Clarkson, Adrienne Louise

Adrienne Louise Clarkson, personnalité de la télévision, journaliste et romancière, fonctionnaire, éditrice, gouverneure générale (Hong Kong, 10 février 1939). Fille de l'homme d'affaires bien en vue William Poy, qui perd ses biens à la suite de l'invasion de Hong Kong par les Japonais (1941), Adrienne Clarkson immigre au Canada avec ses parents en 1942. Après avoir fréquenté l'école à Ottawa, Clarkson obtient une maîtrise de l'Université de Toronto en 1961.

De 1961 à 1963, elle étudie à la Sorbonne (Paris), puis amorce, en 1965, une carrière de 18 ans qui sera jalonnée de prix : elle est animatrice-intervieweuse au réseau anglais de Radio-Canada pour les émissions Take Thirty, Adrienne at Large et The Fifth Estate. Son ton mordant, son charme et son assurance lui valent une réputation exceptionnelle. Entre 1968 et 1971, McClelland & Stewart publie ses deux romans, A Lover More Condoling et Hunger Trace, et New Press publie un recueil d'interviews qui a pour titre True to You In My Fashion.

De 1982 à 1987, elle occupe le poste d'agente générale de l'Ontario à Paris, et de 1987 à 1989, celui d'éditrice chez McClelland & Stewart. En 1989, elle revient à la télévision comme chef de production et animatrice de l'émission nationale d'arts et spectacles du réseau anglais de Radio-Canada, Adrienne Clarkson Presents.A. Clarkson est ensuite présidente du conseil d'administration du Musée canadien de la civilisation à Hull, (Qc) et présidente du conseil d'administration d'IMZ, l'association audiovisuelle internationale située à Vienne. Elle est aussi chef de production et animatrice de l'émission télévisée du réseau anglais de Radio-Canada Something Special. En septembre 1999, le premier ministre Jean Chrétien la nomme gouverneure générale. Elle entre en fonction le 7 octobre 1999. Sa nomination marque de nombreuses premières dans la sélection du gouverneur général du Canada : elle est la première personne sans carrière militaire ou politique et la première Canadienne d'origine ethnique à occuper ce poste vice-royal.

Adrienne Clarkson doit se défendre contre l'insistance des députés et des Canadiens à propos des dépenses élevées pendant son mandat. En 2003, les coûts de sa tournée (5 millions de dollars) en Russie, en Finlande et en Islande soulèvent la colère; les responsabilités liées à sa position sont remises en question par un comité d'enquête, qui décide de réduire son budget. Cependant, d'aucuns sont d'avis que sa tournée circumpolaire de 19 jours à laquelle ont participé 50 autres dignitaires canadiens est un grand succès en ce qu'elle permet de promouvoir les liens entre le Canada et les autres pays nordiques européens. Son absence remarquée lors d'importants événements nationaux tels le service funèbre du lieutenant-gouverneur de l'Alberta Lois Hole remet en question son dévouement face à sa position vice-royale.

De nombreux points positifs ressortent toutefois de cette période. Elle continue de promouvoir les arts et se rend au Kosovo et en Afghanistan pour apporter son soutien aux soldats. Elle désire forger des liens plus solides entre le Canada et les Aborigènes du nord pendant son mandat. Elle y réussit en créant la médaille du Gouverneur général pour la nordicité, décernée chaque année à un citoyen du Nord dont les réalisations ont contribué à la réaffirmation du fait que le Nord canadien fait partie intégrante de notre identité nationale. Plus que tout autre gouverneur général, elle parcourt le pays et rencontre ses habitants, conférant ainsi un peu de modernité à la position vice-royale

Bien que son mandat devait prendre fin en 2004, elle reste en poste une autre année à la demande du premier ministre Martin, qui croit qu'une continuité dans ce rôle apportera une stabilité aux Canadiens devant la perspective d'un gouvernement minoritaire. Malgré des problèmes cardiaques en 2005, elle demeure gouverneure générale jusqu'à l'arrivée de son successeur, Michaëlle Jean, le 27 septembre 2005.

Mariée à l'auteur et philosophe John Ralston Saul, elle reçoit de nombreux prix et distinctions au cours de sa carrière en radiotélévision et pendant son mandat de gouverneure générale. Elle est la récipiendaire du prix ACTRA en 1974 et 1982 et d'un prix Gemini en 1993 pour son œuvre en radiotélévision. Sept universités lui décernent un doctorat honorifique : Université d'Ottawa, University of Prince Edward Island, Queen's University, Acadian University, Dalhousie University, Lakehead University, et University of Western Ontario. Elle est Compagnon de l'Ordre du Canada. En 2007, elle est nommée Colonelle en chef du Régiment canadien d'infanterie légère Princesse Patricia. Son autobiographie, Heart Matters, a paru en 2006 et en 2009, elle a publié une biographie de Norman Bethune.