Burroughs, Jackie

Jackie Burroughs, comédienne de théâtre, actrice de cinéma, réalisatrice, dramaturge (Southport, Lancashire, Angleterre, 2 février 1939 - Toronto, 22 septembre 2010). Célébrée pour l'intensité de ses interprétations autant que pour l'étendue de son registre, elle compte parmi les grandes vedettes du Canada. Au fil de ses nombreuses expériences de comédienne et d'actrice à la scène, au cinéma et à la télévision, elle travaille avec plusieurs réalisateurs de renom, tels que David CRONENBERG, Guy MADDIN, Don MCKELLAR, Deepa MEHTA et Léa POOL.

Jackie Burroughs immigre au Canada avec sa famille à l'âge de 13 ans. Elle fréquente une école privée pour filles, Branksome Hall, à Toronto, puis obtient, en 1962, un diplôme de premier cycle à l'Université de Toronto. Elle commence par travailler au cinéma sous la direction de Don Owen (surtout connu pour Nobody Waved Goodbye, 1964; v.f. Départ sans adieux) pour le court métrage Notes for a Film About Donna & Gail (1966) et le long métrage The Ernie Game (1967; v.f. Ernie). À la même époque, Burroughs joue dans un court métrage, The Purse (1966), réalisé par Patricia Watson, qui signera plus tard l'adaptation à l'écran du roman de W.O. Mitchell intitulé Who Has Seen The Wind (v.f. Qui a vu le vent). Ainsi débute une carrière au cinéma qui durera presque quarante ans.

Pendant de nombreuses années, J. Burroughs joue au théâtre. Elle se produit au CREST THEATRE et au TARRAGON THEATRE de Toronto, au STRATFORD FESTIVAL THEATRE, au SHAW FESTIVAL Theatre, de même qu'au CENTRE NATIONAL DES ARTS. En même temps, elle se bâtit une prestigieuse réputation au cinéma grâce à son énergie, son intégrité et sa hardiesse remarquables. Dans The Grey Fox (1982), dirigée par Phillip Borsos, elle livre une performance à couper le souffle en interprétant le personnage de Kate Flynn et remporte un prix Génie. D'après la critique de cinéma Pauline Kael, aujourd'hui décédée, sa prestation confère au film à la fois « de l'artifice et un côté animal ».

Elle remporte un autre prix Génie l'année suivante pour son rôle dans The Wars (1983).

Puis, elle travaille auprès de Cronenberg pour l'adaptation du roman de Stephen King The Dead Zone (1983) et auprès de Gordon PINSENT pour John and the Missus (1987). Vers 1985, elle joue dans les téléséries Anne... la maison aux pignons verts et Les Contes d'Avonlea, cette dernière lui valant trois prix Gémeaux pour son interprétation du personnage de Hetty King.

C'est dans le film A Winter Tan (1987) que Jackie Burroughs laissera sa marque la plus personnelle (et la plus indélébile) au cinéma. Le film trouve son origine dans une récitation faite par J. Burroughs lors d'une manifestation contre la censure, d'extraits de la collection de lettres de Maryse Holder, intitulée Give Sorrow Words, publiée à titre posthume. L'auteure y relate sa découverte d'elle-même par le biais du tourisme sexuel. J.Burroughs obtient l'aide de plusieurs collaborateurs pour adapter ces lettres en vue d'en faire un scénario, et pour tenir le double rôle de coréalisatrice et d'actrice principale dans le rôle principal de Holder, présentée comme une femme autodestructrice mais d'une honnêteté brutale. Même si les critiques s'entendent pour dire que l'histoire poignante de la dégradation sexuelle de cette femme, de son alcoolisme et, finalement, de son meurtre est difficilement soutenable, ils n'ont de cesse de louanger Jackie Burroughs pour son interprétation féroce et passionnée. On ne peut imaginer contraste plus violent avec le rôle de Hetty King, et Burroughs elle-même est particulièrement fière d'avoir contribué à adapter A Winter Tan à l'écran.

Elle continue à travailler à la fois pour le grand et le petit écran dans des films tels que Careful (1992), Last Night (1998; v.f. La Dernière Nuit), Lost and Delirious (2001; v.f. Rebelles), The Republic of Love (2004) et Small Town Murder Songs (2010), et dans des séries télévisées allant de Further Tales of the City à Dudley the Dragon, Sophie et Slings and Arrows.

Elle est la lauréate du EARLE GREY AWARD de l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision en 2001. En 2005, Jackie Burroughs a gagné le prix du GOUVERNEUR GÉNÉRAL POUR LES ARTS DE LA SCÈNE pour ses exploits dans le domaine des arts tout au long de sa carrière.