif national de Mouvement Québec, un organisme voué à la préservation de la langue française au Canada. Au Bloc québécois, il assume les postes de porte-parole du parti pour, successivement, les Affaires indiennes, le Multiculturalisme, la Défense nationale, les Anciens combattants, le Travail, l’Emploi, l’Immigration et finalement la Condition féminine. Réélu député fédéral de Laurier–Sainte‑Marie en septembre 1993, il devient whip de l’opposition.

Chef du Bloc

Après le départ de Lucien Bouchard, fondateur et chef du Bloc québécois, en janvier 1996, Gilles Duceppe assume l’intérim comme chef du parti et chef de l’opposition. Michel Gauthier devient chef officiel du parti en février 1996, mais démissionne de son poste en mars 1997.

Le 15 mars 1997, Gilles Duceppe lui succède comme chef du Bloc québécois et chef de l’opposition. Le 2 juin 1997, il est réélu député de Laurier–Sainte‑Marie et son parti remporte 45 des 75 sièges du Québec à la Chambre des communes. Toutefois, la popularité du parti souverainiste diminue lors des élections suivantes de 2000 au cours desquelles il ne remporte que 38 circonscriptions. En 2004, le Bloc québécois connaît un nouvel essor dans le sillage du scandale des commandites touchant le parti libéral, obtenant 54 des 75 sièges attribués au Québec.

En 2006, un certain nombre de régions du Québec se montrent favorables à un Parti conservateur revigoré dirigé par Stephen Harper. Bien que le Bloc obtienne 51 sièges (et 43 % des voix) lors de ces élections, les résultats constituent une déception pour les partisans du parti qui avaient espéré que 50 % des Québécois soutiendraient le parti souverainiste. En 2007, Gilles Duceppe prend la décision surprenante de quitter la politique fédérale pour l’arène provinciale en posant sa candidature comme chef du Parti québécois. (Bien qu’une occasion similaire se soit présentée en 2005, il avait alors estimé que la cause séparatiste au Québec serait mieux servie s’il demeurait chef du Bloc à Ottawa.) Le lendemain, il envisage à nouveau les différents choix qui s’offrent à lui et décide de ne pas briguer le poste de chef du Parti québécois, soutenant sans réserve la candidature de Pauline Marois. À son retour à Ottawa, il est accueilli avec enthousiasme, remportant l’adhésion de près de 95 % du parti.

À l’approche des élections fédérales de 2008, Gilles Duceppe continue à occuper ses fonctions de député et de chef du Bloc québécois. Au cours de son quatrième mandat en tant que chef, il fait pression sur Stephen Harper pour aborder ce qu’il estime être, avec d’autres, un déséquilibre fiscal entre le gouvernement fédéral et les provinces. En outre, il adresse officiellement une pétition au premier ministre pour la reconnaissance du Québec comme d’une nation et reste fermement engagé contre les restrictions budgétaires touchant les programmes culturels de la province. Il architecture sa plate-forme en vue des élections de 2008 autour de la capacité du Québec à prendre en charge sa propre culture et sa stabilité économique et à définir une démarche particulière en matière de système pénal et de gestion de la délinquance juvénile. Le 14 octobre, le parti de Gilles Duceppe remporte 49 sièges. Bien que ce soient les Libéraux qui forment l’opposition officielle, le chef du Bloc québécois estime que c’est le résultat obtenu par son parti qui a constitué le principal facteur ayant empêché la formation d’un gouvernement conservateur majoritaire.

Coalition et prorogation

Peu de temps après les élections générales de 2008, le gouvernement conservateur de Stephen Harper lance une série de propositions économiques controversées, incitant les trois partis d’opposition, le Bloc québécois, le Parti libéral et le NPD, à entamer des pourparlers pour la formation d’une coalition visant à faire tomber les conservateurs lors d’un vote de censure. Le 1er décembre 2008, les chefs des trois partis signent un accord historique prévoyant la présentation d’une motion de censure dès le début de la semaine suivante. Finalement, la gouverneure généraleMichaëlle Jeanrépond favorablement à la demande de M. Harper de proroger le Parlement, remettant ainsi en cause la pérennité de la coalition envisagée.

Élections fédérales de 2011 et démission

Le paysage politique évolue de manière significative à l’occasion des élections fédérales de 2011 qui permettent aux conservateurs de constituer un gouvernement majoritaire. Le NPD remporte le plus grand nombre de sièges de son histoire, réussissant même à devenir l’opposition officielle pour la première fois, et ce, en grande partie à la suite d’une impressionnante démonstration de force au Québec où il conquiert des sièges au détriment des libéraux et du Bloc québécois. Les libéraux obtiennent le pire résultat de leur histoire, le chef du parti, Michael Ignatieff, étant même défait dans sa propre circonscription. À l’instar du chef libéral, Gilles Duceppe est battu dans sa propre circonscription. Globalement, le Bloc perd 43 sièges à l’occasion de ces élections, ne conservant que 4 sièges dans la nouvelle Chambre et abandonnant par la même occasion son statut de parti officiel. Après avoir occupé ces fonctions pendant plus de 14 ans, Gilles Duceppe démissionne alors de son poste de chef du parti.

En janvier 2012, Gilles Duceppe est accusé d’avoir rémunéré le directeur général du Bloc à partir de fonds destinés à son bureau parlementaire, ces accusations portant sur une période de sept ans. En novembre 2012, le Bureau de régie interne de la Chambre des communes conclut qu’il a effectivement utilisé des fonds de façon inappropriée. Toutefois, arguant que les règlements étaient objectivement peu clairs au moment où l’argent a été dépensé, le Bureau ne prend aucune mesure à son encontre.

Après sa démission comme chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe devient chroniqueur au Journal de Montréal et siège aux conseils d’administration du Théâtre Jean‑Duceppe et de la clinique juridique Juripop.

Retour à titre de chef de parti

En mai 2015, Mario Beaulieu, devenu chef du Bloc québécois en juin 2014, demande à Gilles Duceppe de revenir à la tête du parti en prévision des élections fédérales de 2015. Les sondages indiquent que le parti souverainiste, sous la direction de Mario Beaulieu, dispose du soutien de moins de 20 % des électeurs québécois. Aussi, nombreux sont ceux qui estiment que seul Gilles Duceppe serait en mesure de relancer le parti et de rejoindre les électeurs. Le 10 juin 2015, il annonce son retour en tant que chef du Bloc québécois, tandis que Mario Beaulieu en demeure le président. Bien que le Bloc remporte 10 sièges à l’élection fédérale d’octobre 2015, Duceppe est défait dans sa circonscription. Trois jours plus tard, il annonce sa démission en tant que chef du parti.