Camilla Gibb, romancière (20 février 1968, Londres, Angl.). Élevée à Toronto, Camilla Gibb débute sa carrière en tant qu'universitaire et obtient un baccalauréat de l'Université de Toronto en anthropologie et en études du Moyen-Orient avant de recevoir un doctorat en anthropologie sociale de l'Oxford University. Après l'obtention de ses diplômes, elle fait deux ans de recherche postdoctorale à l'université de Toronto avant de quitter le monde universitaire en 2000 pour se consacrer entièrement à l'écriture. Elle est largement considérée comme une voix littéraire forte au Canada pour ses récits intimes et personnels dont les personnages sont de toutes origines.

Camilla Gibb s'impose d'abord en tant qu'écrivaine avec son premier roman, Mouthing the Words (1999; trad. La bouche pleine de mots), l'histoire de l'adolescence de Thelma qui, pour faire face à sa famille dysfonctionnelle, tente de s'inventer un monde imaginaire. Ce roman lui vaut son premier prix littéraire, le City of Toronto Book Award, en 2000. L'année suivante, elle remporte également le prix de la nouvelle Radio-Canada pour sa nouvelle « Between Wars ». En 2002, elle publie son second roman, The Pretty Details of So-and-So's Life (trad. Les détails insignifiants d'une vie sans éclat), qui suit l'enfance perturbée, puis la vie d'adulte inadaptée d'un frère et d'une sœur. Son troisième roman, Sweetness in the Belly (2005; trad. Le Miel d'Harar), son œuvre la plus connue, est une chronique de la vie de Lilly, une infirmière blanche musulmane forcée de quitter l'ancienne ville fortifiée d'Harar pendant la révolution éthiopienne pour s'exiler à Londres, en Angleterre, à l'époque où Margaret Thatcher est à la tête du pays. Le lecteur découvre les villes d'Harar et de Londres à travers les expériences de Lilly, étrangère dans ces deux villes, où elle est respectivement enseignante du Coran et infirmière. Le Miel d'Harar est en lice pour le prix Scotiabank Giller en 2005 et pour l'IMPAC Dublin Literary Award en 2007. Elle reçoit le prix Trillium Book Award en 2006. Son quatrième roman, The Beauty of Humanity Movement (2010), raconte en détail les vies enchevêtrées de trois personnages tourmentés dans le Vietnam d'aujourd'hui.

Les trois premiers romans de Camilla Gibb contiennent des éléments autobiographiques; même Le Miel d'Harar s'inspire de sa thèse de doctorat sur les Oromos, un groupe ethnique d'Éthiopie au sein duquel elle a vécu pendant presque une année. Pour l'écriture de The Beauty of Humanity Movement, elle doit, pour la première fois, inventer l'histoire de toutes pièces. En écrivant sur le Vietnam, elle abandonne également sa pratique antérieure consistant à se plonger dans des recherches académiques sur une région. Contrairement à ses recherches exhaustives sur l'Éthiopie, la préparation du Miel d'Harar consiste pour Gibb à se concentrer sur les aspects humains du Vietnam, et son écriture s'appuie sur ses observations lors de sa visite du pays.

Camilla Gibb est écrivaine en résidence à l'Université de Toronto et à l'Université de l'Alberta. Elle est également membre auxiliaire du corps professoral du programme de création littéraire pour diplômés de l'Université de Guelph. Ses romans ont été publiés dans 18 pays et traduits en 14 langues.