Commerce international

  Le commerce international concerne les échanges (achat et vente) de biens et de services entre pays différents, les commerçants pouvant être des particuliers, des entreprises privées ou des organismes gouvernementaux. Les exportations canadiennes de biens et de services constituent plus de 40 p. 100 de la production totale du pays (biens : 33,5 p. 100; services et recettes de placement : le reste).

Depuis 1960, à l'exception de 1974, le Canada exporte plus de marchandises qu'il n'en importe et enregistre des surplus commerciaux. Par contre, l'importation de services et les paiements sur le capital emprunté sont normalement bien supérieurs à l'exportation de services et aux recettes de placement, de sorte que pour l'ensemble des biens et des services, le pays enregistre en général un déficit annuel important. De 1988 à 1994 inclusivement, ce déficit se chiffre en moyenne à 25 milliards de dollars par année - somme que le Canada doit emprunter à l'étranger pour combler la différence. En 1995 et 1996 toutefois, ce déficit baisse considérablement en raison de la très forte croissance des exportations de biens. Ainsi, en 1996, il n'est que de 1,7 milliard de dollars.

Commerce de marchandises

Les États-Unis, qui achètent environ 82 p. 100 des exportations canadiennes de biens et fournissent près de 76 p. 100 des importations du Canada, sont le partenaire commercial le plus important du pays. La dépendance de celui-ci envers les États-Unis s'est accrue au cours des 100 dernières années. Jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis et le Royaume-Uni s'échangent la première position parmi les pays importateurs de produits canadiens. Aujourd'hui, le Royaume-Uni n'achète que 1,5 p. 100 du total des exportations canadiennes et ne vend au Canada que 2,6 p. 100 des produits importés par celui-ci.

Le Japon a déclassé le Royaume-Uni en tant que deuxième partenaire commercial, mais il reste bien loin derrière les États-Unis, ne représentant que 4 p. 100 des exportations et 3 p. 100 des importations. La plupart des importations en provenance du Japon sont des produits manufacturés à grande valeur ajoutée tels que les automobiles et le matériel électronique, alors que les exportations vers ce pays sont presque exclusivement des matières premières et semi-traitées : bois d'oeuvre, métaux, charbon et produits agrico1es.

Le pourcentage du commerce canadien avec les pays de la Communauté économique européenne (y compris le Royaume-Uni) a diminué depuis le milieu des années 60, représentant seulement 5,7 p. 100 des exportations et 8,7 p. 100 des importations. Le commerce avec les pays du Sud-Est asiatique, encore relativement peu important, ne cesse toutefois d'augmenter. À mesure que ces pays s'industrialisent, les exportations (produits du bois et articles en papier, céréales, matériel et outillage, produits métallurgiques et produits chimiques) et les importations (appareils et matériel électriques et équipements divers) croissent de plus en plus. La Chine, d'où proviennent plus de 2 p. 100 des importations canadiennes, pourrait bientôt dépasser le Japon à ce chapitre.

Environ 46 p. 100 des exportations canadiennes sont des automobiles, du matériel et de l'outillage ainsi que divers biens de consommation. Le reste, soit 54 p. 100, est constitué de produits à base de ressources naturelles (agriculture, énergie, pêche, forêt et mines). Par contraste, les trois premières catégories de produits forment environ 66 p. 100 des importations du Canada, alors que les produits tirés des ressources naturelles ne comptent que pour 31 p. 100. En conséquence, le Canada enregistre constamment un surplus commercial du côté des produits à base de ressources naturelles et un déficit du côté des produits manufacturés, situation habituelle dans l'histoire canadienne.

Au début, le Canada dépend presque exclusivement de ses ressources naturelles pour l'exportation : surtout du poisson, des fourrures et du bois d'oeuvre, et plus tard des produits agricoles (les céréales en particulier), des pâtes et papiers et de divers métaux et minerais. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, pétrole, gaz naturel, engrais et produits pétrochimiques, uranium, minerai de fer, soufre, potasse, charbon, électricité, colza et viandes rouges ont joint les rangs des exportations canadiennes de matières brutes. Par ailleurs, l'exportation de diamants pourrait prendre de l'ampleur au cours des années à venir.

