Dubé, Jasmine

Jasmine Dubé. Comédienne, auteure dramatique et metteure en scène. (Amqui, Qué, 11 avril 1957-) La cofondatrice et directrice artistique du Théâtre Bouches Décousues, Jasmine Dubé, maintient un engagement artistique envers les jeunes publics depuis trente ans. Son œuvre déborde d'ailleurs du théâtre puisqu'elle est aussi auteure d'albums et de romans jeunesse, ainsi que scénariste pour la télévision, toujours en direction des enfants. De nombreux prix et distinctions, au fil des ans, ont souligné la qualité de ses créations.

Diplômée en interprétation de l'ÉCOLE NATIONALE DE THÉÂTRE DU CANADA, promotion 1978, Jasmine Dubé s'engage dès lors dans plusieurs aventures théâtrales comme comédienne, notamment avec La Marmaille (aujourd'hui Les Deux Mondes). En Gaspésie, elle joint le Théâtre Pince-Farine pour la création, en 1981, de La Gaspésie quand on y vit, puis crée, en 1984, le spectacle en solo Caméléonne de David Lonergan, mis en scène par Claude Poissant, qu'elle jouera plus de cent fois. À Montréal, au cours des mêmes années, elle collabore avec le Théâtre Petit à Petit (à présent le PàP), jouant notamment dans Girafes, de René Richard Cyr, en 1983. Jasmine Dubé sera aussi de la distribution de Les paradis n'existent plus Jeanne d'Arc d'Alice Ronfard (1985), de La Déposition d'Hélène Pedneault (1988) et de Baby Blues de Carole Fréchette (1991).

Avec sa première pièce écrite en solo, Bouches décousues, mise en scène par Louis-Dominique Lavigne en 1984, sa carrière d'auteure prend son envol. L'œuvre coup-de-poing, portant sur le sujet tabou des agressions sexuelles faites aux enfants, qui n'osent pas toujours dénoncer leur bourreau, sera jouée plus de 350 fois, au pays et à l'étranger. Jasmine Dubé fonde alors, avec quelques complices, le Théâtre Bouches Décousues, dont elle assume jusqu'à maintenant la direction artistique. Elle délaisse quelque peu, sans l'abandonner, le jeu pour se consacrer à l'écriture : près de vingt pièces, la plupart pour le jeune public, verront le jour. Parmi celles-là, retenons Petit Monstre (1992), qui décrit la relation de tendresse entre un père et son fils, Pierrette Pan, ministre de l'Enfance et des produits dérivés (1994), qui met en scène une ministre de l'Enfance détestant les enfants, La Bonne Femme (1995), un solo joué par l'auteure 260 fois, Le Bain (1997), devenu un classique du théâtre pour la petite enfance, puis L'Arche de Noémie (1998).

Les années 2000 seront aussi fertiles pour l'auteure Jasmine Dubé : La Mère Merle (2000), Le Pingouin (2001), le parcours ambulatoire La Couturière (2004), puis plus récemment un triptyque portant le titre général Les Jardins d'enfants, sur lequel elle travaille depuis 2007, lui permettent de multiplier ses recherches, entre autres en jumelant les disciplines artistiques. Les trois pièces, Les Mauvaises Herbes, qui s'adresse aux jeunes de 7 à 12 ans, Marguerite, destinée aux tout-petits à partir de 18 mois, et Gingko et la Jardinière, pour les enfants de 4 ans et plus, montée en coproduction avec le Théâtre Maât de Belgique, sont créées au cours de l'année 2010, à l'occasion du 25e anniversaire du Théâtre Bouches Décousues. Parallèlement à son travail théâtral, Jasmine Dubé a publié, au fil des ans, quinze albums et sept romans pour les jeunes. Certains de ses textes ont été traduits en anglais, en portugais et en italien.

Plusieurs prix ont salué l'excellence du travail de Jasmine Dubé et de la compagnie qu'elle dirige, dont le prix de la meilleure production jeune public de l'Association québécoise des critiques de théâtre, en 1992, pour Petit Monstre; trois Masques (production jeune public, texte et mise en scène) décernés par l'Académie québécoise du théâtre, en 1996, pour La Bonne Femme; sans oublier plusieurs prix du public pour Le Bain. En 1996, Jasmine Dubé recevait le prix Arthur-Buies pour l'ensemble de son œuvre et, en 1998, la médaille de la culture française. Artquimédia lui remettait la même année l'Agathe de distinction pour son rayonnement artistique à l'échelle nationale et internationale. Enfin, le Conseil des arts de Montréal décernait son grand prix 2005 au Théâtre Bouches Décousues « pour son apport immense à la vitalité et au développement du théâtre d'ici ».