Clémence DesRochers, auteure, comédienne, humoriste, chanteuse (Sherbrooke, Qc, 23 novembre 1934-). Fille du poète Alfred Alfred DesRochers, elle est la plus célèbre femme-monologuiste de sa génération et plus encore, au Québec. Ses textes souvent biographiques et anecdotiques, livrés sur le ton de la confidence, oscillent entre les clins d'oeil cabotins (on pense par exemple aux si allumantes conversations téléphoniques entre Odette et Valentine), et le regard lucide posé sur la société québécoise. Entrée au Conservatoire après une formation à l'École normale et une très courte expérience dans l'enseignement, Clémence DesRochers fait ses premiers pas avec la troupe La Roulotte de Paul Buissonneau. En 1958, elle écrit son premier monologue, Ce que toute jeune fille devrait savoir, ou Mon entrée à Radio-Canada. Étrangement, la satyre lui ouvre les portes de la télévision naissante et lui assure surtout une place au sein des Bozos (1959), troupe de cabaret comptant également Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland, Jacques Blanchet, Raymond Lévesque et André Gagnon. En 1964, elle signe le livret de la première revue musicale québécoise, Le Vol rose du flamant, qui sera suivi de plusieurs autres (La grosse tête, Les girls, C'est pas une revue, c'est un show). Dans La Presse (Montréal, 4 mars 1976), le critique Georges-Hébert Germain lui rendit un vibrant hommage : « C'est encore toi qui a mis au point cette formule de monologue et de spectacle. Tu restes la plus brillante portraitiste de la femme québécoise. Tu es comme un miroir dans lequel elle peut se regarder, s'admirer ou se refaire une beauté au besoin. C'est l'âme québécoise qui se révèle à travers tes monologues et tes chansons. C'est nos réalités, nos rêves, nos émotions. »

Elle connaît son plus grand succès sur disque en 1975 avec la chanson Le monde aime mieux Mireille Mathieu.

À la télévision, Clémence DesRochers joue dans La Famille Plouffe, participe à d'autres téléromans et incarne Mademoiselle Sainte-Bénite dans la télésérie pour les jeunes Grujot et Délicat, dont elle écrit les textes en alternance avec Jean Besré. Elle est aussi l'animatrice de deux émissions quotidiennes très appréciées, Les trouvailles de Clémence, de 1976 à 1979, et Les p'tits bonheurs de Clémence en 1995 qui jouit d'une grande popularité et dans laquelle elle fera connaître plus de 85 artisans québécois. En 1999, Clémence écrit et présente la comédie musicale Les girls à Clémence, en tournée dans tout le Québec qui sera suivi en l'an 2000 de Les girls reclémencent . Elle remportera cette même année le prix Olivier-Guimond pour l'ensemble de sa carrière. Durant les années qui suivirent, plusieurs disques paraîtront sur le marché dont un dvd de ses spectacles. Elle publiera aussi un recueil de poèmes, Nos mères, un album de dessins et de textes intitulé Les animaux de mon rang et un agenda C'est à qui la fète aujourd'hui. Parallèlement, celle que l'on surnomme avec grande affection Clémence, jouera dans le film si acclamé la Grande séduction qui lui vaudra un Prix Jutra pour le meilleur second rôle et dans le film Le secret de ma mère. En octobre 2008, Clémence tire sa révérence et entreprend une série de représentations avec son spectacle d'adieu Mes classiques en musique. Elle continue cependant d'écrire et de peindre et est de plus très active pour la préservation de son beau coin de pays, le lac Memphrémagog. Lauréate de plusieurs prix, Clémence DesRochers s'est vu décerner entre autres le prix Denise-Pelletier en 2005, a été élue à l'Ordre national du Québec en 2001 et récipiendaire du prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle en 2009.