Edith Butler

(Marie Nicole) Edith Butler. Auteure-compositrice-interprète (Paquetville, près de Caraquet, N.-B., 27 juillet 1942). B.A. (Moncton) 1964, L.èsL. (Laval) 1969, D. Mus. h.c. (Moncton) 1985, L.èsL. honorifique (Nouveau-Brunswick) 1986. Elle commence à chanter dans des cafés de Moncton pendant ses études. Entre 1962 et 1967, elle se produit surtout dans des festivals ainsi qu'à la télévision de Halifax, interprétant des chansons folkloriques acadiennes en s'accompagnant à la guitare. Elle incarne le personnage principal du film Les Acadiens de la dispersion produit par l'ONF en 1964. Après avoir enseigné à Bathurst, au Nouveau-Brunswick (1964-1966), elle poursuit des recherches en ethnographie à l'Université Laval (1966-1969) et se produit parallèlement dans des boîtes à chansons de la région de Québec. À l'Expo 70 d'Osaka, elle tient l'affiche pendant six mois au Pavillon du Canada. La même année, elle participe au Festival de folklore Mariposa, puis à ceux de Toronto et Washington. Par la suite, elle fait des tournées en Irlande (1971) et en Europe (1973).

Depuis 1973, elle compose ses propres chansons dont de nombreux textes sont écrits par Lise Aubut. Sur scène, elle joue de plusieurs instruments (banjo, dulcimer, guitare, harmonica, tambour, violon) qu'elle fabrique parfois elle-même. Elle donne des récitals, notamment à la Place des arts (1974, 1979, 1985), au Grand Théâtre de Québec (1974), au Patriote (1975, 1977, 1978, 1979), à Camp Fortune, au nord d'Ottawa (1976), ainsi qu'au Festival de Spa, en Belgique (1977), avec le chanteur français Serge Reggiani. Elle anime la « Veillée de Noël » à la télévision de la SRC (1977) et fait partie du spectacle présenté à Québec pour le 370e anniversaire de fondation de la ville (1978). Entre 1979 et 1981, elle fait une tournée canadienne, visite plusieurs villes françaises, chantant au théâtre de la Ville, à Paris, et faisant des apparitions à plusieurs émissions françaises, comme « Le Grand échiquier » et « Champs-Élysées ». En 1981, elle remporte le Prix international de la chanson et, en 1983, De Paquetville à Paris lui mérite le Grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros. La SRC lui consacre une émission en 1984, « Edith Butler Superstar ». L'année suivante, c'est au tour de la SRC à Halifax, où elle chante avec Symphony Nova Scotia. Son spectacle « Un million de fois je t'aime » mérite le trophée Félix du spectacle pop de l'année 1985, et son micr. Le Party d'Edith obtient en 1986 le Félix de l'album le plus vendu. Elle se produit à l'Olympia de Paris en 1985 et 1986. Ses albums ... et le party continue! (1986) et Party pour danser (1987) méritent tous deux des disques d'or.

Après le spectacle de Butler au Centre national des arts, le critique du quotidien Le Droit (Ottawa, 12 avr. 1979) écrit : « Longue et altière, toute [sic] de blanc vêtue, Edith Butler scintille sur scène. Elle chante si puissamment les airs et légendes de son Acadie natale qu'on ne peut résister à l'invasion sournoise du rythme et de la mélodie... Ses interprétations de complaintes et vieux airs folkloriques, pour la plupart chantés a cappella, possèdent la force et la hantise de souvenirs qu'on veut inscrire à tout jamais dans les mémoires... ».« Avant d'être dépaysée », « Marie Caissie », « Mon Arcadie », « L'Acadie s'marie », « Je vous aime, ma vie recommence », « Paquetville » et « Le Fil de la rivière » figurent au nombre de ses chansons les plus connues.

Avec son impresario Lise Aubut, elle fonde (1975) les Éditions de l'Arcadie et de l'Acalf (Aide à la création artistique et littéraire de la femme) et enregistre de 1976 à 1983 sur étiquette SPPS (Société de production et de programmation de spectacles), une maison qu'elle fonde avec Lise Aubut, Angèle Arsenault et Jacqueline Lemay en 1974. Elle publie un recueil de chansons, L'Acadie sans frontières (Montréal 1974), et un cahier de la musique de ses chansons édité chez Intermède Musique en 1978.

Elle est récipiendaire de nombreux honneurs : Ordre du Mérite de la culture française (1971), officier de l'Ordre du Canada (1975), Ordre de la Pléiade (1978, distinction décernée par le Nouveau-Brunswick), princesse indienne honorifique de la nation des Abénakis, Chevalier de l'Ordre National du Mérite de la République française (1999), Prix Montfort du ministère du Patrimoine canadien (2004) et Prix du Gouverneur général de la réalisation artistique (2009). En 2007, Butler est intronisée au Panthéon canadien des auteurs et compositeurs canadiens pour sa chanson « Paquetville », et un timbre est émis en 2009 en son honneur dans le cadre de la série « Artistes canadiens de la chanson » de Postes Canada.

Édith Butler - Fille du vent et d'Acadie par Monique LeBlanc, Office national du film du Canada

Discographie

Chansons d'Acadie : 1969; RCI 390.

Avant d'être dépaysée : 1973; Col FS-90156.

L'Acadie s'marie : 1974; Col FS-90274.

Edith Butler : 1976; SPPS PS-19909.

C'est la récréation : avec Arsenault et Lemay; 1977; Éd. Projets EP-990-0 et SPPS XPS-19906.

L'Espoir : 1978; SPPS PS-19904.

Asteur qu'on est là : 1979; SPPS PS-19905.

Barbichon, barbiché : avec Lemay; 1980; Éd. Projets EP-992-8 et SPPS PS-19914.

Edith Butler à Paquetville : 1980; SPPS PS-19911.

Je m'appelle Edith : 1981; SPPS PS-19916.

De Paquetville à Paris : 1983; Kappa KPL-1111.

Un million de fois je t'aime : 1984; Kappa KPL-1112.

Le Party d'Edith : 1985; Vamp PAR-7007.

... et le party continue! : 1986; Star PAR-7009.

12 Grands succès d'Édith Butler : 1986; Vamp PAR-7008.

Party pour danser : 1987; Star STR-8003.

Edith Butler : 1990; Kappa KA-1990.

Ça swingue : 1992; Kappa KA-2525

Edith à l'année longue : 1995; Kappa KA-2526

Madame Butlerfly : 2003; KA-2729

Bibliographie

Stephen KROLL, « Edith Butler, chanteuse et folkloriste acadienne », CompCan, 83 (sept. 1973).

Marie-Odile VÉZINA, « Ces chanteuses venues d'Acadie », Perspectives, XVIII (6 mars 1976).

Hélène JASMIN, « Lise Aubut impressionnée, impresario, impressionnante », CompCan, 118 (févr. 1977).

Pierre BEAULIEU, « L'Âme de l'Acadie », La Presse (Montréal, 10 mars 1979).

Nathalie PETROWSKI, « Le Pays intérieur d'Edith Butler », Le Devoir (Montréal, 19 mars 1979).

-, « L'Acadie nous aura tant donné », CompCan, 148 (févr. 1980).

Paul CAUCHON, « Butler, l'Acadienne sans frontières », Le Devoir (Montréal, 23 févr. 1985).