Elizabeth Smart était écrivaine (née le 27 décembre 1913 à Ottawa, en Ontario, décédée le 4 mars 1986 à Londres, en Angleterre). En 1945, Elizabeth Smart, écrivaine canadienne inconnue vivant à Londres, publie en Angleterre un court ouvrage au long titre, À la hauteur de Grand Central Station, je me suis assise et j’ai pleuré. Il est publié à 2000 exemplaires, dont 6 se retrouvent dans des librairies canadiennes. Puisque le livre s’inspire de l’histoire d’amour entre Elizabeth Smart et le poète George Barker, la mère de celle-ci joue de son influence auprès du premier ministre William Lyon Mackenzie King pour interdire l’importation d’autres exemplaires du livre au Canada. Toutefois, le livre est vendu à Londres et à New York. En 1966, il est réédité en format de poche. On le qualifie alors de chef-d’œuvre de prose poétique, ce qui donne à l’auteure une réputation littéraire singulière. Ce n’est que 32 ans plus tard qu’Elizabeth Smart publie son ouvrage suivant.

Jeunesse et éducation

Elizabeth Smart naît dans une famille bien en vue d’Ottawa. Elle fréquente Hatfield Hall, une école privée située à Cobourg, en Ontario. Elle ne se sépare jamais de son calepin. Dès son jeune âge, elle aspire à devenir écrivaine. Toutefois, à 19 ans, elle se rend à Londres pour y étudier le piano. Peu après, elle se rend compte que le piano ne pourra jamais la satisfaire pleinement. Puisqu’elle désire se mettre sérieusement à l’écriture, elle abandonne le piano et retourne au Canada pour travailler à l’Ottawa Journal, où elle rapporte des nouvelles de société. Peu après, elle voyage abondamment tout au long des années 1930, embrassant une vie nomade et parfois bohème. Pendant cette période, elle découvre la poésie de George Barker et décide, ni vu ni connu, qu’elle l’épousera. Elle le rencontre éventuellement par l’entremise de Lawrence Durrell. Bien qu’elle n’ait jamais épousé George Baker (il est marié et catholique), elle aura quatre enfants de lui.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Elizabeth Smart travaille brièvement à l’ambassade d’Angleterre à Washington, jusqu’à ce que sa deuxième grossesse commence à paraître. Elle redéménage ensuite en Angleterre, où elle travaille pour subvenir aux besoins de sa famille. Tour à tour, pendant deux décennies, elle rédige des textes publicitaires, est directrice littéraire pour la revue Queen et travaille pour les revues Tatler et House and Garden.

À la hauteur de Grand Central Station, je me suis assise et j’ai pleuré

À la hauteur de Grand Central Station, je me suis assise et j’ai pleuré est publié en 1945. Inspiré de la relation tumultueuse entre Elizabeth Smart et George Baker, le livre est perçu comme un hommage à l’amour singulier par son ton et sa sensibilité. Il devient rapidement un livre culte, et est réédité en 1966 et en 1977. En 1982, la première édition canadienne est enfin publiée en version reliée.

En 1977, deux nouvelles œuvres sont publiées : A Bonus, un petit recueil de poèmes, et The Assumption of the Rogues & Rascals, un poème en prose qui poursuit son œuvre antérieure et qui la commente.

Fin de carrière et de vie

En 1982, Elizabeth Smart retourne vivre brièvement au Canada à titre d’écrivaine résidente à l’Université de l’Alberta. La même année, la première édition canadienne reliée d’À la hauteur de Grand Central Station, je me suis assise et j’ai pleuré est publiée, renforçant son importance littéraire et mettant Elizabeth Smart à l’avant-scène dans le monde littéraire.

En 1984, elle publie In the Meantime, un nouveau recueil de poésie et de prose inédit. En 1986, peu après sa mort, un recueil de ses premiers journaux intimes est publié sous le titre Necessary Secrets. Ce dernier renforce sa réputation dans le milieu littéraire, et son importance est inestimable au sein de son œuvre. Ce recueil lève le voile sur sa personnalité remarquable, à la fois énigmatique, passionnée, vibrante, extravagante et sensible, néanmoins en proie à la léthargie et au doute. Elle a rencontré et connaissait plusieurs de ceux qui ont occupé une place prépondérante dans la vie culturelle et littéraire du Canada. Qui plus est, ses journaux intimes mettent en valeur l’évolution de son style d’écriture unique révélé dans À la hauteur de Grand Central Station, je me suis assise et j’ai pleuré.

En 1994, un deuxième volet de ses journaux intimes, On the Side of the Angels, est publié. Les journaux retracent sa vie des années 1940 aux années 1960 alors qu’elle travaille et élève quatre enfants tout en côtoyant les bohèmes de Londres. Ses derniers journaux témoignent d’une femme qui en vient à assumer sa vie et ses écrits. Elle passe ses dernières années à écrire et à jardiner à sa maison de campagne, nommée « The Dell », dans le comté de Suffolk.

Pour Elizabeth Smart, la vie et l’art étaient inextricablement liés. D’ailleurs, sa vie fascine encore. La passion qui a guidé sa vie et ses amours a donné naissance à l’une des plus grandes histoires d’amour du XXe siècle et au grand classique À la hauteur de Grand Central Station, je me suis assise et j’ai pleuré.