Les frontières du Canada – tout comme les provinces et territoires qu’elles contiennent – se sont déplacées et ont évolué tout au long de l’histoire du pays. Les principaux changements sont survenus avec la conclusion du Traité de Paris en 1763, l’établissement du 49e parallèle en tant que frontière en vertu de la Convention de 1818 et la signature du Traité de l’Oregon en 1846, puis avec l’établissement graduel de frontières provinciales et territoriales à partir de la Confédération.

De la fin du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle

L’évolution du Canada en tant qu’entité politique commence avec l’arrivée des colons français et anglais au début du XVIIe siècle et la création de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) en 1670. Français et Anglais font généralement fi des territoires et des frontières des peuples autochtones qui habitent sur le continent avant leur arrivée, et ce, avant comme après la Confédération.

En vertu du Traité de Paris (1763), l’est de l’Amérique du Nord devient britannique, à l’exception des îles Saint-Pierre-et-Miquelon. La Grande-Bretagne met en place des gouvernements en Nouvelle-Écosse (qui comprend alors le Nouveau-Brunswick d’aujourd’hui et l’Île-du-Prince-Édouard), à Terre-Neuve (qui comprend alors le Labrador, l’île d’Anticosti et les Îles de la Madeleine) et au Québec (le bassin versant du Bas-Saint-Laurent). Tous les autres territoires sont dévolus à la Couronne ou à la CBH. En 1769, l’île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard) est séparée administrativement de la Nouvelle-Écosse et, en 1774, le territoire du Québec est agrandi pour inclure l’île d’Anticosti, les Îles de la Madeleine et le territoire situé au sud-ouest, entre les fleuves Ohio et Mississippi.

De la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle

Après que les États-Unis obtiennent leur indépendance de la Grande-Bretagne, le Québec est confiné au territoire situé au nord des Grands Lacs et, en 1784, le Nouveau-Brunswick est créé en tant que colonie britannique distincte pour y accueillir les loyalistes. De 1784 à 1820, l’Île du Cap-Breton a aussi le statut de colonie distincte.

Après que les États-Unis ont acquis la Louisiane de la France en 1803, il devient nécessaire de déterminer ses frontières avec les possessions britanniques situées à l’ouest des Grands Lacs. En vertu de la Convention de 1818, cette frontière s’étend le long du 49e parallèle jusqu’aux Rocheuses. Le territoire situé à l’ouest des Rocheuses est occupé par les deux pays, la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Les limites respectives du territoire britannique et de l’Alaska russe sont fixées en 1825. Quant au territoire sous juridiction américano-britannique, il est divisé par le Traité de l’Oregon de 1846. En 1842, le Traité Ashburton-Webster règle la question de la frontière Maine-Nouveau-Brunswick et fixe la frontière entre les colonies de l’Amérique du Nord britannique et les États-Unis depuis le lac Huron jusqu’au lac des Bois. Dans l’extrême Ouest, les colonies britanniques de l’Île de Vancouver (fondée en 1849) et de la Colombie-Britannique (fondée en 1858) sont réunies en 1866.

Confédération : fin du XIXe siècle

En 1867, trois colonies de l’Amérique du Nord britannique – le Canada, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick –, s’unissent dans la Confédération. L’ancienne Province du Canada est divisée pour former l’Ontario et le Québec.

En 1870, la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest, que le gouvernement fédéral achète à la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1869-1870, sont officiellement transférés au Canada. Afin de faire place aux collectivités agricoles qui y sont établies depuis 1812, on soustrait à ces territoires une petite portion qui devient la province du Manitoba (voir Colonie de la rivière Rouge). En 1871, la Colombie-Britannique entre dans la fédération, suivie de l’Île-du-Prince-Édouard en 1873.

En 1876, on crée le district de Keewatin à même les Territoires du Nord-Ouest afin de régler les problèmes administratifs issus de la colonisation du nord du Manitoba. Les Territoires sont agrandis en 1880, lorsque la juridiction britannique sur les îles de l’Arctique est cédée au Canada, mais on les réduit de nouveau quand le Manitoba, l’Ontario et le Québec sont agrandis en 1881, 1889 et 1898. Pour des fins d’administration et de service postal, on divise les territoires restants en districts provisoires : Athabaska, Alberta, Saskatchewan et Assiniboine en 1882, Yukon, Mackenzie, Franklin et Ungava en 1895 (le district du Yukon devient en 1898 un territoire séparé, de sorte que le gouvernement puisse exercer son autorité sur les chercheurs d’or qui envahissent la région; voir Ruée vers l’or du Klondike).

Du début du XXe siècle à aujourd’hui

En 1905, le développement de l’agriculture mène à la création des provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan. Leur expansion au nord du 60e parallèle entraîne des revendications analogues de la part du Manitoba, de l’Ontario et du Québec. En 1912, ces provinces atteignent leurs limites actuelles et les districts des Territoires du Nord-Ouest disparaissent, à l’exception de Mackenzie, de Keewatin (territoire contesté, d’abord sous la juridiction du Manitoba puis concédé à l’Ontario en 1912) et de Franklin.

La dernière addition territoriale survient lorsque Terre-Neuve adhère à la Confédération en 1949, nantie d’un territoire déterminé par le Conseil privé du Royaume-Uni en 1927.

Une zone maritime du Canada est récemment délimitée : elle couvre les eaux entourant son archipel Arctique, autour duquel des lignes de base droites ont été établies en 1985. Le Canada revendique la pleine souveraineté sur toutes ces eaux, y compris sur les détroits du passage du Nord-Ouest. On redivise également les Territoires du Nord-Ouest en 1999, avec la création du territoire du Nunavut, lequel englobe la majeure partie de l’archipel Arctique et le continent à l’est de la limite forestière.