Conrad Moffat Black

Conrad Moffat Black, Canadien de descendance britannique, Baron Black de Crossharbour, magna des médias, chef d'industrie, journaliste, historien et auteur (Montréal, QC, 25 août 1944). Fils de George Montegu Black fils, président de Canadian Breweries Ltd., et sous-ministre adjoint de la Défense nationale pendant la Deuxième Guerre mondiale. Black fait ses études à l'Upper Canada College, puis au Trinity College, à la Thornton School et au Osgoode Hall. Il reçoit un baccalauréat ès arts de l'Université Carleton en 1965, un baccalauréat en droit de l'Université Laval en 1970 et une maîtrise en histoire de l'Université McGill en 1973. En 1969, il commence à faire l'acquisition de journaux ruraux, The Eastern Townships Advertiser, L'Avenir de Brome Missisquoi et plus tard le Sherbrooke Record avec ses associés Peter White et David Radler. Toujours à McGill, Black écrit une biographie sympathique du premier ministre du Québec, Maurice DUPLESSIS. Après la mort de son père, il utilise son héritage pour acheter la société de portefeuille Ravelston Corporation, pour obtenir le plein contrôle d'ARGUS CORPORATION et de sa filiale, Hollinger International.

Black consacre de moins en moins de temps et d'argent dans Argus et commence, en 1985, à acquérir des journaux à plus grand tirage, dont le London Daily Telegraph, le Jerusalem Post, The Chicago Sun Times et le Sydney Morning Herald. En 1992, il prend le contrôle de la chaîne canadienne de journaux Southam (voir SOUTHAM INC).

L'autobiographie de Conrad Black, A Life in Progress est publiée l'année suivante.

Le National Post, produit phare de la chaîne de journaux de Black à Toronto, est lancé en 1992 pour faire concurrence au quotidien The Globe & Mail. En 1999, le gouvernement britannique offre le titre de baron à Black, mais le premier ministre du Canada Jean CHRÉTIEN intervient en refusant la nomination de Black, citant la résolution Nickle de 1919 qui stipule que la pratique des gouvernements étrangers de conférer des titres honorifiques aux citoyens canadiens doit cesser. Black renonce à sa citoyenneté canadienne et la Chambre des lords lui confère le titre de lord Black de Crossharbour. Crossharbour est le nom d'un quartier londonien situé près de l'édifice du journal The London Daily Telegraph.

Black vend sa chaîne de journaux canadienne à CanWest Media 3,2 milliards de dollars et, dans le cadre de cette transaction, CanWest Global lui verse une prime de non-concurrence de 74 millions de dollars. Peu après, les dirigeants de Hollinger International affirment que Black et Radler empochent des salaires non autorisés. D'autres l'accusent d'avoir détourné des centaines de millions de dollars de sociétés pour son propre compte en se rendant coupable de délits d'initié.

Black est congédié de la présidence de Hollinger en 2004 et perd peu après le contrôle de son empire. Malgré ses déboires financiers, il réussit à publier une ambitieuse biographie de l'ancien président américain Franklin Delano Roosevelt. En 2005, son partenaire de longue date David Radler accepte de coopérer avec les enquêteurs américains dans le cadre d'une négociation de peine. Black est alors inculpé pour fraude et entrave à la justice. La sentence prononcée par le juge à la cour de district de Chicago en 2007 condamnant Black à 78 mois d'emprisonnement pour avoir escroqué les actionnaires de Hollinger et fait entrave à la justice résulte principalement des témoignages accablants de Radler à son endroit.

Black fait appel de sa sentence devant la Cour suprême américaine, arguant que le juge de première instance a mal informé le jury quant à la justesse de l'interprétation de certains aspects des accusations de fraude qui pesaient contre lui. Conséquemment, en juin 2010, la Cour suprême des États-Unis mit de côté la condamnation pour fraude et en juillet suivant, C. Black est libéré sous caution. En octobre, un tribunal d'appel composé de trois membres a annulé deux des trois condamnations pour fraude de Black tout en maintenant le verdict de culpabilité pour entrave à la justice. Conrad Black a été renvoyé devant le tribunal de Chicago pour connaître la peine qu'il devra purger pour la troisième condamnation pour fraude et pour avoir entravé la justice. En juin 2011, lors de nouvelles audiences de détermination de peine, la condamnation à 78 mois de prison, prononcée en 2007, est commuée à 42 mois, ce qui signifie que Conrad Black est susceptible de purger 13 mois supplémentaires. C'est en septembre 2011 que débuta l'incarcération de Black, qui devait être suivie de deux ans de libération surveillée pour éventuellement être libéré du centre Federal Correctional Institution de Miami en avril 2012, du non constitué Miami-Dade County. Puisque Black avait préalablement renoncé à sa citoyenneté canadienne dans le but d'accéder à la British House of Lords, en 2001, il ne fut pas automatiquement éligible pour revenir s'établir au Canada à l'expiration de sa sentence. On lui accorda cependant le statut de résident temporaire lui permettant ainsi de revenir à sa résidence de Toronto.

La biographie du président américain Richard Nixon rédigée par Black, The Invincible Quest, est publiée l'année de sa condamnation et connait un grand succès auprès des critiques. En A Matter of Principle (2011), Black décrit son procès, la condamnation, l'incarcération, et d'appel.

Conrad Black reçoit l'Ordre du Canada en 1990 pour « sa grande contribution dans les domaines commercial, littéraire et artistique ». En Janvier 2014, Black a été retiré de l'Ordre du Canada et du Conseil privé de la Reine pour le Canada.

Il a trois enfants avec Shirley Gail Walters, qu'il marie en 1978. Il se remarie en 1992 avec la journaliste Barbara AMIEL.