Au Canada, de nombreux animaux sont menacés de disparition. Les principaux facteurs qui menacent les espèces canadiennes sont la destruction des habitats naturels, la surexploitation commerciale (p. ex. la chasse et la pêche) et la pollution. Les plus grandes difficultés auxquelles les animaux font face sont la diminution des forêts et des prairies naturelles au fur et à mesure que ces écosystèmes sont convertis en terrains agricoles ou urbains, ainsi que la récolte commerciale du bois et la pollution des eaux de surface (lacs et cours d’eau) par de la matière organique ou nutritive et par des produits chimiques toxiques. En 2013, on considère que plus de 676 espèces sont menacées de disparition au Canada, y compris 456 sortes d'animaux. (Les autres espèces menacées incluent des plantes.)

Désignations

En 2002, le gouvernement du Canada adopte sa première loi concernant la protection des espèces sauvages en péril, la Loi sur les espèces en péril. Selon cette législation, les espèces en péril sont désignées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). COSEPAC est financé par Environnement Canada, mais il n’a autrement aucun lien de dépendance envers le gouvernement. Le Comité commande des études sur les espèces indigènes dont la survie au Canada pourrait être en péril et, fondé sur les résultats, il les désigne comme appartenant à l’une de plusieurs catégories de péril : disparue (ne survit plus nulle part), disparue du pays (ne survit plus au Canada à l’état sauvage, mais on la trouve ailleurs, d’habitude, aux É.-U.), en voie de disparition (exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente), menacée (susceptible de devenir en voie de disparition) et préoccupante (susceptible de devenir menacée).

Études de cas canadiens

Loutre de mer

La loutre de mer était considérablement exploitée sur la côte pacifique par les chasseurs, qui vendaient jusqu’à 1 200 peaux annuellement vers la fin des années 1700 et au cours des années 1800. Vers 1900, la loutre de mer était en voie d’extinction. La dernière observation documentée de cette espèce en Colombie-Britannique remonte à 1929. En 1911, un traité international assurait sa protection, et vers la fin des années 1960, la population d'Alaska comptait environ 30 000 individus. Des introductions faites sur la côte ouest de l’Île de Vancouver (1969-1972) ont été fructueuses, et la population dans la C.-B. compte maintenant plusieurs milliers d'individus. La loutre de mer n’est plus en voie de disparition, mais menacée, en 1996. En 2007 elle est placée dans la catégorie préoccupante.

Faucon pélerin

Plusieurs populations de faucons pélerins ont été décimées par les produits chimiques organochlorés comme le DDT et les PCB, qui causent divers problèmes, comme réduire la quantité de calcium dans les coquilles d’œuf. Ceux-ci cassent alors sous le poids de l’adulte qui les couve. Les produits organochlorés, ainsi que d’autres influences d’origine humaine, ont causé la chute libre de la population des faucons pélerins à travers le Canada. Par contre, depuis que la production et la vente de ces produits ont été interdites dans les années 1970, les populations de cette espèce augmentent. En 2002, le statut du faucon pélerin passe de menacé à préoccupant.

Tétras des prairies

À l’origine, le tétras des prairies se trouvait en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario, mais il est maintenant disparu du pays. Il occupait de grandes superficies de prairies non broutées ou légèrement broutées. Au début des années 1900, l’oiseau proliférait au centre des activités agricoles à prairies survit encore aux É.-U., où il est en voie de disparition. Le Parc National des Prairies, établi en Saskatchewan en 1981, est assez grand pour y envisager la réintroduction de cette espèce au Canada.

Tortue luth

La tortue luth est un reptile marin de grande taille (jusqu’à 680 kg) qui se reproduit sur les plages sablonneuses tropicales et migre aux eaux canadiennes pendant l’été pour s’y nourrir de méduses. On observe de façon régulière, mais clairsemée, cette espèce dans l’océan Atlantique jusqu’à la côte sud du Groenland, dans le Nord, et le sud de l’Alaska sur la côte ouest. La tortue luth est en voie de disparition au Canada. Bien qu’occasionnellement les tortues adultes s’emmêlent dans les engins de pêche dans les eaux canadiennes, la plupart sont tuées dans les eaux tropicales, où la population locale cueille leurs œufs pour la consommation humaine et où l’on tue les adultes pour leur chair. La population mondiale de la tortue luth diminue et est en voie de disparition. La conservation de cette espèce exige une protection rigide dans notre pays, ainsi qu'à travers son territoire planétaire, par le biais de la coopération internationale.

Corégone d’Acadie

C’est seulement en 1967 que l’on a découvert que le corégone d’Acadie était une espèce distincte. Son territoire planétaire se limite au bassin versant du fleuve Tusket et de la Petite Rivière dans le sud de la Nouvelle-Écosse. Malheureusement, la population du Tusket est disparue du pays lorsqu’on construit, en 1929, un barrage qui bloque son chemin migratoire à la mer. Plus récemment, les pluies acides provenant des émissions de dioxyde de soufre gazeux et d’oxyde d’azote des États-Unis, du sud de l’Ontario et du Québec ont endommagé l’habitat d’eau douce des saumons atlantiques sauvages du sud de la Nouvelle-Écosse et ont probablement eu le même effet sur le corégone d’Acadie.

