Chien

Le Chien (Canis familiaris) est un MAMMIFÈRE carnivore considéré comme le premier animal à avoir été domestiqué. Il y a 10 000 à 20 000 ans, se produisent plusieurs domestications distinctes du chien à différents endroits. Son principal ancêtre est le LOUP. Le chacal ferait aussi partie de son ascendance. Certaines populations canines nord-américaines descendraient du COYOTE, un animal sauvage qui peut se croiser avec des chiens et engendrer une descendance fertile. Malgré les croyances populaires tenaces, l'hybridation du renard et du chien n'est pas possible. Le renard ne peut donc être l'ancêtre d'aucune race de chien.

Le chien partage l'existence des autochtones partout au Canada pendant des siècles avant l'arrivée des Européens et remplit certaines fonctions : transport, traction, chasse, vêtements et parfois alimentation humaine. Chez les Inuits, il sert encore à tirer les traîneaux et à transporter des sacs à dos. Il est aussi utilisé pour la CHASSE AU PHOQUE et offre une protection contre les ours polaires.

Avant de recourir aux chevaux au début des années 1700, les Indiens des Plaines canadiens utilisaient le chien comme moyen de transport (travois à chien). Les espèces qu'ils utilisaient ont maintenant disparu. Sur la côte ouest, les Salish élèvent un petit chien au poil laineux utilisé pour le tissage. Celui-ci disparaît vers 1860. Le chien joue aussi un rôle important dans la religion. Par exemple, le « White Dog Festival » que célèbrent certaines tribus de l'Est, exige le sacrifice de chiens d'une race particulière.

Partout où l'homme s'est installé, le chien a toujours été un animal domestique important. Au cours des siècles, il apparaît des centaines de races différentes, certaines créées par l'isolement régional, d'autres par des sélections volontaires de l'homme. De nombreux clubs canins recensent des centaines de races, dont certaines se trouvent dans le monde entier, notamment le Caniche, le Berger allemand, le Setter irlandais.

Le Club canin canadien (CKC), qui tient les dossiers d'enregistrement des chiens canadiens de race pure, reconnaît officiellement 143 races. Il existe plusieurs autres races, mais celles-ci ne sont pas enregistrées. Les races reconnues sont divisées en plusieurs catégories en fonction du but de leur élevage : chiens de chasse, chiens d'utilité, terriers, chiens miniatures, chiens de compagnie et chiens de garde. Il existe une catégorie « divers » pour les races en instance d'homologation complète.

Races canadiennes

Cinq des races reconnues par le CKC peuvent être considérées comme purement canadiennes : le Chien ours des Tahltans, le Chien esquimau, le Retriever de Nouvelle-Écosse, le Retriever du Labrador et le Retriever de Terre-Neuve. Les deux derniers possèdent des noms canadiens, mais doivent leur développement en grande partie aux éleveurs de Grande-Bretagne et d'Europe.

Chien ours des Tahltans

Petit chien élevé par la bande indienne de Tahltan du Nord-Ouest de la Colombie-Britannique, appartenant probablement à la famille des loulous, avec une tête semblable à celle du Renard et des oreilles de chauve-souris dressées. Sa queue particulière, de taille moyenne, est normalement droite et très fournie au bout. Blanc avec des taches noires pour la plupart, il sert à la chasse à l'Ours et au Lynx. Le CKC reconnaît la race en 1940, mais seuls neuf chiens ont été répertoriés et ceux-ci sont morts depuis longtemps. On n'en trouve plus dans la région de Tahltan et les éleveurs cherchent encore des survivants, sans grand espoir de succès.

Chien esquimau

L'arrivée des MOTONEIGES dans les régions polaires a rapidement réduit le besoin en chiens de traîneau. Il est vite devenu évident que les chiens esquimaux, élevés par le peuple de culture Thulé depuis 1100 à 2000 ans, étaient menacés d'extinction. La race est reconnue par le CKC, mais la population enregistrée n'a pas subsisté. Créée pour rétablir la race, l'Eskimo Dog Research Foundation a réussi à trouver quelques exemplaires dans les campements inuits éloignés dans la péninsule de Booth, sur la presqu'île Melville et sur l'île de Baffin. Transportés à Yellowknife pour former la souche d'une colonie de reproduction, ces chiens sont désormais répertoriés par le CKC sous le nouveau nom de « Chien esquimau canadien ». Beaucoup ont regagné les territoires inuits. En termes de vitesse et de vigueur, ils se situent entre les huskies sibériens et les malamutes d'Alaska. Chiens de traîneau et d'attelage, ils sont utiles à la chasse.

