Les activités des députés

Les députés ont principalement trois responsabilités : légiférer au Parlement, représenter leur circonscription et leur parti politique, et répondre aux besoins de leurs électeurs. L’élaboration des politiques est la tâche du Cabinet, de ses ministres et des hauts fonctionnaires ; en tant que groupe, les députés ont moins de poids sur l’élaboration des politiques, bien que certains d’entre eux puissent avoir du poids dans le caucus et dans des comités parlementaires. Une partie importante du travail d’un député est de répondre aux demandes de ses électeurs. Les députés sont élus pour représenter les intérêts des gens de leurs circonscriptions, où ils conservent un bureau. En tant que représentants, les députés proposent, débattent et votent des lois, participent à des travaux de comités, s’expriment devant la Chambre des communes (et durant les réunions du caucus) sur des enjeux d’importance locale, régionale ou nationale et posent des questions au premier ministre et aux ministres du cabinet quand le parlement siège. Ils révisent également les prévisions budgétaires et votent les budgets fédéraux.

Rôles dans la Chambre des communes

Les députés exercent des fonctions et des niveaux d’influence variés au sein du gouvernement. Ils peuvent être désignés ou élus pour différents postes, par exemple président de la Chambre, leader parlementaire, whip du parti, président de comité, ministre du Cabinet ou critique de l’opposition. Les députés sont des fonctionnaires rémunérés qui reçoivent un salaire commençant à 170 400 $. Les députés ayant des responsabilités additionnelles (dont le premier ministre et ceux qui détiennent les postes mentionnés plus haut) reçoivent un salaire plus élevé ainsi que des avantages supplémentaires comme une allocation automobile.

Premier ministre

Le premier ministre est le chef du gouvernement fédéral, mais aussi un député du parlement. Dans le système de partis, le chef du parti détenant le plus grand nombre de sièges dans la Chambre des communes devient normalement premier ministre ; une personne n’est pas spécifiquement élue à ce poste. Les chefs de partis peuvent devenir premiers ministres même s’ils ne sont pas députés (par ex., John Turner a passé la plus grande partie de son mandat de premier ministre hors de la Chambre des communes) ; cependant, la tradition exige qu’il obtienne un siège au plus vite, dans d’une élection générale ou partielle. Le premier ministre détermine les orientations politiques, gère le gouvernement, dirige et nomme les membres du Cabinet, reçoit les délégations étrangères et répond aux questions des députés de l’opposition, et parfois des députés d’arrière-ban de son propre parti, quand le parlement siège. Pour gouverner, le premier ministre et le cabinet doivent conserver le soutien (ou la confiance) de la majorité des députés de la Chambre.

Ministres du Cabinet

Certains députés, appartenant traditionnellement au parti qui détient le plus de sièges à la Chambre des communes, mais pas toujours, sont nommés au Cabinet, le comité des ministres qui détient le pouvoir exécutif. La plupart des ministres du Cabinet sont à la tête d’un ou plusieurs ministères du gouvernement. Parmi ceux-ci on retrouve la sécurité, la santé, l’emploi, la défense, l’environnement, les affaires autochtones et du Nord, les ressources naturelles, le développement économique, l’immigration, l’agriculture, le transport, le tourisme, les affaires étrangères, la justice, les affaires intergouvernementales et les finances, entre autres.

Les ministères déterminent les priorités ministérielles, élaborent les politiques publiques, siègent sur les comités et proposent des lois.

Critiques de l’opposition

Dans le système des partis, les partis d’opposition forment ce qu’on appelle des cabinets fantômes qui reproduisent le Cabinet. Des ministres fantômes (généralement appelés critiques de l’opposition) surveillent le gouvernement, proposent d’autres politiques et expriment la position et les messages de leur parti.

Députés d’arrière-ban

Les députés qui ne font pas partie du Cabinet sont appelés d’« arrière-ban » parce qu’ils s’asseyaient autrefois sur un banc à l’arrière du Parlement. Les principales tâches des députés d’arrière-ban sont de fournir des services à leurs électeurs, d’élaborer les politiques avec le caucus du parti et de participer à différents comités de révision des lois.

Représentation

La Chambre des communes comporte 338 sièges répartis parmi les provinces et les territoires. Ces sièges sont attribués par une procédure appelée redécoupage et changent à tous les dix ans, après le recensement d’une année se terminant par un « 1 » (comme 2011), appelé « recensement décennal ».

Députés élus

Tout citoyen canadien âgé de 18 ans ou plus le jour de l’élection peut se présenter. Presque tous les députés sont élus en tant que membres d’un parti politique, mais certains peuvent faire campagne et siéger en tant qu’indépendants.

Les députés possèdent généralement un niveau de scolarité élevé ; après l’élection de 2015, 227 députés détenaient un baccalauréat, 97 une maîtrise et 14 un doctorat. Beaucoup entrent au gouvernement fédéral après avoir siégé dans un gouvernement provincial ou territorial ou dans un conseil municipal. D’autres proviennent du secteur privé. Parmi les professions fréquemment rencontrées, on compte des gens d’affaires, des juristes, des consultants, des enseignants et des journalistes. La majorité des députés sont de sexe masculin (74 %) et d’âge moyen (51 ans en moyenne). Leurs carrières sont habituellement courtes, soit huit ans ou deux mandats en moyenne, à cause des variations de l’électorat.

Diversité dans la Chambre des communes

En 2015, 11 personnes autochtones (6 de Premières nations, 3 Métis et 2 Inuits) sont élues à la Chambre des communes. Quarante-et-un députés sont nés hors du Canada. Au moins 46 personnes appartenant à une minorité visible (c’est-à-dire, de descendance ni blanche ni européenne) sont élues en 2015, comptant pour 13,6 % des sièges, soit beaucoup plus que les 28 élues en 2011, représentant 9,1 % des sièges. Les données montrent que le pourcentage de membres de minorités visibles au parlement s’accroît lentement depuis 1993. Selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, 19,1 % de la population canadienne appartient à une minorité visible.

Le nombre de femmes qui se présentent aux élections fédérales est passé de 373 en 2000 à 533 en 2015. Cependant, le pourcentage de candidates élues députées est resté de 16 % durant la même période. Au début de 2017, il y avait 88 femmes à la Chambre des communes, comptant pour un peu plus de 26 % des sièges.