Carmine Starnino

 Carmine Starnino, poète, éditeur, critique littéraire (Montréal, Québec, 29 sept. 1970). Carmine Starnino naît et grandit à Montréal au sein d'une famille d'immigrants italiens et obtient une maîtrise en 2000 à l'UNIVERSITÉ CONCORDIA. Il habite toujours sa ville natale.

Carmine Starnino publie quatre livres de POÉSIE acclamés par la critique. The New World (1997) est finaliste pour le prix Gerald Lampert Memorial et le prix QSPELL de la poésie et est en lice pour le prix QUILL & QUIRE du meilleur livre en 1997. En 2000, il sort Credo, qui remporte le prix de la poésie de la CANADIAN AUTHORS ASSOCIATION ainsi que le prix David McKeen. Il publie ensuite With English Subtitles en 2004, ce qui lui vaut le prix A.M. KLEIN de la poésie et le prix F.G. BRESSANI de la poésie (2006). This Way Out (2009) est mis en nomination pour un PRIX LITTÉRAIRE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL de la poésie et remporte le prix A.M. Klein de la poésie. Carmine Starnino publie également A Lover's Quarrel (2004), un recueil de comptes rendus et d'essais, et dirige la publication de The New Canon: An Anthology of Canadian Poetry (2005). Pendant un certain temps, il est rédacteur en chef pour BOOKS IN CANADA, Maisonneuve Magazine et Reader's Digest Canada. Il s'occupe actuellement de l'édition de la poésie pour Vehicule Press, aux éditions Signal.

Carmine Starnino s'est acquis une place de choix dans le milieu littéraire canadien avec les critiques provocatrices et parfois conflictuelles inhérentes à son style irascible et son plaidoyer en faveur d'une technique et de principes formalistes. Sa réputation controversée - sa volonté de s'engager dans de vives critiques, souvent à la limite de l'arrogance - a eu l'effet pervers de détourner l'attention de son succès poétique. Toutefois, ses pairs, amis et ennemis, sont bien conscients de ses dons pour une poésie richement musicale et évocatrice.

Dans son article publié en 2010 et intitulé « Lazy Bastardism: A Notebook », Carmine Starnino affirme tenir de sa famille d'immigrants une forte méfiance envers les livres. À l'occasion, il est aux prises avec les expériences vécues par sa propre famille d'immigrants. Son poème « What Do You Call This? » est un hommage au couteau à lame incurvée (rongetta) dont se sert son grand-père pour couper du fromage et des fruits. Le narrateur, lui, utilise le sien pour tailler ses crayons. L'usage de cet objet est sans importance. Le couteau (ou plutôt son nom en italien) est ce qui permet au grand-père et à son petit-fils de se comprendre entre eux au sein de leur propre culture, et de comprendre leur place respective dans le monde. Le poème « Dear Michael » célèbre la sensation de présence et le sentiment de rapprochement nés du souvenir d'une fin de semaine passée avec un ami : « Si, comme l'affirme Nietzsche, nous devons tenter de vivre / dans l'attente perpétuelle d'une impossible grâce / eh bien, on ne pourrait mieux y parvenir qu'à cet endroit ». Se conformant à un style d'écriture formaliste, son recueil intitulé This Way Out témoigne d'une maîtrise devenue suffisamment souple et charmante pour entreprendre des œuvres plus expérimentales, comme le poème en prose « Heavenography », qui parle de « nuages de la classe ouvrière projetant leurs ombres sur la classe ouvrière ».

Le caractère provocateur de la critique de Carmine Starnino s'est considérablement adouci avec les années. Sa réévaluation vitale des réalisations poétiques canadiennes, tel qu'en témoigne A Lover's Quarrel et sa sélection de poèmes figurant dans The New Canon, semble devenir une nouvelle norme académique. C'est cependant sa propre poésie qui illustre le mieux cette norme.

Voir aussiITALIENS; PUBLICATIONS DE LANGUE ITALIENNE.