Retriever de Nouvelle-Écosse

Race de chien aux effectifs peu importants, que les Canadiens connaissent bien, mais qui est presque inconnue dans d'autres pays. Le Retriever de Nouvelle-Écosse est dressé à jouer sur le rivage pour attirer les canards, afin que ces derniers viennent nager à portée de fusil. Le chien va ensuite chercher les oiseaux dans l'eau. Vers la fin du XIXe siècle, une race ayant les mêmes caractéristiques est créée dans le comté de Yarmouth (Nouvelle-Écosse) par le croisement de différentes races. D'une couleur et de moeurs semblables à celles du Renard, sa taille et sa conformation se situent entre celles de l'Épagneul et du Retriever.

Retriever de Terre-Neuve

Ce chien pourrait descendre des chiens élevés par les autochtones, ou des chiens apportés par les aventuriers vikings environ 1000 apr. J.-C. Il y a probablement eu un croisement par la suite avec les chiens apportés dans l'île par les flottes de pêche basques et portugaises. Des visiteurs britanniques, attirés par ce grand chien noir, en rapportent quelques exemplaires en Angleterre où ils deviennent très prisés. Ce chien lourd à poils longs a une réputation d'excellent nageur et d'animal de compagnie protecteur de la famille. Dans son célèbre tableau intitulé A Distinguished Member of the Humane Society, sir Edwin Landseer dépeint une variété noire et blanche qui porte depuis lors son nom.

Retriever du Labrador

Ce chien, probablement issu de la même souche que le Terre-Neuve, est devenu une race distincte grâce à la noblesse anglaise, qui l'a choisi pour sa taille inférieure, son ossature plus fine et son poil ras. Croisé ensuite avec d'autres chiens de chasse, il est l'un des meilleurs chiens d'arrêt au monde et sert aussi de chien-guide. Le Retriever du Labrador est généralement noir, mais d'autres couleurs (jaune, chocolat et crème) sont aussi appréciées.

Au Canada, la majorité des chiens sont des animaux de compagnie. De nombreux chiens de race pure sont une source d'agrément et de travail pour les personnes prenant part aux concours canins régis par le CKC : expositions de conformation, concours d'obéissance, épreuves pratiques pour chien de chasse, tests de pistage et, les nouveaux sports-spectacles, course à l'appât et course d'agilité. Pour chasser le GIBIER À PLUMES sédentaire, les OISEAUX AQUATIQUES et les petits mammifères, les chasseurs sportifs utilisent différentes races croisées de chiens spécialement dressés à cet effet. Par exemple, dans l'Ouest canadien, le lévrier anglais et le chien-loup servent à la chasse au coyote et au loup.

De nombreuses races de chiens sont au service de l'homme. Les chiens de traîneau sont très utiles dans l'Arctique, les bergers écossais ne cèdent en rien leur supériorité de chien-berger et, à titre expérimental, la race Komondor sert actuellement dans l'Ouest canadien pour garder les troupeaux. Les bergers australiens, autrefois appelés « Queenland heelers », retiennent de plus en plus la faveur des éleveurs canadiens pour conduire le bétail. Le Berger allemand, le Doberman-pinscher et le Bouvier des Flandres sont couramment utilisés pour les opérations policières et militaires, de même que comme chiens de garde. Le dressage de chien de protection (schutzhund), axé sur des séances d'entraînement intensives (obéissance, pistage et défense) est en plein essor au Canada.

Les chiens-guides, dressés pour guider les aveugles, sont les plus remarquables. Issus pour la plupart d'écoles de dressage de l'Ontario et d'Edmonton, ils permettent aux non-voyants de mener une vie normale. Plusieurs races sont utilisées à cette fin, notamment le Berger allemand, le Retriever du Labrador, le Boxer et le Berger écossais.