Churchill, chutes

 Le FLEUVE CHURCHILL subit une dénivellation de 66 m, puis chute de 75 m avant de s'engager dans une descente de 158 m dans le canyon Bowdoin. Ces chutes impressionnantes étaient craintes par les MONTAGNAIS-NASKAPISqui croyaient que le fait de les regarder entraînait la mort. John MCLEAN est le premier Blanc à voir les chutes en 1839, mais elles sont presque oubliées jusqu'à ce qu'Albert Peter LOW entreprenne une expédition scientifique dans la région, en 1894. On a pris conscience de l'importance du potentiel hydroélectrique des chutes, mais on ne l'exploite pas avant l'achèvement du CHEMIN DE FER QUEBEC NORTH SHORE AND LABRADOR, en 1954, et avant qu'HYDRO-QUÉBEC ne développe la technologie de transmission de l'énergie électrique sur de longues distances. Des négociations complexes entre les gouvernements de Terre-Neuve et du Québec (les deux provinces par lesquelles on devait acheminer l'électricité) durent jusqu'en 1969. Le contrat prévoyait la vente de 5,2 millions de kW par année à Hydro-Québec, pendant 40 ans, à un prix inférieur à trois dixièmes de cent le kWh. Hydro-Québec avait la possibilité de renouveler pour une autre période de 25 ans à seulement deux dixièmes de cent le kWh.

Le projet a été entrepris par une filiale de la British Newfoundland Corp. Ltd. (Brinco) et était à ce moment-là le plus grand projet de GÉNIE CIVIL jamais entrepris en Amérique du Nord. Quatre-vingts digues stratégiquement placées retiennent les grandes quantités d'eau du plateau du Labrador dans le réservoir Smallwood. On construit une immense centrale souterraine, la plus grande au monde jusqu'au PROJET DE LA BAIE JAMES. Le projet, étalé sur neuf ans (de 1966 à 1974), a occupé plus de 30 000 personnes et coûté 950 millions de dollars. Les premières unités ont commencé la transmission en décembre 1971; la onzième et dernière unité est entrée en service en 1974.

En raison de l'augmentation sérieuse des coûts d'ÉNERGIE dans les années 80, Hydro-Québec fait de gros profits sur la revente de l'électricité des chutes Churchill; les termes du contrat ont été une source d'animosité entre les gouvernements de Terre-Neuve et du Québec. En 1984, la Cour suprême du Canada tranche : la proposition faite par Terre-Neuve de détourner l'eau des chutes est illégale. En mars 1998, Québec et Terre-Neuve en arrivent à une entente relative à un gigantesque projet hydroélectrique qui promet de réparer les iniquités de l'entente précédente.