De nos jours, chaque catégorie d'exportations est dominée par un nombre relativement restreint de produits. Le blé constitue 24 p. 100 des exportations agricoles tandis que les animaux vivants et les produits de viande représentent 20 p. 100; le bois débité de résineux, la pâte à papier et le papier journal comptent pour environ 77 p. 100 des exportations de produits forestiers. Le fer, le cuivre, le nickel, les minerais et concentrés de zinc constituent 71 p. 100 des exportations de minerais bruts, alors que les minerais raffinés ainsi que l'aluminium et les métaux précieux forment la presque totalité des ventes de métaux et d'alliages à l'étranger. Les automobiles et les pièces d'automobile comptent à elles seules pour 23 p. 100 du total des exportations.

Les exportations de produits manufacturés à forte valeur ajoutée, y compris le matériel et les machines de bureau (comme les ordinateurs), les produits chimiques, les engrais et divers autres produits fabriqués affichent, en volume et en valeur, la croissance la plus rapide. Ces produits font aussi partie des importations à croissance très rapide, si bien que le déficit absolu du Canada pour cette catégorie de biens s'élève encore à 25 milliards de dollars en 1996. Parmi d'autres produits qui gagnent rapidement du terrain, on trouve le pétrole et le gaz naturel ainsi que les matériaux industriels.

On peut attribuer à divers facteurs la particularité du commerce canadien. Mentionnons d'abord les ressources naturelles, renouvelables ou non, qui font la richesse du pays. Elles sont le fondement de son avantage comparatif dans les domaines des minerais bruts et semi-transformés, de l'énergie, des produits agricoles, forestiers et de la pêche, secteurs où le Canada exporte d'importantes quantités. Même les produits chimiques à forte valeur ajoutée dépendent des gisements de gaz naturel et de pétrole.

L'Accord de libre-échange Canada - États-Unis et, plus tard, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) contribuent largement à favoriser le commerce nord-sud. Désormais, les fabricants canadiens ne jouissent plus de la même protection et doivent donc réorganiser leurs entreprises, adopter les plus récentes technologies et devenir en général plus efficaces. De plus, la suppression des dernières barrières tarifaires américaines et l'avènement de la mondialisation encouragent les firmes canadiennes à se tourner de plus en plus vers l'exportation. Ajoutons à cela la croissance et la prospérité de l'économie américaine qui, pour répondre à ses besoins, fait davantage appel aux produits canadiens. En outre, la recherche et le développement dans quelques secteurs de pointe comme celui des télécommunications et la production de certaines entreprises exploitant des brevets détenus par des sociétés mères ou des titulaires de technologie étrangers sont aussi un important facteur d'augmentation des exportations. La vigueur des exportations canadiennes s'explique aussi du fait que les cadres sont mieux formés et plus dynamiques, que les relations entre employés et patronat s'améliorent et que l'inflation est jugulée.

Toutefois, la recherche et le développement dans le secteur manufacturier canadien ne sont pas aussi poussés qu'ils pourraient l'être. En outre, les progrès technologiques dans d'autres pays développés sont rapides. Le Canada doit donc compter massivement sur les importations pour répondre à ses besoins dans le domaine des produits de haute technologie, d'où la forte proportion des importations de produits à forte valeur ajoutée. Cette proportion est aussi reliée au pourcentage élevé du contrôle et des INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS dans l'industrie canadienne. En effet, les filiales de sociétés étrangères font plus d'achats à l'étranger que les entreprises canadiennes. Dans bien des cas, ces filiales ne font qu'assembler au Canada les éléments et pièces qu'elles font venir d'ailleurs. Le Canada importe aussi beaucoup de biens de consommation comme les vêtements, les chaussures et les jouets, produits dont la fabrication nécessite une main-d'oeuvre abondante qui coûte beaucoup moins cher dans les pays en voie de développement et les pays nouvellement industrialisés d'Asie et d'Amérique latine.

