La charrette de la rivière Rouge, entièrement faite de bois assemblé par des lanières de cuir probablement selon des méthodes traditionnelles française et écossaise, est facile à réparer et idéalement adaptée aux conditions des Prairies. Ses deux hautes roues profondément concaves en font une voiture stable pouvant être tirée dans la boue et les marécages. La friction du bois et du cuir produit un grincement aigu qui s'entend à des kilomètres à la ronde. La charrette, en bois flottable, peut traverser des cours d'eau et est assez robuste pour transporter des charges de 450 kg. Elle est tirée par un poney ou un boeuf qu'on attelle à deux limons attachés à l'essieu. Les MÉTIS l'ont d'abord utilisée pour rapporter les bisons abattus à la chasse et, plus tard, pour les travaux de la ferme. Des caravanes de charrettes font, dès les années 1850, le trajet de 885 km entre Fort Garry et St. Paul, au Minnesota. Dans les années 1860, quelque 600 charrettes effectuent deux voyages aller-retour par année, chacune transportant une cargaison de 270 kg à 360 kg. La plus longue route empruntée par les charrettes est le chemin de Carlton qui relie FORT GARRY à FORT ELLICE et à FORT CARLTON en bordure de la rivière Saskatchewan, avant d'atteindre Fort Edmonton. Pendant longtemps et jusque dans les années 1860, environ 300 charrettes font un voyage par saison à partir de la COLONIE DE LA RIVIÈRE ROUGE, transportant marchandises et fourrures. La charrette cède progressivement la place au bateau à vapeur et, finalement, au train.