La forêt boréale est la plus vaste zone de végétation du Canada, représentant 55 p. 100 de la masse terrestre du pays. Elle s’étend du Yukon et de la Colombie‑Britannique à l’ouest jusqu’à Terre‑Neuve‑et‑Labrador à l’est. Bien que la zone présente une topographie variée, comprenant des lacs et des terres humides, elle est en grande partie couverte d’arbres. Abritant une faune variée, elle joue un rôle crucial pour assurer la biodiversité, capter le carbone, purifier l’air et l’eau, et réguler le climat. En outre, elle assure des emplois et une stabilité économique à plus de 2,5 millions de Canadiens vivant en milieu rural dans la zone boréale.

Sous-zones

Bordée au nord par la toundra arctique et au sud par la forêt tempérée ou la prairie, la forêt boréale comprend trois sous‑zones écologiques distinctes : le boisé boréal du Nord, la forêt boréale principale et la forêt boréale méridionale. Le boisé boréal du Nord est composé de conifères épars, d'arbustes rustiques nains et de lichen héliophile. La forêt boréale principale est constituée d'un peuplement serré de conifères et de feuillus, et d'arbustes de sous-bois sur un tapis d'herbes et d'hypnes. Enfin, la partie méridionale de la zone est semblable à la forêt principale, mais compte quelques essences caduques de la forêt tempérée et d'autres espèces de plantes. L’épinette noire, l’épinette blanche, le pin gris, le pin tordu latifolié et le sapin baumier dominent parmi les conifères de la forêt boréale, tandis que le mélèze laricin, le bouleau à papier, le tremble et le peuplier baumier constituent ses principaux feuillus.

Il existe aussi deux sous-zones de transition : la forêt-toundra semi-arctique, un mélange de taïga et de toundra qui longe la lisière septentrionale, et des mosaïques de végétation boréale et tempérée à la limite méridionale. Cette sous‑zone méridionale est définie par la forêt-parc de trembles semi-boréale à l'ouest, et une forêt septentrionale de conifères et de bois dur à l'est.

Topographie

Jusqu’à il y a 12 000 ans, la plus grande partie de la forêt boréale d’aujourd’hui était recouverte de glaciers. C'est pourquoi la topographie et la géologie superficielle de la région découlent en grande partie de la glaciation et la plupart des sols sont jeunes comparativement à ceux des zones ne l’ayant pas connue. Quant aux limites nord-sud de la forêt, le réchauffement et le refroidissement de la planète les ont fait varier au fil du temps.

Des réseaux de marécages, boisés ou non, se forment dans les zones mal drainées. Ils sont généralement composés de fougères, de tourbières acides, et de marais riches en éléments nutritifs sous lesquels reposent diverses quantités de matière organique. Ces marais sont très étendus dans certaines régions, comme dans les basses‑terres de la baie d’Hudson. Le pergélisol est présent ici et là dans la partie méridionale de cette zone, mais s’étend sur presque toute sa partie septentrionale.

Feux de forêt

Les feux de forêt sont plus nombreux dans la forêt boréale que dans les forêts plus tempérées du Canada. Les incendies causés par la foudre et la négligence humaine dévastent une bonne partie de la forêt de conifères très inflammable durant les étés secs, mais la plupart des espèces végétales sont adaptées pour survivre aux incendies ou pour repeupler très rapidement les zones brûlées. En réalité, ces feux sont essentiels à l’existence de la forêt, car ils libèrent des éléments nutritifs présents dans les débris sur le tapis forestier, exposent le couvert forestier à la lumière du soleil, et permettent à certaines espèces végétales de se reproduire, en ouvrant par exemple les cônes de pin et en libérant les graines. Après les feux, la végétation se succède dans un ordre déterminé. La repousse commence souvent par les espèces vivaces comme l’épilobe, suivie par un stade de durée aussi courte caractérisé par des espèces arbustives de saule. Vient ensuite pour une durée plus longue la forêt claire, où dominent le tremble, le pin ou le bouleau. Le dernier stade est celui de la forêt dense de pins et d'épinettes, qui persiste jusqu'à l'incendie suivant. Ces peuplements successifs sont souvent interrompus par un autre incendie, ramenant ainsi la végétation au stade de l'épilobe bien avant que le stade ultime soit atteint.

Animaux et insectes

La forêt est peuplée d'importants mammifères, comme l’orignal, le caribou, l’ours noir, le loup, le castor, le rat musqué, plusieurs espèces de lièvre, l'écureuil roux, la souris sylvestre et le campagnol à tête rouge. La moitié des 425 espèces d’oiseaux du Canada y niche aussi, dont la bernache du Canada, le huard à collier, le grand héron, de nombreux éperviers, hiboux et canards, la gélinotte huppée et le tétras des savanes, le martin‑pêcheur d'Amérique, le geai gris, le merle d'Amérique et autres grives, les mésanges à tête noire et à tête brune, plusieurs sittelles, viréos et gros‑becs, de même que de nombreuses espèces de parulines et de bruants. On compte parmi les insectes détestés, avec raison, les maringouins, les mouches noires et les brûlots.

Réchauffement climatique

Certains climatologues prévoient que le réchauffement planétaire forcera la forêt boréale, avec ses industries connexes, à se déplacer très rapidement vers le nord au cours du troisième millénaire. Elle cédera une grande partie de son territoire actuel à la végétation de la forêt tempérée et des prairies arides.