Les termes de l'échange du Canada, c'est-à-dire le rapport entre les prix des exportations et ceux des importations, s'améliorent quelque peu depuis le milieu des années 80, de 4 p. 100 environ, en raison du raffermissement des prix des produits à base de ressources naturelles (blé, bois d'oeuvre, produits de papier et métallurgiques, notamment). Autre changement digne de mention : la chute du prix des ordinateurs et d'autre matériel de bureau, qui n'a toutefois que peu d'effet sur les termes de l'échange, le Canada étant dans ce secteur à la fois importateur et exportateur.

Politique commerciale

Le commerce est aussi touché par la politique commerciale du gouvernement, surtout par les tarifs douaniers (dont l'importance va en diminuant par suite de l'Accord de libre-échange Canada - États-Unis et des négociations de l'Uruguay Round dans le cadre du GATT). Les tarifs sont les taxes ou droits imposés sur les marchandises importées et qui représentent en général un certain pourcentage de leur valeur déclarée; les quotas sont des restrictions de quantité imposées pour certains produits.

Au début de la Confédération, les recettes douanières constituent environ 75 p. 100 des recettes du gouvernement fédéral; aujourd'hui, elles sont négligeables vu la baisse considérable des tarifs douaniers au fil des ans. La POLITIQUE NATIONALE de 1879 augmente les tarifs douaniers, protégeant ainsi les entreprises locales ou étrangères désirant construire des usines. Au début de la CRISE DES ANNÉES 30, on relève de nouveau les tarifs de façon importante afin de négocier à la baisse les tarifs imposés par les autres pays, toujours dans l'espoir de favoriser l'industrie intérieure. C'est pourquoi la structure tarifaire reste progressive : droits moins élevés sur les matières brutes et plus élevés sur les produits manufacturés. En 1897, on instaure un régime préférentiel pour les Britanniques afin d'encourager le commerce avec la Grande-Bretagne et les autres pays du Commonwealth; ces mesures ont peu d'effet et sont progressivement éliminées.

En 1986, le Canada conclut l'Accord des Caraïbes avec les pays du Commonwealth et les territoires des Caraïbes selon lequel tous les produits en provenance de ces pays sont ainsi exempts de droits, à l'exception de plusieurs gammes de produits comme les vêtements, les produits textiles, la chaussure et les articles de maroquinerie. Le Canada fait aussi partie du Système généralisé de préférences, selon lequel les biens provenant de presque tous les pays en voie de développement sont importés en franchise ou jouissent d'une réduction d'un tiers du taux de la Nation la plus favorisée. Cependant, le Canada n'accorde plus ce tarif préférentiel pour une vaste gamme de produits importés des nouveaux pays industrialisés.

Les tarifs canadiens sont aujourd'hui à leur plus bas niveau et diminuent encore par suite des négociations de l'Uruguay Round. En 1996, ils équivalent en moyenne à 1,32 p. 100 sur l'ensemble des importations et à 6,06 p. 100 sur les produits tarifés. Les produits non tarifés constituent plus de 78,15 p. 100 de toutes les importations. Divers accords bilatéraux et trilatéraux conclus avant la Deuxième Guerre mondiale, huit négociations de l'après-guerre menées dans le cadre du GATT, ainsi que les accords de libre-échange entre le Canada et les États-Unis puis entre ces deux pays et le Mexique (ALÉNA) donnent lieu à une baisse considérable des tarifs qui avaient cours pendant la Crise des années 30. Les négociations multilatérales qui se tiennent dans le cadre de l'Uruguay Round et qui entrent en vigueur le 1er janvier 1995 réduisent encore les droits de douane sur nombre de biens. Les accords de libre-échange signés avec le Chili et Israël en 1996 et entrés en vigueur en 1997 ont une faible incidence sur la moyenne des tarifs canadiens (ou sur l'ensemble des échanges commerciaux du Canada), car les biens achetés dans chacun de ces deux pays ne représentent que le septième de 1 p. 100 environ de la totalité des importations canadiennes. La baisse des tarifs sera plus substantielle si les discussions en cours avec les pays du bassin du Pacifique, qui se déroulent sous les auspices de l'APEC (Organisation de coopération économique Asie-Pacifique), donnent les résultats escomptés sur le plan du libre-échange, résultats que les membres espèrent voir se concrétiser au début de l'an 2000.

