Charles Fisher, Père de la Confédération, membre du Parlement (1867-1868), procureur général du Nouveau-Brunswick (1854-1856, 1857-1861), juge, avocat (né le 15 août ou le 16 septembre 1808 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick; décédé le 8 décembre 1880 à Fredericton). Charles Fisher est à la tête du premier gouvernement responsable du Nouveau-Brunswick (1854-1861), et est le plus grand avocat de droit constitutionnel de son époque. Il est Père de la Confédération, assiste aux conférences de la Confédération à Québec et à Londres, et participe à la rédaction de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (1867) en sa qualité de procureur général du Nouveau-Brunswick.

Enfance

Charles Fisher est le fils aîné de Peter Fisher et Susanna Williams, descendants des loyalistes qui se sont installés au Nouveau-Brunswick après la révolution américaine. Peter Fisher, un marchand de bois, est aussi l’auteur du premier livre d’histoire publié de la province, Sketches of New Brunswick, en 1825. Les tendances politiques qui se font sentir dans l’œuvre de Peter Fisher semblent avoir influencé les opinions qu’aurait plus tard son fils Charles. Peter Fisher critique l’élite au pouvoir du Nouveau-Brunswick, qui accumule des richesses grâce aux ressources de la colonie sans contribuer à son avancement social ou politique.

Charles Fisher reçoit son éducation au Fredericton Collegiate School et au King’s College (aujourd’hui l’Université du Nouveau-Brunswick). Après avoir obtenu son baccalauréat, il étudie le droit avec le procureur général George Frederick Street et passe un an au « Inns of Court » à Londres, en Angleterre, pour ensuite passer le barreau en 1833. Pendant ses études de droit, il se découvre un intérêt prononcé pour le droit constitutionnel, et se met à militer de façon active pour un gouvernement autonome au Nouveau-Brunswick.

Charles Fisher épouse Amelia Hatfield en 1836; ils ont quatre fils et quatre filles.

Carrière politique

Charles Fisher est élu à l’Assemblée législative en tant que représentant libéral dans le comté de York en 1837. Le début de sa carrière politique coïncide avec les rébellions du Haut et du Bas-Canada (voir Rébellions de 1837); il désire mener à bien des réformes paisibles au Nouveau-Brunswick. Charles Fisher n’est pas le plus habile des orateurs, étant un homme réservé qui ne fait pas souvent part de ses plans aux autres. On admire pourtant son calme et son intellect.

Charles Fisher devient partisan du gouvernement responsable assez tard : selon lui, les Néo-Brunswickois sont à la fois trop loyaux et trop ignorants pour rejeter l’élite au pouvoir. Il fait partie du Conseil du pacte de 1848 à 1850 et mène l’opposition au pouvoir en 1854 en tant que procureur général. Charles Fisher est à la tête d’un parti réformiste surnommé les « Smashers », qui appuie les mesures législatives de la prohibition, contrairement aux « Rummies ».

Charles Fisher rassemble certains des plus grands esprits de la province, parmi lesquels Samuel Leonard Tilley, John Mercer Johnson et William Henry Steeves. Ils implantent ensemble des réformes administratives, électorales et scolaires; parmi celles-ci, des droits égaux pour tous les organismes religieux, un pouvoir limité pour le conseil législatif désigné, le vote par scrutin, et l’extension du droit de vote.

Charles Fisher est évincé par Samuel Leonard Tilley lors d’un scandale foncier en 1861. Un officier de Crown Land fait l’achat de 800 acres de terres de la Couronne, contrevenant ainsi aux politiques de son ministère; le public accuse alors Charles Fisher de négligence. Henry Pelham-Clinton, secrétaire d’État pour les colonies à l’époque de la démission de Charles Fisher, décrit ce dernier comme « le pire homme public de toute l’Amérique britannique ».

Confédération

Charles Fisher se joint ensuite aux autres délégués du Nouveau-Brunswick, menés par Samuel Tilley, pour assister aux conférences de Québec et de Londres, où ils participent à la rédaction et à la finition des 72 résolutions. Il perd son siège à l’Assemblée lorsque les défenseurs de la Confédération sont éjectés du bureau après les élections de 1865. Il retourne à la vie publique et à l’Assemblée avec l’élection partielle de 1866, qui précipite la formation d’un gouvernement pro-syndical mené par Peter Mitchell. La campagne de Charles Fisher de 1866 est ambiguë; il semble à la fois défendre la Confédération et s’y opposer. Une fois réadmis au bureau, il devient malgré tout l’une des figures de proue dans la création d’une nouvelle nation. En tant que procureur général, Charles Fisher est l’un des cinq délégués du Nouveau-Brunswick à la conférence de Londres. Il participe à la rédaction de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (1867).

Voir également Le Nouveau-Brunswick et la Confédération.

Vie ultérieure

Élu à la Chambre des communes en 1867, Charles Fisher se voit accorder l’honneur d’adresser une réponse au discours du trône lors de la première session parlementaire. Il donne sa démission lorsqu’il est nommé juge à la Cour suprême du Nouveau-Brunswick le 3 octobre 1868. Au cours des dix dernières années de sa carrière, il est reconnu comme l’autorité en matière de droit constitutionnel au Nouveau-Brunswick; on fait souvent appel à lui pour trancher lors de conflits entre les législations fédérales et provinciales. Il devient membre du sénat de l’Université du Nouveau-Brunswick ainsi que membre honorifique de l’Institut provincial des professeurs du Nouveau-Brunswick. Il meurt de pneumonie chez lui à Fredericton le 8 décembre 1880.

Héritage

L’Acte de l’Amérique du Nord britannique, auquel Charles Fisher a contribué, a modelé les positions juridiques et politiques du Canada, et a subi peu de modifications jusqu'au rapatriement de la Constitution en 1982. Son gendre, John James Fraser, devient le cinquième premier ministre (1878-1882) depuis la Confédération, puis neuvième lieutenant-gouverneur (1893-1896) du Nouveau-Brunswick depuis la Confédération.