Chabot à tête courte

Le chabot à tête courte a été découvert dans les eaux canadiennes en 1957, dans les 24 derniers kilomètres du bassin de drainage de la petite rivière Flathead, en Colombie-Britannique, entre 1 000 et 1 400 d’altitude. Cette espèce abonde sur les fonds de gravier ou de roche qui ne sont pas trop chargés de sédiments et où la température estivale varie entre 13° et 17 °C. Le chabot à tête courte atteint 100 mm de longueur et peut pondre jusqu'à 690 œufs, probablement sous des roches. Il se nourrit d’insectes et de petits poissons. Ce poisson était d’abord désigné comme étant en voie de disparition, mais en 2013 il est redésigné préoccupant. Un projet d’exploitation de charbon à ciel ouvert dans le bassin hydrographique du la rivière, charbon qui serait exporté au Japon, et de déviation du Howell Creek, un tributaire de la rivière Flathead, représente une menace pour l'espèce. La sédimentation, l’acidification ou la modification du courant et du régime de température de l’eau pourraient nuire à l’espèce.

Protection de l’habitat

S’il est clair que pour sauver une espèce de l’extinction, il faut la protéger de la surexploitation, il est aussi évident que plusieurs caractéristiques subtiles de l’habitat ont aussi besoin de protection. La conservation de l’habitat relève de divers organismes au Canada. Le rôle principal est joué par tous les niveaux du gouvernement, y compris les niveaux fédéral, provincial, territorial, municipal et autochtone. Tous ces gouvernements peuvent déclarer des terres qui leur appartiennent comme étant protégées et où les activités économiques intensives ne sont pas permises. Les terres les plus protégées sont les réserves écologiques et les aires de nature sauvage, où les activités se limitent surtout à la randonnée et à l’étude de la nature. Les parcs sont aussi des territoires protégés, bien qu’on y permette beaucoup d’activité économique, parfois incluant de grands axes routiers et des projets de développement lié au tourisme.

Le secteur privé a également un rôle majeur à jouer dans la protection des habitats naturels. Par exemple, plusieurs grandes compagnies forestières conservent une partie de leur base géographique comme habitat naturel. En outre, beaucoup de propriétaires fonciers gèrent leurs terres dans le but de conserver les habitats dont dépendent les espèces indigènes. Enfin, certaines organisations non gouvernementales, comme Conservation de la nature Canada et Canards Illimités Canada, achètent des propriétés qui ont une grande valeur écologique et les désignent comme territoires protégés. Ces propriétés protégées soutiennent des espèces indigènes, y compris des espèces en voie de disparition.

Étude et gestion des espèces en voie de disparition

Plusieurs organismes sont engagés dans l’étude et la gestion d’espèces rares et menacées. Tous les niveaux gouvernementaux sont mandatés à un certain degré pour s’acquitter de cette tâche, généralement par le biais de spécialistes dans leurs ministères de l'environnement ou des ressources naturelles. Le Musée Canadien de la Nature à Ottawa et d'autres musées provinciaux et universitaires évaluent également la situation de la flore et de la faune canadiennes, même si leurs ressources sont limitées. Le Service Canadien de la Faune joue un rôle dans la gestion et l’étude des oiseaux migrateurs, tandis que Pêches et Océans Canada s’occupe de la gestion et de l’étude des poissons et des mammifères marins. Certaines organisations non gouvernementales, comme la Fédération Canadienne de la Faune, la Fédération Canadienne de la Nature, Canards Illimités Canada, Conservation De La Nature Canada et le Fonds Mondial Pour la Nature (Canada) sont également engagés dans la recherche au sujet de la nature en voie de disparition.

Conventions internationales

Le Canada est un des signataires de la Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvage menacées d’extinction (CITES), qui régit le commerce d’espèces rares et menacées et de leurs sous-produits. Le Canada a aussi ratifié la Convention sur la diversité biologique et a donc certaines obligations dans la conservation de la diversité biologique et de la durabilité de ses composantes (voir BIODIVERSITÉ). Comme ces traités internationaux impliquent l’ensemble du Canada, tous les autres gouvernements du Canada sont aussi tenus de se conformer à leurs provisions et responsabilités, comme l’est toute notre société.

Protection des espèces en voie de disparition

La protection des espèces en voie de disparition exige un effort d'échelle sociétale. Elle nécessite l’établissement et la bonne gestion d’un système bien conçu de territoires protégés, l'éducation des citoyens, des recherches visant la conservation, la législation sur la protection de la biodiversité, ainsi que d’autres mesures. Les citoyens et les entreprises canadiens ont constaté l’importance de l’équilibre entre la taille des activités économiques et les besoins du monde naturel, y compris les espèces en voie de disparition. En fait, cet équilibre est un aspect clé de développement durable de l’économie canadienne.