Sous le régime protectionniste, les entreprises étrangères et canadiennes construisent de nombreuses usines, plus qu'il n'en faut pour satisfaire efficacement aux besoins du marché. Bien des fois, les usines sont trop petites pour maintenir au plus bas leurs coûts de production ou, plus souvent, fabriquent une gamme de produits trop diversifiée; la durée de production de chaque série est alors trop courte et donc, les coûts de revient plus élevés que dans les usines étrangères. Avec la diminution des tarifs, les usines canadiennes doivent augmenter leur productivité et devenir plus compétitives face aux entreprises étrangères. Pour cette raison et à cause des changements technologiques, les économies d'échelle sont un facteur beaucoup moins déterminant qu'avant pour mesurer l'avantage comparatif.

Quotas

Les quotas sont des restrictions imposées sur le volume des importations. En vertu de l'entente multifibres du GATT entrée en vigueur le 1er janvier 1974, le Canada s'accorde bilatéralement avec quelque 25 pays pour limiter les importations de produits textiles et de vêtements. Aux termes des négociations de l'Uruguay Round, dont est issue la nouvelle Organisation mondiale du commerce (OMC), il est prévu que ces restrictions seront graduellement levées d'ici 2005 et que tous les produits en cause seront régis par les règles habituelles de l'OMC.

Les importations de produits agricoles, y compris les oeufs, poulets, dindons, lait et produits laitiers, font aussi l'objet de restrictions. Ces quotas sont toutefois supprimés après les négociations de l'Uruguay Round et remplacés par des tarifs offrant, essentiellement, le même niveau de protection. C'est ce qu'on appelle la tarification. À compter du 1er janvier 1995, ces tarifs seront réduits de 36 p. 100 en moyenne sur une période de six ans.

Échanges de services

Le Canada achète toute une gamme de services à l'étranger. Parmi les plus importants, notons les voyages et le tourisme, les services de transport, les services commerciaux tels les frais que les sociétés étrangères exigent de leurs succursales canadiennes pour des services de conseillers en gestion et en technologie, sans compter les paiements sans lien de dépendance versés au titre des redevances, des brevets, de la location de films et de certains services financiers. Le Canada effectue aussi des paiements à l'étranger à des fins diplomatiques, militaires et commerciales. En même temps, il touche des revenus de ressortissants étrangers pour les services de même nature qu'il leur fournit. Le total des paiements versés aux non-résidents demeure toutefois bien supérieur aux recettes tirées de ces derniers.

Revenus de placement

Lorsque le gouvernement canadien emprunte des fonds, que ce soit par l'émission de bons ou d'autres obligations, ou en acceptant des filiales d'entreprises étrangères sur son territoire, il faut payer pour l'utilisation du capital emprunté. Ce paiement peut prendre la forme d'intérêts, de dividendes ou de profits non redistribués de sociétés que l'entreprise réinvestit, ce qui augmente le contrôle étranger dans l'industrie canadienne. De même, le Canada reçoit des paiements de ressortissants étrangers pour l'utilisation des capitaux que des résidants canadiens investissent à l'étranger. Le Canada emprunte beaucoup plus qu'il ne prête. Ainsi, en 1996, sa dette extérieure nette s'élève à environ 356 milliards de dollars et son déficit annuel au chapitre du service de la dette atteint plus de 28 milliards de dollars, dont la majeure partie est attribuable aux frais d'intérêts nets d'obligations canadiennes assorties de diverses échéances.

Voir aussi EXPORTATION; LIBRE-ÉCHANGE; IMPORTATION.